‹ La goutte & le rhumatismeChapitre 34 sur 86 · L .1 G 0 U T TE ET LE II II U M A T l S M E · texte numérisé non relu

L .1 G 0 U T TE ET LE II II U M A T l S M E

la maladie existe pendant longtemps, mais latente, et c’est à l’occasion d’un incident fortuit (qui n’est pas la cause profonde) que se révèdent en même temps et le mal ignoré et la douleur.

« Le mal augmente; il se généralise et affecte toutes les parties fibreuses, commençant par les ligaments articulaires et par toutes les fibres qui unissent les os les uns aux autres. Chose merveilleuse! ces parties sont comme les cheveux, elles ne sont aucunement douloureuses, ni quand ou les coupe, ni quand on les frappe, mais elles peuvent souffrir spontanément et alors on ne connait rien qui donne une douleur plus violente, ni tenailles de fer, ni lames tranchantes, ni feu brûlant ; si bien que tout cela même peut être regardé comme un remède à des souffrances si grandes. En

effet, que l’on blesse au moment de la crise la partie malade, ou la douleur de l’incision est obscurcie comme l’est une douleur moindre par une plus forte (i), ou, au contraire, elle prédomine et elle donne une sorte de plaisir en faisant oublier les douleurs premières. C’est ainsi que se comportent les os et les dents (2) ».

Ces considérations ne sont guère médicales, mais Arétéc se souvient ici que Platon, ou plutôt Timée, a discuté cette question : pourquoi les os et les cheveux ne sont-ils point sensibles, et lui a donné une réponse aussi plausible qu on pouvait la donner alors qu’on ne connaissait pas le véritable rôle du système nerveux. Ce qui est d’une texture légère et lâche, disait Timée, a ses éléments faciles a ébranler : s ils reçoivent une impression, même faible, ils la transmettent autour d’eux comme ils l’ont reçue et, de proche en proche, elle arrive à l’intelligence. Au contraire, les corps compactes, qui ont leurs éléments immohiles, ne peuvent transmettre les impressions reçues; elles restent ignorées du

(1) Souvenir d Hippocrate. .Vplior., H. /4I).

(2) .\kétée. Loc. cil., p. if)8.

L’ÉCOLE stoïcienne OU PNEUMATIQUE

•sujet, elles ne sont pas transformées en sensations, c’est- .-à-dire en plaisir ou en douleur.

Arétée pousse plus loin que Tiinée la curiosité; il admet comme lui cette insensibilité normale des corps compactes, mais il se demande pourquoi les os, les dents et les parties fibreuses deviennent quelquefois extrêmement sensibles <[uand ils ont subi une altération pathologique. C’est en parlant de ce phénomène étrange et non, comme on le lui fait dire, à propos de la goutte en général, qu’il a écrit sa fameuse phrase : « Les dieux seuls en savent la véritable cause, les hommes n’en peuvent donner qu’une explication plausible ». Malheureusement, l’explication proposée par lui n’est guère plausible. Elle serait de plus absolument incompréhensible, si l’on oubliait qu’Arétée est un pneumatique, un stoïcien, et qu’à ce titre il a sur le pneuma, sur la chaleur innée, les idées que nous avons rappelées au début de ce chapitre. Un corps très dense de sa nature ne sent ni le contact des objets, ni les violences e.xtérieures, par conséquent il ne peut soulTrir, la douleur n’étant qu’une perversion de la sensibilité. Ainsi, à l’état normal, les os et les dents ne sont pas sensibles. Mais la vie dans ces organes est entretenue par la chaleur innée, et cette chaleur est pour les stoïciens le véritable agent de la sensibilité. Il sulllt donc d un trouble dans cette chaleur intérieure pour que la sensibilité soit en quelque sorte apportée du dedans; ce n’est pas la partie matérielle, la substance solide, c’est le fluide ■vital lui-même qui souffre et porte la notion de sa souflrance centre conscient. Or, précisément, pour Arétée, la cause de la goutte est une altéi’atlon de la chaleur innée.

Après quelques mots sur la sciatique, l’auteur aborde la description de l’arthritis et de la podagre réunies et confondues. Voici ce tableau tant vanté : on y reconnaîtra facilement les traits empruntés à Athénée et à Archlgène. « L’arthritis commence ainsi ; la douleur occupe d’abord le gros orteil, puis la partie antérieure du talon, celle qui porte sur le sol, puis la \oùte plantaire, enfin la cheville se gonfle en dernier

LA GOUTTE ET LE ItlILMATJSME

Heu. On donne ;ui mal une cause qui en est Inen innocente; i les uns ont été blessés par une chaussure neuve, les autres ont | trop marché; un autre encore a reçu un coup ou s’cst laissé i marcher sur le pied; ils n’avouent ni les uns ni les autres que la cause est en eux-mêmes, et, quand on leur dit ce qui i en est véritablement, cela leur paraît incroyable. Ainsi la i maladie devient incurable ; le médecin n’a pu la combattre à ses débuts, alors qu’elle était sans force ; comme on l’a laissée s’accroître avec le temps, tout traitement est devenu inutile ».

