SCÈNE vn
Les Mêmes, ROBIN.
ROBIN, à la cantonade.
]Mus souvent que je les balaierai davantage vos escaliers... Est-ce que vous \ous... ficliez de moi, par eiemple !
AftMÉNAÏUE. ...:
A qui donc en avez vous?
ROBIN
A ce cornichon de propriétaire qui m'iuveclive, sous prétexte que mes escaliers sont pleins de trognons de pommes. Mais, comme je lui ai dit : monsieur au jour d'aujourd'hui, grâce aux chemins de fer, tous les hommes sont égal... J'ai du sur les toits, j'ai du sur les loils, et un portier qui a du sur les loils, n'est pas fait pour tirer le cordon de votre baraque,
GOBERGEOT.
Tu lui as dit cela?
ROBIN
Ce langage convenait à un homme de bourse.
AMÉNAÏDE
Et que vous a-l-il répondu?
ROBIN
11 m'a répondu : je vous chasse! (Remontant.) mais tant mieux!
Air . d'Henri Quatre en famille.
Le temps n'est plus des anciens préjugés : Tous les portiers se font actionnaires ; Si par le ciel nous sommes protégés, Bieotôt tous les portiers seront propriétaires. Plus d'un Crésus qui montre sa maison, En se disant d'une origine ancienne, A commencé par tirer d'une main le cordon D'une maison qui n'était pas la sienne !
GOBERGEOT.
Il a raison, celle noble fierté m'électrise..,. Sommes- nous, en effet, à une époque de barbarie; sommes-nous des esclaves?., vivons-nous dans un pays de serfs?..
AUMÉN.\ÏDE.
Mon mari!..
GOBERGEOT.
Laisse-moi, Aménaide, laisse-moi... 11 est temps vois-tu d'humilier l'orgueil de ces gens qui se croient au-dessus de nous, parce que nous sommes au-dessous d'eux... ah! monsieur^ mon chef de bureau, vous vous êtes dit sans doute : Tiens'liens! liens! je ne vois pas Gobergeot... où donc est Gobergeot?.. Est-ce qu'il se permet de se reposer cet esclave; vile une lollre à ce pas grand chose... traitons-le comme un rien du tout, et nous verrons ce qu'il osera répondre... Ce que j'oserai répondre... attends, attends! (Se mettant à son bureau.) Tu vas le savoir mon bonhomme.... je vais l'écrire de la bonne encre... à bas, les chefs de bureaux î
ROBIN
A bas, les propriéraires.
GOBERGEOT.
Vive la liberté !