II. Technologie (V. Tonneau
TONNERRE [Tornodorum), Ch.-l. d'arr. du dép. de l'Yonne , sur une colline de la r. g. de l'Armançon ; 4.749 hab. (4.170 aggl.). Fonte, filature de laine, moulins à tan. Bonne pierre calcaire, dite de Tonnerre ; vins rouges et vins mousseux très goûtés ; source jaillissante, àii^ Fosse Dionne. Hôpital fondé en 1293 par Marguerite de Bourgogne, femme de Charles d'Anjou, et dont il reste une belle salle des malades (convertie en chapelle et renfermant le mausolée de Louvois) et un oratoire du xiv® siècle avec un beau saint- sépulcre du xv®. Eglise Notre-Dame du xiii^ siècle avec belle façade Renaissance ; au sommet de la ville, église Saint -Pierre desxiv® et xvi^ siècles. Hôtel d'Uzès de style Renaissance et plusieurs hôtels des xvi«, XVII® et xvm® siècles. Au S.-E. de Tonnerre sont les ruines de l'abbaye bénédictine Saint-Michel fondée au vi® siècle.
— La ville remonte à l'époque gauloise ; Tornodorum, comprise dans la Gaule Celtique, était traversée, lors de la conquête romaine, par une voie publique, qui en faisait le chemin de communication entre Sens et Langres ; les Ro* mains construisirent un camp à trois lieues de la ville, sur l'Armançon. A l'époque mérovingienne, la ville fut le cheMieu du Pagus Tornodorensis qui devint le comté de Tonnerre. Au x® siècle, Hugues, duc de France, donna ce fief à un seigneur nommé Milon, dans la famille duquel il resta jusqu'à Hugues Renaud qui se voua à l'Eglise et en transmit la possession à Guillaume I®'', comte de Nevers ; la charte d'affranchissement de Tonnerre date de 1174. En 1357, Edouard ÎII d'Angleterre ne put s'emparer du château, mais incendia la ville ; en 4414, les troupes de Jean sans Peur ravagèrent de nouveau Tonnerre ; en 1542, François P^ y reçut l'ambassadeur de Charles* Ouint venu pour déclarer la guerre ; en 1556, nouvel incendie, suivi de la peste (1570). Le comté de Tonnerre passa successivement de la famille de Névers à celle de Courtenay, Bourgogne, Chalon, Husson, Clermont-Tonnerre ; Henri IV, Louis Xlll et Louis XIV y furent reçus ; en 1684, François de Clermont le vendit au marquis de Louvois qui le transmit à sa descendance où il resta jusqu'à la Révolution. Lors de l'invasion de 1 814, les troupes autrichiennes bombardèrent et pillèrent la ville.
BiBL. : R. LuYT, Description de ... Tonnerre^ 1657, in-8.
— Challe, Hist. des comtes de Tonnerre, 1875, in-8.
TO N N ER RO I S. Pays de France, compris dans l'ancienne prov. de Champagne et rattaché administrativement au XVIII® siècle à l'Ile-de-France. Il représentait à peu près le pagus Tornodorensis et le comté de Tonnerre, région de l'Armançon, et correspond à l'arr. actuel de Tonnerre, moins le cant. de Noyers. Il embrassait les seigneuries d'Ancyle-Franc et Cruzy-le-Châtel.
TONNEVILLE. Com. du dép. de la Manche, arr. de Cherbourg,^ cant. de Beaumont; 236 hab.
TONOMÉTRIE (Phys.). Nom donné à une méthode qui a été imaginée par Raoult et qui permet de déterminer, à 1/100® près, les poids moléculaires des corps solubles dans un liquide volatil. Elle est basée sur la loi importante qui porte le nom du même physicien (V. Poids, t. XXVI, p. 1182).
TONNOY — TONUS
TONNOY. Com. du dép. de Meurthe-et-Moselle, arr. de Nancy, cant. de Samt'-Nicolas ; 575 hab.
