‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 148 sur 633 · US · texte numérisé non relu

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de tour da Vivarais, et la famille de Tournon a toujours figuré parmi les plus puissantes du pays. Plusieurs de ses lî^embres ont successivement exercé (xvi^ et xvn^ siècles) les fonctions de bailli royal du Yivarais. La branche aînée s'éteignit en 4644 par la mort de Just Henri, tué au siège de Philipsbourg, et ses biens passèrent aux ducs de Ventadour. La branche cadette, dite des Tournon de Meyres, s'est perpétuée jusqu'à nos jours et a produit un préfet de Rome sous Napoléon I®^' et deux pairs de France. La ville et le château de Tournon furent occupés en mai 4562 par les protestants, après que le baron des Adrets se fat emparé de Valence ; mais en 4567. une nouvelle attaque des religionnaires fut repoussée par la comtesse douairière, Claudine de La Tour de Turenne, veuve de Just II, tué dans la précédente guerre civile au siège de Saint- Agrève, et depuis lors cette ville ne cessa pas de rester au pouvoir des catholiques. Le principal établissement de Tournon est le lycée, qui a succédé à l'ancien collège des jésuites, fondé par le cardinal de Tournon en 4560, et qui, après l 'expulsion de ces reUgieux au xviii^ siècle, était passé aux mains des oratoriens- Le tribunal et la prison sont établis dans l'ancien château féodal, bâti sur un rocher qui domine la ville et le cours du Rhône. L'ancienne éghse collégiale de Saint-Julien est un beau monument de style ogival, où il existe des fresques très remarquables. Une statue du général Rampon, le héros de Montelegino (4796), œuvre de son fils, le comte Rampon, vice-président de l'Assemblée nationale de 4874, a été élevée, il y a quelques années, sur une des places de la ville. Le premier pont en fil de fer de France fut jeté sur le Rhône entre Tain et Tournon, en 4827, par les frères Seguin. Tournon est la patrie du cardinal François de Tournon (V. ce nom), de Ron Rroé, président à la Chambre des enquêtes du Parlement de Paris, mort en 4584, et de Pierre Davity, auteur d'une description géographique du monde, la plus complète et la plus célèbre des publications de ce genre auxvn® siècle. A. Mazon.

BiBL. : D'" Francus, Notice historique sur Tournon (MS.)- — Marquis de Satillieu, Notes manuscrites. — Jules RoussET, Notes manuscrites.

TOURNON. Com. du dép. de la Savoie, arr. d'Albertville, cant. de Grésy-sur-Isère ; 344 hab.

TOURNON-d'Agenais. Ch.-l. de cant. du dép. de Lotet-Garonne, arr. de Villeneuve-sur Lot ; 4.077 hab.

TOURNON-SAiNT-MAhïiN. Ch.-l. de cant. du dép. de ITndre, arr. du Rlanc ; 1.581 hab. Stat. dechem. de fer.

TOURNON-Saint-Pierre. Com. du dép. d'Indre-et- Loire, arr. de Loches, cant. de Preuilly-sur-Claize ; 840 hab.

TOURNON (François de), né à Tournon en Vivarais (Ardèche) en 4489, mort à Paris le 22 avr. 4562. Fils de Jacques, comte de Tournon, et de Jeanne de Polignac, chanoine de Saint-Antoine en Dauphiné à l'âge de douze ans, abbé de la Chaise-Dieu, archevêque d'Embrun en 1547, de Bourges en 4525, il fut appelé à Lyon par la régente après la bataille de Pavie, alla signer le traité de Madrid et négocia le traité de Cambrai. Il alla en Espagne demander pour le roi la main d'Eléonore d'Autriche, et célébra le mariage à Captieux. Cardinal en 4530, il fut envoyé par le roi à Rome, puis à Londres, pour essayer d'éviter la rupture entre Henri VIII et l'Eglise romaine, et négocia le mariage du duc d'Orléans et de Catherine de Médicis. Pendant l'invasion de la Savoie (1536-37), François P^ le nomma lieutenant général ; de Lyon, Tournon dirigea l'intendance et l'administration militaires ; par ses emprunts auprès des banquiers lyonnais, il sut pourvoir aux besoins de l'armée. Il obtint l'évêché d'Auch (1537) et prit part aux conférences de Nice. Le cardinal, qui était un humaniste, qui créait les collèges d'Auch et de Tournon, qui pensionnait Muret, Lambin, etc., se montra cependant l'ennemi acharné de la Réforme; d'après V Histoire ecclésiastique, il aurait joué le rôle d'un grand inquisiteur, et serait l'auteur et promoteur de toutes les

