‹ La grace et la gloireChapitre 74 sur 80 · CHAPITRE VI. — PAS d'union PROPRE AC SAINT-ESPRIT · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. — PAS d'union PROPRE AC SAINT-ESPRIT

core assez nettement formulé dans mon esprit, ou je ne le dirai pas iei (1) •. Pourtant, il se décide à proposer une opinion qu'il croit pouvoir déduire des textes sacrés et de renseignement des Pères.

En voici la substance : « L'union des justes avec TEsprit-Saint emporte de leur part un double rapport : un rapport à l'essence divine, un rapport à la personne. Sous le premier rapport, rien de singulièrement propre au Saint-Esprit. .Mais il n'en va pas de même pour le second : car, outre l'union commune, il y a comme une application spéciale de la personne même du Saint-Esprit sur l'âme des justes ; application qui ne convient qu'ù lui dans la Trinité ».

2. — Quant aux preuves du système, il importe de les peser avec attention. L'examen que nous en allons faire, nous sera d'un grand secours pour entrer plus avant dans l'intelligeoce des textes et du mystère lui-même. Voici la première preuve (2). C'est le propre du Saint-Esprit (l'être « domible » aux créatures intelligentes. I)onc, il faut qu'il leur soit uni d'une manière qui ne puisse convenir au Fils. En efTet, supposé de part et tl'autre le même genre d'union, pounfuoi le Fils ne serait-il pas donné comme l'Flsprit lui-même, et comment le caractère de rfon resterait-il la propriété personnelle du Saint-Esprit ?

Fiaisonnement spécieux, mais qui tombe de lui-même, pour peu (ju'on se rappelle en (juel sens l'Esprit-Saint est par excellence le Don de Dieu. Dites-moi, le Saint-Esprit cessera-t-il d'être l'Amour personnel du Père et <lu Fils, lesoufUe substantiel où s'exhale leur commune dilection, s'il n'a pas avec les âmes une union différente de celle (|ue la foi nous montre dans le Fils ? Non, sans doute. Je

. Peliv., d« Trlnll., L. VIII, c. 0, n 6 -I ld;ir, ilil.

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vous accortlcnii, comme je l'ai déjà fait, qu'il y a pour le Saint-Ksprit, dans son caractère personnel, une singulière aptitude, un titre particulier qui le prédispose à cette amoureuse union ; j'ajouterai qu'en vertu de la même propriété il a, dans la relation commune, un rapport de siniilifude c|ui lui convient personnellement. Mais cela même ne lait pas la diversité d'union qu'on affirme. Or, si le Saint-Ksprit, bien qu'il soit l'Amour personnel du Père et du Fils, |)eul se cf»mmuni(iucr aux âmes, dans la même mesure et suivant le niènie inotlc que le Verbe de 13ieu, pourquoi le caractère de Don réclamerait-il une union didérente, puisque c'est tout un d'être le Don du Père et du Fils et leur Amour personnel ? Faudra-t-il, d'après le même principe, mettre une différence entre l'union du Père et celle du Fils, quand ils viennent demeurer en nous, soit parce que le Fils est le don du Père, soit parce que la venue du Fils, à la différence de celle du Père, a comme la-venue du Saint-Esprit, un caractère de mission ?

Aux arj^umenls, appuyés sur la nature du don, Petau en ajoute un autre tiré d<^î» nombreux textes où les plus célèbres des Pères grecs, les Basile, les Cyrille, les Athanase, les Kuloge et les Jean Damascène, regardent « la propriété de vertu sanctiliante comme aussi personnelle au Siunt-Hsprit que la filiation l'est au F"ils, et la paternité du Père » (1). Bien plus, Cyrille d'AJexandrie dit exi)ressément et |)lus dune lois que le Saint-Esprit est le propre auteur de notre sanctification (rJToupyriç), celui qui l'opère par lui-même. « Il est donc évident, conclut Petau, que l'union dont les anciens Pères ont parlé, n'est pas seulement l'union de la nature divine du Saint-Esprit, mais encore et surtout celle de sa personne, ou, si vous

(l)Pelav.. L. c, n. T.

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l'aimez mieux, de la nature considérée sous la propriété personnelle de l'Esprit-Saint (1).

Oui, répoudrai-je, le Saint-I-^prit est la Sainteté sanctifiante ; oui, cest par sa propre vertu qu'il perfectionne le^ âmes et les porte au sommet de la sainteté ; oui, sa personne elle-même nous est unie par la j»rà ce. Qui songe à le nier ? Ne Tavons-nous pas amplement démontré nousmème? Mais si vous trouvez dans ce caractère personnel une raison d'imputer à l'Esprit un genre particulier d'union, pourquoi le même caractère ne vous autoriserait-il pas à lui attribuer encore une opération sanctifiante qui lui soit personnelle ? Car enfin les mêmes docteurs, et souvent les mêmes textes, parlent des opérations comme ils ont parlé de l'union sanctifiante, et je n'ai pas vu qu'ils allirnient plus souvent du Saint-Esprit celle-ci que celleslà. Si donc, pour ne pas diviser l'indivisible opération de la Trinité, vous professez que les o[)êrations sont absolument communes, de quel droit niez-vous la conimunauté de l'union (2) ? Relisez tous ces textes des Pères, et mille autres ({u'on pourrait y joindre, et vous verrez que, dans l'intention de leurs auteurs, tous ou presque tous tendent à prouver que l'Esprit de Dieu est la sainteté par essence ; que, s'il sanctifie les anges et les hommes, ce n'est pas à la manière d'un instrument, d'un ministre, en un mot, d'un inférieur, et par une vertu empruntée, comme le prétendaient les hérétiques, mais en Dieu (|ui, procédant de Dieu, reçoit par son mode singulier de pro-

<t) idem, i''i<t.

(2) l'cUii a reconnu lui-m^uic qu'il n'y a qu'une >iaipl« appropria- Uon : M liMite opt-ration de la divine bonté qui teml à la communicaUon de la ciiariU' i-l dc> la MintcU^ c»ta(fri6u/f d'ordinaire au Saint- K^prit : il raison de »on mode particulier de procemion, il mérite le nom de cliaril^ et de aaintelé ; et c'est auMi la raiton pour laquelle on l« nomme huile et parfiira ». De Incarn.. L. XI, c 8, H. S.

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