TONQUÉDEC. Corn, du dép. des Gôtes-du-Nord, arr. de Lamiion, cant. de Plouaret; 4.846 hab. Eglise du XV® siècle restaurée en 1895, avec tour de 1773, vitraux du XV® siècle. Menhir, dolmen. — A 1.500 m. N.-O., dans un petit promontoire dominant le Léguer, imposantes ruims du château de Tonquédec (mon. hist.). Il forme un polygone irrégulier à trois enceintes flanqué de grosses tours, rondes extérieurement, hexagonales à l'intérieur; murs de 3 à 4 m. d'épaisseur; donjon formidable, cachots et souterrains voûtés. Le fief de Tonquédec ayant titre de vicomte, constitué au xn® siècle pour une branche cadette de la maison de Penthièvre, fut bientôt uni au fief des vicomtes de Coëtmen; l'un d* eux, HoUand, ayant pris parti pour Clisson en guerre avec Jean IV, se vit dépouillé par le duc de sa terre et de son château, qui fut démoli (1395). A la mort du duc en 1399, Rolland reconstruisit le château actuel. Il fut, avec la vicomte, apporté en mariage par Jeanne de Coëtmen (1495) à Jean d'Acigné ; titre et propriété passèrent plus tard dans les maisons du Chastel et de Gouyon et furent acquis en 1640 par du Quengo. Ch. Del.
TONSILLE ( AmU).Synoïiymed' amygdale {Y. ce mot).
TONSURE. Cérémonie établie par l'Eglise catholique, pour faire entrer dans l'état ecclésiastique ceux qui la reçoivent, et les disposer aux saints ordres. On l'appelle tonsure, parce que la principale action de la cérémonie est de couper les cheveux. Elle n'est point un ordre : elle ne produit ni le caractère, ni la grâce ex opère operato, parce qu'elle n'a point été instituée par Jésus-Christ. On a émis sur son origine et sur sa signification les opinions les plus diverses, généralement contradictoires^ et quelques-unes de la mysticité la plus fantaisiste. Au vu® et au VIII® siècle, on enseignait communément que saint Pierre l'avait établie en mémoire de la couronne d'épines de Jésus- Christ. Parmi les documents authentiques qui en contiennent l'indication précise, les plus anciens sont une mosaïque du VI® siècle de saint Apollinaris de Ravenne, et le 41® canon du IV® concile de Tolède (633) : Omnes derici, de tonso superius capite toto, inferius solam circuit coronam r clinquant. Le 33® canon du concile (iuinisexte contient une disposition analogue. — Il est vraisemblable que primitivement on ne conférait la tonsure qu'avec le premier ordre. Suivant les prescriptions du concile de Trente (Ses. XXIIÏ, De Reform., g, 2 et 3), il est nécessaire delà recevoir avant de recevoir les ordres. Ceux-là seuls peuvent la recevoir qui ont reçu le sacrement de la Confirmation, qui ont été instruits des premiers principes de la foi, qui savent lire et écrire, et de qui on a une conjecture raisonnable qu'ils veulent rendre à Dieu un service fidèle, et non se soustraire à la juridiction séculière. Une interprétation complaisante de ces conditions permet de tonsurer des enfants âgés de sept ans. — On distingue trois sortes de tonsures : la romaine, Corona Petriy qui ne laisse qu'un mince cercle de cheveux ; la bretonne ou écossaise, tonsura Jacobi ou Simonis magi, qui ne s'applique qu'à la partie delà tête avoisinant le front ; la grecque, tonsura Pauli, qui coupe les cheveux jusqu'au milieu de la tête. Plus haute est la dignité ecclésiastique, plus s'amincit le cercle des cheveux. E.-H. Vollet.
TONTE (Econ. rur.) (V. Toison).
