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IV. Archéologie (V. Harnois

TONNEAU. I. Technologie (V. Toninellerie). IL Métrologie (V. Tonne).

TONNEINS. Ch.-l. de cant. du dép. de Lot-et-Garonne, arr. de Marmande, sur la r. dr. de la Garonne ; 6.796 hab. (4.684 aggl.). Stat. du chem. de fer de Bordeaux à Toulouse. Manufacture de tabac qui fabriqua autrefois des produits spéciaux très appréciés ; corderie, bonneterie, fabrication de poids et mesures métriques, distillerie, grand commerce de prunes d'ente (V. Prune et Lot-et-Garonne). Ce fut de 4758 à 4789 le chef-lieu du duché-pairie de la Vauguyon.

BiDL. : P. Lagarde, Recherches historiques stir la ville et la baronnie de Tonneins^ 1835, in-8. — A. Lagarde, Notice historique sur la ville de Tonneins^ 188<l, in-8.

TONNELIER de Breteuil (Le). Famille française (V. Breteuil).

TONNELIER DE Breteuil (Gabrielle-Emilie Le), femme de lettres française (V. ChAtelet).

TONNELLERIE. Le tonneau est un récipient de forme cylindrique, légèrement renflé dans sa partie médiane appelée « bouge », et composé de planchettes, les « douves » ou « douelles », serrées et maintenues par des bandes métalliques ou par des cercles en bois de châtaignier que l'on a liés avec de l'osier, les deux extrémités ont pour fermeture des plateaux circulaires également en bois. Le tonneau est destiné surtout à contenir les liquides et principalement l'eau, le vin, le cidre, la bière, les alcools, le vinaigre, les huiles, etc. ; mais on l'utilise aussi pour le transport des objets solides: grains, salaisons, fromages, clouterie, etc., et, dans ce cas, il n'est pas nécessaire d'employer à sa fabrication des matériaux de choix ou de le clore hermétiquement. Le double fût, par exemple, enveloppe de précaution supplémentaire donnée aux pièces de vin fin et d'eau-de-vie, est d'une construction grossière, et il est inutile qu'il soit étanche.

Les anciens connaissaient déjà le tonneau (yauXoç, cupa, d'où vient cuve) ; plusieurs monuments nous en montrent des spécimens analogues à notre type actuel, mais il était surtout d'usage courant dans les régions alpestres et les pays du Nord, où on l'avait adopté sans doute parce que le bois y était plus commun et qu'il préserve mieux les liquides de la gelée; peut-être aussi l'art céramique était-il moins développé chez les barbares que chez les Grecs et les Bomains qui excellaient à modeler et à cuire d'énormes vaisseaux en poterie et préféraient confier leurs vins fins à des récipients de ce genre (xà8o;, caduSy dolium). Le dolium des Danaïdes et celui de Diogène ont été très improprement traités de tonneaux par les traducteurs modernes, puisque le mot ne désignait que des jarres de grande dimension, comme celles qui, dans le Midi, servent encore à loger l'huile. La supériorité du tonneau sur la poterie est indiscutable, tant il réunit d'avantages au point de vue de la solidité, de l'emmagasinage et du transport; il se roule sans peine, s'empile sur plusieurs rangs de hauteur dans les charrettes, les caves ou la cale des navires. L'outre antique, en peau de bouc, dans laquelle on faisait voyager le vin, comme cela se pratique encore dans une grande partie de l'Espagne, lui communique une odeur repoussante, sans parler de la poix ou de la résine qu'on est obligé d'y ajouter pour l'empêcher de se corrompre. Cette propriété antiseptique des substances résineuses était la raison qui avait déterminé les Bomains à préférer pour leurs fûts de bois les douelles de sapin ; mais comme nous savons faire du vin de meilleure garde que le leur, nous n'admettons guère que le chêne, le châtaignier ou autres essences analogues. Le vin et l'eau- de- vie s'y améliorent

au contact du bois; celle-ci, en y vieillissant, lui doit une

luleur ambrée à laquelle donne artificiellement à

partie de son bouquet et cette couleur ambrée à laquelle l'œil est si bien habitué qu'on la (' l'eau-de-vie encore jeune.

