‹ La grande bourse et les petites boursesChapitre 5 sur 20 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

AMÉNAÏDE seuZe, entrant par une petite porte à l'avant scène gauc ' e de l'acteur.

Personne. . mon mari n'est pas rentré... heureux hasard... vite cette reconnaissance dans cette armoire... à la place de son manteau et de son habit que je viens de mettre ailleurs, rue des Blancs- Manteaux... Ah! c'est mal peut-être, c'est bien mal... mais il m'en fallait à tout prix, et j'en ai eu... j'ai eu dix actions de l'enceinte continue. — Ce nouveau projet de chemin de fer qui doit conduire desBatignoles à Vaugirard, en passant par Charenton ; c'est qu'un peu plus tard, je n'en avais plus; tout allait être enlevé.

Air : de l'Apothicaire,

Chez le célèbre Fisch'toii-Kan Un banquier. Chinois d'origine.

Depuis ce malin vainement Je me dépite, me chagrine.

Ce fut, louché de mes douleurs Que ce banquier, la bonté même.

En me voyant verser des pleurs.

Me dit -. Versez votre dixième.

Et les ^ûici , je les tiens; trente actions de l'eu ceinte continue! (sautant.) Oh! quelle joie! quel bonheur! quelle fortune!... Mais, où est ma fille?... où donc est Loulou?, (appelant.) Colombe! Loulou ! Françoise!... Comment! est-ce que la maison est déserte?

Voulez-vous bien marcher plus vite, petit drôle:

A M EN. \ï DE

Mon mari !.. pourvu qu'il ne s'aperçoive pas

SCÈi\E VI.

AMÉNAIDE, GOBERGEOT, LOULOU.

GOBERGEOT, entrant en tenant Loulou par l'oreille. Que ça vous arrive encore, polisson.

AMÉNAÏDE

Qu'avez-vous, mon ami ?

GOBERGEOT , à part.

Ciel! Aménaide!.. (haut.) Ah! c'est toi, ma bonne amie, figure-loi que je viens de rencontrer M. Loulou qui s'en allait à la Bourse.

AMÉNAÏDE

A la Bourse?

LOiTLou, pleurant.

Tiens, j'veux jouer aussi, moi, nà !

GOBERGEOT.

A-t-il des dispositions... est-il précoce... mais il est trop précoce... Rentrez, monsieur, et que je ne vous y reprenne plus.

LOULOU, rentrant à gauche.

Ah! que c'est ennuyeux de n'être pas grand.

A.MÉN.VlDE.

Mais Françoise... mais Colombe , où sont-elles? (Elle remonte et disparaît un moment.)

GOBERGEOT, Ô part.

Vite, ce papier dans celle armoire... pauvre Aménaide!... si elle se doutait...

ASiÉN.UDE, rentrant.

Personne à la cuisine, personne nulle part.

GOBr.RG! OT, (/ part.

Ne lui parlons ni du banquier chinois, ni de son cachemire des Indes.

AMÉNAÏDE

Et vous-même , mon ami , d'où venez-vous donc ?

GOBERGEOT.

Je viens de me procurer des sous-Paris... vingtcinq coupons au pair... c'est une fortune.

AilÉNAiDE.

Dessous-Paris?. .

GOBERGEOT.

Oui, un chemin de fer dans les catacombes, coupe prise sur la rue Amelol et les boulevarts ,

depuis celui des Capucines jusqu'à Bonne-Nouvelle.

AMÉNAÏDE

El vous vous ^les procuré des actions?...

GOBEUGEOT.

Vingt-cinq promesses, rien que cela... c'est un bénéfice immense... mais celle lettre que je viens de recevoir... sans doute encore quelques nouveaux projets... je souscrirai, voyons

AMÉNAÏDK, remontant et appelant.

Colombe! Françoise!... C'est étrange!... que sont-elles deveuues?...

GOBERGEOT, qui vient d'ouvrir la lettre. Que vois-je ? de mon chef de bureau.

AMÉNAÏDE

J'ai remarqué que Colombe s'absentait souvent.

GOBERGEOT, qui Hsait avec agitation.

Le cuistre! le paltoquet!

AMÉNAÏDE

Qu'est-ce donc?

GOBERGEOT.

C'est inimaginable! parce que je me suis absenté trois mois, médire que je néglige mon bureau; que si cela continue on sera obligé de pourvoir à mon remplacement... Mais, mon Dieu! où allonsnous? qu'est-ce que devient cette pau\ro liberté individuelle, je vous le demande! Au surplus, c'est une occasion pour lui de placer le jeune Horace, le cousin de sa femme.

Air : t'nhommc pour fa're u», tableau.

Pendant qu'il est a sou bureau.

Soir et matin, le jeune Horace En qualité de jouvenceau, Près de sa femme le remplace.

Mon renvoi l'en délivre eiilin.

Et de suite, il aura sans peine.

Donné ma place a son cousin Pour qu'il ne prenne plus la sienne.

{On entend le truit d'une dis'^.ute en dehorx.)

AMÉNAÏDE

Quel est ce bruit?., on dirait la voix du portier.

GOBERGEOT.

M. Robin, oui, c'est moi qui l'ai fait den^ander pour un renseignement,

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