« Chez quelques-uns le mal persiste dans les articulations du pied jusqu’à la mort, chez d’autres il parcourt toute l’étendue du corps; le plus souvent il passe des pieds aux mains, et en effet, les conditions sont les mêmes pour ces deux régions : elles sont de môme nature, grêles et dépourvues de chair, rapprochées du froid extérieur et éloignées de la chaleur interne. Les coudes et les genoux sont pris ensuite, puis l’articulation de la hanche; enfin, la douleur passe de là aux muscles du dos et du thorax. La marche envahissante de ce mal est incroyable. Il s’attaque aux vertèbres de la nuque et du dos, va jusqu’à l’extrémité du sacrum, et toutes ces régions participent à la douleur commune et souffrent pour leur compte. Les tendons et les muscles sont douloureux et tendus; les muscles des mâchoires et des tempes sont pris ; les reins, la vessie sont envahis à leur tour; enfin, chose surprenante, le nez, les oreilles, les lèvres mêmes souffrent aussi; tout cela en effet est formé de fibres et de muscles. Un malade souffre des sutures de la tête et, bien qu’il ignore l’anatomie de la région atteinte, il décrit les sutures oI)li(|ue, droite, transverse, sur le devant et sur le derrière de la tète, se plaignant il ce niveau d’une douleur fine et lèréhranle (i). C est que

(i) ia/vfiv 51 tr,v oojvr,v za' 'o’-î; (j'j-irjT. ;u~:r:xp;uvr,v. Ici rcm|»runl l'ail ù Arcliigènc csl llagraiil. Les deux ex |iressions soulignées apjiarticnncnl

l.’liCÜLE STUÏCIE.XNE OU PAEUMATIQUE

le mal attaque toutes les connexions osseuses aussi bien ([lie les jointures des mains et des pieds ».

On reconnaît le mode de travail d’Arétée : il exagère, il amplifie, il dénature pour obtenir un tableau plus saisissant. I,e début de la goutte par les diverses articulations du pied n’est plus aussi exactement décrit que dans le passage parallèle d’Archigène qui avait dit : le mal débute ou par telle jointure, ou par telle autre; Arétée Aiit de ces diverses localisations possibles une série d’étapes nécessaires. De même, voulant nous apitover sur le sort du rhumatisant perclus de tous ses membres, il ne sait s’arrêter à temps ; Archigène n’avait pas dépassé l’articulation temporo-maxillaire et le nez, il y ajoute les lèvres, les oreilles et les sutures du crâne, invoquant à l’appui de son dire une histoire qu’on a peine à prendre au sérieux. Nous retiendrons seulement de cette page deux points : l’hésitation bien exprimée du goutteux à avouer la nature et la cause de son mal, encore tout cela était-il un lieu commun depuis Athénée, Archigène et Soranus; en second lieu, la mention des conditions physiologic[ues particulières aux mains et aux pieds parce que cette observation c[ue l’on lit dans tous les auteurs pneumatiques leur servait d’argument pour justifier leur théorie de la goutte, ([u’on pourrait appeler la théorie thermique.

L’est à propos de la formation des tophus c[u’Arétée la formule plus nettement. Il a sous les yeux le paragraphe d’Archigène que nous avons cité et où la génération des tophus est attribuée soit à un excès de chaleur qui fait se déposer des matières pierreuses comme il arrive dans les >ases ou 1 on lait bouillir de l’eau, soit à un excès de froid

!i ce vocabiiliiirc sp(3cial ciui irritait si fort (îalieii. Archigène disait ejno les doidcurs des parties fihrcii.ses étaient È;j.-crap;j.c'vo'. (Galion, t. Mil. p. pi), inol (pic Daremhcrgtradnit par fixes et téréliràntes (Galion, trad. Darenib'org.

J 1*. I) antre part, il avait donne 1 ('pitbète do finement

aignë à une antre variété do donlonr (Ilnd., p. Qa).

LA GOUTTE ET LE ItlIU UATISME

qui congèle rhumeur morbide. 11 relient et admet ces deux ' procédés pathogéniques pour les calculs ; « Les calculs, dit- : il, ont une double cause : chez les vieillards c’est leur froid naturel et leur sang épais, car le froid condense plus vile . les matières épaisses comme on peut le voir aux sources i d’eaux chaudes qui en se refroidissant se concrètent en ' un dépôt pierreux; chez les enfants, au contraire, ce sont ' les impuretés cuites à la chaleur du sang, comme par un véritable feu, qui sont l’origine des calculs (x) »; mais en , ce qui concerne les tophus de la goutte, il se montre plus exclusif qu’Archigène, et les attribue seulement au refroidissement.

