TERRITOIRES UNIS PAR UN LIEN DE VASSALITÏ
Bulgarie et Roumélie orientale
Bosnie, Herzégovine et partie de Novî-Bazar
Crète
Samos
Egypte (1897)
Arabie (régions non directement soumises)
Total
Total général. ,
La Turquie d'Europe — possessions directes — comprend les vilayets de Kossovo (avec la partie E. du sandjak de Novi-Bazar), ch.-l. Prichtina (45.000 hab.), villes principales, Uskub (30.000 hab.) et Prisren (50 à 60.000 hab.); de Monastir, ch.-l. Monastir (50.000 hab.) ; de Scutari, ch.-l. Scutari d'Albanie (36.000 hab.), ville principale Durazzo; de Janina, ch.-l. Janina (30.000 hab.), villes principales, Argyrokastron et Prévésa; de Salonique, ch.-l. Salonique (450.000 hab.), villes prin-
TURQUIE
- Hié-
cipales, Sérès (30.000 hab.) et Cavalla ; d'Andrinople, ch.-l. Andrinople (70.880 hab.), villes principales, Rodosto (^23.000 hab.), Gallipoli, Dédéagatch et Kirkkilissé ; et une partie du vilayet de Constantinople avec la capitale de l'Empire dont la population est évaluée à
La Turquie d'Asie comprend les vilayets et mutessarifats suivants : Asie Mineure (503.608 kil. q., 1 9.238.900 hab.) : vil. de l'Archipel (7.408 kil. q., 325.900 hab.); mut. dTsmid (11.200 kil. q., 222.800 hab.); mut. de Bigha (6.800 kil. q., 129.400 hab.); vil. de Brousse (73.800 kil. q., 1.626.900 hab.); vil. de Smyrne, (54.000 kil. q., 1.396.500 hab.) ; vil. de Koniah (102.800 kil. q., i. 088.000 hab.); vil. d'Adana (37.200 kil. q., 403.400 hab.); vil. d'Angora (67.500 kil. q., 892.900 hab.): vil. de Castamonni (49.700 kil. q., 1.018.900 hab.); vil. de Sivas (62.800 kil. q., 1.086.500 hab.); vil. de Trébizonde (30.700 kil. q., 1.047.700 hab.). — Arménie (187.800 kil. q., 2.472.400 hab.) : vil. d'Erzeroum (51.000 kil. q., 597.000 hab.) ; vil. de Mamures-ul-Aziz (34.300 kil. q., 575.300 hab.); vil. de Biths (26.800 kil. q., 398.600 hab.); vil. de Diarbékir (35.500 kil. q., 471.500 hab.); vil. de Van (40.200 kil. q., 430.000 hab.). — Syrie et Mésopotamie (543.300 kil. q., 4.667.900 hab.) : vil. d'Alep, f8.600 kil. q., 995.800 hab.); vil. de Beyrouth (30.500 kil. q., 533.600 hab.); mut. du Liban (6.500 kil. q. , 399.500 hab.) ; mut. de Jérusalem (21.300 kil. q., 333.000 hab.); vil. de Syrie (61.700 kil. q., 955.700 hab.) ; mut. de Zor (85.100 kil. q., 100.000 hab.); vil. de Bagdad (141.200 kil. q., 850.000 hab.); vil. de Mossoul (75.700 kil. q., 300.300 hab.); vil. de Bassorah (42.700 kil. q., 200.000 hab.), — Arabie (450.000 kil. q., 1.050.000 hab.) : vil. de Nedjas (250.000 kil. q., 300.000 hab.) ; vil. de Yémen (200.Ô00 kil. q., 750.000 hab.). — La Turquie d'Afrique comprend la Tripolitaine : vil. de TripoH et mut. de Benghazi (1.033.400 kil. q., 1.000.000 d'hab.) et VEgypte (V. ce mot).— Les principales villes de la Turquie d'Asie sont Smyrne (200.000 hab.), Damas (154.000 hab.), Bagdad (145.000 hab.), Alep (127.149 hab.), Beyrouth (120.000 hab.), Brousse (76.303 hab.), Kaïssairé (72.000 hab.), Kerbela (65.000 hab.), Mossoul (61.000 hab.), Mekke (60.000 hab.), Hoffis (60.000 hab.), Ourfa (55.000 hab.), Marach (52.000 hab.), Adana(45.000 hab. ),Homa (45. 000 hab.), Koniah (44.000 hab.), Aïntab (43.150 hab.), Sivas (43.122 hab.), Jérusalem (41.335 hab.), Erzeroum (38.900 hab.), Bitlis (38.886 hab.), Aïdin (36.250 hab.), Magnésie (35.000 hab.), Trébizonde (35.000 hab.), Diarbékir (34.000 hab.). Van (30.000 hab.). Angora (29.000 hab.). La ville de Tripoli a 30.il 0 hab.
