CHAPITRE lY
lesquels il soupirait depuis longtemps; et ne voulant pas cependant renoncer aux avantages bien reconnus de la vie cënobitique ou commune, il chercha à réunir et à concilier ceux de ces deux états dans la manière dont il régla le nouveau genre de vie auquel lui et ses compagnons voulaient se vouer, et que nous avons maintenant à faire connaître.
Il ne sera pas hors de propos de dire auparavant quelque chose du Supérieur-Général , qui est comme rame de tout Tordre , et des assemblées capitulaires, ainsi que des novices et de la profession. C'est ce que nous allons faire brièvement.
Du Supéffiemr-Géiiéittl de Tordre, et du Chapitre gèBéval.
Quoique chaque maison de Tordre nomme son supérieur, auquel on donne le nom de prieur, on peut r^arder comme un véritable privilège accordé aux religieux de la Grande-Chartreuse la faculté qu'ils ont de iiommer le leur, vu qu'il se trouve de plein droit supérieur général de tout Tordre. On lui donne le
nom de Révérend Père (1). Tous les autres religieux, même les prieurs, sont appelés vénérables.
(1) Voir ei-deMUs la note au bas de la page 78.
114 LA GRANDE-GHARTREUSE.
Le Révérend Père n'a rien à Fextérieur qui le distingue des autres religieux. L'esprit de simplicité a été de tout temps l'esprit de l'ordre, et les supérieurs en ont toujours donné l'exemple. Voici, entre autres, un fait qui le prouve. Sous le généralat de Guillaume Raynaldi , le pape Urbain Y voulut que les prieurs de la Grande-Chartreuse prissent le titre d'abbé (1); mais l'humble Général , tout en témoignant sa profonde reconnaissance au Souverain Pontife , le supplia avec tant d'instance de ne pas l'obliger à accepter cette distinction , que le pape édifié finit par se rendre à ses prières.
Il est dans les attributions du Révérend Père de convoquer tous les trois ans le chapitre général, qui doit toujours se tenir à la Grande-Chartreuse , comme étant le berceau et le chef-lieu de Tordre. Le chapitre étant assemblé , tous les supérieurs de maisons, sans en excepter le Révérend Père, A^mandent leur démission ( ce qui s'appelle deinander miséricorde), laquelle, au reste, n'est acceptée que dans des cas très-rares. Le chapitre général s'occupe de tout ce qui peut concourir au main-
Ci) On sait que le titre d'abbé donne ordinairemenl aux sopérieurs réguliers le droit de porter la crosse et la mitre eomme les éréques.