‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 121 sur 633 · TOUCHES — TOUFFE · texte numérisé non relu

TOUCHES — TOUFFE

TOUCHES-de-Périgny (Les). Corn, du dép. de la Charente-Inférieure, arr. de Saint- Jean-d'Angély, cant. de Matha;848hab.

TOUCHET. Famille anglaise (V. Audley [Lords]).

TOUCHET (Marie), dame de Belleville, née à Orléans en 4549, morte en 1613. Elle était fille, non pas d'un apothicaire d'Orléans, mais de Jean Touchet, sieur de Beauvais et du Quillard, lieutenant particulier du bailliage d'Orléans, et d'une fille naturelle du Flamand Mathy, médecin du roi. Les chroniqueurs lui donnent un visage rond, Tœil vif, le front petit. A en juger par un portrait reproduit par Bouchot ( Portraits au crayon, pp. 72 et 174), mais dont l'attribution est par lui déclarée douteuse, elle aurait eu la figure d'un ovale parfait, les yeux à la fois vifs et doux, le front bombé plutôt que petit, le nez droit et fin, la bouche mince ; moins de beauté qu'un réel charme. Ainsi s'expHquerait l'anagramme de son nom : Je charme tout. Charles IX la connut à Orléans dès 1566. Elle exerça dès lors sur lui une grande influence ; on raconte qu'en voyant le portrait de la fiancée du roi, Elisabeth d'Autriche, elle dit : « L'Allemande ne me fait pas peur ». Elle ne se servit de cette influence ni pour s'enrichir, ni pour agir sur la politique. Elle avait un esprit élevé, des connaissances, et se plaisait à la lecture du Plutarque d'Amyot. Ason lit de mort, le roi voulut la rendre riche et, n'osant en parler à sa mère, la recommanda à Paul de Gondi. Elle avait eu de Charles IX un enfant mort jeune, et un fils qui fut le comte d'Auvergne, duc d'Angoulême. En 1578, elle épousa François de Balzac d'Entragues, dont elle eut deux filles. Elle les éleva dans l'austérité, mais vainement : l'une, Henriette (V. Entragues), devint la maîtresse de Henri IV (Marie essaya de s'opposer à cette passion) ; l'autre, Marie, de Bassompierre. Marie Touchet mourut dans la retraite. H. Hauser.

BiBL. : Brantôme, Dames. — Papyre Masson, Vie de Charles IX. — Le Laboureur, Additions aux Mémoires de Gastelnau. — Sully, Œconomies royales.

TOUCHYÉTOU-Khan. Province de Mongolie (V. ce mot, t. XXIV, pp. 65 et 67).

10 U COU LEURS (V. Soudan).

TOUCY. Ch.-l. de cant. du dép. de l'Yonne, arr. d'Auxerre; 3.320 hab. (2.032 aggl.). Stat. duchem. de fer. Dans les environs, fontaine d'eau minérale ferrugineuse et mines d'ocre renommées. Restes de deux anciens châteaux ayant appartenu, l'un aux seigneurs de Toucy, l'autre aux évoques d'Auxerre.

TOUDON. Com. du dép. des Alpes-Maritimes, arr. de Théniers, cant. de Roquestéron ; 508 hab.

TOU DOUZE (Gabriel-Auguste), dessinateur et graveur aquafortiste français, né à Paris le 7 févr. 1811, mort à l'Hay (Seine) le 25 mai 1854. Elève de Labrouste, il fut d'abord architecte- dessinateur de la ville de Marseille (1833-36), puis séjourna en Italie où il étudia Pompéi. De 1839 à 1844, il voyagea en Europe, en Asie Mineure, recueillant des documents sur l'architecture. En 1845, il épousa Anais Cohn, fille du peintre romantique ami de Hugo ; en 1852, il fut nommé inspecteur de la Sainte-Chapelle. Son œuvre consiste surtout en dessins, aquarelles et eaux-fortes, souvenirs de ses voyages ; la Chalcographie du Louvre a acheté tous les cuivres de ses eaux-fortes. Il travaillait, au moment de sa mort, à l'ornementation d'une Imitation de Jésus-Christ, imprimée par l'Etat pour l'Exposition universelle de 1855. — Sa femme Adèle- Anaïs Colin, née à Paris en 1822, morte à Paris en 1899, exposa des portraits et des aquarelles aux Salons de 1840 à 1865, et termina Vlmitation commencée par son mari. Elle collabora à des journaux de modes avec un talent remarqué [le Conseiller des dames, le Magasin des demoiselles, la Mode illustrée).