TONTINE* On donne ce nom aujourd'hui, d'une façon générale, à toute opération financière ayant pour objet de mettre en commun des fonds ou des revenus qui, après le décès d'un sociétaire, sont partagés entre les sociétaires survivants et entre eux seuls, selon des règles posées par les statuts* Le mot vient du nom du banquier napolitain Lorenzo Tonti, qui proposa à Mazarin, en 1653, de fonder un emprunt public sur une combinaison de cette sorte. Le premier emprunt tontinien fut fait par Louis XIV en 1689 : les souscripteurs, divisés en un certain nombre de classes selon l'âge, devaient souscrire chacuîi à 300 livres
et recevoir ensuite une annuité qui s'accroîtrait des annuités des souscripteurs décédés. Une autre tontine fut créée en 1696. La veuve d'un chirurgien de Paris fut la dernière survivante des deux tontines (elle mourut à quatrevingt-seize ans) ; dans la dernière année, elle avait reçu 73.500 livres. Ce procédé d'emprunt fut encore employé dans la première moitié du xviii® siècle (par exemple en 1733 et 1734, sous l'administration du cardinal Fleury). On reconnut qu'il était onéreux pour l'Etat, et en 1763 une déclaration du roi interdit d'y recourir à l'avenir. Mais, le succès qu'avait rencontré cette espèce d'opération amena la création de tontines privées, employant des combinaisons variées, plus ou moins ingénieuses et alléchantes. La plus importante fut la tontine Lafarge (V. ci-après). L'expérience révéla bientôt, d'ailleurs, les inconvénients moraux et économiques des tontines. Des abus suivis de catastrophe se produisirent, et une réglementation sévère intervint. Elle se trouve : l^* dans l'avis du Conseil d'Etat de l'ann. 1809, qui a été insérée au Bulletin des Lois et qui est considéré dès lors comme obligatoire ; 2** dans l'ordonnance royale du 12 juin 1842. Elle détermine minutieusement les conditions d'établissement et de fonc*tionnement des associations torttinières et elle les soumit au contrôle d'une commission spéciale, qui a, en même temps, celui des sociétés d'assurances mutuelles sur la vie et qui est placée depuis 1883 sous l'autorité du ministre du commerce. D'autre part, les dispositions de la loi de 1862, sur les sociétés, leur sont expressément applicables.
Tontine Lafarge. *- La tontine ou caisse Lafarge est la plus célèbre des associations particulières de ce genre fondées au xviii® s. Autorisée une première fois en 1759, supprimée en 1770 et rouverte, à la suite d'un vote favorable de l'Assemblée nationale, le 22 août 1791, sous le nom de Caisse d'épargne et de bienfaisance^ elle avait pour directeur Lafarge lui-même (V. ce nom), qui s'était adjoint, comme sous-directeur, Mitoufflet. Le succès fut d'abord considérable et, pendant les deux premières années, près de 60 millions de francs furent versés, à raison de 90 fr. par mise. Mais les probabilités de mortalité prises comme base du calcul étaient erronées, il y eut de graves mécomptes et, en 1809, un décret impérial enleva à Lafarge, malgré ses protestations, la direction de la Caisse, pour la confier, ainsi que celle de la tontine des employés et artisans, de fondation contemporaine, sous la surveillance du préfet de la Seine, à trois ad* ministrateurs pris dans le Conseil municipal de Paris. Il fut, d'ailleurs, décidé que la nue propriété des rentes appartiendrait à l'Etat, les actionnaires n'ayant qu'une sorte d'usufruit devant s'éteindre avec la mort du dernier. En outre, le maximum éventuel de la rente fut fixé à 6.000 fr. par action. La caisse Lafarge avait encore, en 1852, 15.000 actionnaires. Elle a pris fin en 1889.
TON TU RE (Mar.). C'est la courbure qu'on donne aux ponts des navires, dans le sens longitudinal, en les relevant légèrement vers l'avant et vers l'arrière. C'est quelquefois aussi la flèche de cette courbure. La tonture a un double but : d'abord elle facilite l'écoulement des eaux; ensuite et surtout, elle oppose une résistance à l'arcure, en sens contraire, que les navires tendent à éprouver du fait de la poussée du flot, qui, au mouillage, pendant la marée haute, soulève leur partie médiane, tandis que les extrémités, retenues par les ancres, ne peuvent suivre ce mouvement ascendant. Très marquée sur les anciens bâtiments, elle est aujourd'hui beaucoup plus faible, principalement sur les grands navires en fer.
TON TISSE. Espèce de bourre provenant du tondage des draps ou desétofies de laine. Employée dès le xvïi® siècle à faire des tentures qui s'appelèrent tapisseries de tonture, tapisseries de tontisse, tontisses, elle sert aujourd'hui à la fabrication des papiers de tenture, dits ve- 'loutés (V. Papier, t. XXV, p. 988).
TONUS (Physiol.) (V. Musculaire).
TONï — TOPAZE
TONY-Révillon, homme politique et littérateur français (V. Révillon).