L'Empire ottoman est une monarchie absolue et théocra tique. Le sultan ou padichah prend aussi les titres religieux de khalife et de commandeur des croyants (Emir el-Mouminin), ce qui lui assure, outre une certaine action sur des groupes musulmans sans chef, la plénitude des pouvoirs temporels et religieux. Dans l'usage des premiers, il est assisté du grand vizir ou Sadr A%am, faisant fonction de premier ministre, et dans l'usage des seconds par le Cheikh ul-Islam. L'autorité de ce dernier dans les questions rehgieuses est autrement réelle que celle du grand vizir dans les affaires civiles. A côté du grand vizir et du cheikh ul-islam, constituant avec eux la Sublime Porte, des ministres se répartissent les divers services, comme dans les autres pays d'Europe. Cependant, l'absence complète de contrôle parlementaire et d'opinion publique a pour effet de rendre à peu près illusoire le pouvoir des ministres lorsque — et c'est le cas sous Abd-ul-Hamid II — le sultan veut exercer un con* trôle actif : tout ressortit au Palais qui supplante la Sublime Porte dans ses attributions. Le territoire est divisé en vilayets ou provinces gouvernées par des valis nommés par le sultan. Un vilayet se divise en sandjaks
administrés par des moutesarrifs nommés par le sultan. Quelques sandjaks, à cause de leur importance ou pour des raisons politiques (sandjaks du Liban, de Jérusalem, etc.), sont autonomes en ce qu'ils relèvent directement du pouvoir central. Les sandjaks se subdivisent en cazas gouvernés par des qaimaqams, et les cazas en nahiés ayant à leur tête des mudirs de qui relèvent les mokhtars ou maires.
A côté du personnel administratif est le personnel religieux, les ulémas, dans lequel se recrute le personnel judiciaire. Quand le futur uléma (dont le titre équivaut à celui de savant) quitte vers douze ans l'école élémentaire, il entre dans une madrasé (école) attenant à une mosquée, comme softa, pour apprendre la grammaire, la logique, la morale, la rhétorique, la philosophie, le droit et surtout la théologie, base universelle de l'enseignement. Le Coran et la Sunna ou tradition sont les principaux objets d'étude. Le jeune softa obtient du cheikh ul-islam son diplôme de moulaùm qui le place au premier degré des ulémas et lui permet d'être nommé cadi (juge). Pour atteindre le grade de mouderriSy il lui faut encore sept ans d'études. Le personnel spécialement attaché aux mosquées comprend les cheikhs (anciens), le khatib qui dit le vendredi, dans la grande mosquée, la prière en l'honneur du sultan, Vimam chargé du service ordinaire de la mosquée, le mouezzin qui appelle à la prière, enfin le qainiy veilleur et serviteur. Ces deux derniers ne sont pas des ulémas.
Armée et Flotte. — L'Empire ottoman est divisé en sept Ordou ou circonscriptions mihtaires, sans compter la division du Hidjaz en Arabie et la division de Tripolitaine. Le Nizam ou armée active compte 350.000 hommes; la territoriale ou Rédif\ 300.000 ; la réserve de la territoriale ou Moiisf a/i/h, 250.000 hommes. Au total, 900.000 dont 750.000 ont re(;u l'instruction militaire complète. L'infanterie est armée de Mauser de 7^'™, 65 et 9"^"», 5 à magasin ; l'artillerie, de canons Krupp. Tout musulman doit le service pendant trois ans, mais peut se racheter au bout de cinq mois contre paiement de 30 livres turques. Les chrétiens et les juifs ne font pas de service, mais payent une taxe. Il est difficile d'évaluer la flotte de guerre turque : il est question d'une réfection complète. Sur le papier, la marine de guerre pouvait disposer, en 1898, de 41.000 hommes et de 42 bâtiments d'un tonnage total de 66.947 tonneaux.
V. Géographie économique. — Finances. — La dette turque au 30 juin 1898 s'élevait à 128.350.917 livres sterling, non compris l'indemnité de guerre due à la Russie et les emprunts gagés sur le tribut d'Egypte :
Livres sterling
Séries A, B, C, D 78.303.9i2
Emprunts divers 28.304.0 0
Bons à lots 13.04.5.084
Emprunt douanes 5 "/« 1^86 4.892.471
Tombac 4 «/o 1894 859 600
Emprunt 5 Vo 1896 2.945.200
Total 128.350.317
L'emprunt de 1855, celui de 1891 et le 3 1/2''/o de 1894 sont garantis par le tribut égyptien que le gouvernement khédivial verse directement à la Banque d'Angleterre et à la maison Rothschild. L'emprunt 5 **/o 1886 est garanti par les douanes, le 4 7o '1894 par les droits sur le tombac. Les autres dettes ont pour garantie les impôts sur les liqueurs, le sel et la soie, les revenus des pêcheries, du timbre, de la régie des tabacs, les droits sur le tombac (tabac persan), le tribut de Chypre et de la Roumélie orientale. L'administration de ces dettes et tous les services qui en dépendent sont confiés au conseil international de la Dette publique ottomane, dont la présidence est tour à tour dévolue à un Français et à un Anglais. Cette administration a été créée, conformément à une des clauses du traité de Berlin, lors du compromis de 1881 et de la conversion des emprunts antérieurs en quatre séries : A, B, C, D, en Priorités et en Lots turcs. Elle devait affecter au service des nouveaux
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TURQUIE
titres 80 % de ses revenus et 20 "jo à ramortissement par série. Voici la liste des emprunts turcs jusqu'à cette date :