‹ La Grand-Tronciade ou Itinéraire de Québec à la Rivière-du-Loup [microforme]Chapitre 7 sur 15 · REC AP AU EPS TES · texte numérisé non relu

REC AP AU EPS TES

Maintenant, sans retard, il leur faut s’esquiver ; On est conservateur, on doit se conserver.

Mais, tout en opérant une prompte retraite, Ils font de grands soupirs sur la triste défaite De leurs rêves si beaux! Que n’ont-ils fait chorus !.. Mais on les eût montrés comme d’aflreux janus.... Encor, s'ils ne laissaient après eux un confrère, L'avocat de Lévis, cet habile compère,

Qui d’être au parti rouge a le trop grand bonheur,

Et qui, seul maintenant, sans la moindre pudeur,

Va cueillir derrière eux leur moisson toute prête ! En effet, c’est à quoi le fin matois s’apprète.

Le savoir de Guillaume il n’a lieu d’envier ; IL pourrait lutter même avec maitre Xavier. à Puis, il a pour séduire une telle figure, Que pour lui cette affaire a le plus bel augure!

Cependant le ministre, ayant de suite appris Ce qui se passe là, dans ce char mal-appris, S’adresse au conducteur qui l’écoute en silence, Et se rend sur le champ où règne la licence.

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| . Paulet, c’est là son nom, toujours àpre au devoir, | Quand il s’agit de l’ordre il est beau de le voir ! Chez lui la politesse égale le courage, Son nom au voyageur est un heureux présage.

« Mais lorsque la Discorde, agitant ses serpents, Vient répandre le trouble au sein des braves gens, C’est alors que Paulet est grand et magnanime !

L L’éclair est dans ses yeux par l’ardeur qui l’anime, rus !.. Il grandit tout-à-coup et pareil aux grands preux Lnd H s’avance sans peur comme étaient nos aïeux !

* * ur, :

| Tel il parut aussi dans cette circonstance.

Il aborde d’abord, sans aucune jactance,

Le fauteur du tumulte, exigeant son concours

+ Pour détruire l'effet de son fougueux discours.

Le pauvre Membre en vain de son mieux s’évertue

Pour prouver qu’en parlant il avait Ha berlue.

Il dit même, ‘ qu’enfin la Constitution

‘ A peut-être besoin d’une autre édition ;

‘ Que le divorce aussi, nullement arbitraire,

Ë “° Ne sera concédé que s’il est nécessaire ;

À ‘ Que la taxe elle-même, haute un jour seulement, ‘ N'est que pour nous donner ensuite plus d’argent,” On révoque partout la version nouvelle,

T'enant que la première est la seule fidèle, 3 *

repeen :

Et les cris, La fureur montent au maximum ; Tel est toujours le cas et surtout au forum.

On soulève aisément la fougue populaire,

Mais après, l’appaiser n’est pas facile affaire. Le fleuve grandiose est alors une mer ; Il faut, pour le dompter, un homme au bras de fer. Or cet homme, il est là, comme un roc, dans la foule, À Planant, planant toujours sur la mouvante houle ; Paulet, semblable au Dieu maître de l’Océan

Qui gourmande les flots soulevés par l’Autan,

Lance son “ Quos ego” d’une voix formidable,

Et soudain s’établit une paix admirable,

Chacun des avocats reprend son action,

Et Monsieur l’opposant est doux comme un mouton.

+ + 2 MOTO EN re EM

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Mais pendant que Paulet s'illustre de la sorte,

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Voyons dans l’autre char, comment on se comporte. — On tremble pour les jours du brave conducteur. Or, le major se lève et dit: “ Messieurs, j’ai peur... ‘ Qu'on agisse fort mal envers ce pauvre diable,

‘ Dans le char limitrophe.—[l serait convenable

t D'organiser sur l'heure un petit bataillon

‘ Pour voler au secours de ce nouveau Samson.

‘ Qui veut être soldat ?’’—A cet appel sublime, S’avance Couturier, un brave magnanime,

Comme en font foi trois doigts perdus dans les combats. Le colonel Vincent s’empresse sur ses pas,

+ Puis enfin le shérif, guerrier de vieille roche,

Et qui n’a nullement la langue dans sa poche ; Voilà tout, trois soldats, mais ce sont trois héros Que Bosquet auraient pris pour faire des Furcos. Le major, comme chef, a la place première ;

Le colonel Vincent commande le derrière ;

à Les deux autres au centre ont pris place à l'instant. | Et puis chacun ‘élance en criant “ En avant !” Quand, la porte s’entr'ouvre, et Paulet plein de vie, Apparait tout-à-coup devant la compagnie !..., N'importe, ces héros, s’ils n’ont point combatin, Ont de mérite autant que s'ils avaient vaincu!

; Mais pendant que ces faits s'inscrivent dans Phisto re, Ë Le train comme un coursier s’'avance plein de gloire! À D'abord, quand il partit, roulant vers Montréal, Ë I semblait s’écarter (son but est en aval) ;

Mais c'était une feinte, un simple badinage,

Car auprès d’Etchiemin, il se tourne et plus sage,

il s’élance en avant sur le chemin d’en bas, Dévorant cette fois le pavé sous ses pas.

Un instant il s’arrête au bord de la Chaudière, Et c’est là que se fait son étape première.

Notre second arrêt se fit à Saint Henri,

Où les susdits combats s’arrètèrent aussi— Alors des employés la bande fort active

S'en va remplir les flancs de la locomotive Avec le bois et l’eau qui sont sa ration ;

Ou bien, pour me servir d’une autre expression De nos bons habitants, qui me semble aussi riche, Hs donnent à manger et boire à la pouliche.

Fin du troisième Chant.

ES

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