‹ La grace et la gloireChapitre 61 sur 80 · CHAPITRE I. — I.E ^UNT-KSPRlT. AUOIR PliRSOXXEL · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. — I.E ^UNT-KSPRlT. AUOIR PliRSOXXEL

t les transformer. Ils se souvenaient des langues de feu, qui syiubnlist'rent la «lescenle du Saint-P'sprit sur les disciples, au i»ron(i jour de la Pentecôte. Ils se souvenaient

iicore que le Seigneur avait dit : « Je suis venu apporter le feu sur la terre, et qu'est-ce que je veux, sinon qu'elle s'embrase ?» (1). Or, (jucst-ce que le feu dans ces for-

iiules et d'autres semblables, si ce n'est Taniour, dont il

st écrit : « L'amour est fort comme la mort... ses lampes -ont des lampes de feu et de flammes .. (2). L'hébreu porte : t ses ardeurs sont des ardeurs de feu ; c'est une flamme de Jéhovah ». On dirait une anticipation de la grande parole de S. Jean : Dieu est charité. Donc, si les Grecs

ittribuent au Saint-Esprit le symbole du feu, c'est qu'il ist pour eux, comme pour feurs frères latins. l'Amour personnel et substantiel, et qu'ils chantent avec ceux-ci

l'un même cœur et d'une voix commune. « Venez, Esprit «.réateur... Feu. charité, Ignis, charitiis ! » Aussi bien, que peuvent signifler autre chose les noms

ie bonté, de bénignité, de suavité du Père et du Fils, si Mjuvcnt employés par eux pour désigner l'Esprit-Saint?

\joulerai-je encore que pour eux il est une huile embaumée qui coule de la substance du Père et du Fils ; un souflle s'exhalant du cœur de Dieu ; la bonne otleur de la divinité ; une divine chaleur émanant de l'éternel îoyer : toutes ligures (jui n'ont aucun sens précis, à moins qu'elles n'expriment une procession d'amour (3). Je ne veux pas taire ici que, parmi les plus anciens Pères, il s'en rencontre plusieui*s qui désignent expres-

. I . lu.

.' Cant.. \lil, 0.

(Il» Cf. PeUv., de Tnitil.. L \ ti. - .,. ■>. ■■■. .'i-, ■ .un^v .ii^^ Deu

irino. Ui. X\l. Item. Simeon. Jun . Divin. Amor. P. G. t. 120.

384 I.IVHB VI. — NOS HAPPORTS AVBC I.E SAINT-E>PIU r

scnicnt le . Saint-Ksprit par le nom de Sagesse (1), et semblent par là conlrcdirc A l'avance la doctrine contenue dans ce chapitre. On pourrait tout d'abord répondre que ces Pères sont en fort petit nombre, et qu'ils ont contre eux l'usaf^e commun de tous les autres et celui de l'Kglisc elle-même : car i)artout le nom de Sagesse est par appropriation le nom du Fils, et celui de Sagesse engendrée, le nom propre du même Fils. Mais, au fond, ces anciens Pères ne sont pas, autant qu'ils le paraissent, en désaccord avec la doctrine commune ; car il y a un sens pour le mot sagesse qui le ramène à l'amour. En effet, la sagesse appartient pour la plus grande part à la volonté. Si, ])armi les dons du Saint-Esprit, celui d'intelligence naît immédiatement de la foi, le don de sagesse a surtout pour principe la charité. La sagesse juge de toutes choses par la charité divine et dans la charité (2); moins par la raison, même éclairée des lumières de la foi, que par le coeur embrasé du divin amour. Sans doute, ejle suppose l'intelligence, mais c'est l'amour surtout qui se révèle dans ses opérations. Ainsi l'Esprit de Dieu qui par sa nature est intelligence infînie, et par son mode de procession, l'Amour hypostatique, peut à la rigueur être appelé du nom de Sagesse, sans que ce titre exclue la propriété qui le fait l'Amour personnel (3).

(1| S. Ircn.. L. III.c. S. n. -3 ; Tlicopli. Aiit. adAulolyc, L. II, c. 10; Clem. Alcï., Strora., L. Vil, elc.

(2)S. Thom.,2. 2. q. 45. a. 2.

(3)Cf. Pelav..deTrinit., L. VII. c. 12.

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