‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 123 sur 633 · TOUL - TOULLIER · texte numérisé non relu

TOUL - TOULLIER

(1193-95); Nancy, 1895, in-8. — Abbé Eugène Martin, Histoire des diocèses de Toid, Nancy et Saint-Dié ; 2 vol. f^v. in-8 ; Nancy, 1900 : t. I [Des origines à la réunion de Tout à la France) et t. II (De la réunion de Toul à la France au démembrement du diocèse). — Robert, Recherches sur les monnaies des évêques de Toul; Paris, 1844, in-8. — Ardouin-Dumazet, le Plateau lorrain^ dans Voyage en France; Paris, 1900, 22* série, cb. v, in-12. — Toul et ses environs : Guide du touriste, des commerçants et des militaires (illustré); Toul, 1900. — A. Denis, la Sorcellerie à Toul; Toul, 1888.

EvÉCHÉ DE Toul. — P.-B. Gams, Séries episcoporum.^ 1873, et supplém., 1879 et 1886.— C. Eubel, Hierarchia catholica medii œvi ; Munster, 1898, pp. 530-531, in-4 (rectifications aux noms des évêques du xiii* et du xiv» siècle). ■— Annuaire historique de la Soc. de l'Hist. de France, t. XV (1851), pp. 110-114, in-12 (résumé, avec additions, du Gallia christiana). — Riquet, Système chronologique et histoire des évêques de Toul; Nancy, 1701-07. — B. Picart, Histoire ecclésiastique et politique de la ville et du diocèse de Toul; Toul, 1707, in-4. — Du môme. Fouillé ecclésiastique et civil du diocèse de Toul; Toul, 1711, 2 vol. in-8. — A. Thiéry, Histoire de la ville de Toul et de ses évêques ; Paris, 1841, 2 vol. in-8.

TOULA. Ville de Russie, cii.-l. de gouvernement, dans un site pittoresque, sur les deux rives de TOupa, au confluent de la Toulitza, 183 kil. S. de Moscou, sur les lignes de chemin de fer Moscou-Koursk et Syzran-Viazemsk; 114.000 hab. en 1897. Une des villes les plus industrielles de l'empire russe, Toula est renommée par ses nombreuses usines métallurgiques et par la manufacture impériale d'armes. La fondation de Toula remonterait au xii^ siècle, alors que fut construit, un peu au N. de l'emplacement actuel de la ville, un petit fortin en pierre. Elle formait déjà, vers l'an 1550, un centre assez important pour exciter la convoitise des Tatars qui attaquèrent la ville (1552), sans toutefois parvenir à s'en emparer. Déjà, à cette époque, différentes forges fonctionnaient à Toula, lorsque, en 1662, le Hollandais Vinius établit une grande fonderie. En 1712, Pierre le Grand ordonna l'établissement à Toula d'une manufacture d'armes qui prit bientôt une grande extension et comptait déjà, en 1720, près de 1.600 ouvriers. L'usine périclita après la mort de Pierre, mais fut relevée par les soins de Catherine IL Les souverains qui se succédèrent sur le trône de Russie s'efforcèrent depuis le commencement du xix® siècle à donner la plus grande extension possible à la manufacture nationale ; rétablissement parvint à fournir àjl' armée russe, durant les années 1812-14, près de 500.000 fusils. A la suite de divers incendies, l'usine fut successivement agrandie ; la plupart des bâtiments actuels, en fer et en briques, ont été construits entre 1840 et 1890 ; ils occupent un vaste emplacement sur la r. dr. de l'Oupa, en face de la ville ; l'usine compte 8.000 à 10,000 ouvriers.

Dans la ville même, la fabrication comprend surtout les articles en métal : armes de chasse, pistolets, samovars (théières russes), coutellerie, et les accordéons dont s'alimentent la plupart des marchés de l'intérieur de l'empire et môme de l'étranger. A la seule foire de Nijni-Novgorod, Toula expédie chaque année 72.000 samc^vars^et 240.000 accordéons. Les articles de Toula en argent niellé ont une réelle valeur artistique ; grâce à ses relations avec les métallurgistes du Caucase, Toula a conservé une technique oubliée en Europe occidentale depuis le xvi® siècle. La décoration de ces articles était toute orientale, en fines arabesques ; à la fin du xix*' siècle, elle s'est adaptée aux modes occidentales, ajoutant aux boites niellées la fabrication d'ustensiles de tublc, cuillers, gobelets, théières, décorés à l'européenne. On fabrique aussi des articles en fer-blanc et en fer battu plus ou moins décorés, des objets dorés. La cordonnerie, la savonnerie, la distillerie, la brasserie ont de l'importance. Le commerce des céréales, du bétail, du suif, des textiles est développé. Enfin, on vante dans toute la Russie les pains d'épices et les rossignols de Toula.

