TWEED — TYLER
de nouveau en justice en 1873, il fut acquitté par le jury ; à la fin de la même année, il se faisait condamner à douze ans de détention. Relâché en 1875, puis condamné de nouveau, il s'évada et passa en Espagne d'où il fut extradé en 1876. Il mourut en prison.
TWEEDNIOUTH (Edward Marjoribanks, lord), homme politique anglais, né à Londres le 8 juil. 1849. Inscrit au barreau de Londres en 1874, il fut élu membre de la Chambre des communes en 1880 par le comté de Berwick. Libéral, il devint, en 1886, contrôleur de la maison de la reine et entra au Conseil privé. Réélu en 1886 et 1892, il entra à la Chambre des lords en 1894. La même année, il devenait lord du sceau privé, puis chancelier du duché de Lancastre, fonctions qu'il exerça jusqu'en 1895. Ami intime de feu Gladstone et de lord Rosebery, lord Tweedmouth exerce une grande influence politique.
TWICKENHAM. Ville d'Angleterre, comté de Middlesex, faubourg occidental de Londres, sur la r. g. de la Tamise, en face de Richmond-park ; 16.026 hab. en 1891. On y voit de belles maisons de campagne, jadis séjour préféré de Bacon, Pope, Fielding, Walpole, etc.
TYANA. Ville antique de la Cappadoce, dont les ruines se voient au S.-O. deNigdé, vers Kilissé-hissar ; elle gardait l'entrée des Portes de Cilicie. Ce fut un évêché chrétien et la patrie du fameux Apollonius de Tyane (V. ce nom).
TYARD (PoNTus de), né au château de Bissy-sur-Fley en Maçonnais en 1521, mort en son château de Bragny le 23 sept. 1605. Il était fils de Jean de Tyard, lieutenant général au bailliage de Mâcon. Il fit ou termina ses études à Paris. Il publia à Lyon, chez Jean de Tournes, ses Erreurs amoureuses (l'^® partie, 1549; 2® partie, 1551; 3® partie, 1555). C'est un recueil de sonnets mêlés de chansons, épigrammes, rimes tierces et sextines, qu'il adressa à une dame nommée par lui Pasithée : on ne sait qui c'est, ni si elle a réellement existé. Pontus a essayé plus tard de s'attribuer la priorité sur du Bellay, qui avait donné quelques mois plus tôt son Olive, le premier grand recueil de sonnets d'amour qu'on ait publié en France. Ronsard (élégie à La Péruse) a, dans ses éditions diverses, donné successivement tort et raison à cette prétention de Tyard, réellement peu fondée. Grand ami de Maurice Scève et admirateur de sa Délie, Pontus de Tyard fuit l'expression facile et vulgaire, et donne souvent à son platonisme éthéré une expression amphigourique, proche du galimatias. Il ne fut pas sans influence sur la Pléiade, et du Bellay l'imita dans ses XUl sonnets de Vhonneste amour, publiés en 1552. Tyard fit encore imprimer : une traduction des fameux dialogues sur ramour du médecin italien Léon, juif converti, Léon Hébreu, comme on l'appelle alors (1551) ; deux dialogues, Solitaire premier, Solitaire second (1552), l'un « sur les Muses et la fureur poétique », l'autre sur la Musique ; des Vers lyriques, dans l'édition de 1555 des Erreurs amoureuses : la plupart des pièces avaient déjà paru ailleurs; ainsi le Chant en faveur de quelques excellents poètes de ce temps, où il donne place à Scève, Heroet, Salel, Marot et quelques autres avant de réunir Ronsard et du Bellay dans la même strophe, avait été imprimé en 1551 ; un Recueil des nouvelles œuvres poétiques [Ams l'édition complète de ses OEuvres qui parut à Paris chez Galiot du Pré en 1573), contenant des sonnets d'amour adressés, dit-on, à la comtesse de Retz. Vers 1555, il avait composé Douze fables de fleuves et fontaines, sujets erotiques destinés à inspirer les décorateurs du château d'Anet : ce recueil fut pubhé par Tabourot en 1585. Cependant Tyard se retirait peu à peu de la poésie et de la galanterie. Il était d'Eglise, chanoine de la cathédrale de Mâcon, protonotaire apostolique, aumônier ordinaire du roi Henri lïl, enfin évoque de Chalon-sur- Saône. 11 était tout dévoué à Henri IIl, qui l'employa à diverses affaires, notamment à réfuter les prétentions
SftANDE ENCYCLOPÉDIE. — XXXI.