« Des concrétions sc forment dans les jointures. C’est d’abord un liquide puriforme, puis l’humeur s’épaissit et il s’échappe une matière très dense; enfin, ce sont des v, tophus durs et blancs, de petites saillies grosses comme une verrue ou môme davantage; leur contenu est épais, blanc, ressemble à de la grêle (2), et, de fait, la maladie tout entière est froide comme la PTÔle. La chaleur et le froid’

semblent bien établir des diflerences, mais pour mol la maladie est une et sa cause est toujours une diminution de la chaleur innée. Cependant s’il survient brusquement une tuméfaction et une chaleur superficielle et que le froid ap- . pliqué donne une sensation agréable, on dit que la goutte est chaude. Si, au contraire, la douleur est profonde, fixée dans les parties fibreuses, si la jointure est affaissée, froide . et non tuméfiée, on peut dire la goutte froide. On aura besoin alors de remèxles réchaullants [lour rappeler la .chaleur à la surface, et, le plus souvent, il faudra y joindre; les ao'cnls fortement Irritants ».

On comprend pour<[iioi Arétéc a insisté, comme 1 avait lait j avant lui Athénée traduit par Sénèque, sur la disposition ^

(i) Auét (a) Celle

ici:, p. 17a. \

iiièiiie comparaison sc rciroincra ,'ioiis la plume de Paracelse: J

L’ÉCOU-: STOÏaiEX.XE ou PNFA'MATIQU E

jinatomique des malus et des pieds, maigres, dépourvus de toute protection contre le Iroid extérieur et, de plus, éloignés du foyer de la chaleur interne. Si la maladie est bien due à une diminution de la chaleur innée, les effets de ce refroidissement devront se faire sentir surtout à ces extrémités. Il sera naturel aussi que la goutte soit plus rare chez les enfants et les jeunes gens dont on croyait le sang plus chaud que celui des vieillards.

Telle est la théorie thermique de la goutte adoptée par les stoïciens. Si l’on pouvait faire abstraction des conséquences inacceptables que lui donne Arétée, telles que la formation des tophus par une sorte de congélation, elle serait encore très défendable dans quelques-uns de ses éléments. Mais une idée, si ingénieuse qu’elle soit, ne peut faire oublier la grande erreur clinique qui dépare le chapitre d’Arétée. Jamais l’identité de nature entre l’arthritis et la podagre, c’est-àdire entre le rhumatisme articulaire aigu et la goutte, n’avait été affirmée si nettement. La podagre disparaît même du titre; ce n’est plus qu’une localisation fortuite d’une maladie plus générale, et c’est sous le nom de celle-ci, sous celui A'arthritis, qu’est donnée la description célèbre qui commence ainsi ; « La douleur occupe le gros orteil. )) La conlusion est absolue.

Après ces considérations générales touchant la nature de la goutte, viennent, dans le livre d’Arétée, des notions intéressantes au sujet des causes et de la marche de la maladie. '< La goutte n est pas d ordinaire une maladie continue ; elle laisse parfois de longs répits, car elle est d’humeur légère. On a vu même un goutteux gagner le prix de la course à Olympie entre deux accès. »

« Les hommes sont plus souvent frappés que les femmes, mais chez eux la maladie est plus bénigne; elle est rare, mais plus pénible chez la femme. Si un mal nous est inaccoutumé et étranger, et que la nécessité veuille qu’il soit le

plus fort, les suites en sont plus fâcheuses et plus violentes ».

igo LA GOUTTE ET LE HUUMATISME

« C’est surtout à partir de l’Age de trente-cinq ans qu’on a* la goutte. Un peu plus tôt, un peu plus tard, selon le tempérament et la manière de vivre de chacun. Les douleurs! qu’elle cause sont certes cruelles, mais ce qui les accompagne est plus cruel encore : la défaillance au moindre choc, l’impotence, le dégoût des aliments, la soif, l’insomnie m.

« Quand on en revient, comme si l’on avait échappé à la mort, on mène une vie molle, débauchée, insouciante, joyeuse, prodigue et sensuelle. On jouit en somme de la vie présente comme si l’on était sûr d’éviter la mort une autre fois. »

« Souvent, la goutte se change en hydropisie, d’autres fols en asthme; cette substitution des maladies est inévitable. »

De cette page, qui termine le chapitre, la première et la dernière phrase sont à retenir. L’auteur nous prouve, par un exemple inoubliable, que les rémissions de la goutte peuvent être complètes, au point d’équivaloir à une guérison momentanée. Ici, la préoccupation littéraire d’Arétée l’a bien servi.