Le Kremlin ou première ville en pierre, construite dans les premières années du xvin® siècle, sur le modèle de celui de Moscou, et restaurée sous le règne de Catherine, forme une sorte de rectangle de 1.045 m. de périmètre, flanqué de cinq tours, et renferme les principales

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églises (celle de l'Assomption date de 1763) et la garnison. Les conditions sanitaires de la ville sont défectueuses et aggravées par le manque d'eau, le cours de l'Oupa étant intercepté pour le besoin des usines. Les eaux stagnantes causent une maladie spéciale à la région, la fièvre de Toula. Toula compte près de H .1 00 constructions diverses, dont 2 couvents, 46 églises et chapelles : le nombre des usines est de près de 200, avec environ 20.000 ouvriers; la production annuelle se chiffre par 18 miUions de roubles. Budget de la ville, 400.000 roubles.

Le gouvernement de Toula, l'une des régions centrales de la Russie, a 30.960 kil. q. etl .432.743 hab.(en 1897); il appartient, au point de vue agricole, à la zone de la Terre Noire ou Tchernozème (cf. l'art. Russie). L'ensemble du gouvernement forme un plateau d'une ait. moyenne de 250 m . , entrecoupé de profonds vallons des systèmes de l'Oka et du Don. Les forêts sont relativement rares (à peine un 1 o** de tout le territoire); par contre, on trouve dans la région des gisements importants de houille (130.000 t. par an), de minerais de fer, de terre réfractaire, toutes conditions favorables au développement industriel de la contrée. L'agriculture n'est pas négligée ; plus des 3/5 de la région sont cultivés. La moyenne annuelle de céréales récoltées se chiffre : seigle, 2,400.000 quintaux ; foin, 2 millions de quintaux; pommes de terre, 5.400.000 quintaux, etc. La population du gouvernement est répartie en 5.981 lieux habités, dont 12 ont rang de ville et sont autant de chefslieux de districts : Toula, Aleksin, Bogoroditzk, Biélev, Venev, Epiphan, Ephremov, Kachira, Krapiona, Novossil, Odoév, Tchern. Impôts, environ 8 millions de roubles par an, dont 2.600.000 d'impôts directs. P. Lem.

TOULAUD. Com. du dép. de l'Ardèche, arr. de Tournon, cant. de Saint-Péray ; 1.506 hab.

TOULENNE. Com. du dép. de la Gironde, arr. de Bazas, cant. de Langon; 8d6 hab.

TOULI, roi mongol du xii® siècle (V. Kéraïtes et Mongolie).

TOULIGNY. Com. du dép. des Ardennes, arr. de Mézières, cant. d'Omont; 118 hab.

TOULIS-et-Attencourt. Com. du dép. de l'Aisne, arr. de Laon, cant. de Marie; 345 hab. Stat. du chem. de fer du Nord.

TOULITZA. Rivière de Russie (V. Oupa).

TOULLIER (Charles-Bonaventure-Marie) , jurisconsulte français, né à Dol le 21 janv. 1752, mort à Rennes le 19 sept. 1835. Docteur en droit de la Faculté de Rennes (1776), il obtint au concours, en 1778, une chaire de professeur agrégé à cette même Faculté. Pendant la Révolution, il fut momentanément administrateur de son district, et, plus tard, après la Terreur, juge au tribunal d'nie-et-Vilaine. Avocat renommé, sa réputation lui valut, à la suite du 18 Brumaire, de juger comme arbitre de nombreuses contestations entre l'Etat et les familles des émigrés. Lors de la réorganisation des écoles, en 1806, TouUier rentra à la Faculté de Rennes avec le titre de professeur de droit civil. La Restauration lui retira le décanat qui lui fut rendu en 1830. TouUier a illustré son nom par la publication du Droit civil français (Paris, 1811,5 vol. in-8 et 1830-34, 15 vol. in-8; continué par J.-B. Duvergier, Paris, 1846-52, 14 vol. en 7 vol. in-8), série de traités constituant une œuvre aussi remarquable par l'élégance, le coloris et la clarté du style que par la sûreté de la méthode et l'élévation de la pensée. Pour la première fois, la philosophie s'y trouve introduite dans l'étude des lois. Cet ouvrage, dont l'éclatant succès dépassa nos frontières, exerça sur la jurisprudence naissante une influence considérable. Il convient de signaler surtout l'admirable Traité des obligations qui, à lui seul, justifierait cette parole de Dupin aîné : « TouUier est le Pothier moderne ». C. Cheuvreux.

