‹ La goutte & le rhumatismeChapitre 45 sur 86 · JO · texte numérisé non relu

JO

et de petites, fort peu difTérentes les unes des autres. Voici la formule d’El Kendy : « Aloès, myrobalans eitrins i ' sans leurs noyaux, rue sauvage, cuscute de Crète, turbith, | gomme ammonia([uc, opopanax, serapinum, bdellium de,) Judée, de chaque quatre parties ; pulpe de coloquinte, trois parties ; scammonée, deux parties ; euphorbe, castoréum, y. cannelle, safran, de chaque une partie ; faire infuser les > diverses gommes un jour et une nuit dans de l’eau de poi- ' reau ou de chou, piler les plantes et les gommes jusqu’il b consistance d’onguent, y ajouter les poudres végétales et ' triturer le tout jusqu’à mélange Intime ; faire des pilules de p la grosseur d’un grain de poivre, qu’on fera sécher h l’ombre. En prendre la valeur de deux drachmes dans de l’eau tiède au commencement de la nuit (i). »

Une formule antigoutteuse, c’est aussi tout ce qui nous F reste de Mésué, Jouhanna ben iNIassouih, le maître d’Honelu j et l’un des écrivains les plus estimés de la vieille médecine H arabe. Contre la goutte froide, il recommandait les pilule.sH de chitaredj, plante qu’il associait aux hermodactes, àB la coloquinte, à diverses autres espèces et à V /liera picra . LeH chitaredj dont le nom revient souvent dans les livres arabesH paraît être un lepidlum ou passerage, le Xztmiz'i de Dlo-W corlde(2). Il convient aussi de mentionner cette phrase deH Mésué citée par Razcs dans le continent : « Le Colchique,* coricos, est très utile contre la goutte froide. » H

Sérapion nous est mieux connu que ses prédécesseurs.* grâce à son traité de médecine en VII livres, qui nous a été* conservé. La traduction latine de Gérard de Crémone est assez* claire et permet de juger la méthode de l’auteur arabe. HH ne met rien de son propre fonds, mais emprunte tout à un^D petit nombre d’auteurs dont il est facile de reconstituer la* liste. Ce qu’il dit de la podagre, de l’arthritis et de la scia-jj

(i) AvlCE^•sE. Édit, do Venise, iGü8, l. II, p. 3o8.

(a) V. Ibn-ei.-Beitiiah. Trad. L. Leclerc, n» 701, iSGp cl i5i().

LES ARABES ET LA GOUTTE

agi

tique, il le prend à C’.iilien, à Philugrius et surtout h Paul d’Kgine. Il compose son livre comme l’aurait fait un Byzantin des derniers siècles, ajoutant seulement à sa compilation quelques médicaments inconnus des Grecs et tirés des régions voisines de l’Irak, tirés de l’Inde surtout. Les symptômes sont passés sous silence, à peu de chose près, et l’auteur, après quelques lignes d’étiologie banale et de patliogénie galénique, s’étend longuement sur la thérapeutique de l’allèction.

Nous relèverons cependant dans le chapitre XXIII (i >, oîi il traite brièvement des causes et de la nature de la goutte, de l’arthritis et de la sciatique, une comparaison ingénieuse en une remarque clinique judicieuse. Après avoir énuméré quelques-unes des causes antécédentes : oisiveté, excès de coït, ivrognerie, arrêt des évacuations accoutumées et surtout des hémorroïdes, il ajoute : « Cela diminue la chaleur naturelle, le corps devient plus humide, les résidus ne sont plus détruits et la matière s’accumule ; de même l’excès de nourriture et l’insuffisance de la digestion diminuent aussi la chaleur naturelle, comme une brassée de bois vert jetée sur un feu petit et languissant. » Quand nous parlons aujourd’hui de la combustion insuffisante des matières azotées, notre langage ne diffère pas beaucoup de celui de Sérapion et nous pourrions lui emprunter sa pittoresque comparaison.

Le fait clinique à noter est le suivant : « Des jointures que frappe la maladie, aucune d’ordinaire ne revient à son intégrité première, surtout s’il s’agit de sciatique, d’arthrite des hanches ou de podagre. Au contraire les douleurs des autres jointures peuvent se résoudre complètement, par exemple quand c’est l’humeur sanguine qui prédomine. Les jointures des hanches et des pieds peuvent bien revenir

(i) Séu.vpion in Praclica .loannis Serapionls, elc. Lyon, lô-jS, llv. IV cil. XXIII, fol. 4'i-

Page 1