CHAPITRE IV
tent d'une antre partie de Toffioe de la sainte Viei^e, et prennent ensuite, après environ quatre heures de veilles, un sommeil de deux ou trois heures.
Leschartreuxjeûnent environ huit mois de l'année, et la règle n'accorde pour toute collation le soir que trois à quatre onces de pain avec un peu de vin. Ils ob* servent si rigoureusement l'abstinence perpétuelle de tout aliment gras , que même le cas de maladie grave n'est pas excepté. Ils s'abstiennent en outre d'œufs ^ de laitage pendant l'Aventet le Carême, tous les vendredis de l'année , et à certains jours particuliers. En* fin un jour de chaque semaine , qui est ordinairement le vendredi, ils se contentent de pain et d'eau, sauf cependant ceux que l'âge , les infirmités ou d'autres raisons mettent dans le cas d'être dispensés de. ce point de la règle.
Ils n'ont pas l'usage du linge. Ils couchent sur une simple paillasse, et sont continuellement revêtus du cilice. Ils portent aussi en tout temps la tête rasée. Quant à la baii)e , ils ne se la font raser qu'en même temps que la tête , c'est-à-dire deux fois par mois.
On a pu remarquer par ce court exposé que chez les chartreux les austérités sont tempérées par une sage discrétion, de telle sorte que si l'on trouve dans leur genre de vie de quoi mortifier la nature , il n'y a cependant pas de quoi l'accabler.
Mais nous n'avons guère fait connaître dans ce qae nous venons de dire, que le matériel, en quelque sorte, de la vie du religieux chartreux. Peut-être plusieurs de nos lecteurs ne seront pas fâchés de voir maintenant quel en est Fesprit intérieur, et quelles sont les vertus à la pratique desquelles il doit s'appli^ quer pour être un véritable enfant de saint Bruno. Or c'est là ce qui va faire le sujet du chapitre suivant.
Il ne convient pas de terminer celui-ci sans dire quelques mots des frères. C'est ainsi qu'on nomme , pour les distinguer des religieux de chœur, appelés pères, des laïques, qui ont toujours été reçus dans l'ordre pour y vaquer aux travaux extérieurs.
Avant d'être admis à contracter des engagements irrévocables par la profession , ils ont à subir de lon«^ gués épreuves; car ce n'est qu'après neuf ans qii'ik peuvent passer de l'état de frère donné à celui de frère corners.
Le frère donné n'étant lié par aucun vœu , peut se retirer ou être congédié pour de justes raisons. Il porte les jours ordinaires un habit religieux de couleur brune , lequel est remplacé les dimanches et jours de fête par un habit blanc , tandis que le frère conven , c'est-à-dire celui qui a émis les vœux de religion, porte