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Il s’avance, il s’arrête, et se cognant la tête, Il se lance sans choix une rude épithète, Mais parfois sur autrui retombe son courroux ; Son index cette fois se dirige vers vous,
Puis, redoublant son pas, il va, vient, se promène : Le doigt indicateur, lui, toujours se démène.
Le tout pour son chapeau qw’il cherche vainement Et lequel sur sa tête est posé crânement.
Ou bien pour une botte à son greffe emportée
Qu’il accuse Manon d’avoir au feu jetée.
Mais tout distrait qu’il est, et peut-être pour ça, Notre homme a de l’esprit, en veux-tu, en voilà ; Pour témoins, vingt bons mots, que de lui l’on raconte, Dont je ne puis ici vous donner qu’un acompte.
A propos, le farceur, il a trouvé mayen
De payer ce qu’il doit sans y mettre du sien,
En disant au vendeur, d’un aplomb admirable,
Que ce qu’il lui vendit est vraiment impayable.
Or, il advint un jour que le susdit marchand
Eut aussi cet honneur de l’avoir pour chaland,
Et juste au même instant qu’au fond de sa boutique Un vin du meilleur cru s’installait en barrique. C’était du fin Porto venant de chez Peltier !.. L'autre était amateur, il en voulut tâter ;
Mais, comme son crédit avait fait banqueroute,
Il paierait au comptant, pour éviter tout doute, Au porteur du liquide. Aussi pour bon marché Il obtint dix gallons, et le tout dépêché,
Le porteur s’en revint, ayant, pour toute aubaine, Un espoir de paiement, la semaine prochaine.
Mais ce terme prochain s’éloignait, s’éloignait, Et puis mois après mois sans paiement s’éteignait ; Et tout l’an y passa sans comptant plus comptable : Pour le coup ce vin-là semblait bien 2mpayable.... Notre marchand pourtant n’en fut pas convaincu, Quoiqu’il eût dépensé de papier un écu.
Le voyant dans ies chars il se pâma de joie,
Et le guetta longtemps comme un oiseau de proie, Qui sûr de sa victoire attend pour la saisir,
Goûtant dans son angoisse un horrible plaisir.
Mais sitôt que les chars partent de Saint-Denis
Il revêt tous ses traits des airs les plus confits,
Et, toujours caressant, il aborde son homme
Le flatte tout d’abord avant qu’il ne l’assomme Disant : ‘mon cher Monsieur”’avec maint autre “cher,” Puis lui parle du vin qu’il lui vendit peu cher ‘“ Sur promesse qu’on fit de payer tout de suite, ‘ Tandis qu’il fut bien loin de payer aussi vite ;
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e, Qu’‘un an s’est écoulé ;”” qu’il va payer enfin À ä : Un vin si bon marché, la crème du bon vin.” ché \ + * iine,
Après ce beau discours, encore une caresse, Puis il attend l’effet, l’œil rempli de tendresse... Hélas! qui Paurait cru? notre gratte-papier
Se redresse de l’air qu’aurait un créancier,
it, Et, toisant le marchand avec hauteur extrême, eignait ; Il lui dit ces seuls mots d’une audace suprême : iptable : « Sacrebleur, mieux vaudrait que cher m’auriez vendu le... ‘ Et qu’aucun prix jamais n’en auriez prétendu.” ncu, Il dit, tourne le dos et s’éloigne sans rire ;
L’autre la bouche en cœur ne trouve rie à dire, Mais bientôt, dépouillant son air tendre et confit,
proie, Il s’en va grommelant : Maudit ! maudit ! maudit !” Tandis qu’au loin s’entend un ‘“ sacrebleur” terrible
Li Qui rouvre du blessé la cicatrice horrible !.....
Lis | Mais la voix du sifflet coupe l’original
8, Dans ses maudissements—l’on est à Saint-Paschal.
ne
> “cher,”
1er x Fin du huitième Chant,
ite,