‹ La Grande-Chartreuse, ou, Tableau historique et descriptif de ce MonastereChapitre 36 sur 93 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

offices et ses exerckses de pieté , se partage , suivant l'attrait de chacun , entre Vétude et le travail manuel. :

Les études des enfants de saint Bruno sont celles qui conviennent au prêtre , ou à celui qui doit le devenir. Telles sont les divines Ecritures, les saints Pè« res, la théologie. Quast au travail manuel, qui, sans être commandé par la règle, est seulement accordé pour servir de délassement à l'esprit et entretenir les forces corporelles, il consiste ordinairement à s'oceu?per autour ou à quelque ouvrage de menuiserie, à relier des livres, à fendre ou à scier du bois, à cultiver son petit jardin , etc.

Tous les jours de Tannée les chartreux se lèvent la nuit, après environ quatre heures de sommeil. La doche les avertit d'abord de dire en cellule les ma* tines de l'office de la sainte Vierge, et trois quarts d'heure après, elle les appelle à l'église pour y chanter celles de l'office canonial vers le milieu de la nuit, c'est-à-dire pendant ce même temps qui s'emploie trop souvent dans nos grandes cités à goûter des plaisirs dangereux ou coupables.

Les étrangers qui aiment à se procurer le religieux plaisir d'assister à l'office de la nuit, éprouvent souvent des impressions bien profondes, surtout quand

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c'est un jour de grande fête, où Iw offices sont ehan» tés avec plus de solennité. Nous nous troutions seul avec un ami dans la tribune, la première fois que nous y assistâmes. Nous vtmes arriver au chœur tous les pères, lesprofès en habits blancs, les novices avec leurs chapes noires, et portant chacun sa petite lan* terne. Ils se rangèrent dans leurs stalles à la lueur de quelques flambeaux. Bientôt ils commencèrent à chanter sur un mode lent et grave , avec dra voix fortes et sonores. Une grande partie de leur office se récite de mémoire. De temps en temps tous leurs flambeaux s'éteignent ou se cachent , et alors il n'y a guère que la lampe du sanctuaire qui répande au milieu dès ténèbres ses vadllantes clartés. On ne voit plus dans le choeur que des formes vs^es ou indécises; on dirait des fantômes collés contre les parois de k muraille. L'office des morts terminé , les chants sont interrompus par un silence complet. Ce silence jmnt à l'obscurité de la nuit vous émeut jusqu'au fond de l'âme , et fait éprouver au plus indifférent un frémissement religieux. Notre ami en cet instant céda à tstm émotion involontaire, et, nous serrant la main, il nous dit tout bas : c Voilà qui est plus saisissant que » les plus éloquentes prédications ! > De retour dans leur cellule, les religieux s'acquit-

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