BiBL. : J.-B. Duvergier, Revue de législation et de jurisprudence, m, 262.— Ch. Pavlmier, Éloge de TouUier, Paris, 1836, in-8. - Dupin et Camus, Lettre sur la profession d'avocat.

TOULMOUCHE — TOULON

TOULMOUCH E (Auguste), peintre français, né à Nantes le 24 sept. 1829, mort à Paris le 16 oct. 1890. Elève de Gleyre, il exposa, à partir de 1848, des toiles où étaient traitées, avec beaucoup de délicatesse et de verve, des scènes familières de la vie élégante. Nous citerons parmi ses meilleures toiles : le Premier Pas, la Prière, le Château de cartes, le Sommeil, le Fruit défendu, Flirtation, VEté, la Rose, le départ et le Retour, la Toilette, le Raiser; Toulmouche a exécuté aussi un certain nombre de portraits, notamment des portraits d'actrices.

TOULOIS. Le Toulois a pour origine h pagus Juliensis, l'un des huit pagi entre lesquels était partagé le vaste diocèse de Toul, dont les limites reproduisaient celles de la Civitas Leucorum. Le pagus Tullensis, qui avait pour centre administratif la ville épiscopale de Toul, était l'un des plus petits pagi du diocèse ; sa circonscription répondait à celle du doyenné de Toul. On désigne encore aujourd'hui sous le nom de Toulois une petite région naturelle, un pays qui comprend, outre le bassin de Toul, une série de plateaux entrecoupés de vallons, de collines au relief très net (bathonien-oxfordien-corallien),qui s'étendent du S. au N., depuis Colombey-les-Belles jusqu'à Thiaucourt et à l'embouchure du Ru-de-Mad dans la Moselle, s'intercalant entre la forêt de Haye et les plaines de la Woëvre. Le Toulois est surtout un pays vignoble ; la vigne tapisse le flanc de tous les coteaux bien exposés. E. Ch.

BiBL. : Mémoire sommaire sur la ville de Toul et le pays toulois par Le Liépvre, commissaire des guerres; Metz, s. d. in-8. — Jacquot, Essai dune statistique agronomique de Varr. de Toul; Paris, 1860. — ■ Du même, Carte agronomique au 1/80,000'' de Varr. d» Toul. — Olry, Répertoire archéologique de la ville et du territoire de Toul; Nancy, 1870, iQ-8. — Du même, Petite géographie de Varr. de Tout; Verdun, 1875, in-8.

TOULON (TeloMariius). Ch.-l. d'arr. dudép. du Var, et ch.-l. du 5® arr. maritime, par 43*^ 1' 17" lat. N. et 3" 35' 51'' long. E. (au clocher); 92.276 hab. (70.843 aggl.). Gare duchem. de fer P,-L.-M. — Tribunal maritime. Direction d'artillerie de marine. Observatoire de la nouvelle Ecole de médecine navale. Ecole d'hydrographie de 2® classe. — Toute l'industrie et tout le commerce de Toulon dépendent de ses établissements maritimes et de son port de guerre, qui est de première classe, et, grâce à sa rade merveilleuse, un des plus beaux et des plus sûrs de toute la Méditerranée. La vieille ville est plutôt sale, sombre et mal bâtie, sauf le grand quai ou quai de Cronstadt ; mais de nouveaux quartiers élégants se développent du côté du chemin de fer. Comme monuments, on ne peut citer que l'hôtel de ville (sur le quai) à cause de ses deux cariatides de P. Puget, la porte d'entrée de l'arsenal, le musée et des églises sans intérêt. La ville intérieure a été doublée par le déplacement de l'enceinte bastionnée ; au dehors se développent de vastes faubourgs; celui du Mourillon au S.-E., sur une presqu'île; celui du Pont-du-Las au N.-O. Les fortifications de terre sont considérables; les hauteurs du Coudou (702 m.) et du Faron (476 m.) sont couvertes de forts et de batteries; d'autres défendent la côte des deux côtés de la rade, sur les hauteurs de la Colle Nègre (302 m.), à Sainte-Marguerite, au cap Brun, à la Malgue ; la presqu'île du cap Cepet est hérissée d'ouvrages ; au S. de la Seyne s'élève le fort Napoléon, et à l'O. celui deSix-Fours (ait., 209 m.).

