LES MÊMES, COLOMBE
COLOMBE
Ouf! je n'en puis plus.
AMÉNAÏDE
Ah ! enfin !
COLOMBE, à part.
Déjà de retour!
AMÉNAÏDE
Nous apprendrez-vous, mademoiselle...
GOBERGEOT, À Sa femme.
Attends, bobonne, attends!., (à Françoise.) Françoise, allez porter cette lettre.
FRANÇOISE
Oui; monsieur, (à port.) Ça fait que je pourrai repasser à la Bourse. {Elle sort.)
GOBERGEOT.
Merci, monsieur Robin, vous pouvez redescendre à votre loge.
ROBIN
A ma loge, plus souvent!., j'vas flâner devant M. Tortoni. (7^ sort.)
GOBERGEOT.
A présent, à nous deux, Mademoiselle, d'où venez vous, s'il vous plaît ?
COLOMBE
Mais...
AMÉNA'lDE.
Ne cherchez pas, dites la vérité.
COLOMBE, embarrassée.
J'étaissortie.,. je voulais... d'abord; vous m'aviez laissée toute seule... et...
GOBERGEOT.
11 ne s'agit pas de tout cela... d'où venez- vous,
COLOMBE
De chezmadame Durand, ma marraine, qui, vous le savez, voulait me prendre avec elle dans son magasin.
GOBERGEOT.
Ouvrière, notre fille... une demoiselle qui a hérité en 1840, d'une somme de dix mille francs.
AMÉNAÏDE
II est certain que si elle n'avait pas perdu, il y a cinq ans, le portefeuille qui contenait tout *on hé^
ritage, Colombe serait aujourd hui maîtresse et uon pas ouvrière dans un magasin.
COLOMBE
Vous oubliez, maman, que papa avait déjà disposé des dix mille francs, pour prendre des actions de la compagnie, pour le sauvetage du Télémaque, un projet tombé dans l'eau.
GOBERGEOT.
Précisément, parce que les fonds ont manqué.
COLOMBE
C'est égal, papa, mes dix mille francs, si je ne les avais pas perdus, ne pouvaient manquer de couler à fond avec le Télémaque.
GOBERGEOT.
Non, mais vous allez voir qu'elle aura bien fait de les avoir perdus.
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