LÉOPOLDINE, VALENTINE, FERDINAND
FERDINAND
Vous refusez de m'entendre , de grâce , Valentine, e'coutez-moi, ne craignez rien; le tumulte de ce repas empêchera qu'on ne s'aperçoive de notre absence.
VALENTINE
Toute explication est désormais inutile, Monseigneur.. . ai-je le droit d'en exiger de vous ?...
FERDINAND
Vous pouviez plaindre mon sort, mais vous ne pouviez soupçonner mon cœur , puisqu'il ne s'agissait que d'un, hymen contracte' avec un enfant. . .
LÉOPOLDINE
Un enfant !
FERDINAND
La politique seule , m'imposait ce sacrifice . . . mais , vous Tavez vu!. .. j'ai retardé moi-même le moment de cette alliance qui fait mon malheur.
(38) LÉOPOLDINE
L'ingrat !
VALENTINE
Et que prétendez -vous faire ?
FERDINAND
Le sais- je moi-même ?
VALENTINE
Eh bien, Monseigneur, puisque pour moi VOUS avez pu oublier votre devoir , c'est à moi de vous le rappeler ; songez que cette union doit assurer le bonheur de cette contofée , de celle sur laquelle vous devea re'gner un jour.
FERDINAND
Valentine, vous venez de me rendre à moi>méme, j'aurai le courage d'accomplir votre volonté-
AiR : Un page aimait.
Dans le malheur, le peuple, pour son prince , Du dévonemenl n'écoute que Ja voix ; On voit alors , chez nous , chaque province Donner son or et son sang pour ses rois.
VALEISXJNK.
Vous porterez , quelques jours , la couronne , Montrez-vous noble et grand , à votre tour ; Oubliez-moi , votre peuple l'ordonne.
En sacrifice offrez-lui votre amour.
LÉOPOLDINE
Quelle perfidie! Dieux, que les hommes sont faux!. , , n'importe, ayons du courage , il ne saura jamais combien il m'était cher. . . mais il saura comment je sais me venger...
( Elle sort par la petite porte par laquelle elle est entrée. )