TUYAU
tuyaux de chaleur, de fumée, de ventilation, d'air, d'eau, d'adduction, de décharge, d'éviction, de chute, d'orgue, etc.; ou encore de leur situation : tuyaux isolé, adossé, encastré, etc. ; mais, dans la construction, ce sont les tuyaux servant aux conduites de fumée, de chaleur, d'eau, de gaz et d'acoustique qui, tenant le plus déplace, ont donné lieu au plus grand nombre de fabrications spéciales et aussi surtout, pour les tuyaux de fumée, ont donné lieu à une législation spéciale. Ch. Lucas.
II. Physique. — Ecoulement des gaz et des liquides dans les tuyaux (V. Ecoulement).
Tuyaux sonores — Les vibrations des tuyaux sonores sont utilisées dans un grand nombre d'instruments de musique, non seulement dans les orgues, mais aussi dans les flûtes, les trompettes, les cors, etc. Un tuyau sonore se compose essentiellement de trois parties : une embouchure, une partie vibrante et le tuyau proprement dit ; l'embouchure amène le vent d'une soufflerie sur la partie vibrante, sur V anche; celle-ci est une petite languette qui, par ses vibrations, intercepte plus ou moins l'arrivée de l'air dans le tuyau, de façon à la rendre discontinue, périodique. Tout l'air du tuyau vibre, et c'est à ses vibrations qu'est due la note que nous percevons ; la section du tuyau et la nature de ses parois ont une influence à peu près nulle sur la hauteur de la note ; c'est seulement le timbre qui est modifié à la fois par la nature, les parois et par les détails de construction de l'anche ; cela permet dans les orgues d'avoir plusieurs jeux y c.-à-d. plusieurs sons de même hauteur et d'expressions différentes : tels sont les jeux de flûte, de bourdon, etc. Au contraire, la nature du gaz envoyé dans les tuyaux a une influence considérable ; pratiquement, c'est toujours de Pair qu'on envoie dans les tuyaux sonores, sauf dans certaines expériences faites uniquement en vue de déterminer la vitesse du son dans les gaz ; on peut, en effet, en prenant le rapport des nombres de vibrations par seconde des deux notes fournies par un môme tuyau quand on l'ahmente successivement d'air et d'un gaz quelconque, connaître le rapport des vitesses du son dans ce gaz et dans l'air, et par suite cette vitesse même puisque la vitesse du son dans l'air est connue.
Quand on fait arriver peu à peu de l'air dans un tuyau sonore, on constate qu'il commence à résonner dès que l'on fait arriver une quantité d'air suflîsante : la note qu'il rend ainsi est dite note fondamentale de ce tuyau ; si on augmente peu à peu la vitesse d'arrivée de l'air, la note se maintient pendant quelque temps à la même hauteur, puis tout d'un coup, pour une plus grande arrivée d'air, on obtient une note plus élevée; on pourra ensuite produire de nouvelles notes, de plus en plus élevées, en augmentant de plus en plus la vitesse de l'air ; on constate que ces diverses notes sont des harmoniques du son fondamental ; ces harmoniques sont différents suivant que le tuyau est ouvert ou fermé à l'extrémité opposée à l'anche. Lorsque le tuyau est fermé, les divers harmoniques correspondent à des nombres de vibrations qui sont entre eux comme la suite des nombres impairs 4, 3, 5, 7, etc. Ainsi la note fondamentale étant iit^ par exemple, le premier harmonique sera S0I2 (trois fois plus de vibrations que iit^), le deuxième sera mi^ (cinq fois plus de vibrations que ut^), etc. Au contraire, lorsque le tuyau est ouvert, le nombre de vibrations des harmoniques sont entre eux comme la série des nombres entiers 4, 2, 3, 4, etc. De sorte qu'un tuyau ouvert, donnant comme note fondamentale uti, aura comme harmoniques wig, S0I2, ut^, etc. Voyons maintenant comment varient les notes produites avec la hauteur des tuyaux sonores ; on peut résumer ces variations par l'énoncé des deux lois suivantes : 4° les nombres de vibrations des deux sons fondamentaux de deux tuyaux sont inversement proportionnels à leurs longueurs ; le son fondamental d'un tuyau ouvert est l'octave aigu d'un tuyau fermé de même longueur, ou, ce qui revient ou même, un tuyau ouvert donne la même note
fondamentale qu'un tuyau fermé de longueur moitié. Le son le plus grave que l'on puisse percevoir est de 32 vibrations par seconde ; il correspond à un tuyau d'environ 44 m. de long (tuyau de 32 pieds).
