CHAPITRE IV. itt
choses célestes et aux exercices de piété et de péni* tence. On sait quelles vertus illustrèrent dès le troi« sième siècle les déserts de la Thébaïde. D'abord ceux qui s'y réfugiaient vécurent séparés les uns des autres , et furent pour cette raison appelés solitaires , ermites ou anachorètes. Plus tard» sous saint Antoine et principalement sous saint Pacôwe , beaucoup d'entre eux commencèrent à se réunir sous une règlç commune et sous la dépendance d'un supérieur. Qn les appela cénobites. Les ui^ et les autres furent connus sous la dénomination générique de moines ou religieux.
Dans le iv^ siècle saiat Basile s'occupa le premier à recueillir les coutumes des religieux vivant en communauté y et il en fit une règle écrite , qui est encore observée aujourd'hui dans la pjlupart des monastères d'Orient.
En Occident, saint Benott, vers le commencement du vi^ siècle, rédigea à son tour un code monastique, qui devint comme le type de la plupart des règles données dans la suite aux conoimunautés religieuses de l'Europe. Il partagea le temps de ses disciples entre les exercices spirituels , la récitation et le chant des offices divins , et le travail des mains. Il leur prescrivit l'abstinence, le jeûne, et leur fit un devoir des
austérités que pratiquaient librement presque tous les chrétiens des premiers siècles.
Même au point de vue humain , nos historiens modernes professent une grande estime pour celui qu'ils ont appelé le législateur des moines du moyen âge. Ils lui attribuent d'avoir ennobli le travail manuel et préparé par là la destruction de l'esclavage et du servage. Ils ajoutent qu'il ouvrit des asiles où se réfugièrent les lettres et les sciences, et qui finirent par devenir le berceau d'une civilisation nouvelle. Ces résultats obtenus par l'institution de la vie cénobitique dans un temps où la force brutale et la barbarie dominaient dans le monde , sont incontestables , et commandent nécessairement l'admiration de tout esprit sensé. Mais ils n'entraient pas dans les vues de saint Benoit quand il écrivit sa règle. Il n'avait point d'autre but que de conduire à la perfection évangélique lès hommes qui s'y sentiraient appelés par une vocation particulière , et de les réunir sous Une discipline Uniforme et propre à prévenir les égarements des imaginations vives ou déréglées.
Le XI® siècle vit naître saint Bruno, qui fut amené par une inspiration de la grâce à modifier pour l'ordre qui lui doit sa naissance l'œuvre dé saint Benoît. La solitude lui présentait les moyens de salut après