Par contre, la mention des complications soudaines de la goutte, c’est-à-dire des métastases, est bien brève, si toutefois le chapitre que nous venons de traduire presque tout entier nous est parvenu dans son intégrité. Remarquons seulement que, pour définir ces accidents, Arétée se sert des expressions mêmes de Rufus : « chez plusieurs, la podagre en hydropisie ou en asthme; cette substitution o'.xooyr, est inévital)le ». 11 avait sans doute le livre même du célèbre Itphésien sous les yeux.

Il nous resterait à dire quelle médication les médecins pneumatiques opposaient à la podagre. Malheureusement, le chapitre d’Arétée « sur la cure des arthritiques » est doublement insullisant. Il a été écourté par l’auteur lul-mèmc qui i‘envole à son livre de thérapeutique, et, de plus, il nous est parvenu mutilé. Nous n’y trouvons à relever que cette phrase : « Chez les podagres, l’ellébore est le grand remède.

L'ÉCOLE stoïcienne OU PNEUMATIQUE

mais clans les premiers accès seulement ; quand le mal est invétéré ou qu’il a été transmis par hérédité, il ne finit qu’avec le patient. »

En général, les pneumatiques suivaient, dans le traitement des alFections articulaires, les traditions de l’école dogmatique, dont ils ne s’étaient jamais séparés tout à fait, mais sur un point spécial, sur l’emploi des agents externes, leur théorie pathogénicjue de la goutte leur avait suggéré d’heureuses initiatives. La maladie étant l’effet d’une diminution de la chaleur innée, la thérapeuticjue avait un double devoir, retenir le plus possible les restes de cette chaleur défaillante et emprunter au milieu ambiant le surplus de cette force nécessaire, le demandant à toutes les réserves du monde extérieur, à la terre, à l’eau, au soleil même.

Un médecin de la secte, un contemporain d’Archigène, avait étudié avec soin ces diverses ressources et les avait décrites dans un livre c|u’il avait intitulé « des Agents de la ÎMédication externe », et dont Oribase nous a conservé de précieux fragments, ceux, notamment, c|ui concernent les eaux minérales, les bains de sable chaud, l’exposition au soleil, l’enveloppement dans la laine roulée.

Hérodote, élève d’Agathinus, avait, au dire de Galien, pratiqué la médecine à Rome « avec beaucoup d’éclat (i) » ; d avait composé quelques ouvrages et, parmi eux, un petit livre qu il avait intitulé b ’lavpô;;, le médecin, et dans lequel d avait résumé la science médicale tout entière. 11 est probable que l’opuscule qui porte le même titre et qu’on trouve mêlé aux œuvres de Galien n’est qu’une édition altérée, mufilée en certains points, interpolée en d'autres, du livre d’Hérodote.

On a soutenu que cette Introdiiclion, ei^aYioYvj, car on l’appelle encore ainsi, ne portait pas la marque de l’école pneumatique et ne pouvait lui être attribuée.

(i) Gaukn. T. VIII, p. '^ôi.

Certes, dans l’examen qu’il fait des théories médicales, l’auteur reste si impartial qu’on ne sait vers quelle doctrine il incline, mais quand il dit qu’il faut étudier d’abord la physiologie parce qu’on ne peut connaître les causes, les symptômes ni le traitement des maladies si l’on ignore la structure normale de l’homme, il se sépare nettement des méthodiques et des empiriques ; quand il énumère les éléments constituants du corps humain, il cite de préférence les opinions d’Athénée et des stoïciens ; enfin, quand il s’occupe des humeurs, des fonctions et des maladies, il ne se borne plus à exposer les sentiments d’autrui, il livre le sien propre ; il donne la définition de la santé que nous avons reproduite, où une part égale est faite aux altérations humorales, aux lésions viscérales et aux troubles dynamiques (tension plus ou moins grande du pneuma) ; il parle du pneuma hectique comme le ferait un stoïcien ; il dit que l’anasarque peut provenir d’un refroidissement de la « chaleur innée » comme le répétera Arétée en termes identiques. En un mot, il n’est ni plus ni moins pneumatique que ce dernier ou qu’Archigène : c’est à proprement parler un éclectique.

Grallen nous dit bien (i) qu’Hérodote méprisait toutes les sectes, hors la pneumatique, mais c’est là une de ses exagérations coutumières. Insister, dans un manuel à l’usage des commençants, sur les opinions d’Athénée et de ses élèves, adopter en grande partie ces opinions devait paraître, aux i yeux d’un homme aussi intolérant que l’était Galien, une | hérésie absolue ; d’autant que lul-mème a fait si peu de cas | du pneumatisme qu’il l’a passé sous silence dans la revue qu’il a faite des sectes de son temps. Pour lui, peut-être, et ce sentiment aurait sa part de vérité, la médecine stoïcienne constituait moins une école médicale qu’un groupe littéraire.

(i) Gm.ien. T. XI, p. 43a.

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