CHAPITRE VII
vénérable Guigues, 5® prieur de chartreuse, était, dans le plan du fondateur, destiné à devenir l'habitation des religieux à qui leur santé ou leur âge, joint à la rigueur du climat, né permettrait plus de pratiquer toutes les austérités de la règle. En effet , la Correrie fut une espèce d'hospice et comme une succursale de la maison mère. Elle renferma une église, un chapitre, un cloître et sept cellules. On y ajouta ensuite des ateliers où Ton fabriquait le drap nécessaire pour la communauté ainsi que pour le soulagement des pauvres du voisinage. Les chartreux y eurent aussi une imprimerie qui leur fournissait leurs livres de liturgie et les autres ouvrages relatifs à leur ordre. De plus on y élevait douze enfants pauvres des paroisses environnantes; on les formait à la piété et aux bonnes mœurs, et ils ne sortaient de là qu'après avoir appris un métier et reçu de quoi s'établir.
n y a au^iessus de la principale porte d'entrée une niche contenant une statue de la sainte Yiei^e , et au bas de laquelle on lit ce distique :
Da , PREGOR, INFANTEM : NAM DULGE EST HOC HlHI PONDUS ,
' Si tamen est pondus quod mala nostra levât. En voici la traduction en vieux français :
Baillez-moi votre enfant : gar ge fardeau m^est doux ,
Si POURTANT est FARDEAU QUI NOUS ALLÈGE TOUS.
lb% LA GRANDE^CHAHTREUSE.
Maintenant la Correrie contient autant de ruinée' que de bâtiments habitables. Ceux qui tiennent à< la porte d'entrée servent depuis quelques années de Uk gement à des gardes-forestiei-s» Les écuries et au-des« sus la grange, qui est fort vaste et dont on admare la charpente 9 sont bien entretenues. Au fond éd k cour s'élève un grand corps-de-logis dans lequel trois ou quatre chambres et deux salles ont été réparées. Sur la droite est l'église , qui n'a guère plus aujourd'hui que les quatre murs et la voûte. En dessous de l'église s'étend un jardin potager d'où les chartreux tirent une partie de leurs légumes. Il y a aussi queV*. ques arbres fruitiers. Quoique la Correrie ne soit qu'à peu de, distance du monastère, sa température .est moins froide : ce qui provient de ce qu'elle est à la fois mieux exposée au soleil et plus garantie c(mtre le vent du nord. Au surplus cette dépendîuice du mo-r nastère ne renferme rien aujourd'hui qui mérite qu'on s'y arrête.
Poursuivons donc la route, qui, en descendant à travers une belle forêt, conduit jusqu'à l'endroit qu'on appelle la porte du Sappey. C'est encore un passage entre deux rochers de plus deux cents pieds de hauteur, au-dessus du lit du Guiers-Mort. Les pans presque perpendiculaires de ces rochers se rapprochent