Le bois de tonnellerie, ou merrain, doit être sain, sans aubier, sans nœuds, ni aucune tare ; il n'a pas été, comme le bois de menuiserie, débité avec la scie qui découpe la bille en tranches successives, d'une écorce à l'autre; on l'a fendu avec le coutre et la mailloche, eu rayons allant du cœur à l'écorce et dans le fil du bois, afin que les variations atmosphériques soient sans action sur ses ^fibres. Les besoins de la tonnellerie en France sont tellement disproportionnés avec la production du sol que la plus grande partie de notre merrain nous ^ient des pays du Nord, de l'Amérique et de l'Autriche qui nous expédie, par Trieste, le bois des Balkans, dit « bois de Bosnie ». Ce bois nous arrive débité en planchettes qui ont en longueur 4 '^,50 au plus, 0"\80 au moins, et, en largeur, de 0"\30 à 0™,40. On les dédouble à la scie, et il ne reste plus ensuite qu'à les mettre en œuvre pour construire des pièces de différents modèles.

La tonnellerie s'est exercée en France de temps immémorial ; au moyen âge, les maîtres tonneliers, comme tous les autres artisans, formaient une corporation doublée d'une confrérie religieuse sous le patronage de saint Nicolas. Ils portèrent longtemps le nom de barilliers; saint Louis avait à son service trois barilliers qui mangeaient « à cour » et gardaient les tonneaux, muids, « bottes » et barils du roi. Le roi Jean se contentait de deux barilliers d'échansonnerie. La rue de la Barillerie, devenue notre boulevard du Palais, portait déjà son nom avant 1280; elle le devait aux tonneliers qui s'y étaient établis |ou peut-être encore, suivant une hypothèse du bibliophile Jacob, au voisinage des caves du palais, « où Charlemagne entassait déjà ses bons barils cerclés de fer », bonos barridos ferro ligatos. Des statuts et des usages sévères régissaient l'exercice du métier de tonnelier : tout vaisseau qui n'avait pas la jauge réglementaire ou n'était pas du bois exigé, était brûlé, et une amende frappait le délinquant. Dans leur spécialité rentrait la fabrication des foudres, des barils de toute taille, des seaux, des baquets, des brocs et autres ustensiles analogues. Au xvii® siècle, les tonneliers furent réunis avec les déchargeurs ou avaleurs de vin, seuls en possession du droit de débarquer et de charroyer en ville le vin descendu par bateau de la haute Seine ; ils prirent alors le titre officiel de Tonneliers et Déchargeurs de vin de la ville de Paris et faubourgs. Beaucoup d'entre eux, du reste, ne pratiquaient de leur métier, comme la plupart de nos tonnehers parisiens actuels, que la descente dans le cellier, la mise en bouteille et la vente du matériel de cave. La fabrication des tonneaux, sans être compliquée ni difficile, demande de l'habileté et un bon tour de main ; elle comprend quatre opérations principales : le « dolage »,le« jablage »,le« bâtissage » ou « ceintrage », le « cerclage ». 4° Chaque douille se travaille d'abord isolément sur une sorte de banc ou de chevalet jouant le rôle d'établi ; avec la doloire, on l'aplanit sur ses deux faces en lui donnant la courbure voulue et en préparant les joints qui doivent, comme dans la taille des pierres destinées à composer une voûte, avoir la coupe exigée pour leur appareillage. 2*^ Un autre outil, sorte de hachette double, sert à creuser le jable, rainure dans laquelle s'emboîtera le fond ; une varlope, appelée colombe, est employée ensuite pour chanfreiner la douelle, c.-à-d. pour en amincir les deux rebords qu'elle taille en biseau. 3° Il s'agit alors de bâtir la pièce ; les douves sont dressées de champ et circulairement l'une contre l'autre, assujetties en haut et en bas par des colliers de fer à vis qui les maintiennent pendant le ceintrage, et leur bombage se complète au moyen d'un feu de copeaux allumé dans l'intérieur. Les fonds, composés de planchettes unies avec des goujons de bois et biseautées afin qu'elles s'em-

TONNELLERIE — TONOMÉTRIE

boitent dans le jable des dotives, sont suecessivement mis en place. 4*> Lfa pièce ainsi hêitie, l'ouvrier procède à la mise en place des cercles, qu'il fait successivement descendre autour du fût au moyen de la « chasse », sorte de coin sur lequel il frappe avec un maillet de bois ou un marteau ; le cerclage doit être amené ainsi au tiers de la pièce ; même si on a recours aux bandes métalliques, on y ajoute des cercles de bois pour servir en quelque sorte de coussins et préserver lé bois des douelles quand on roule les fûts. Afin de consolider la fonçure, surtout dans les fûts de grande taille, on y fixe une forte traverse de bois, avec des chevilles également en bois. La barrique neuve ne comporte qu'une bonde, trou pratiqué dans l'une des douilles, et par lequel se font h remplissage, les ouillages et les soutirages. Ouiller, c'est entretenir le plein, à mesure que le liquide s'évapore ou est bu par le bois ; soutirer, c'est transvaser le vin d'un tonneau dans un autre pour le séparer de la lie qui s'y est déposée. C'est seulement lors de la mise en perce que l'on ouvre, dans la partie inférieure de la fonçure, le trou destiné à recevoir une cannelle.

