TUNNEL
rie a pris une certaine avance, on procède à son élargissement sur l'étendue de la calotte du tunnel : c'est l'abatage, qui détermine un second chantier. Des étais ou chandelles, auxquels les cadres de la galerie ou le terrain servent de point d'appui, soutiennent, si le besoin s'en fait sentir, la partie ainsi excavée. On procède, avant de pousser plus loin les déblais, à son revêtement, en faisant reposer directement la voûte, par des retombées, soit sur le terrain, soit sur des madriers interposés. A ce troisième chantier, qui est un chantier de maçons, en succède un quatrième, de terrassiers : le déblai est repris pour creuser la partie inférieure du profil et construire en sous-œuvre les piedsdroits. L'enlèvement de cette partie du terrain, dite strosse, se fait, soit dans toute la hauteur, par gradins embrassant la largeur entière, soit par moitié, dans le sens de la largeur. Dans les deux cas on laisse subsister de chaque côté, pour soutenir les retombées de la voûte, une banquette (fig. 2). On en effectue le déblai par sections, en
Fig. 2. — Procédé belge.
ayant soin de bien soutenir les parties dégarnies de la voûte jusque après Texécution des pieds-droits, qui a lieu de suite, quand je déblai des banquettes est terminée. Il arrive aussi que, pour éviter la reprise en sous-œuvre, on commence le déblai du strosse par les emplacements des , , -. ; , ' Z'^. < ^ pieds-droits, en
■^-^•"''^â^^^SS-Û'" • laissant subsis-
^^'^ '^ ' ter s a partie cen-
trale, sur laquelle le boisage de la calotte continue d'avoir ": son point d'appui. Les piedsdroits sont alors édifiés les premiers (fig. 3).
On établit ensuite la voûte et, la maçonnerie terminée, on enlève le reste du strosse. On désigne plus particulièrementcette dernière manière d'opérer sous le nom dé procédé fran" çais, réservant à la première celui de procédé belge. Or, celle-ci est de beaucoup la plus employée en France.
Procédé allemand. Le tunnel est attaqué par deux galeries latérales situées au fond du profil et poussées simultanément. Dès qu'elles ont pénétré d'une dizaine de mètres, on exécute au sommet du profil une galerie centrale, qu'on élargit ensuite par l'enlèvement de prismes latéraux afin d'achever l'ouverture delà calotte, et on laisse subsister, pour servir de point d'appui aux boisages et aux arêtes,
Fig. 3. — Procédé dit français.
un noyau central. Au tur et à mesure, d'ailleurs, de l'avancement des galeries latérales, on y exécute les pieds-droits (fig. 4), et la voûte raccordant ces pieds-droits est faite dès que l'élargissement successif de la galerie supérieure le permet. Ce qu'on veut éviter avant tout dans ce procédé, c'est la création de grands vides demeurant un certain temps à la merci de la solidité de boisages de grande portée. Malheureusement, il est long et coûteux. Par surcroît, la nécessité d'avoir deux galeries latérales assez larges
Fig. 4. — Procédé allemand.
pour y établir, malgré le persistance d'un noyau central, des voies de transport, ne le rend praticable que lorsque le tunnel a au moins 8 m. d'ouverture. Aussi est-il, après avoir été très employé, de plus en plus abandonné.
Procédé autrichien. L'attaque a lieu par une galerie d'avancement située dans l'axe et au bas du profil. Une seconde galerie, située en calotte, vient, dès que la première a une certaine longueur, s'y superposer. Puis on élargit et on approfondit en terminant par les bas côtés. Le boisage, auquel on n'emploie que des pièces de bois très courtes, est exécuté au fur et à mesure des déblais. Les maçonneries s'exécutent en commençant par les pieds-droits et en terminant par la voûte. Elles ont lieu par sections d'autant moins longues que les pressions exercées par le terrain sont plus fortes. Très pratiqué en Autriche, pays accidenté, où il a fallu, dès le début des chemins de fer, construire de nombreux tunnels, ce procédé a beaucoup de partisans et il a fait son chemin hors de son pays d'origine. Il entraîne cependant des boisages très encombrants et oblige parfois à laisser, un temps assez long, de grandes sections soutenues par eux: d'où des catastrophes ou, tout au moins, des déformations graves.
Procédé en tranchée. Au lieu d'exécuter un tunnel par des fouilles souterraines, il y a intérêt, quand l'épaisseur du terrain supérieur n'est pas considérable, à creuser une tranchée, à enlever les déblais à ciel ouvert, à établir de même les maçonneries de revêtement et à remblayer, après achèvement, l'espace déblayé en excès. La conduite des travaux n'offre alors, on le conçoit, rien de particulier. Pour le prolongement de la ligne de Sceaux sous le boulevard Saint- Michel, on a employé un autre procédé, qui avait en vue d'entraver le moins longtemps possible la circulation. On n'a creusé extérieurement que ce qu'il était nécessaire pour l'édification à ciel ouvert de la maçonnerie de la voûte. Celle-ci s'est trouvée ainsi établie sur le sol même et on n'a excavé qu'ensuite, par les deux bouts. Il n'y a donc pas eu de boisage.
Procédé du bouclier. Le mot bouclier, que nous avons vu servir à désigner le blindage dont on revêt, dans le procédé anglais, le front d'attaque, s'applique de nos jours exclusivement à une sorte de carapace métallique, qui remplace les anciens boisages compliqués et qui, se déplaçant par ses propres moyens, protège les mineurs fouillant à l'avant en même temps que les équipes exécutant le revêtement à l'arrière. Brunel, le premier, employa en