généalogiques des princes lorrains qui se disaient issus de Charlemagne. Ce zèle pour la cause du roi, qui parut aux Etats de Blois de 1588, le fit maltraiter par la Ligue; il fut chassé de sa ville épiscopale, et son château de Bissy pillé; un jésuite le dénonça comme hérétique et factieux. Se sentant vieillir, il résigna son évêché à son neveu Cyrus qui fut sacré le 24 fév. 1594. Pontus acheva sa vie dans une tranquillité voluptueuse à son château de Bragny. « Il était très gros, dit de Thou ; il mangeait beaucoup et recherchait les meilleurs vins, tels que ceux qu'on recueille sur les bords de la Saône. » Dans la seconde partie de sa carrière, il s'occupa surtout de science, de philosophie et de théologie. L'Univers ou discours des parties et de la nature du monde (Lyon, 1557); Mantice, ou discours de la vérité de Divination par l'Astrologie (Lyon, 1558). Ces deux ouvrages avec les Deux Solitaires et un Discours du temps, de Van et de ses parties (Lyon, 1556) formèrent le recueil intitulé les Discours philosophiques de Pontus de Tî/art^ (Paris, 1587). Vinrent ensuite : Ephemerides octavœ spherœ (1562); de Cœlestibus asterismis Poematium, dédié à Ronsard (1573) ; Homélies ou Discours sur V oraison dominicale (i^S^) ; Homélies ou Contemplation sur la passion de notre Sauveur Jésus-Christ (1586); De recta nominum impositione {Lyon, 1603), traité fait à l'occasion de ses études sur Philon le juif et où il étale son érudition hébraïque.
Une édition des OEuvres poétiques de Pontus de Tyard a été donnée par Marty-Laveaux en 1875, dans la collection de la Pléiade française. G. Lânson. BiBL. : De Thou, Histoire universelle.— Galliachristiana, t IV, pp. 941 et suiv. — NicÉRON,t. XXL— Abel Jeandet Pontus de Tyard; Paris, 1860. — Henri Chamard, Joachim DU Bellay, pp. 170-172 et 191-194 ; Lille, 1900.
TYBURN. Ancien village anglais situé à l'O. de la cité de Londres ; il a été absorbé par la ville et répond à l'extrémité 0. d'Oxford-street (V. Londres) ; sa célébrité vient de ce que ce fut jusqu'en 1783 le lieu des exécutions ; le quartier sis au N. de Hyde-park fut jusque vers 1850 appelé Tyburnia.
TYCHE (Myth. gr.) (V. Fortune).
TYCHIQUE. Personnage des premiers temps du christianisme, qui accompagna l'apôtre Paul au cours de ses pérégrinations missionnaires. La légende le désigne comme évêque de Chalcédoine en Bithynie.
TYCHO Brahe, astronome danois (V. Brahe).
TYCHSEN (Olaus-Gerhard), orientaliste danois, né à Tondern (Sleswig) en 1734, mort à Rostock le 30 déc. 1815. n professa de 1760 à 1789 à Téphémère Université de Butzow ; ses Butzowische Nebenstunden (Wismar, 1766-69, 6 vol.) renferment d'abondants détails sur l'histoire des juifs ; il a aussi publié un manuel de langue arabe (1792), commenté Makrizi, traduit le Physiologus Syrus (1795), étudié les inscriptions cunéiformes de Persépolis (1798), etc.
TYDÉE (TuBco;), fils d'Oinée et de Peribora, héros de la légende grecque, surtout connu comme le père de Diomède et l'un des sept chefs qui, avec Polynice, marchèrent contre Thèbes. Il avait obtenu en mariage Deïpyléla, fille d'Adraste, roi d'Argos, auprès duquel il avait trouvé l'hospitalité à la suite du meurtre involontaire de son oncle à Calydon, sa patrie. Sous les murs de Thèbes, il fut blessé par Melanippus qu'il tua et dont il dévora la cervelle après lui avoir fendu le crâne ; Athéna, qui songeait à le rendre immortel, se détourna de lui épouvantée, et il mourut de sa blessure.