La rade est partagée en grande et petite rade que sépare, depuis 1880, une digue dans le genre de celle de Cherbourg, ne laissant plus aux navires qu'un goulet de 400 m. de largeur, ce qui a considérablement accru la sûreté de la petite rade ou rade extérieure. Une ceinture formidable de forts et batteries entoure et domine les deux rades, le long des rivages et sur les sommets des montagnes calcaires très pittoresques des environs (Forts de Six-Fours à l'O., du Faron au N., du Coudon au N.-E., de Saint-Mandrier au S., etc.); de belles routes stratégiques les réunissent et font de Toulon un camp retranché qu'on peut dire imprenable Le port de com-

merce, ne pouvant recevoir que des navires de S m. à 5^,50 de tirant d'eau, occupe une partie de la Darse Vieille. — L'arsenal maritime (dont la visite n'est permise qu'aux Français) se compose de deux parties : à l'E,, l'annexe dite arsenal du Mourillon, syec les fosses d'immersion des bois de construction, les cales de construction, divers ateliers, etc. ; à l'O., l'arsenal proprement

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Rade de Toulon.

dit, comprenant la Darse Neuve avec la Tour de l'Horloge, le Musée naval, la Corderie, la salle d'armes, etc. ; la Darse de Castigneau avec lei bassins de carénage, la chaudronnerie, et d'autres ateliers, et la Darse de Mis- 5Z^S5z/ avec deux énormes bassins de radoub. Aux abords de Toulon, il faut citer comme ses dépendances immédiates : V hôpital de Saint-Mandrier, au S. de la rade, avec de beaux jardins et une citerne de 30.000 m. c. pourvue d'un curieux écho ; la plage et les bains de mer de Tamaris et des Sablettes; U Seyne (V. ce mot).

On dit (jue les Phéniciens, au ix® ou x® siècle avant notre ère, auraient fondé là une teinturerie de pourpre.Toujours est -il que les Romains la nommèrent Telo Martius (comme Narbonne, Narbo Martius) à cause de cette industrie et parce que Mars représentait la couleur rouge. Les Sarrasins et autres pirates du moyen âge la saccagèrent à maintes reprises; mais elle jouit, assez longtemps, ainsi qu'Arles et Marseille, d'une autonomie presque complète. — Saint Louis commença de la fortifier et Henri IV fonda l'arsenal. Richelieu surtout en comprit l'importance militaire, mais ce fut Vauban qui la développa. En 1707, le comte de Grignan (gendre de M^^« de Sévigné), alors gouverneur de Provence, força les impériaux du prince Eugène et la flotte anglaise à lever le siège de la place. '. La peste de 1721 y fit de nombreuses victimes. -— La Ré- ^ ^ volution y débuta par des troubles et massacres, à la suite desquels les royalistes livrèrent la ville aux Anglais ; mise horslaloi parla Convention et privée de son nom, changé en celui de «Port de laMontagne»(l793), Toulon futassiégé et pris par le général Dugommier, grâce aux mesures dues au génie du jeune commandant d'artillerie Napoléon Bonaparte, qui vit poindre à ce siège l'aurore de sa fortune. La Convention voulait raser la ville ; mais sa situation militaire la sauva, et depuis lors tous les gouvernements n'ont cessé d'en accroître la force par de nouveaux et dispendieux ouvrages. Lors du Concordat, l'évêché deToulon fut supprimé et réuni à celui de Fréjus. Le bagne, qui y avait été établi en 1682, a été supprimé en 1873. E.-A. Martel.

Arsenal deToulon (V. Arsenal, t. III, p. 1130).

BiBL. : Teissier, Histoire des divers agrandissements et des fortifications de la ville de Toulon: Paris, Wi. — Lambert, Histoire de Toulon; Toulon, 1887-92, 4 vol.

TOULON. Source du dép. de la Dordogne (V. ce mot). TOULON-LA-MoNTAGNE. Com. du dép. de la Marne, arr. de Chàlons-sur-Marne ; cant. de Vertus; 84 hab.

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