^ On a étudié de plusieurs façons l'état de vibration de l'air à l'intérieur des tuyaux sonores : si l'on promène à l'intérieur une petite membrane tendue sur un anneau et supporté] par un fil et si l'on a eu soin de mettre des grains de sable sur cette membrane, on les voit, tantôt rester en repos, tantôt sautiller selon l'endroit considéré; là où l'air est en repos, on dit qu'il y a un nœud, et qu'il y a un ventre là oii le mouvement est maximum. Dans les tuyaux ouverts, l'ouverture est toujours un ventre et dans les tuyaux fermés l'extrémité fermée correspond, au contraire, à un nœud. Quand un tuyau ouvert rend le son fondamental, il y a 4 ventre à l'anche, 1 nœud au milieu du tuyau et 4 ventre à l'extrémité ouverte ; quand ce même tuyau rend successivement les harmoniques 2, 3, 4, etc., il y a respectivement 3 ventres et 2 nœuds, ou 5 ventres et 4 nœ.uds, etc., les ventres et les nœuds étant également espacés. Quand un tuyau fermé rend le son fondamental, il y a 4 ventre à l'anche et 4 nœud à l'extrémité fermée; quand ce tuyau rend les harmoniques 3, 5, 7, etc., entre le ventre et le nœud précédents viennent s'intercaler, à égales distances, 4 nœud et 4 ventre, ou 4 nœud, 4 ventre, 4 nœud, 4 ventre, etc. On peut rechercher facilement la position des nœuds et des ventres à l'aide des capsules manométriques (V. Capsule). Au lieu d'étudier les mouvements de l'air à l'intérieur des tuyaux sonores, on peut y étudier la pression de Fair ; on constate qu'elle est variable aux nœuds, tantôt supérieure et tantôt inférieure à la pression atmosphérique, tandis qu'au contraire elle est constante aux ventres; il en résulte que si, à l'endroit d'un ventre, on fait une ouverture dans le tuyau sonore, l'air ne s'échappe pas par là et la note n'est pas modifiée; si, au contraire, on perce un trou autre part, la note change aussitôt et devient telle qu'à l'endroit où l'on a fait le trou il y a un ventre. Cette propriété a des conséquences très importantes; ^n effet, avant cette remarque, nous ne pouvions faire varier la hauteur de la note rendue par un tuyau sonore qu'en changeant sa longueur, en modifiant la vitesse du vent ou en fermant son extrémité supérieure. Certains instruments n'utilisent que ces variations. D'autres au contraire portent une série de trous percés à l'avance en des points convenablement choisis, ces trous sont bouchés avec les doigts ou avec des clefs manœuvrées par les doigts. Chaque fois que l'on débouche un de ces orifices, l'instrument se comporte comme un tuyau sonore de longueur correspondante à la position de ce trou ; on a donc à sa disposition un moyen beaucoup plus simple de faire varier cette longueur que dans les instruments à couhsse. A. Joannis.
ïiî. Technologie. — Tuyaux acoustiques. — Lorsque la parole se transmet à l'air libre, les vibrations des couches d'air se trouvent diversement affectées et elle se perd rapidement. Il n'en est plus de même si l'air est enfermé dans un tube : Biot a constaté que, dans un tuyau de conduite des eaux, l'intensité du son se perd si peu qu'à 950 m. on peut entretenir une conversation à voix basse. Les speaking tubes ou tuyaux acoustiques utilisent cette propriété, lis sont constitués par un tube en caoutchouc, protégé extérieurement au moyen d'une enveloppe en laine ou en coton tressé et muni à ses deux extrémités d'une embouchure avec sifflet. Le sifflet, qui demeure au repos, emmanché dans l'embouchure, sert d'avertisseur. Pour parler ou écouter, on l'enlève. La voix se transmet d'autant plus loin dans les tuyaux acousticjues que leur diamètre est plus grand. D'autre part, Violle et Vautier ont remarqué que les sons graves se propagent plus loin que les sons aigus, mais avec une vitesse moindre. En outre, les ondes sonores émises se déforment en se propageant et perdent, avant de s'éteindre, leur caractère musical
TUYE-QUAN — TWEED
TUYEN-QUAN. Ville duTonkin, sur la rive droite de la rivière Claire, au milieu des montagnes, à 158 kil. d'Hanoï; elle est le chef-lieu du 3^ territoire militaire qui, en 4899, comprenait trois cercles : Tuyen-Quan, Vinh- Thuy et Ha-(riang. La citadelle du Tuyen-Quan, simple mur de clôtuie, était un carré de 300 m. de côté, parallèle à la rivière Claire; on Ta démoli et remplacé par une grille, en 1897, pour assainir le quartier. Deux villages distincts se trouvent à Tuyen-Quan: Tun, habité par les Annamites, en aval, s'appelle Tam-Ky; l'autre, beaucoup plus important, en amont, où dominent les Chinois, porte le nom de Xau-Xoa : la citadelle les sépare. Depuis l'expédition française du Tonkin, Tuyen-Quan, presque entièrement détruit, a vu de jour en jour diminuer sa population ; à la -fin de 1899, on y comptait 20 Européens, 300 Chinois, 1.500 Annamites et quelques Japonais ; l'exploitation des bois y est cependant bonne, et les cultures de mais et les rizières très prospères : les Européens y plantent des caféiers et sèment le jute.
