‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 147 sur 633 · TOURNOI — TOURNON · texte numérisé non relu

TOURNOI — TOURNON

publ. par V. Bouton ; Paris, 1870, 32 pp. autogr. in-4. — De Rosny, VEpervier d'or ou description historique des joutes et des tournois qui^ sous le titre de « nobles rois de l'Epinette », se célébrèrent à Lille au moyen âge; Paris, 1839, in-8. -- Le Pas des armes de Sandricourt, relation d'un tournoi donné en 1^93, au château de ce nom, publié par A. Vayssière ; Paris, 1874, in-12 (château près Pontoise). — H. Langier, le Camp de la Place Royale ; Paris, 1612, in-4 (relation officielle du carrousel de 1612). — Fr. de Rosset, le Roman des chevaliers de la Gloire... qui parurent aux courses faites à la Place Royale; Paris, 1612 et 1613, in-4, réédité ensuite sous le titre de l'Histoire du Palais de la Félicité ; Paris, 1616, in-4 (description du carrousel de 1612).

Allemagne. ~ G. Ruxner, Anfang, Ursprung und Herkommen des Thurniers in teutzcher Nation ; Siemern, 1530 et 1532, in-fol. — Du même, Thurnierbuch ; Francfortsur-le-Main, 1579-80, 3 vol. in-fol. — Hans Burgmaier, Turnierbuch^ herausgegeben., von J. von Hefner; Francfortsur-le-Main, 1853-56, in-fol.— F. von Schlichtegroll, Turnierbuch Herzogs Wilhelm IV von Baiernvon 1510- 45 ; Munich, 1817-29, m- fol. (fac-sim. lithog.). — Fr. Modius, Pandectsetriumphales; Francfort-sur-le-Main, 1586, in-fol.— F. Niedner, Das deutsche Turnier im XII und XIII Jahrhundert; Berlin, 1881, in-8.— R. Beckbr, Ritterliche Waffenspiele nach Ulrich von Lichtenstein ; Dùren, 1887, in-4.

TOURNOIS. Nom d'une ancienne monnaie française qui eut une vogue immense au moyen âge et dont l'origine remonte jusqu'à l'époque carolingienne. Son nom vient de celui de la ville de Tours, et la première monnaie tournois fut, en effet, celle que frappait le chapitre de Saint- Martin de Tours. Dès le temps de Pépin et de Charlemagne, on a, à l'effigie de ces princes, des deniers d'argent qui portent la légende SCI MARTINI ; ces pièces prouvent que la célèbre abbaye jouissait du droit de monnayage. Mais ce droit paraît avoir été suspendu, pour Saint-Martin comme pour d'autres abbayes, par le capitulaire de Thionville en 805, car, dès lors, le monnayage de Tours est purement royal, et les deniers portent alors TVRONIS, TVRONES. Sous Charles le Simple, en 949, le duc-abbé de Saint-Martin, Robert, frère du roi Eudes, obtint de nouveau le droit de monnayage pour son abbaye, et, à partir de cette date, on a des deniers d'argent dont la légende est RATIO SCI MARTINI ; d'autres portent, au droit : f CAPVT SCI MARTINI, autour du buste du saint ; au revers, TVRONVS CIVITAS, autour d'une croix; d'autres enfin ont : CARLVS REX, autour d'un temple, et, au revers, SCI MARTINI MONETA, autour d'une croix cantonnée de quatre points. Tels sont les plus anciens deniers tournois et aussi, en fait, les plus anciennes pièces de la monnaie féodale française.

Le buste de saint Martin qui figure sur quelques-uns de ces deniers fut copié et imité en des variétés infinies par les seigneurs de la région voisine de Tours et ayant droit de monnaie. Il finit par s'altérer graduellement au point de devenir méconnaissable et de ne figurer que vaguement un profil humain : c'est ce qu'on appelle en numismatique le type chartrain. On trouve des monnaies à ce type jusqu'au xiv^ siècle, à Chartres, Blois, Châteaudun, Dreux, le Perche, Nogent-le-Rotrou, Romorantin, Celles, Saint- Aignan, Huriel. D'un autre côté, le prototype du temple que nous avons signalé sur d'autres deniers tournois fut aussi imité longtemps et s'altéra graduellement comme son voisin ; il devient le type du chatel et persista sur les deniers royaux, même après que le nom de Philippe- Auguste eut été substitué à celui de Saint-Martin, lors de la confiscation de la Touraine par le roi de France.

