‹ La grace et la gloireChapitre 63 sur 80 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Conséquences des caractères personnels. — Le Saint- Esprit cause de notre adoption

1. — Deux éléments concourent essentiellement à l'adoption des enfants de Dieu : la grâce créée, et la grâce incréée ; en d'autres termes, la participation finie de la nature divine avec les privilèges qu'elle apporte, et l'habitation substantielle de Dieu dans l'âme sanctifiée. Or, s'il est une vérité manifeste, c'est que le bienfait de l'adoption, considérée soit en elle-même soit dans ses principes constitutifs, est singulièrement attribué au Saint-Ksprit par les Ecritures et par les interprètes de la révéhition.

Quand j'interroge nos saints Livres pour leur demander qui nous a formés à l'image du Fils éternel, qui nous fait les fils par adoption du Père, ils n'ont qu'une réponse : le Saint-Esprit. C'est l'Esprit-Saint qui crie en nous, c'est-à-dire qui nous donne le pouvoir de dire en toute vérité, comme des fils et non plus comme des esclaves : Père, Père (l) ; lui qui s'unissant à nos âmes nous fait agir en enfants de Dieu ; lui dont la présence intime et l'opération rendent témoignage à notre esprit que nous ne portons pas en vain ce glorieux titre (2) ; lui dont la possession nous fait connaître que nous demeurons en Dieu, et que Dieu demeure en nous (3).

(l|Gal.. IV, 6-7 ; Ilom., VIII, 15.

{2) Rom., Vin, 14. Ifi.

(3) Joan.. V, 13.

CHAPITItE III. — LE SAINT-ESPRIT, CAISE UE |/aIK)PTION iOI

La tradition tout entière fait écho sur ce point aux Livres sacrés. Les textes se présenteraient en foule, s'il était besoin d'en apporter à l'appui d'une vérité si manifeste. Qui ne sait, par exemple, combien de fois, en parlant du baptême, elle nous représente l'Esprit de Dieu porté sur les eaux, comme aux premiers jours du monde, pour les féconder et leur infuser la vertu de produire les enfants de Dieu ? C'est dans un but semblable qu'elle nous montre le Saint-Fsprit qui descend sous la forme d'une colombe, au baptême de Jésus-Christ, non certes pour le sanctifier lui-même, mais pour figurer ce qu'il fera dans les membres du Christ, au sacrement de leur renaissance et de leur adoption.

Il est impossible de ne pas reconnaître, dans tous ces textes et d'autres semblables, un merveilleux parallèle entre la génération temporelle du Fils par nature et la naissance spirituelle des fils adoptifs. Comment cela se fera-t-il ? (Comment deviendrai-je la mère de mon Dieu, moi dont la virginité ne connaît pas d'homme ? C'était \â question que la divine Marie posait à l'ange. « Et Gabriel lui répondit : L'Esprit-Saint descendra sur vous, et la vertu du Très-Haut vous couvrira de son ombre » (1). Comment un homme déjà vieux pourrait-il renaître, demande à son tour, mais avec un cœur moins pur et moins docile, Nicodème, ce pharisien à qui Jésus-Christ prêche la régénération spirituelle des enfants d'adoption ? Et Jésus lui réponti : « En vérité, en vérité, nul ne peut entrer au royaume de Dieu, s'il ne renaît de l'eau et do Saint-Esprit » (2) : de l'eau, comme d'une cause instrumentale et secondaire ; du Saint-Esprit, connue de la cause principale et souveraine.

Il Luc. 1.34 3.1.

(2) Joan.. lit. 4-5. Cf. L. I. c. 2. p. 21-f3.

eiliCB BT OLOIRB. — TOMB I. M.

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