TOU DOUZE (Gustave), littérateur français, né à Pans le 19 mai 1847, fils du précédent. Secrétaire du député baron Rivet, il entra ensuite au Crédit foncier on il resta de

1866 à 1880. Dès 1866, il publia une nouvelle: une Boutade égyptienne. Pendant la gu.erre de 1870, il s'engagea, bien que dispensé, et rapporta de ses observations vécues un de ses meilleurs livres de nouvelles : le Pompon vert. Son premier roman, Octave, attira l'attention de Dumas, Sandeau et Flaubert qui devinrent ses amis. Un voyage en Italie exalta son goût de l'art et de l'antiquité : il publia, en 1875, la Sirène, puis V Amphore, la Coupe d'Hercule (1878). Revenu ensuite à l'étude des mœurs modernes, il ^uhih Madame Lambelle (1880), un de ses romans les plus connus. Depuis lors, sa production aI?,ondante et régulière se succède d'année en année. Citons : le Vice (1882) ; le Père Froisset (1883) ; le Ménage Boisée (1886), analyse d'un ménage d'artistes; le Train jaune (1888) ; Péri en mer (1889), remarquable peinture de la vie héroïque des pêcheurs bretons, Ma Douce (1891), idylle bretonne ; l Orgueil du nom (1895), la Bête à bon Dieu (1899) ; le Miroir tragique (1901), Toudouze classe lui-même ses livres en quatre séries : les visions antiques, la vie passionnelle, la vie familiale, enfin la vie familiale et sociale. A côté de ces œuvres, il a écrit pour la jeunesse et composé des romans d'histoire. Ami des Concourt et de Daudet, il avait été choisi par Edmond de Concourt pour faire le recueil d'extraits de ses œuvres paru chez Colin, ainsi que plus tard le recueil d'extraits de Daudet et de Bourget. Il a rédigé la critique littéraire dans le Livre, de 1880 à 1890.

TOUDOUZE (Edouard), peintre français, né à Paris le 24 juil. 1848, frère du précédent. Elève de Leloir, son oncle, prix de Rome (1871), il peint de grandes compositions historiques et légendaires pleines de mouvement, décoratives, d'une couleur voyante. Nous citerons : la Mort de Jémbel (1868); Eros et Aphrodite (1874) ; la Femme de Loth changée en statue de sel (1877) ; les Anges gardiens. Divertissement champêtre au xvi^ siècle, le Triomphe de Diane (1882), plafond de salle à manger, une Fête sous Henri IV, octobre (1892) ; le Départ de la. Vierge (1896). Il a exécuté aussi de grands travaux d'art décoratif : une salle de bal pour Cornélius Vanderbilt, avec un plafond : la Musique et la Dame, l'hôtel du D'' Stoïcesco à Bucarest {une Fête au XVI II® siècle) ; un des salons du foyer de l'Opéra-Comique {le Jeu de Robin et de Marion) ; une toile pour la Sorbonne. Enfin la manufacture des Gobelins exécute des cartons de tapisserie d'Edouard Toudouze, destinés à décorer la grand'chambre du Parlement de Rennes. Il a, de plus, illustré ili^^^ de Maupin de Th. Gautier, la Chronique de Charles IX, de Mérimée, etc.

TOUE (Navig.). Chaland de rivière absolument carré à l'arrière et présentant à l'avant un relèvement curviligne très prononcé du fond. Dimensions les plus habituelles : long., 40 m. ; larg., 5 m. ; profond., 1^\90.

JOUÉE (Mar.). Cordage qu'on attache d'un bout à un point fixe (coffre, corps mort, ancre, anneau, etc.), vers lequel on veut faire avancer un navire, dans l'intérieur d'un port ou d'une rade, et qu'on haie, de l'autre bout, à bord du navire, soit à la main, soit au moyen d'un cabestan. Lorsque la touée n'est pas suffisamment longue, on recourt à une série de points fixes auxquels on l'amarre successivement. L'opération, qui porte le nom de toilage, ne doit pas être confondue avec le mode spécial de remorquage par loueurs usité dans la navigation fluviale (V. Touage).

TOUEÏM. Ville d'Arabie, dans le Nedjd, àl75kil. N. de Riad; 15.000 hab.

TOUET-de-Beuil. Com. du dép. des Alpes-Maritimes, arr. de Puget- Théniers, cant. de Villars ; 374 hab.

TOUÉT-de-l'Escarène. Com. du dép. des Alpes- Maritimes, arr. de Nice, cant. de l'Escarène ; 369 hab.

TOU EUR (Navig.) (V. Touage).

TOUFFAILLES. Com. du dép. de Tarn-et-Garonne, arr. de Moissac, cant. de Bourg-de-Visa ; 756 hab.

TOUFFE (Mines) (V. Dégagement).