TYENG-Tjong, roi coréen (V. Ri).
TYLER (John), dixième président des Etats-Unis (1841-45), né à Charles-city (Virginie) le 29 mars 1790, mort à Richmond le 18 janv. 1862. Gouverneur, puis sénateur de Virginie (1827-30), il fut en 1840 élu viceprésident des Etats-Unis sur la liste des whigs ; la mort subite du président Harrison (4 avr. 1841), un mois après
TYLER — TYMPE
son installation, fit de Tyler le président de la République. Il opposa son veto à la création d'une Banque nationale des Etats-Unis votée par son parti au congrès (4841), puis au projet de tarif, et se brouilla complètement avec les whigs. En revanche, il signa le traité Ashburton (4842) qui étendait jusqu'au Pacifique le territoire fédéral, et en janv. 4845 fit voter l'annexion du Texas (V. Etats-Unis, § Histoire). En 4864, il fit partie de la députation virginienne dite « de la paix » qui tenta de prévenir la guerre de sécession; après son échec, il siégea au Sénat des confédérés sudistes.
BiBL. : L.-G. Tyler, The letters andtimes of the Tylers; Richmond, 1884-85, 2 vol.
TYLOR (Edward Burnett), anthropologis te anglais, né à Camberwell le 2 oct. 4832. Il fit ses études à Tottenham, et ses remarquables travaux sur l'origine de Fhomme et de la civilisation lui valurent d'être nommé, en 4874, membre de la Société royale de Londres. Il devint, en 4883, directeur du Muséum de l'Université d'Oxford et fut chargé en même temps de faire des conférences. Tylor préside la Société anthropologique anglaise. Ouvrages principaux : Anahuac or Mexico and the Mexicans (Londres, 4864) ; Researches into the history of Mankind (Londres, 4865 ; 3^ édit., 4878) ; Primitive culture; researches into the development of mythology, philosophy, religion... (Londres, 4874, 2 vol. ; 2® édit., 4873; trad. fr., 4876-78, 2 vol. in-8); Anthropology, or introduction to the study ofman. . . (Londres, 4881 ).
TYL08 est le nom antique de la grande île du groupe des îles Bahreïn (V. ce mot), nommée aussi Semak par les Syriens. Le nom assyrien est Tiluan, et elle est désignée comme « le pays du cotonnier », Nitukki. Théophraste, dans les Causes des plantes ^ reproduit plus tard par Pline, rend compte des produits de cette île où fleurit l'arbre à la laine. Strabon la nomme Tyrus, et fait venir de là et de l'île voisine Aradus les deux villes phéniciennes du même nom. Hérodote témoigne aussi de l'origine érythréenne de la civilisation phénicienne. Le fait est que c'est de Tylos qu'est venue en Mésopotamie la civilisation sémitique. Cette appellation s'est perpétuée dans le récit des quatre monstres marins qui auraient apporté aux populations primitives le culte des dieux et la connaissance des sciences. Ce mythe retrace l'origine arabe de la civilisation de Babylone, dont la plupart des dieux étaient adorés' à Tylos et en avaient conservé les appellations primitives. L'île de Tylos, située au 26^ de lat., est probablement l'endroit où l'étoile de Sirius était visible en l'an 4542 av. J.-C, quand l'étoile du Chien avait une déclinaison australe de 63*^, et où, le jeudi 29 avr. julien, le 30 janv. grégorien, on aperçut à la fois l'étoile de Sirius pendant une éclipse solaire, lequel phénomène a pu donner Heu aux cycles sothiaques et lunaires des époques postérieures, qui tous les deux remontent à la date indiquée.
TYLOSIS (Dermat.) (V. Cor).
TYM. Rivière de Sibérie, affl. dr. de l'Obi, longue de 500 kil. dans un bassin de 58.500 kil. q.; elle traverse les forêts et marais du N. du gouvernement de Tomsk. — Un fleuve du même nom parcourt 400 kil. dans l'île de SakhaUn ; son embouchure dans la mer d'Okhotsk forme un bon mouillage.
TYMPAN. I. Anatomie, Physiologie et Paiiiologie (V. Corde et Oreille).
