SCÈNE IL
JEAN, MACHUT, puis CABOUSSAT.
MacauT.—Ah bien ! tu as de l’aplomb, toi !
15 JEAN.— Dame ! si elle savait que son saladier est cassé … . ça lui ferait de la peine, à cette demoiselle. Macaur.—Ah çà ! je viens pour la vache... ‘ JEAN.—Oh ! c’est inutile.
Macaur.—Pourquoi ?
2% Jean.—Elle est morte....Il paraît au’elle avait avalé un petit morceau de carafe... mal enterré.
Macaur.—Ah ! voilà ! tr ne creuses pas assez.
JEan.—C'est vrai....mais il fait si chaud depuis un mois |
aidants,
SoËNE IL 3
MacauT.—Ah çà ! c’est aujourd’hui le grand jour! ton maître doit être dans tous ses états.
JEAN.— Pourquoi {
Macaur.—C'est dans deux heures qu'on va élire le président du comice agricole d’Arpajon. 5 Jean.—Croyez-vous que monsieur Caboussat soit re-
nommé ?
Macaur.—Je n’en doute pas ; j'ai déjà bu treize verres de vin à son intention.
JEAX.—Vraif Eh bien, ça ne paraît pas. 10
MAcuuT. —Je cabale pour ton maître. C'est juste, j'ai la pratique de la maison.
JEAN.—II a un concurrent qui est un mali-, monsieur Chatfinet, un ancien avoué... Depuis un mois il ne fait que causer avec les paysans... 15
MACHUT.—I] fait mieux que ça. Dimanche dernier, il a été à Paris et il en est revenu avec une cinquantaine de petits ballons rouges qui s’enlèvent tout seuls. et il les a distribués gratis aux enfants de la classe agricole.
JEAN.— Ah? c’est très fort ! 2
MAcHuT.—Oui, mais j'ai paré le coup.... j'ai répandu le bruit que les ballons attiraient la grêle... .et on les a tous crevés.
JEAN.— Quel diplomate que ce père Machut !
Macaur.—Nous ne voulons pas de Chatfinet .... À bas 95 Chafinet! un intrigant..….. qui fait venir d’Étampes son vétérinaire !
JEAN. — Ah ! voilà !
JEAN.—Quant à ça... Il reste des heures entières dans son cabinet avec un livre à la main... l'œil fixe... la tête immobile... . comme sil ne comprenait pas. Macuur.—Il réfléchit. | 5 JRaN.—I1 creuse. (Apercevant Caboussat). Le voici ù +... (Montrant les morceaux du saladier). Je vais faire
comme lui, je vais creuser. (IL sort par le pan coupé de gauche.)