persécutions. En 4539, il piéside à Lyon une conférence d'évêques ayant pour objet d'obtenir la conversion de Genève (V. Sadolet). Ce serait lui qui aurait arraché à François P^ des lettres d'exécution contre les Vaudois. Après la mort de François l^^, il tomba dans une sorte de disgrâce, comme tous les instruments du ci-devant règne, puis fut envoyé à Rome où il resta huit ans; il y fut nommé évèque de Sabine (4550) et archevêque de Lyon (4554). Rentré en France en 4555, il se consacra surtout à son archevêché de Lyon, où il se signala par ses rigueurs contre les hérétiques (il avait correspondu avec Calvin sur le cas de Michel Servet). Envoyé de nouveau à Rome, il faillit y devenir pape à la mort de Paul IV (1559). Pie IV le fit évêque d'Ostie et Velletri et doyen du Sacré Collège (1560). Il fit recevoir les jésuites en France et leur donna le collège de Tournon. Il prit part aux Etats de 1560 et présiida le colloque de Poissy. Il mourut à Saint-Germain des Prés, dont il était abbé. Un de ses neveux, Claude, était protestant et réfugié à Lausanne dès 4542. Le cardinal de Tournon a laissé une abondante correspondance inédite, dont la plus grosse partie est à la Bibliothèque nationale (collection Gaignières).Son portrait est au musée de Versailles (n*' 3248), au château de Beauregard, à l'Ermitage de Saint-Pétersbourg, au Castle- Howard et dans la collection Clairambault (gravé par Van den Wyngaerde). H. Hauser.

BiBL. : GalLia cliristiana. — Hist. ecclés. des Eglises réformées.—- FI. DE Raemond, Hist. de l'hérésie. — Nie. Camuzat, Mélanges hist.; Troyes, 1619. — Du VERDiEa, Hist, des cardinaux illustres; Paris, 1653, in-4. — Le P. Ch. Fleury, Hist. du cardinal de Tournon, ministre de France sous quatre de nos rois ; Paris, 1728, iii-8. — D'Aurigny, les Vies des hommes illustres de la France; Amsterdam, 1739, t. II, in- 12. — Anonyme, Un archevêque de Lyon, ministre d'Etat; Lyon, 1877, in-8. — Massif, le Collège de Tournon; Paris," 1890, in-8. — E. Picot, Des Français qui ont écrit en italien au xvi« siècle, dans Rev. des biblioth., 1898. — V.-L. BouRRiLLY, François /•"• et Henri VIII, dans Rev. dliist. mod. et contemp., 1899. — - V. Lyon, et les noms cités dans cet article.

TOURNOUS-Darré. Com. du dép. des Hautes-Pyrénées, arr. de Tarbes, cant. de Trie; 485 hab.

TOURNOUS-Devant. Com. du dép. des Hautes-Pyrénées, arr. de Tarbes, cant. de Galan; 241 hab.

TOURNURE (Tech.) (V. Chapeau).

TOURNUS (Tinurtium, Trenorchium). Ch.-l. de cant. du dép. de Saône-et-Loire, arr. de Mâcon, sur la Saône; 4.866 hab. (3.773 aggl.). Stat. de chem. de fer de la ligne de Paris à Lyon. Carrières de pierre et de sable. Moulins, féculerie, brasserie, fabrique de produits chimiques. Fonderie, ateliers de construction, chaudronnerie, chaiseries. L'emplacement de Tournus a été, si l'on s'en rapporte aux découvertes qui y ont eu lieu, habité dès les temps les plus reculés : de nombreux vestiges de l'époque romaine en particulier y ont été signalés. Mais ce sont surtout le martyre de saint Valérien, la fondation d'une abbaye sur le lieu où se serait passé cet événement, l'apport du corps de saint Philibert par les moines de Noirmoutier, et finalement les concessions faites par Charles le Chauve à l'ordre de Saint- Benoit, qui donnèrent à cette petite ville l'importance dont elle a joui durant tout le moyen âge. Il s'y tint, d'ailleurs, deux conciles, l'un en 949, l'autre en 4445, et les abbés y frappèrent monnaie de 889 à 4346. Ajoutons, pour en finir avec l'histoire de l'abbaye, qu'elle fut donnée en commende à partir de 4498, sécularisée en 4627 et supprimée dès 4785. Quant à la ville, elle fut de bonne heure, comme Tabbaye elle-même, fortifiée. Les Armagnacs s'en emparèrent, par surprise, dans la nuit du 22 au 23 sept. 4422. On lui fit une nouvelle ceinture de murailles à la fin du xv^ siècle, en 4475 et 4476. Le 31 mars 4562, Montbrun, à la tète des huguenots, y entra et la livra à ses troupes; peu après, et la même année. Brissoles la reprit pour le compte des catholiques, puis Poncenac y rentra, et finalement Tavannes. En 4589, la garnison de la ville, qui tenait pour le roi, et celle de l'abbaye, qui était pour la Ligue, se battirent dans les rues : le auc

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