TROMPETTE — TRONCHET
pistons ou des cylindres l'a avantageusement remplacé pout* la facilité. Sans doute, la trompette à pistons est moins éclatante : le son plus volumineux et plus empâté a perdu un peu de l'éclat argentin qui lui est propre, mais les légers défauts sont amplement compensés par l'étendue de l'échelle. Aussi ces instruments sont-ils les seuls maintenant en usage, lorsque le cornet à pistons, plus facile et moins pénible à jouer, tie vient pas les remplacer, ce qui a lieu malheureusement trop souvent (V. Cornet). Les anciens compositeurs, privés de ces ressources, n'avaient pu donner à la trompette qu'un rôle restreint dans leur orchestre. Les brillants soli de Bach et de Ha^ndel passèrent de mode assez vite : leur extrême difficulté en fut sans doute la cause. Mozart, Haydn, Beethoven se sont contentés de faire sonner aux trompettes les desseins dits fanfares qui leur sont propres, et de placer le mieux possible quelques-unes de ses notes pour grossir la sonorité des tutti. Beethoven en a fait cependant un usage un peu plus fréquent, plus ingénieux aussi : il a réussi maintes fois à tirer de ces éléments restreints d'admirables effets. Berlioz, qui a tant innové, n'a guère pu que l'imiter sous ce rapport, car les trompettes chromatiques, quoique con- ^ nues de son temps, n'étaient guère en usage en France, où l'on se contentait des cornets. Toutefois, par d'habiles combinaisons des trompettes et des corhets, il a pu tenter beaucoup de combinaisons nouvelles et heureuses. Mais ce sont les maîtres allemands, Wagner tout particulièrement, qui ont compris tout ce qu'on pouvait tirer de ces instruments perfectionnés. Dans l'orchestre de ce dernier maître, les trompettes sont merveilleusement employées. Elles entrent dans toutes les combinaisons comme une clarinette ou un hautbois. Leur rôle mélodique et expressif s'est trouvé singulièrement agrandi, et c'est toute une gamme de nuances nouvelles qui a été ajoutée par là à la riche palette du compositeur. Cette technique nouvelle fait désormais partie, grâce à Wagner, des procédés courants.
Les trompettes simples sont maintenant exclusivement réservées aux fanfares de cavalerie. Elles y exécutent des morceaux à plusieurs parties, assez peu variées il est vrai, mais d'une fort belle sonorité quand ils sont bien exécutés. En quelques pays on y joiiit l'accompagnement des timbales. En France, la basse de ces petits orchestres est jouée sur de grandes trompettes, en mi bémol comme les autres, mais plus graves d'une octave. On les appelle trompettes basses. Wagner, dans l'orchestre de la Tétralogie, a employé cet instrument, rendu chromatique par un système de pistons. La trompette basse a un timbre particulier, moins sec que celui des trombones auquel il ressemble pourtant. Son emploi a permis au compositeur de varier heureusement quelquefois la sonorité des effets de cuivre, qu'il a multiphés dans cet ouvrage. Quelques compositeurs se sont servis du même instrument qui se rencontre rarement cependant. H. Quittard.