Après, la victoire de Lang-son, c'est à Tuyen-Quan que se porta en toute hâte le général Brière de l'Isle, afin de secourir la petite garnison de 600 hommes qui, sous les ordres de l'héroïque commandant Dominé (V. ce nom) tenait tête depuis trois mois à plus de 15.000 Chinois ; le tiers de la garnison, à bout de forces, fut mis hors de combat, mais la brigade de secours, après plusieurs luttes extrêmement meurtrières, parvint à refouler les Pavillons-Noirs de Luh-Vinh-Phuoc et à dégager la ville. C'est en défendant la citadelle que le vaillant sergent Bobillot (V. ce nom), l'un des héros les plus populaires de la guerre du Tonkin, fut mortellement blessé, à la tête de huit soldats du génie qu'il commandait. A. Thomas.
BiBL, : E. Dominé, Journal! du Siège de Tuyen-Quan; Paris, 1885, in-32. — T. Boisset, Tuyen-Quan avant ^ pendant et après le siège; Paris, 1893, iii-l6.
TUYÈRE (Métall.) Tube conique en métal, qui conduit le vent d'un soufflet dans un fourneau, et dans lequel est engagée la buse du soufflet (V. Forge, Forgeage, Haut Fourneau).
TUYLL VAN Seeroskerken van Zuylen (V. Charrière [M"^^ de] ).
TUZAGU ET. Com. du dép. des Hautes-Pyrénées, arr. de Bagnères-de-Bigorre, cant. de Saint-Laurent; 1.348 hab.
TUZAN (Le). Com. du dép. de la Gironde, arr. de Bazas, cant. de Saint-Symphorien ; 262 hab.
TUZIE. Com. du dép. de la Charente, arr. de Ruffec, cant. de Villefagnan ; 198 hab.
TVER. Ville de Russie, sur la rive dr. de la Volga, à 450 kil. S. de Saint-Pétersbourg, 160 kil. N. de Moscou (ligne du chemin de fer Pétersbourg-Moscou), ch.-l. de gouvernement, archevêché ; 53.560 hab. La fondation de la ville, établie primitivement sur la rive gauche du fleuve, remonterait à l'année 1180 et serait due au grandduc Vladimir de Souzdal. Moins de cent ans après, vers 1275, la ville était déjà le siège d'un évêché et le centre d'une principauté indépendante. La région a été incorporée dans l'Empire moscovite en d 490, à la suite de la mort de son dernier prince lohanne. Tver subit divers assauts de la part des Tatars (1327), des Moscovites (1486), des Polonais (1612). Il ne reste actuellement aucun vestige de ses anciennes fortifications. Tver est le point de départ de la navigation sur la Volga, ce qui lui assure une situation assez privilégiée. Le fleuve a, près de la ville, environ 100 m. de largeur. Des services réguliers de bateaux relient cette cité à divers centres situés sur le fleuve. Elle possède aussi d'importantes manufactures, notamment des filatures de coton et des fabriques de bougies. La ville compte environ 3.720 constructions, dont 1.000 en maçonnerie ; 34 éghses (cathédrale de la Transfiguration, datant de 1682, la Trinité, 1684), 23 écoles primaires, 6 écoles d'enseignement secondaire ; des arbres ornent les quais et les principales places publiques Budget de la ville, environ 180.000 roubles.
