CONVERTI EN
1894 3 1/2 Vo
1890 4 Vo
L'iradé du 28 moharrem 1299 (8 déc. 1881) ramena la dette publique de 191 millions deliv. st. à 106.437.234 liv. st. En même temps, la convention du 48 oct. 1881 liquidait la dette flottante envers les banquiers de Galata à 180 millions, remboursés à l'aide de plusieurs émissions d'obligations dites de priorité. Depuis cette époque, les emprunts turcs, évalués en liv. st., ont été :
ÉMISSION MONTANT INTÉRÊT «/o OBJET
1885 930.000 7 Chemins de fer.
1886 5.909.080 5 Remboursement
aux banques.
1890 7.827.240 4 Conversion.
1890 4.545.000 4 Consolidation.
1891 6.316.920 4 Conversion.
1894 900.000 4 Tombac et C«.
1894 8.212.340 3 1/2 Conversion.
1894 1.600.000 4 Chemins de fer.
1896 2.975.200 5 Finances.
Le capital nominal de la dette convertie en 1881, en circulation au 1^^ mars 1901, était de 103.351.507 liv. turq., soit près de 1.248 millions de fr. Le service de cette dette convertie représente (annuité 1900-1901) 2.011.104 liv. turq. pour lesquelles la Dette publique ottomane disposait de revenus s*élevant (1899-1900) à 2.616.735 liv. turq. Celui de la dette créée depuis 1881 restait à la même date de 16.494.637 liv. turq., soit plus de 374 millions de fr. La Turquie a encore des emprunts intérieurs et une dette flottante soustraits à l'administration de la Dette publique et sur lesquels on n'a aucune indication officielle. En dépit des combinaisons habiles, la question financière reste, pour le gouvernement turc, la préoccupation dominante de tous les instants et recueil de sa politique.
Les revenus de l'Empire ottoman prévus pour 1898, d'après la moyenne des années précédentes, étaient de 18.511.322 livres turques :
Livres turques
Impôt foncier 2.511 .924
Taxe d'exemption militaire 886.210
Taxes diverses 321.273
Perception des départements militaires 532.793
Régie des tabacs (part du gouvernement) 51 .775
Tributs affectés à la Dette publique ottomane . 1 . 136. 316 Sel, tabac, tombac, spiritueux, timbres, pêcherie, soie, affectes à la Dette publique
ottomane 2.571 . 146
Dîmes (13 "/o des récoltes) 4. 108. 000
Impôt de capitation 500.000
Taxe des moutons 1 .937.849
Douanes.., 2.000.000
Perception des départements civils 1 . 962 . 036
Les dépenses, en 1898, étaient estimées à 18.429.411 livres turques :
Livres turques
Liste civile 882.550
Fondations pieuses 749.484
Armée 4.489.698
Gendarmerie 1.013.949
Marine 546.204
Artillerie 462.177
Grand vizirat, conseil d'Etat, intérieur 989. 322
Livres turques
Ministère des finances 668.011
— de la justice 461.441
Autres ministères l .707.269
Dette tributaire 750.059
Service de la Dette publique ottomane 2.661.991
Autres emprunts 1 . 201 . 839
Dette flottante 523. 523
Garanties d'intérêts des chemins de fer 868.894
Indemnité de guerre à la Russie 450.000
Productions et Commerce. — Les mines de la Turquie d'Europe ne sont pas exploitées. Les mines d'argent du mont Pangée {Pilaf Dagh) étaient célèbres dans l'antiquité. Quelques sources thermales sulfureuses sont uti-
La Turquie d'Europe est encore uniquement un pays agricole ; mais l'agriculture est loin d'y aroir pris tout le développement possible. Le gouvernement néglige les mesures les plus urgentes. Ainsi, nombre de cours d'eau, en particulier la Maritza, débordent chaque année, inondent les plaines et détruisent une partie notable des récoltes. Dans les plaines, on cultive en Thrace et en Macédoine les céréales (blé, avoine, orge, seigle), la vigne, les arbres fruitiers, le maïs ou blé de Turquie. La Macédoine produit du tabac. Salonique, en 1899, a expédié 1.249 tonnes de tabac en feuilles évaluées à près d'un million de fr. et Kavala 10.000 tonnes valant 30 millions de fr. La sériciculture est en progrès : en Macédoine, la production de cocons secs a été de 285.410 kilogr. en d897, 367.459 kilogr. en 1898 et 533.495 kilogr. en 1899; en Thrace (vilayet d'Andrinople), elle a été de 667.700 kilogr. en 1898 et de 906.800 kilogr. en 1899. Les filatures locales absorbent environ le tiers de la production. Le reste est presque entièrement expédié en France, quelque peu en Italie. L'administration de la Dette publique ottomane, qui tire un important revenu de l'élève des vers à soie, encourage activement cette industrie. Elle a substitué à la graine venue de France, la graine indigène provenant de Brousse ou de Bagdad. A signaler encore la culture du pavot à opium dont il a été exporté en 1899 pour plus de 4 millions 1/2 de fr., dont 3 millions 1/2 à destination de l'Angleterre. Les conditions économiques caractéristiques de la Thrnce et de la Macédoine : grande étendue des domaines, absence de routes, rareté de la main-d'œuvre, jointes à la pauvreté du pays, favorisent l'élevage au détriment de la culture. Suivant les saisons, les bergers albanais et valaques, vivant en vrais nomades, poussent leurs troupeaux vers la plaine ou la montagne. On consomme sur place un grand nombre d'agneaux ; beaucoup de moutons sont dirigés vers Constantinople et en Grèce. Les troupeaux de chèvres abondent dans la montagne. Le bœuf est employé, ainsi que le buffle, comme animal de trait et s'exporte en Grèce et en Crète. Ces troupeaux fournissent à l'exportation, outre de la laine, des peaux brutes pour 5.610.000 fr. et des peaux préparées pour 6 millions. Tout ce commerce est centralisé à Salonique. La totalité des peaux de chèvre (1.535.000 fr.) est exportée aux Etats-Unis, soit directement, soit par Marseille. Les peaux d'agneaux (900.000 fr.) sont expédiées en Allemagne et en Autriche-Hongrie. Cette dernière accapare les peaux de moutons (270.000 fr.). Les diverses fourrures (lièvres, renards, martres, loups, etc.) sont envoyées principalement en Allemagne.
Plus du tiers du commerce de la Turquie se fait à Constantinople ; les principales villes d'exportation sont après Salonique et Dedeagatch, dans la Turquie d'Asie les villes de Smyrne, Trébizonde, Messine, Alexandrette et Beyrouth.
L'industrie de la Turquie d'Europe se limite à quelques minoteries, filatures, savonneries, briqueteries, petites fonderies. La marine marchande ottomane se composait, en 1898, de 1.349 voiliers de 252.947 tonneaux et de 87 vapeurs de 46.498 tonneaux.
Les tableaux suivants établis par la Chambre de corn-
TURQUIE
merce française de Coiistantinople permettront d'apprécier avec quelque détail le mouvement commercial de l'Empire ottoman en l'an 1312 (13 mars 1896 au 12 mars 1897) :