TOOKE (John Horne), homme politique et philologue anglais, né à Westminster le 25 juin 1736, mort à Wimbledon le 18 mars 1812. Après avoir témoigné quelques velléités pour la carrière d'avocat, il reçut les ordres en 1760 et exerça quelque temps son ministère à Brentford ; mais il n'avait pas la vocation et, en 1765, il se lança dans la politique et publia un pamphlet des plus violents en faveur de Wilkes : The Pétition of an Englisliman (1765). Au cours d'un voyage en France, il se lia avec Sheridan, visita Voltaire à Ferney, Sterne à Lyon, séjourna ensuite à Montpellier et à Paris et, revenu en Angleterre en 1767, s'y fit l'agent le plus zélé de Wilkes et s'attira force procès de presse. Fondateur de la Society for supporting the bill of Rights (1761), il est toujours au premier rang dans la lutte contre le roi et le gouvernement. Cependant il finit par se brouiller avec Wilkes et créa la Constitutional Society, qui ne devait pas être asservie — disait-il — aux intérêts d'un seul homme. Mais il perdit toute sa popularité et fut brûlé en effigie par la populace (1771). Horne se consola en étudiant le droit et la philologie. Mais dès 1774 il ne put se retenir de recommencer à faire de l'agitation politique et il récolta de nouveaux procès, de nouvelles amendes et même de la prison, notamment pour avoir provoqué une souscription en faveur des Américains « assassinés » à Lexington par les troupes royales (1775). Relâché en 1778, il essaya en vain de se faire inscrire au barreau. C'est en 1782 qu'il ajouta à son nom celui de son ami Tooke. Il avait fondu en 1780 sa Société de la constitution dans la Society foi constitutional information de Cartwright, et il y appuya les propositions dePittpour la réforme parlementaire. Il détestait Fox contre lequel il se présenta à Westminster en 1790, d'ailleurs sans succès. Très sympathique à la Révolution française, il présida un meeting pour fêter la prise de la Bastille. Le gouvernement le rit arrêter et lui intenta un procès de haute trahison qui aboutit à son acquittement. Horne se représenta, toujours sans succès, contre Fox en 1796, et grâce à lord Camelford, il devint député de Old Sarum en 1 801 . Il fit quelque opposition au ministère et, après la courte session du Parlement, rentra tout à fait dans la vie privée et vécut paisiblement dans sa maison de Wimbledon, entouré d'amis choisis, Erskine, Thurlow, Benthan, Mackintosh, Coleridge, Paine entre autres. Il était d'ailleurs bon vivant et grand buveur et il paya ses intempérances de table de fortes attaques de goutte qu'il supportait d'ailleurs stoïquement. Ses travaux philologiques, contenus dans son grand ouvrage "ETusa TîTspoevra, or the Diversions ofPurley (1786-98, 2 vol.), ont eu une grande influence sur l'école philosophique anglaise, notamment sur James Mill. Nominaliste à la façon de Hobbes, Horne Tooke a scandalisé ses contemporains en soutenant que le vrai et le faux, le tort et la raison étaient des mots aussi arbitraires que ceux de gauche et de droite et qu'on pouvait les prendre Fun pour l'autre selon le point de vue où le législateur se plaçait; en somme, qu'il n'y a rien qui soit juste ou injuste autrement que par définition. Il a été surtout combattu par Dugald Stewart. R. S.
BiBL. : A. Stephens, Life of Horne Tooke^ 2 vol. in-8. — Hamilton-Reid, Life of Horne Tooke, 1812. — J.-A. Graham, Memoirs, New York, 1828, qui essaie à identifier Horne avec le fameux Junius.
TOOKE (Thomas), économiste anglais, né à Cronstadt le 29 févr. 1774, mort à Londres le 26 févr. 1858. Fils du chapelain de la factorerie anglaise de Cronstadt, il entra à quinze ans dans une maison de commerce à Saint- Pétersbourg et fut associé par la suite dans une des plus importantes maisons de commission de la place de Londres. Disciple de Ricardo et d'Huskisson, Tooke se fit connaître comme économiste par ses Thoughts and détails on the high and low priées of the last thirty y car s (1823) , ses Considérations on the state of cur-
rency (1826) et sa Letter to lord Grenville (1829), ouvrages dans lesquels il combat les théories qui attribuent aux transactions des banques une influence décisive sur l'élévation ou l'abaissement des prix. Son chef-d'œuvre est VHistory of Priées (iS3S-^l , 6 vol.), analyse admirable de l'histoire économique entre 1793 et 1856.
