VOYAGE A LA GRANDE-GHARTREVSE
Par le P. Mahdak, oratorien.
Déjà de Saint-Eynard disparaissaient les cimes ; J'avais du noir Sappey contemplé les abîmes , Et le Drac et Tlsère avaient fui de mes yeux , Quand enfin j'arrivai , cher Alcippe, en ces lieux. Dès que j'en aperçus l'auguste et sombre entrée , Mon àme de respect soudain fut pénétrée ; Je ne sais quelle voix semblait dire à mon cœur Qu'au sein de ces rochers habitait le bonheur. J'avance : deux grands monts sur moi courbés en voûte , De leur front sourcilleux intimident ma route : Tous deux fiers , imposants , semblent , du haut des airs , Interdire aux humains Tabord de ces déserts.
L'aquilon bat leurs flancs , et leurs bases profondes , Voisines des enfers, se cachent sous les ondes.