‹ La grande barbarie (fragments) [par] Pierre LotiChapitre 6 sur 13 · LA GUANDE BAR HA RIE · texte numérisé non relu

LA GUANDE BAR HA RIE

chants d'oiseaux, sur tant de désolations, sur tant de milliers de jeunes tombes. Et, autre indice de printemps, sur la place maintenant déserte, trois ou quatre petites filles se précipitent comme des folles, des toutes petites qui peuvent bien avoir six ans au plus; évadées en courant d'une cave à dormir, elles se prennent par la main pour essayer de danser une ronde, comme un soir de mai, sur une vieille chanson de Flandre. Mais une autre, une grandette d'une dizaine d'années, vient les faire taire d'autorité, les grondant comme d'une inconvenance, et les chasse vers les souterrains au fond desquels, après avoir dit une prière, d'humbles mamans vont les coucher.

Indicible tristesse de cette ronde enfantine, qui s'était ébauchée là, solitaire, à la tombée d'une froide nuit de mars, sur une place que domine le fantôme d'un beffroi, dans

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