A dater de ce moment, la monnaie royale de France se compose essentiellement de deux deniers d'argent renommés pour leur bon aloi , le denier Parisis et le denier tournois, ce denier courant particulièrement dans les pays d'entre Loire et Seine jusqu'en Bretagne. Ces deux deniers étaient reconnaissables par leurs types et par leur poids : le tournois était plus léger et il fallait cinq deniers tournois pour équivaloir à quatre deniers parisis. Il y a aussi l'obole ou demi-denier tournois et la maille ou quart de denier tournois. Sous Philippe-Auguste, la monnaie toîirnois a pour types : au droit, f PHILIPPVS REX, autour d'une croix pattée ; au revers, TVRONVS^CIVIS, autour du

fameux type du chatel qui n'est, comme nous l'avons dit, que le temple carolingien dégénéré. Deux siècles durant, le type du tournois fut copié et imité dans la moitié de l'Europe et transporté en Orient par les croisés ; les légendes seules diffèrent, suivant les princes et les ateliers.

Saint Louis, en même temps qu'il introduisit dans le monnayage royal la monnaie d'or, créa le gros tournois ^ magnifique pièce d'argent que l'on trouvera figurée à l'art. France, § Numismatique (t. Wll,i^, 1441, fig. 9). Ce gros tournois est en tout semblable au denier tournois sauf que, au droit, on a ajouté en bordure une nouvelle légende : f Benedictum sitnomen Domininostris Jesu Christi, et au revers, une bordure de fleurs de lis. Le gros tournois, émis pour 12 deniers tournois, pesait 4*^,10.

A partir du xiv® siècle, les types du gros tournois et du denier tournois restent les mêmes ; mais les légendes présentent de nombreuses variétés, suivant les ateliers. Sous Philippe le Bel, on a le gros tournoi, à 1*0 rond, ainsi dénommé à cause de la forme spéciale donné à la lettre 0 dans le mot TVRONVS, le gros tournois de Mue (frappé à Le Mue, petite ville de Flandre), le double tournois qu'il ne faut pas confondre avec le gros tournois, et qui porte en légende MONETA DVPLEX, la mitte tournois, la maille tournois. Sous Philippe VI de Valois paraissaient le petit tournois, avec la légende PARVVS TVRONVS, le tournois noir, monnaie de bas billon qui ne se distingue du tournois d'argent que par l'aspect du métal. Sous Jean le Bon, comme espèces nouvelles ayant toujours pour types principaux la croix et le chatel, on voit paraître : le gros tournois à la couronne, le gros tournoi à la queue, dit Poillevillain, du nom du maître général des monnaies, ayant pour type une croix dont la tige coupe la légende. Sous Charles VI, il y a une pièce de billon appelée le double tournois Niquet ; sous Charles VII, le double tournois est la monnaie de billon la plus répandue, et ses différents forment d'assez nombreuses variétés. Sous Louis XIl, le double tournois et le denier tournois, très communs, ne sont plus que des pièces de bas billon ; la pièce d'argent est désormais le teston, ainsi nommé à cause de l'effigie royale qui fait son apparition. Il en est ainsi jusque sous Heuri IV, époque où le tournois n'est plus qu'une petite monnaie de cuivre répondant à la description suivante : Double tournois, cuivre : HENRI* nu- R- DE- FRAN- ET* NAV. Buste lauré et cuirassé. n- t DOVBLE' TOVRNOIS. Trois fleurs de lis. — Denier tournois, cuivre : HENRI* mi- R- D- FRAN- ET- NAV- Buste lauré et cuirassé, i^- f DENIER TOVRNOIS. Deux fleurs de lis. — La monnaie tournois disparaît définitivement pendant le règne de Louis XIV. E. Babelon.

BiBL. : Outre les ouvrages cités au mot France ,§iVwmismatique : A. de Barthélémy, Note sur l'origine de la monnaie tournois ; Paris, 1896, in-4, — J.-A. Blanchet, l'Origine du gros tournois, dans les Comptes rendus des séances de l'Acad. des Inscript, et Belles-Lettres, 1901, p. 268.

TOURNOISIS. Com. du dép. du Loiret, arr. d'Orléans, cant. de Patay; 548 hab.

TOURNON. Ch.-l. d'arr. du dép. de l'Ardèche; 5.344 hab. (3.296 aggl.). Stat.du chem. de fer de Lyon à Nîmes. Ce lieu est situé sur les bords du Rhône dans un terrain d'alluvion admirablement fertile, et il s'y fait un important commerce de vins et de primeurs. On y a trouvé beaucoup de débris d'antiquités romaines. La principale voie romaine de la vallée du Rhône au pays des Vélaunes partait de Tournon, en suivant la vallée du Doux. Au moyen âge, celte ville appartenait aux archevêques de Lyon, puis à des comtes dont le premier est signalé sous le règne de Louis le Débonnaire (Cartulaire de Cluny). Un autre, Odon, est connu par un hommage rendu à Philippe -Auguste en 4088. On a plusieurs chartes de libertés et franchises donnés par ses successeurs à leurs sujets de Tournon, de Tain, de Glun et de Mauves. La plus importante, de 1284, en reproduit une plus ancienne, en langue romane, de 4244. La baronnie de Tournon était une des douze baronnies

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