TOO WOOM BA. Ville d'Australie, colonie de Queensland, sur le chem. de fer de Brisbane à Charleville, au centre des pâturages des Darling-downs ; 7.000 hab. en 1871. Moulins, scieries, brasseries, vins.
TOPAL Osman (c.-à-d. Osman le Boiteux), général ottoman, originaire de Morée. Entré en qualité de jardinier au service du sérail, il s'éleva très vite au grade de capitaine des pandours chargés de la garde des jardins; à vingt-quatre ans, il était beylerbey, lorsque, ayant été chargé d'une mission en Egypte, il fut enlevé par un corsaire espagnol qui l'emmena à Malte. Un Français, Vincent Arnaud, de Marseille, qui exerçait dans l'île les fonctions de capitaine du port, le racheta pour 600 ducats et lui fournit les moyens de rentrer en Turquie et d'accomplir sa mission en Egypte. Osman conserva la plus grande reconnaissance pour le service que ce Français lui avait rendu. Lorsque les Ottomans attaquèrent les Vénitiens établis en Morée, Osman s'empara de Corinthe et reçut en récompense la dignité de vizir, qui lui valait le titre de pacha et le droit de faire porter devant lui trois queues de cheval (1715). Après la chute d'Ahmed III, il fut chargé de réduire les rebelles de Bosnie et d'Albanie (1730). Il se trouvait entre Salonique et Sérès lorsqu'il fut rejoint par le messager d'Etat qui lui remit la lettre l'appelant à Constantinople, où il fut nommé grand vizir (21 sept. 1731). Il rétablit la tranquillité dans la capitale et ne fit exécuter personne sans un arrêt de condamnation légale. La cession de Tébriz à la Perse, malgré l'avis du sultan, le fit remplacer (12 mars 1732), mais il ne fut pas disgracié et remplit successivement les fonctions de gouverneur de Trébizonde, d'Erzeroum et de Tiflis, jusqu'au moment où il fut nommé général en chef de l'armée envoyée contre la Perse (1733), lorsque Nadir Chah vint assiéger Bagdad. Parti de Mossoul à la tête d'une armée de 100.000 hommes ; il défit complètement l'armée de Nadir Chah à Douldjéilik (19 juil.) et délivra Bagdad. Après un nouveau succès près de Léilân, il fut battu par Nadir près de Kerkouk et périt dans l'action, trois mois après sa victoire. CL Huârt.
BiBL. : MiRZA Mehdi-Khan, Histoire de Nadir C/ia/i, en persan, trad. en français (1770), en allemand et en anglais (1773) par W. Jones.— L'historien turc Soubhi, dans Hammer, Histoire de l'Empire ottoman^ t. XIV.
TOPAZE. I. Minéralogie. — La topaze om chrysolite des anciens est un fluosilicate d'alumine ayant pour formule AF^Si^O^^Fl^ m SAFSiO^ + AFSiFF*. Elle cristallise en prismes orthorhombiques, avec clivage parfait suivant j). Sa densité est 3,51 à 3,57 et sa dureté 8. Elle est inattaquable aux acides, sauf à l'acide sulfurique. Elle est infusible au chalumeau, mais perd, à mesure que la température s'élève, du fluorure de silicium. Chauffée, dans le tube ouvert, avec le sel de phosphore, elle donne la réaction du fluor, et, avec l'azotate de plomb, celle de Talumine. Elle est pyroélectrique, avec des pôles centraux et des pôles extérieurs d'après Riess et Rose, avec un axe parallèle à l'axe du prisme d'après Friedel. Sa poussière est blanche. Très fréquente, avec quartz et tourmaline, dans les gîtes stannifères et en compagnie des pigmatites, elle se présente en cristaux transparents, translucides, à cassure conchoïdale et d'un bel éclat vitreux que la taille et le polissage rendent encore plus intense. Leur couleur est très variable selon les variétés et sous- variétés. La topaze gemme, ou topaze proprement dite, est la pierre précieuse employée en joaillerie. On en distingue trois sous- variétés : topaze de Sibérie, topaze du Brésil, topaze de Saxe. La topaze de Sibérie est blanche, bleuâtre, bleu céleste, bleu verdâtre {algue-marine orientale). Elle fournit les plus gros échantillons, qu'on rencontre prin-