SCENE IV
MATHÉUS, puis VALENTINE.
MATHEUS
Enfin me voilà seul. . . mon inconnu doit avoir terminé son chapitre de Patientia , je peux , je crois , lui rendre la liberté. . . Par ici, venez , je suis seul.
, VALENTINE
'■^'%. iVIathéus , M. Mathéus ...
MATHÉUS
Plaît-il, qui vient encore... ah! c'est mademoiselle'. Valentine , je respire . . . elle ne pouvait arriver plus à propos. ;
VALENTINE
Je vous cherchais , mon bon M. Mathéus.
Et moi, je m'occnpais de vous , mon enfant; vous connaissez tout l'intérêt que je vous porte , feu votre père ne fût-il pas mon protecteur , mon ami? .jjur.tc:
VALENTINE. .V'I3illilji)
Eh bien ; c'est en son nom que je viens réclamer vos conseils, et vous confier mes chagrins... apprenez que le prince Régent veut me marier avec un des Chambellans de Son Allesse , et m>on cœur ne lui appartient pas.
.■;"!L' ^..on u MATHÉUS.- ••:^til" -•"
Je comprends. . . par une raisoi^^oute simple, c'est qu''il appartient à un autre. , , r ■ • • 4^ ,»,.ii
Valentine. ,n*b'iâ>ï udxi'- • "'li"iië •dis pas cela. " t « / ^
MATHÉUS
Non. . . mais je suppose que le jour de cette fête brillante que donna votre tante la comtesse , à Sa ViUa ... un jeune officier aurait pu s'attacher à vos pas, ses yeux se seraient fixés sur les vôtres , qui ne seraient pas restés
..■V\ \svv^-vi. VALENTINE. '■ ' ■'■ ' notti mliUry ,
Quoi , VOUS savez .. . ^ .»iv" ;
MATHÉUS
Oui, je sais encore , que le soir, parmi les riches gondoles qui glissaient sur les eaux, la vôtre heurta violemment contre une pointe de rocher, et pensa chavirer, que vous jetâtes un cri d'effroi, et qu'enfin, sans le secours du jeune officier, vous auriez probablement augmenté le nombre des Dryades et des Amadryades du beau lac de Dize'o.
VALENTINE
Ah ! M. Mathéas, pouva';}-je oublier le service qu'il m'avait rendu?
MATHÉUS
Non. . . aussi ne l'avez-vous point oublie'?
VALENTINE
Son devoir , me dit-il, le rappelait dans le Duché' , depuis ce temps , je ne l'ai pas revue , et je viens vous demander si je dois lui conserver ma foi?
MATHÉUS
Vous m'en demandez-là plus long que je n'en sais.
VALENTINE
Dois-je espe'rer que jamais un simple officier paisse ob-^ tenir main.
AIR f/e Caleb.
Entre nous quelle distance !
Son épée est tout sou bien; En maudissant sa naissance , 11 disait : je m'en souvien i
Un préjugé me lie,
Et s'élève enire nous }
Je donnerais ma vie
Pour être égal à vous.
, MATHÉUS
Grand dieu ! plus d'espérance.
Quel malheur je prévoi !
Ayez de la prudence , Et fiez-vous à moi.
VALENTINE
Grand dieu, plus d'espérance , Quel malheur je prévoi !
Jamais , jamais , je pense, '^ 11 ne peut êlre à moi.
VALENTINE
C'est à lui seul que je pense , Et souvent , même , je crois , Malgré le temps ei l'absence , Entendre encore sa voix.
j ( bis. )