‹ La grace et la gloireChapitre 70 sur 80 · CHAPITRE V, — LB SAINT-KSPRIT AITKUR ORS DONS CRÉKS · texte numérisé non relu

CHAPITRE V, — LB SAINT-KSPRIT AITKUR ORS DONS CRÉKS

C'est une chose admirable de voir avec quel soin minutieux l'Évangile nous montre l'influence du divin Esprit dans la mission du Sauveur des hommes. C'est lui qui l'a formé dans les entrailles immaculées de la Vierge ; lui qui l'annonce comme le Roi, si longtemps attendu par Klisabeth, Anne et Siméon (1) ; lui (jui, descendant visiblement au baptême, lui rend un témoignage oiliciel devant le Précurseur et devant le peuple (2); lui qui le conduit au désert pour qu'il s'y prépare à la grande œuvre de son Apostolat, dans la solitude, la prière et la pénitence, et qui l'en ramène (3) ; lui en qui le Dieu fait homme opère ses miracles, tellement que fermer obstinément les oreilles à leur témoignage soit un péché contre le Saint-Esprit (4); lui qui le fait tressaillir de joie, à la pensée des lumières répandues sur les ûmes simples (â).

Que dirons-nous encore? Si Jésus-Christ s'offre pour nous en hostie sanglante, c'est par le Saint-Esprit (6) ' s'il contini'e son œuvre de rédemption dans le monde par le témoignage des apôtres, ce témoignage est l'ouvrage de l'Espril-Saint (7); enfin, s'il laisse une Église qui perpétuera sa mission jusqu'à la fin des siècles, c'est encore par son Esprit qu'il la fonde, la forme, la conserve, et la rend perpétuellement fécontle (8). Donc, du commencement i\ la fin, le Saint-Esprit préside en Jésus-Christ à l'accomplissement de son œuvre de grâce, d'amour, de restauration et de salut.

(1) Luc. I. 33, 41. «7. 68 : II, 23. Bqq.

(2) M«U.. III. 16; J'»" » f'

(3) Luc, IV. I. Clr

(4) M.U., XII. 28; Luc , \i. .'U

(5) l.uf . X, 21

(6) H.br.. IX. U.

iTj Join.. XV. 26.

(8) Act.. I. Il, etc.

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2. — Voilà ce qu'il a fait dans le chef; en a{»ira-t-il autrement avec les membres? La même voix et la même autorité nous défendent de le penser. Avant même (|ue Dieu ait pris possession d'une Ame, il appartient au Sîiint- Esprit de lui en préparer l'entrée : c'est où tendent ces illuminations intérieures et ces inspirations par lescpielles rHsprit-Sainl touche le cœur de Ihoiume (1), et (pi'on appelle grâces prévenantes.

Là ne s'arrêtent ni son action ni ses bienfaits. Dans cette infinie variété de grâces qui nous sont si libéralement octroyées par la divine bonté, aucune qui ne soit de lui (2). Lorsque, devenus enfants de Dieu, nous sommes transformés de clarté en clarté, c'est lui qui fait cette meneille (3). Les gémissements ineffables par lesquels nous attirons la miséricorde et touchons le cœur de Dieu (4); tous les actes salutaires qui sont nos mérites (5); la charité, la joie, la paix, la patience, la bénignité ; toute sainteté, toute piété, toute douceur (6) : autant d'elFets et de fruits de sa présence au fond des Ames. Il est là renouvelant la nouveauté même (7), activant notre vie spirituelle, aidant notre infirmité, nous consolant dans nos peines; attristé lui-même par nos infidélités, principe et gage de notre béatituile future (H).

Il faut pourtant remarquer ici que les biens qui nous viennent de Dieu, ne sont pas au même titre attribués à

(1) Coiic. Trid., sess. VI, c. 5.

(2) I Cor., XII ; Hebr., II, 4.

(:{) Il Cor.. III. 18.

(41 Rom., VIII, 26.

(5) nom., VIII. 14.

(6) Gai.. V, 22-2.3.

<7)Til.. III. 5.

(8) nom.. VIII, 14, 26; Act., IX, 31 ; Eph., IV. 30 ; II Cor., I. 22, etc.

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ce divin Esprit. Tous, il est vrai, doivent sans exception lui être rapportés, quand on les envisage ou comme des dons ou comme «ies effets qui concourent à l'œuvre de notre sanctirication, bien qu'on puisse à d'autres points de vue les attribuer soit au Père, soit au Fils lui-même. .Mais il en est qui, par leur nature intime, appellent plus néccssaircïnent l'appropriation {|ui s'en fait au .Saint-Kspril. Telle est entre tous la charité, parce que la charité, non seulement considérée comme j^ràce mais encore envisaj»ée comme charité, se rapp(U-te spécialement à l'Esprit-Saint. N'est-elle pas en elle-même une participation créée de ce qui fait son caractère propre, c'est-à-dire de l'amour infini '.'

S. Thomas, dans la magistrale explication qu'il donne des effets de ffràco, appropriés au Saint-Esprit par l'Ecriture, pose en principe que l'Rsprit-Saint, répandant en nous la charité, fait de nous les amis de Dieu (1). Voyez maintenant les conséquences qu'il tire de cette vérité capitale.

Donc, c'est au Saint-Esprit qu'il faut attribuer la révélation des divins mystères, suivant cette parole du grand apAlre : « L'œil n'a point vu, l'oreille n'a point entendu, et le cœur de l'homme n'a jamais compris ce (|ue Dieu prépare à ceux (pii l'aiment. .Mais pour nous, Dieu nous la révélé par son Esprit » (2). Pourquoi ? Parce que c'est le propre de l'amitié de verser ses secrets dans le c<i'ur d un ami. « Je ne vous appellerai plus sei-viteurs, mais amis, dit NotnvSeigneur à ses disciples : car tout ce que j'ai entendu de mon Père, je vous l'ai fait connaître» (3). L'amitié lait de deux cœurs un seul cœur. C'est pourquoi,

il» S. Thom . c. (Jcnl . L. IV, c 21 • t 22. (2) I Cor.,ll.«.IO.

1 Joan., \V, '.t.

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