SCÈNE X
Les mêmes, LOULOU.
Ah ! papa, papa, j'ai oublié de te dire...
GOBERGEOT.
Quoi donc ?
LOULOU
Il est venu, ce malin, ce grand qui a l'air bête... tu sais bien...
AMÉNAÏDE
Ce grand qui a l'air bêle. ..
LOULOU
Pas M. Carotlin,.un autre qui a l'air encore plus bête...
GOBERGEOT.
Voyons, t'expliqueras-tu ?..
LOULOU
Tu sais bien... qui devait épouser ma sœur.
COLOMBE
M. Dutillet.
LOULOU
C'est ça.
GOBERGEOT.
Dutillet ! oh ! mon Dieu !
AMÉNAÏDE
C'est juste, les affaires nous l'avaient fait oublier.
Et cette promesse qui nous lie.
AMÉNAÏDE
Mais, ta parole donnée, il y a dix jours, à M. Carotlin ?
GOBERGEOT.
Ah ! ma foi, tant pis, nous dirons à Dutillet qu'il a trop tardé, que notre lille en aime un autre.
COLOMBE
Mais non, papa, je n'aime personne.
GOBERGEOT.
Je t'assure que si.
COLOMBE
Mais, je vous assure que non !
GOBERGEOT.
D'ailleurs, la question n'est pas là... il nous faut un gendre qui nous fasse honneur. Certainement, Dulillel était un parti fort convenable quand nous n'étions rien, quand nous n'avions pas le sou... mais aujourd'hui que nous sommes lancés dans les affaires... que d'un moment à l'autre je puis figurer parmi nos plus riches capitalistes... je ne puis honorer de ton alliance le fils d'un obscur paysan.
COLOMBE
Mais, ce paysan, c'était votre cousin ; je fus élevée avec son fils. Enfants tous deux, je l'appelais mon petit mari ; il m'appelait sa petite femme.
Papa^ papa, voilà M. Est- y laid I
GOBERGEOT.
Est-y laid?
LOULOU
Ou Du tilleul, je ne sais pas.
GOBERGEOT.
Dutillet!..
LOULOU
C'est ça!
GOBERGEOT.
Que lui dire?
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