IL Architecture. ~ Partie de fronton (V. ce mot) encadrée par trois corniches, celle horizontale et les deux rampantes, dans les frontons triangulaires, et par deux corniches seulement, celle horizontale et celle circulaire, dans les frontons circulaires. Le tympan reste nu ou est orné de motifs d'architecture, de sculpture, de peinture et de mosaïque; il peut être aussi percé d'une baie, généralement de forme circulaire, un oculus ou un œil (V. ce dernier mot Qt Architecture, t. XXV, p. 269), œil recevant parfois un cadran d'horloge. On appelle, par analogie, tympan de porte ou de fenêtre, l'espace compris
entre l'intrados de l'arc qui couronne une porte ou une fenêtre et la corniche ou le linteau qui supporte les naissances de cet arc : c'est ainsi que, dans une ordonnance d'architecture composée de portes et de fenêtres formées par des arcades, on voit fréquemment un tympan souvent ajouré dans les arcades aménagées en portes ou en passages. Cette sorte de tympan est, surtout dans les divers styles d'architecture du moyen âge, décorée de bas-reliefs disposés par zones (V. France, § Beaux- Arts, t. XVII, p. 404, ^g,,une des portes de la cathédrale de Paris), et ces bas-reliefs étaient quelquefois recouverts de peinture, comme autrefois au tympan de la porte rouge delà cathédrale Notre-Dame de Paris, lequel représente la glorification de Marie dans le ciel avec, aux côtés du Christ et de sa Mère, saint Louis et la reine Marguerite de Provence. On appelle encore tympan la surface plane ou ajourée formant un triangle ou mieux un rectangle curviligne compris entre l'extrados d'un arc circulaire ou ogival et les deux lignes rampantes surmontant cet arc. Les tympans ont, à toutes les époques, fourni un champ des plus féconds à la décoration, surtout dans les édifices du moyen âge consacrés au culte, et la Grande Encyclopédie a donné, en nombre de figures illustrant des articles d'architecture ou de géographie locales, de fréquents exemples de tympans sculptés (V. entre autres, t. III, Architecture, p. 729, tig. 5, un portail ogival, le portail de la cathédrale d* Amiens, p. 733, fig. 4, un portail Renaissance, le portail de V église de Gisors, et, p. 736, fig., une façade de style Louis XVI, la façade du Gardemeuble, place de la Concorde, à Paris. Ch, L.
III. Hydraulique. — La roue à tympan des anciens, telle que l'a décrite Vitruve, était formée d'un tambour à axe horizontal, divisé en compartiments par des cloisons radiales et présentant sur son pourtour des orifices correspondant à ces compartiments. Quand on faisait tourner cet appareil, en partie immergé dans une nappe d'eau, le liquide entrait par les orifices, se trouvait emprisonné dans les compartiments, et n'en ressortait qu'après avoir été élevé au niveau de l'axe où il trouvait des orifices de dégagement. On avait ainsi le moyen d'élever l'eau depuis le niveau de la nappe jusqu'à la hauteur de l'axe ; mais le fonctionnement donnait lieu à des chocs préjudiciables à l'effet utile. Lafaye a perfectionné l'appareil en supprimant l'enveloppe cylindrique du tambour et donnant aux cloisons la forme de développantes tracées en prenant comme cercle de base la section droite de l'arbre central. Les cloisons, à mesure qu'elles quittent la nappe d'eau, après y avoir plongé, écopent à tour de rôle un certain volume qu'elles conduisent ensuite vers l'axe, où a lieu le déversement. Si l'on suppose tout d'abord que chaque cloison n'emporte qu'une molécule liquide, on voit sans peine que celle-ci s'élève verticalement d'un mouvement uniforme : le travail que doit fournir le moteur est donc constant dans l'unité de temps, ce qui est une condition de fonctionnement évidemment avantageuse. Mais, au moment où la molécule quitte la cloison, elle possède une force vive qui représente une perte de travail utile. En réalité, chaque compartiment renferme une masse de dimensions finies ; on admet, à titre d'approximation, que le centre de gravité de cette masse possède encore un mouvement vertical uniforme. L. Lecornu.
TYIVlPANISMEJYIVIPANITE(Pathol.)(V.MÉTÉORisME).
