‹ La grace et la gloireChapitre 75 sur 80 · LIVRK VI. — NOS «APPORTS AVEC LE SAINT-ESPRIT · texte numérisé non relu

LIVRK VI. — NOS «APPORTS AVEC LE SAINT-ESPRIT

cession la sainteté, source primordiale et principe de toute sainteté.

C'est donc méconnaître ces fortes arî,'unicntations de nos saints docteurs que d*y chercher un mode d'union exclusivement propre à l'Esprit de Dieu, quand elles ne poursuivent que ce but unique : démontrer que, la sainteté de l'Esprit étant la sainteté même de Dieu, l'Esprit est avec le Père et le Fils un seul et même Dieu. Concluons donc, sans prétendre ici condamner les idées d'un si grand théologien, que les lois de V appropriation suHisent pleinement à nous expliquer dans quel sens toute sainteté, toute vertu, toute opération sanctifiante est rapportée non pas au Père, non pas au Fils éternel, mais à leur commun Esprit ; puisque ces grâces ont une analogie singulière avec ses caractères hypostatiques, et par conséquent qu'il en est à titre spécial l'auteur, l'exemplaire et l'arciiétype.

Concluons aussi que l'union personnelle avec les âmes justes, ou, si vous l'aimez mieux, la demeure permanente de Dieu dans le cœur de ses enfants adoptifs, n'est la propriété d'aucune personne en particulier, ni quant au fait, ni quant au mode. « Lorsque le Christ a dit : Nous viendrons, moi et mon Père, l'Esprit entre avec eux pour habiter de la même manière, et non pas d'une autre (i). C'est la pensée de S. Athanase ; et tel aussi le sens exprimé par ces paroles de S. Cyrille, son glorieux successeur : «f En vertu de l'unité de nature, tout est de toutes (les personnes, sauf leurs propriétés distinctives) : la présence, les révélations, la participation (acOét-.:), l'opération, la gloire ; en un mot, tout ce qui fait la splendeur

(I) « ï'jvE'.;épyreTai ffi nv60ji.a oûx à).).a); f( w; 6 Ti6ç îv r^aiv o(y.Y;5(ov », S. Alhan., ep. ad Serap., 1, ii. 31. P. Gr . l. 20. p. 601.

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de la divinité » (1). Hncorc une fois rien de propre au Saint-Esprit, si ce n'est l'aflinité spéciale fondée sur les propriétés personnelles (2). Kt c'est là encore ce que nous fait entendre clairement Léon XIII dans son Enr\ clique sur le Saint-Esprit, déjà plusieurs fois ciK .

« Cette admirable union (de Dieu avec lame juste), que Ion a nommé inhabilalion, se distint^uc uni(juement par la condition ou l'état de l'amoureuse étreinte par où Dieu béatifie les élus du ciel. Or. bien (ju'elle soit véritablement produite par la présence de la Trinité tout entière, suivant cette parole du Seij^neur : XoUs viendrons à lui et nous ferons notre demeure en lui (.'?), toutefois elle est atlirmée spécialement du Saint-Esprit. En ellet, même dans un homme pervers il apparaît des vestiges de la puissance et de la sagesse divine ; mais quant ù la charité qui est comme le caractère propre du Saint-Esprit, le juste seul y participe. Ajoutez à cela que le même Esprit porte le nom de Saint, parce qu'étant le premier et suprême Amour, il conduit les âmes à la sainteté (jui, en dernière analyse, consiste dans l'amour de Dieu » (4).

La pensée du Souverain Pontife est d'autant plus claire, qu'elle se rapporte manifestement à la doctrine de l'a/tpropriation précé«lcmment exposée par lui. Sans doute, il n'y a pas là une détinilion do<{matique. Mais le Maître des chrétiens n'aurait pas tenu pareil lanj»a>»e, et sans l'ombre d'hésitation, s'il n'avait regardé comme indubitable le sentiment commun des théologiens (|ue nous

< S. CyrIII, .\lex. DUl Ml Je Triiill. P. «r . l. 73. p lODfi (;:> Sout reriendron*, dm» un ilc» «pp«ndicc«. k ccU<» conlroversc.

pour interpréter plu* en dt'lail ton» lo« textes dot IVrcs sur lc«i]iieU

on voudrait vlatttir U nouvelle llivorie. (3)Jo«n . \IV, 23. (4) Encvcl. Dirinum illud miiniii.

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