‹ La Grande apostasieChapitre 33 sur 34 · IX. (v.VI · texte numérisé non relu

IX. (v.VI

X. Respect pour les susceptibilités mêmes du coeur humain : Abolition de toutes les occasions de cupidité: depuis la Noblesse héréditaire et le Népotisme, jusqu'aux décorations égales des partis et des ennemis les plus déclarés (la croix dite à' honneur n'est pas autre chose), triomphants tour-à-tour; et aux Prix dans les collèges, la source féconde et invisible de toutes les envies et de toutes les révolutions de l'âge mûr ; — déconsidération de la grande et de la moyenne propriété, par la défense, l'impôt, et même la peine, de toutes les sortes de monopoles dans le commerce et dans les testaments.

m. Logique et Tiiéorie prophétiques de la République, de la Constitution, de FAssemblée, st des Présidences nouvelles.

Dans les tout derniers siècles, réservés aux révolutions, ce devait être, et ce fut aussi toujours, un Général qui eut les chances et le jeu du Pouvoir : par les raisons touteî simples: !« qu'il est communément un homme du peuple parvenu; %^ qu'il est instruit et qu'il s'est élevé par Tobéissance ; So qu'il expose sa vie, lorsque tous les autres fonctionnaires n'exposent pa^ même leur bourse ; 4o qu'il est naturellement plus juste et meilleur qu'un autre : plus estimable, et moins envié.

Cet argument prophétique donné, et pour rendre plus claire son application par une personniticaiion , le général Changarnier, comme un autre , s'il savait, pourrait , par la seule force àe position (Dieu seul fait les positio)is) et du suffrage universel ^ se trouver ati socialisme populaire, ce que \Vashingion a été à l'aristocratique.

Louis Bonaparte, s'étant pesé une fois, ne fût-ce qu'une minute, en Prétendant, s'est condamné, de son propre seing, à n'être ni Washingion, ni Olivier Cromwell ,' ayant accepté, soUicité, oljtenu, Juré le Suffi âge universel , il ne saurait être, encore moins, ni Richard Gromwell, ni Charles II, ni Guillaume, ni Bonaparte, ni Louis XVIII, ni d'Orléans : car il lui faudrait un 18 Brumaire^ qui ne se conçoit pas sans la gloire militaire personnelle; et encore plus impossible en prix d'une apostasie, qu'en violation du Suffrage universel. Il s'est livré, sacrifié, pieds et mains liés, à la constitution improvisée, et comme assiégée avec la ville de Paris. Il en est un article, comme un autre, susceptible, et même sûr, de révision. Impuissant même à se faire un Monk , ou à en susciter un : car il porte un Nom qui ne comporte plus que l'un ou l'autre de deux extrêmes : le Pouvoir absolu du sang, ou le titre précaire de l'élection. Et un iMonk français serait plus affreux encore qu'un anglais. Celui-ci ne fut qu'un monstre d'or, chez un peuple marchand. L'autre en serait un de lâcheté, dans une nation généreuse. La conspiration d'Angleterre ne fut pas même régicide; celle de France serait populaire et régicide à la fois. La première s'accomplit sans une goutte de sang, par une proclamation, et comme une acclamation ; la seconde, ne se concevrait qu'avec ie sang à flots, et ne durerait pas vingt-quatre heures. Selon

cette parole des anciens Machabées, IV, 17: InLeges divinas impie agere im-puné non cedit.

Voici le dernier trait du Lord-Monstre de l'attW 5acra famés delà Grande-Bretagne, peint de main de maître par le père du vice-président actuel de la République française, Boulay de la Meurlhe, dans son bel « F^sai sur les causes qui , en « 1649 (quelle providence visible il y a dans les chiffres, à 200 ans juste de là !) « amenèrent en Angleterre l'établissement de la république; sur celles qui deu vaient l'y consolider; et sur celles qui l'y firent ^épr. n 2« édit., imprimerie du Corps Législatif, place du Carrousel, Prairial an^VH » :

t< Teliessont les principales causes qui ojàérèrent la contre révolution en Angleterre , onze ans après la proclamation de la République. Comme il est dans l'habitude ordinaire des hommes de rapporter les plus grands événemen ts à la cause la plus immédiate et la plus apparente, on attribue communément cetétoiinant changement au général Monk , et on croit que sans lui il n'aurait pas eu lieu. C'est une erreur que l'examen le plus léger fait disparaître. A la vérité, Monk joua dans cet événement le rôle le plus saillant; mats ce rôle n'était que passif. Cet homme, doni le plus grand talent était la DISSIMULATtQN , et la plus forte passion L'ÀVABICE (de l'aveu même de ses admirateurs), cet homme qui avait été un des plus vils instruments de Cromwell qui lui avait donné le commandement de l'Ecosse , cet homme jaloux des autres gé^êrMjx de Parmée qui 1 eciipsaient en mérite et en popularité, ayant /?offe pendant long temps entie tous les partis, voyant enfin que celui des indépendants avait contre lui l'aversion publique , et que les amis , même les plus purs, de la liberté ne jouissaient plus que d'un faible crédit; bien convaincu par l'explosion générale que le retour du Prétendant était inévitable, se vendit a lui, et chercha, pour être bien récompensé, à lui rendre de signalés services. Mais il n'eut, pour celà, qu'à se jeter dans le torrent qui entraînait tout vers la royauté; torrent formé et grossi peu à peu par les courants divers que j'ai inJiqués plus haut ; torrent qui devint enfin si violent que rien ne pouvait plus résister à sa fureur.

t< Je suis bien aise de dire, en finissant, que les royalistes ayant abusé de leur pouvoir pour replon^.er la nation sous le despotisme, les presbytériens (les socialistes religieux du pays et du temps) reprirent insensiblement de la force, et parvinrent enfin à être , .sous le nom de ÎVighs . le pani populaire , lequel chassa de nouveau les Stuarts, et les fit proscrire à jamais. »

Le premier des Bonaparte est tombé pour ne pas avoir écouté le ^remfer des Douiay, son Conseiller d'Eiat intime ; les seconds tomberaient encore mieux , du mèm.e coup , si , entrés en premiers sujets du peuple à l'Elysée , ils s'avisaient îaim;^ de tenter seulement d'en sortir en souverains!

Cn d'Orléans n est pas moins impossible : car il ne se conçoit plus sans des guerres étrangères, que le.s jjuerres civiles m petto dans toute l'Europe empêçheroni désormais à jamais.— -Le dernier et le plus innocent des Bourbons lui-même ne se concevrait, par une suite de rairacles dont Dieu seul serait le secret (V. };i p. 53, etc.. de cet ouvrage.^, -qu en dépouillant .à la fois ses verbeuses et lourdes Gazettes; Unions, dîvi':ées et.d visantes ; s^^ yissembl^es ^nUl•^''af7o■'^ales ses. Modes, immondes; ses (irafei-r^ salariés, eî sotiventmiiets ; et même, et surtout peut-être, sa cour, son:édiu:aticn, ses noms , ei jusqu'à -son sang, sa Prétention enfin ; et en f;iisrjiil prét.isom^:"') t le corîT-nire de son coupable Vieul : s' entourant ;ù' <cs ey.nejnis, icndunt la vxaia aux imtitcs) ot rroclamam le Pcuple Roi.

P.iri<^, le 1^''' 3Iars i S

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