TOUFFLERS. Corn, du dép. du Nord, arr. de Lille, cant. de Lannoy ; 1.731 hab.

TOUFFRÉVILLE. Corn, du dép. du Calvados, arr. de Caen, cant. de Troarn ; 142 hab.

TOUFFREVILLE. Coin, du dép. de l'Eure, arr. des Andelys, cant. de Lyons-la-Forêt ; ^90 hab.

TOUFFREViLLE-LÂ-CABLE.Com.dudép.dela Seine-Inférieure, arr.d'Yvetot,cant.deCaudebec-en-Caux; 164 hab.

TOUFFREVILLE-LÂ-CoRBELiNE. Corn, du dép. de la Seine-Inférieure, arr. et cant. d'Yvetot ; 792 hab.

TOUFFREVILLE-suR-Eu. Corn, du dép. de la Seine- Inférieure, arr. de Dieppe, cant. d'Eu ; 248 hab. Stal. duchem. de fer de TO.

TOU-FOU, un des plus grands poètes de la Chine (714- 774 de J.-C.) : il était pauvre. Etudiant pour entrer dans le mandarinat, il échoua pour le grade de docteur et renonça alors à l'administration. Tou-fou se mit à faire des vers, se rendit à Si-ngan-fou, la capitale alors de l'Empire. On présenta à l'empereur trois pièces de ses poésies ; le souverain en fut charmé et donna au poète un emploi dans le palais, mais cette place était peu lucrative. Tou-fou adressa une supplique à l'empereur qui le gratifia d'une pension qu'il toucha seulement la première année. Le rebelle An-lo-chan {V. Thang, t. XXX, p. 1152) s'étant emparé de Si-ngan-fou, Tou-fou quitta cette ville. Le nouvel empereur Sou-tsong lui donna la charge de censeur impérial ; un des ministres de l'Etat San-Kouan ayant été cassé, Tou-fou prit sa défense. L'empereur s'en oflcnsa et le nomma gouverneur d'une ville du Chen-si: Le poète refusa ce poste, il s'enfuit vers le Ssetchouen, mena une vie vagabonde ; bientôt il tomba dans la misère. Hien-vou, gouverneur militaire, ami des lettres, donna hospitalité à notre poète. Les poésies de Tou-fou passent avec raison pour être fort belles, elles peignent les calamités de son époque.

BiBL. : Marquis d'Hervey Saint-Dejsys, Poésies de l'époque des Thang ; Paris, 1802.

TOUGET. Com. du dép. du Gers, arr. de Lombez, cant. de Cologne; 742 hab.

TOUGGOURT. Ville d'Algérie, ch.-l. de cercle et centre des oasis de l'oued Rir, au S. du dép. de Constantine, à 69 m. d'alt., au bord du chott de Chemora, à la rencontre des vallées de l'Igharghar et de l'oued Mya; 1.500 hab. (6.000 avec l'oasis). La kasbah et les vingt mosquées ont peu d'intérêt ; le commerce est assez actif. Autour du bourg central, entouré d'un mur de 2"^, 50, sont les faubourgs de Nezla (ancien Touggourt), Sidi-Mohammed, Sidi-ben-Djenan, Beni-es-Soud, Tabesbest et Zaouia. L'oasis compte 200. 00{) palmiers. Elle fut occupée par les Français en 1854 et enrichie par les forages de puits artésiens (V. Rir).

TOUGHELA ouTUGELÂ. Fleuve d'Afrique (V. Natal).

TOUILLE. Com. du dép. de la Haute-Garonne, arr. de Saint-Gaudens, cant. de Salies ; 700 hab.

TOUILLON. Com. du dép. de la Côte-d'Or, arr. de Semur-en-Auxois, cant. de Montbard ; 663 hab.

TOUILLON-ET-LouTELET. Com. du dép. du Doubs, arr. et cant. de Pontarlier; 155 hab.

TOUJOUSE. Com. du dép. du Gers, arr. de Condom, cant. de Nogaro ; 307 hab.

TOUKA-TiMouR, prince mongol (V. Horde d'Or).

TO U KA B E U R. Locahté de Tunisie, bâtie sur les ruines de l'antique Tuccabor; à3 kil. N. est le bourg de Chaouach, sur une autre cité ruinée dont il reste un arc de triomphe.

TOU-KIOU (Ethnogr.) (V. Turcs).

TOUKOPIA, TUKOPIA, TIKOPIA. Petit archipel de 'Océanie (Mélanésie), compris entre les archipels de Santa- Cruz au N. et de Banks au S., composé de trois îles (Toukopia, Anouda, Fatakaï) et de deux récifs, entre 11^3' et 12<> 161at. S., im^" 22' et 169« 50' long. E., 66 kil.q.; 650 hab. en 1868. L'île principale est Toukopia ouBorwell (44 kil. q.), découverte en 1606 par Quiros. Flore et faune des îles Viti. Population de race polynésienne.