La tonnellerie, exercée généralement dans de petits ateliers et même dans des installations rurales comptant à peine deux ou trois ouvriers, est cependant, en France surtout, uno industrie assez importante pour qu'il y ait tout intérêt à ce qu'elle se pratique en grand et économiquement à l'aide des machines. Et pourtant, c'est à peine si nous comptons quelques usines montées dans ce but et qui font d'excellent ouvrage, quoi que prétendent les intéressés ; la mécanique a réalisé bien d'autres tours de force que de confectionner une simple futaille. Des machines spéciales exécutent parfaitement le dolage, le biseautage et le ceintrage, ne laissant plus au travail manuel que l'opération du cerclage. Grâce à elles, dix ouvriers fabriquent cent vingt pièces par jour, c.-à-d. le double au moins de l'ouvrage qui se ferait à la main. Cette économie de la main-d'œuvre est d'autant plus appréciable que la mévente du vin fait de l'acquisition des futailles une charge de plus en plus onéreuse pour le producteur de vin. La tonnellerie est du reste aussi pleine d'aléa que la viticulture ; si l'année est bonne et la vendange abondante, les futailles doublent de prix et l'ouvrier ne peut suffire à la commande ; mais, par contre, si la récolte est mauvaise, elles lui restent pour compte ou il doit les céder à vil prix et il court, dans les deux cas, grand risque de ne pouvoir remplir ses engagements envers le marchand de merrain qui n'entend pas s'associer à ses mauvaises chances.

Il se confectionne des fûts de toutes les dimensions, depuis ces gigantesques tonnes, objet de pure curiosité, telles que celles do Heidelberg ou certaines pièces d'exposition, jusqu'aux moindres barillots contenant à peine quelques litres. Quant à la futaille courante, ia contenance en varie suivant les usages locaux ; la barrique bordelaise est de "226 lit.; celle de Beaune de 228; en Anjou, la pièce s'élèvera au chiffre de 254 lit. ; ailleurs elle descendra jusqu'à 243 et même 205. La feuillette et le quartaut sont des subdivisions de la barrique; le demi-muid du Languedoc équivaut au contraire à deux barriques ; tout fût dont la contenance dépasse 115 hectol. prend le nom de foudre. Avec le travail du bois, que l'outil ne peut évider d'une façon uniforn^,ces mesures ne sont, du reste, obtenues qu'approximativement. Les tonneaux en fer que l'on fabrique depuis assez longtemps pour contenir surtout des produits chimiques peuvent être, au contraire, de capacité identique. Les vieilles futailles sont l'objet d'un commerce assez étendu, mais elles ne sont guère employées que pour les liquides des crus inférieurs ; le vigneron doit préalablement en assainir le bois par de minutieux lavages et mettre à la réforme toutes celles qui, à la suite de leur séjour dans les caves, auraient été irrémédiablement gâtées par la moisissure.

Jadis, les marchandes des halles s'installaient, pour leur vente, dans une moitié de tonneau, de même qu'un

certain nombre de ravaudeuses qui procédaient en plein air à la réparation de la lingerie, et l'impitoyable Saint- Simon, esquissant le portrait de la duchesse de Luxembourg, la compare « à ces grosses vilaines harengères qui sont dans un tonneau avec leur chaufferette sous elles ».

Marcel Charlot.

TONNERRE. I. Météorologie. — On appelle ainsi le bruit dont l'éclair est accompagné, et aussi l'étincelle même, quand elle jaillit entre deux nuages, tandis que la foudre (V. ce mot) jaillit entre les nuages et la terre.

Dans la réalité, il se produit une série de décharges, souvent bruyantes et instantanées, souvent aussi obscures. D'autres fois, par contre, la décharge est visible, il y a éclair sans qu'il y ait explosion, sans qu'il y ait tonnerre : éclairs en nappes ou « cotonneux ».

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