TYMPANON ou TYMPANUM (Mus.) (V. Clavecin).
TYMPE (Techn.). Pièce de fonte qui, dans la partie inférieure d'un haut fourneau, soutient et protège à Pendroit^où s'échappe la flamme le recouvrement ménagé sur la partie du creuset qui s'avance hors du fourneau et que l'on nomme la fausse tympe (V. Haut fourneau). Sujette à une rapide détérioration à cause de son exposition à la chaleur, on consolide la tympe en la protégeant à l'intérieur par des briques réfractaires et en garnissant son arête extérieure d'une bâche en fer forgé où circule un courant d'eau froide et sur laquelle l'ouvrier appuie le ringard.
TYNDALE - TYPHA
TYNDALE (William), un des premiers réformateurs anglais, né en 1477 (?), mort en 1536. lî étudia à Oxford et à Cambridge et prêcha la réforme à Londres ; forcé de quitter l'Angleterre en 1524, il se réfugia d'abord aux Pays-Bas, puis en Saxe où il connut Luther. Revenu à Anvers où il s'établit, il fut réclamé par le gouvernement anglais, arrêté, ramené en Angleterre, et brûlé vif, comme hérétique, en 1536. — Dès 1526, il avait fait imprimer une traduction anglaise du Nouveau Testament qui se répandit à un grand nombre d'exemplaires et servit de modèle pour la traduction usitée depuis ; il est ainsi, « après Wicleff, le plus ancien des interprètes de la Bible en Angleterre». Ses œuvres ont été réunies et ont paru à Oxford en 1848-50
(3 vol.). C.SCHMIDT.
BiBL. : William Tyndale, a biography ; Londres, 1886.
TYNDALL (John), physicien anglais, né à Leighlin Bridge, près de Carlo w (Irlande), le M août 1820, mort à Hind Head, près de Haslemere (comté de Surrey), le 4 déc. 1893. Il fut d'abord, à sa sortie du collège, employé au cadastre (1839-43), puis ingénieur d'une compagnie de chemins de fer de Manchester (1843-47), professeur-adjoint au Queenwood Collège de Hampshire (1847-48), et, après un séjour de cinq années en Allemagne, où il fréquenta les universités de Marbourg et de Berlin, devint, en 1853, professeur de physique à l'Institut royal de Londres. Il prit sa retraite en 1887 et passa dès lors une grande partie de son existence dans un chalet qu'il s'était fait construire sur le glacier d'Aletoch, en Suisse, à 2.500 m. d'alt. Il était depuis 1852 membre de la Société royale de Londres. Il faisait partie de l'X Club, société intime de neuf membres où chaque science était représentée. Expérimentateur heureux et sagace, Tyndall, qui a joui, sa vie durant, d'une célébrité universelle, a été, en réalité, un conférencier scientifique d'un extraordinaire talent, un admirable vulgarisateur, bien plus qu'ua savant véritable. On lui doit cependant de très intéressantes recherches et quelques découvertes personnelles, d'abord sur le diamagnétisme, dont il avait entrepris l'étude dès 1849, alors qu'il était étudiant à Marbourg et qu'il est parvenu, le premier, à expliquer de façon plausible, puis sur les propriétés électro-optiques des cristaux, enfin sur la formation et le mouvement des glaciers dont il a donné une théorie assez originale. Quant à ses travaux bactériologiques, qu'on a cités avec admiration, ils ne sont que la confirmation des idées de Pasteur et de Lister. Son principal ouvrage a pour titre : Head, a mode of motion (Londres, 1863 ; 7® éd., 1887 ; trad. fr. par Moigno, 2^ éd., Paris, 1874). Il y expose, avec une remarquable clarté et d'ingénieuses démonstrations, qui lui sont propres, la théorie mécanique de la chaleur, alors toute nouvelle. Parmi ses autres publications, il faut mentionner : The Glaciers of theAlps (Londres, 1860 ; dern. éd., 1896) ; The Sound (Londres, 1867 ; 7^ éd., 1896 ; trad. fr. par Moigno, 1896) ; The Light (Londres, 1869 ; nomhr. édit. ; trad. fr. par Moigno, 1872 et 1875) ; Lectures on electricity (Londres, 1871 ; trad. fr. par Fr. Michel, 1878). Il a fait paraître, d'autre part, dans les Philosophical Transactions et dans le Philosophical Magazine, un nombre considérable de mémoires de physique et de géologie. Les principaux ont été réunis en volumes sous les titres Fragments on science (Londres, 1871 ; 6® éd., 1879) et Neiv fragments (Londres, 1893). On y trouve aussi le discours qu'il prononça à Belfast, en 1874, au Congrès de laBritish Association, dont il était président. C'est une histoire critique du matérialisme à travers les âges, et son auteur s'y révèle un philosophe hardi et matérialiste convaincu. . R. S.
