SCÈNE XV
LÉOPOLDINE, GUILHERY.
LÉOPOLDINE
Personne ici. . . bon, je n^'aipas été vue. . . j'ai supposée une indisposition ... on me croit rentrée dans mon appartement, et je me suis échappée. Pauvre enfant, c'est pour moi qu'on voulait lui faire faire un si mauvais dîner.
AIR : Pe/il blanc.
Ah ! je fus bien coupable.
Mais par bonheur , je puis , Pour lui , couvrir la table De nougats, de biscuits, De gâteaux et de fruits.
( Elle couvre la table de gâieaux ,c/ se cache Herrïère le fauteuil. )
GUlLHERY.
Quelle odeur embeauine'e !
Çà r'double eiicor ma faim ; jÊ^
îvi'avoir que d' la fumée
A meltr^ dessus son pain.
( Il jette son pain et s'approche de la table.)
Ah! mon dieul qu'est-ce qui m'a envoyé toutes ces friandises-là. . . faut que ce soit ime bonne petite fée que j'ai pour marraine, comme dans les contes de ma mère l'Oie.
LÉOPOLDINE, cachée.
Cherciie bien , mon boa frère , Et tu trouveras, jecroi; Ton lutin tulélaire N'est pas bien loin de toi.
(aS )
GUILHERY, l'apevce\'atit.
Tiens, Son Altesse.
LÉOPOLDINE
Elle-même, maintenant tu peux te mettre à table. . . je te tiendrai compagnie.
OriLHERY.
Comment, vous ?
LÉOrOLDINE.
Oui ,mais à une condition , c'est qu'il faudra que tu manges tout. . . pour qu'on ne s'aperçoive de rien.
GriLHERV, attache sa serviette.
Quant à çà, soyez tranquille. ( il mange>) O dieu! dés gâteaux et des confitures , v'ià que je me raccommode joliment ayec la Cour, moi. . .
LÊOPOLEINE.
Dieul esL-ce gentil de faire comme çà la dinette ensemble ! . . . à propos , il faut que je te dise un secret. . . mais tu n'en parleras h personne.
GUILHERY.
Moi, non, parole d'bonneur.
LÉOPOLDINE
Eh bien ! ... tu as vu mon fiancé ?
GUJLHERY.
Oui, il est assez gentil.
Je crois bien ! . . . apprends donc, mon cher enfant, que depuis le moment où je l'ai vu , mon cœur lui a appartenu. Je l'aime 1 et je sens là que je Paimerai toute la vie.