— 207 — TOUFFLERS — TOUL

TOUL. Ch.-l. d'arr. du dép. de Méurthe-et-Moselle, au coude que décrit la Moselle en sortant du plateau de Haye. Stat. du chem. de fer de l'Est, point de raccordement des lignes stratégiques se dirigeant sur Pont-Saint- Vincent par la trouée de la Moselle, sur Neufchâteau- Dijon et sur Mirecourt par Barisey; port sur le canal de la Marne au Rhin, près de la bifurcation de la Moselle canalisée jusqu'à Pont-Saint- Vincent (embranchement du canal de l'Est). La ville s'étend sur la rive g. de la Moselle (ait., 204 m.), au pied de la côte escarpée du mont Saint- Michel (385 m.), et elle est reliée à la gare par une longue avenue qui franchit les glacis en partie transformés en square où s'élève le monument élevé aux victimes du siège de 1870. Resserrée dans une enceinte de remparts, Toul a une forme presque circulaire ; au-dessus des rues étroites et tortueuses, bordées de petites maisons basses, serrées les unes contre les autres et égayées par les devantures des nombreux magasins, se dressent les tours de la cathédrale, fouillées comme de la dentelle, et celles de l'église Saint-Gengoult. A côté de la cathédrale, on remarque un cloître ogival ; l'ancien palais épiscopal est devenu l'hôtel de ville, et les jardins des évêques ont été transformés en promenade publique. A peine des faubourgs auîour de la ville ; Toul reste en dehors du groupe métallurgique dont les usines jalonnent la bordure des plateaux de Haye; la faïencerie d'art, dont la production est assez importante, est l'industrie la plus considérable de la ville, La population augmente peu (7.260 en 1881; 8.942 en 1896); mais, avec la garnison, elle s'élève à 12.201 hab. Toul est en effet une ville essentiellement mihtaire, et une place forte de première ligne ; à l'intérieur et en dehors des remparts, ce ne sont partout qu'arsenaux, casernes, baraquements, magasins, champs de manœuvres, etc. ; sur le territoire de la commune d'Ecrouves, on compte plus de 7.500 soldats. Toul possède, en effet, à proximité de la frontière, une position stratégique de premier ordre. Au fond du bassin qu'elle occupe viennent converger, ouvertes du côté de l'E., les deux trouées que forme la Moselle dans sa double traversée des plateaux couverts par la forêt de Haye ; du côté du N. , ce sont les routes qui débouchent, par les vallons, des plaines de la Woëvre ; c'est pourquoi toutes les hauteurs qui encadrent le bassin de Toul sont couvertes de fortifications ou susceptibles d'être mises rapidement en état de défense : au-dessus de la ville, c'est le mont Saint-Michel, cône isolé aux flancs abrupts, qu'escaladent une route en lacets et un petit chemin de fer à voie étroite, jusqu'au fort qui commande de près de 200 m. les rives de la Moselle. Au N.-E., ce sont les batteries qui surmontent les massifs d'Ecrouves-Bruley, qui, avec le mont Saint-Michel et la côte Barine, ferment la vue des plaines de la W^oëvre; plus loin vers le N., c'est le fort de Lucey, qui domine de 140 m. les routes de Metz et de Verdun à Toul, tandis que le fort de Gi~ ronville tient sous ses feux une partie de la "Woëvre. A l'O., au-dessus du vallon de l'Ingressin, c'est le fort de Domgermain et celui de Charme-la-Côte ; au S., au sommet d'un éperon hardi, le fort de Blénod; les ouvrages de Gye croisent leurs feux avec ceux de Blénod, du Tillot et de Villey. Du côté de l'E., le fort de Villey-le-Sec, à la lisière de la forêt de Haye, complète cet ensemble formidable de fortifications, qui, du côté du N. se relient aux fortifications couvrant les côtes de Meuse jusqu'à Verdun et, du côté du S., protègent le camp retranché de Toul contre toute attaque surgissant de Fespace largement ouvert entre Toul et Epinal, qu'un seul fort d'arrêt occupe à Pont-Saint-Vincent.

Toul est l'ancienne métropole de la Civitas Leucorum, A l'époque gallo-romaine, deux grandes routes se croisaient au chef-lieu des Leuques, venant de Lyon et de Reims ; de là, elles se dirigeaient sur Trêves par Scarpona et Divodiirum. Dans la première moitié du iv® siècle environ, saint Mansuy vint prêcher Févangile chez les Leuques et fut le premier évêque de la cité; son oeuvre

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