Le gouvernement, au centre de la Russie d'Europe, a 65.331 kil. q. et 1.812.825 hab. en 1897 (826.255 hommes, 986.570 femmes). Le tout forme un plateau assez élevé avec une pente du N.-E. au S.-O. et d'une ait. variant de 60 à 300 m. au-dessus du niveau de la mer. Dans son ensemble, la région est assez accidentée ; elle donne naissance aux principaux cours d'eau de la Russie d'Europe : Volga, Duna occidentale, Dniepr. Le sol, en grande partie argileux, est généralement peu fertile. De vastes étendues sont couvertes de marais. Dans la zone orientale, les lacs, sources des fleuves mentionnés ci -dessus, occupent également de grands espaces : Seliguer (265 kil. q.), Okhvat-Iedeni, Sig, Volgo. Sauf la tourbe qu'on récolte en grandes quantités, le gouvernement de Tver ne fournit aucun minéral. Le climat est variable, tantôt sec, tantôt humide, à cause du voisinage des lacs. A Tver, la moyenne annuelle est de 4«. On constate une différence assez sensible entre la partie N.-O. du gouvernement et la partie S.-E. Dans cette dernière région, l'hiver est de dix à quinze jours plus long. Les précipitations (observations de 1885-89) sont d'environ 609 millim. A Tver, la Volga est prise de glace durant environ cent cinquante jours (seconde quinzaine d'octobre aux premiers jours d'avril).
L'agriculture est particulièrement développée dans les arrondissements du N. et de l'E. La récolte moyenne annuelle est : seigle, 3.750.000 quintaux; foin, 2 millions de quintaux. Le lin et le chanvre sont assez répandus. La région de Tver passe, d'autre part, comme l'une des plus industrielles de l'Empire. La population, formée de Grands-Russiens et au N.-E. de Caréliens (67.000), vit surtout de l'industrie domestique (cordonnerie, fabrication de jouets et bibelots, etc.). Pendant une partie de l'année, 70.000 personnes vont chercher du travail dans les gouvernements voisins. En 1896, on y comptait 957 usines et manufactures (peausseries, briqueteries, fabriques de bougies, filatures) avec un personnel de près de27.000 ouvriers et une production évaluée à 34.700.000 roubles. Le commerce est également assez développé, grâce aux nombreuses voies de communications : voies d'eaux par les divers grands fleuves ; voies de terre : grande route de Pétersbourg à Moscou ; lignes de chemins de fer : ISicolas (Pétersbourg-Moscou), Novotorjok, Rjev-Viazemsk et Rybinsk-Bologovsk. Au point de vue administratif, le gouvernement est divisé en douze districts [ouiezds) : Tve ', Biejetzk, Vessiégonsk, Vichni-Volotchok, Zoubtzov, Kaliazine, Kachine, Kortcheva, ïorjok, Ostachkov, Rjev, Staritza. Nombre des lieux habités, 11.707. Impôts du gouvernement, environ 9 millions de roubles, dont 3.100.000 impôts directs, et près de 5 millions d'impôts sur les boissons. P. Lem.
TWAIN (Mark), écrivain américain (V. Clemens).
TWAROOWSKI, héros d'une légende populaire polonaise. Pour obtenir des dons surnaturels et pour pouvoir jouir à son aise de la vie, il légua son âme au diable. Enlevé enfin par ce dernier, il se mit à chanter en route un cantique à la Vierge, grâce à quoi il fut lâché par l'envoyé de l'enfer et resta suspendu dans l'air. Les poètes et les romanciers polonais (Mickiewicz, Kraszewski) ont donné à plusieurs reprises une forme littéraire à cette légende. . D^ V. Bugiel.
TWEED. Fleuve d'Ecosse (V. Grande-Bretagne).
TWEED (William-Marcy), homme politique américain, né à New York le 3 avi*. 1823, mort à New York le 12 avr. 1878. Alderman de New York en 1852, membre du congrès de 1853 à 1855, il occupa diverses situations municipales jusqu'à son entrée au Sénat de l'Etat de New York en 1867. Commissaire du département des travaux publics de cet Etat (1870), il fut un des membres les plus actifs du Tammany (V. ce mot). Impliqué dans les tripo tages financiers qui soulevèrent l'indignation publique contre le Tammany, il fut en 1870 arrêté ; mais bientôt relâché, il réussit à se faire réélire sénateur. Poursuivi