TYNDARE, roi légendaire de Sparte (V. ce mot), fils de Périércs et de Gorgophone ou d'OEbalos et de la nymphe Bateia ; chassé par son frère Hippokaon, il se réfugia en Etoile auprès de Thestios, dont il épousa la fille Léda (V. ce nom). Hôraklès ayant exterminé Hippokaon
et ses fils, Tyndare devint roi de Sparte. Ses fils furent les Dioscures Castor et Pollux, et la belle Hélène (V. ces noms) ; son gendre Ménélas lui succéda.
TYNDARIS. Ancienne ville de Sicile, située sur la côte N. de l'île, à l'E. de l'embouchure du Patti, à l'O. de Mylse. Elle fut fondée en 395 av. J.-C. par des colons d'origine messénienne, auxquels Denys l'Ancien, tyran de Syracuse, accorda sa protection. Pourvue d'un bon port, Tyndaris occupait une position stratégique importante sur la mer Tyrrhénienne. Elle fut occupée par les Carthaginois et prise par les Romains pendant la première guerre punique. Sous la domination de Rome, elle jouit d'une grande prospérité. Elle reçut peut-être sous Auguste une colonie romaine. L'emplacement de Tyndaris est aujourd'hui désert. On y distingue encore les remparts de Tantique cité, deux portes, un théâtre et quelques tombeaux. BiBL. : ScAFFiDi, Tyndaris; Palerme, 1895.
TYNE. Fleuve d'Angleterre (V. Grande-Bretagne).
TYNEIVIGUTH. Ville d'Angleterre, comté deNorthumberland, au N. de l'embouchure de la Tyne, dans la mer du Nord. Elle est contiguë à la ville de North- Shields, située en amont et englobée dans le comté municipal de Tynemouth ; 46.267 hab. en 1895. C'est un des avant-ports de Newcastle, grand port d'exportation de charbons et station de bains de mer fréquentée. On voit dans le château les ruines du monastère fondé en 623 en l'honneur de saint Oswyn.
TYPE. I. Histoire naturelle. — Lelype s'entend de ce qui est conçu comme représentant les caractères les plus généraux d'un groupe d'êtres, et à cet égard devient en zoologie synonyme d'embranchement, et désigne en botanique les grandes divisions, telles que Dicotylédones, Mono cotylédon es, Gymnospermes, Cryptogames, etc. Ce mot sert encore à désigner dans un groupe d'êtres plus restreint, famiUe, genre, etc., la forme dite typique. D^ L. Hn.
IL Chmie. — La théorie des types a été introduite dans la science par Dumas et développé par Williamson et par Gerhardt. Elle a consisté essentiellement à rapprocher les uns des autres, à ranger dans la même catégorie, ou plutôt à faire dériver du même « type », des corps différents par la nature de leurs éléments, mais semblables par le mode de groupement de ces éléments. Un exemple remarquable est le type ammoniaque. Les équivalents d'hydrogène de l'ammoniaque peuvent ètra remplacés par des radicaux alcooliques , méthyle , éthyle , etc. ; les corps résultant de cette substitution sont des ammoniaques composées, qui possèdent des propriétés tout à fait semblables à ceHes de l'ammoniaque ordinaire. Il y avait, de même, le type hydrogène, qui comprenait tous les métaux, le type acide chlorhydrique, qui comprenait les chlorures, bromures et iodures, etc. La théorie des types a rendu de grands services, en permettant de comparer des corps très différents et de découvrir entre eux des analogies et des liens de parenté. Elle a été remplacée par la notion de valence, qui est à la base des théories actuelles.