LES MÊMES, LA GRANDE DUCHESSE LEOPOLDINE , LK
RÉGENT, l'ambassadeur db naplks.
CHOEITR.
AïK : du Concert à la Cour.
Hommags à la princesse.
Qui , sur nous , doil régner un jour ;
Qu'ici , cliacuK s'empresse De lui prouver tout noire amour.
^ÉOPOLDiNE, arrivant à grands pas.
Ah! vous voilà, prince ?. . . j'e'tais sûr de vous trouver
LE RÉGENT
Duchesse , tout est prêt pour la ce'rémonie des fiançailles.
LEOPOLDINE.
Je le sais... mais avant, permettez-moi de remercier monsieur l'amhassadeur de Naples d'avoir bien voulu , à ma prière , rester à la cour quelques instans de plus... Maintenant qu'un soin plus important nous occupe,... prince Strozzi, Docteur Mathéus, comte Ferdinand de Farnèse , vous , comtesse de Padzi; vous tous , enfin, qui m'entourez , veuillez m'entendre.
( Elle prend son sceptre et monte sur son trône. )
mathéus.
Que veut-elle dire?. . .
LEOPOLDINE.
Ma liberté m'était chère, mais les intérêts de mon peuple
Sont ma pveinitre loi j pour lui , je devais tout sacrifier, mes répugnances comme mes allections.
MATHÉus, à part.
Qu'cntends-je?. . . le discours d'Elisal)eth!
LÉOPÔLDINE.
L't^poux que l'on m'a choisi, je Pacceptais comme un nouveau garant du bonheur de tous , mais les circonstances ont change' ; deux princes aspirent à ma main , une préfe'rence serait injurieuse pour l'un d'eux ; je dois donc imposer silence à mon cœur , et j'ai fait un autre choix qui , je l'espère, recevra l'approbation de nos sujets et de nos allie's.
MATHÉUS
Elle sait !
GUILHERT.
Oh»! oui , c'te fois-ci , çà va bien , elle ne m'avait pas menti.
LEOPOLDINE,
Elisabeth... {se reprenant.) Le'opoldiue n'aura jamais d'autre époux que le trône de Toscane.
( mouvement général. )
MATHÉUS
Elle sait sa leçon, discours d'Elisabeth; c'est ma prose... ô venerande puer , j'en ai les larmes aux yeux !
LE RÉGENT
Quoi ! vous saviez ? . . .
LÉOPÔLDINE, descendant.
(Bas.) Je savais... je savais ma leçon, {haut.) Je te le disais bien Guilhery. que ta journe'e était assurée. ComtesseValentinede Padzi, Son Altesse, notre re'gent, daigne vouSaccorder le titre de princesse. ( à Guilhery.) Toi, mon enfant, retourne au village , mes bienfaits t'y suivront, au moins , tu ne seras pas témoin des intrigues de la cour. . . va , mon petit ami. Vous, mon bon professeur, restez toujours auprès de moi, et j'espère qu'à l'avenir , vous n'aurez plus
( 3. ) Lesoin d^exercer votre système... Maintenaùt , lai^sez-mdî seule , j'ai besoin de me recueillir un instant.
( Tout le monde se retire dans le fond )
LÉOPOLDINE, au Public.
iiR : F'auJeville du Baiser au purleur.
Quoiqu'enfant , je chéris la gloire , Comme Jes plus grands souveiaiDS ; Mais ils ne craignent que l'histoire , Moi, je crains mes r.ontcinporains.
Messieurs , songez à ma jeunesse , Daignez montrer , en cet instant , Un grand respect pour la princesse ,
{^faisant la révérence. )
De l'indulgence pour l'enfant.