‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 280 sur 633 · TYPHA — TYPHOÏDE · texte numérisé non relu

TYPHA — TYPHOÏDE

ge florifère du Typha angustifolia L.

croissant dans l'eau, moiioïques ou dioiques, à fleurs réunies en spadices cylindriques très serrés, les spadices mâle et femelle superposés dans les espèces monoïques ; périanthe des mâles réduit à des languettes filiformes, étamines nombreuses à anthères biloculaires ; ovaire stipité uniloculaire à un ovule descendant et anatrope ; fruit sec, graine albuminée, embryon droit. — Les T. latifolia L. et T. angustifolia L., encore appelés massette, masse d'eau, quenouille, moine, etc., se rencontrent dans les étangs et les marais en Europe et dans le N. de l'Asie et de l'Amérique. Les rhizomes, riches en fécules, sont alimentaires ainsi que les tiges ; on les confit parfois dans le vinaigre. Ce rhizome a été préconisé contre la leucorrhée, la gonorrhée, le scorbut ; le pollen est un succédané de la poudre de lycopode; les filaments ou soies qui portent les fruits servent à rembourrer des matelas, des coussins et à faire des étoffes, voire du papier ; enfin les feuilles sont employées comme litière et à faire des paillasses et des nattes. D'' L. Hn.

IL Horticulture. — On cultive principalement Typha latifolia L. et T, angustifoliaL. , grandes espèces très recommandables par leur port élégant et leur curieuse inflorescence. On les utilise à la décoration des pièces d'eau. Leur multiplication se fait en divisant leur souche épaisse dont on enfouit les fragments dans le sol sous quelques centimètres d'eau, ou en terrain constamment mouillé. On les cultive aussi en caisse ou dans de larges terrines dont leur rhizome traçant s'accommode assez bien si l'on a soin d'en renouveler la terre tous les ans. TYPHAON (Myth.) (Y. Typhon).

TYPHLOPS (Erpét.). Genre de Serpents opoterodontes, se reconnaissant à une tôte déprimée, garnie de plaques, à un museau arrondi, aux narines latérales. Le Typhlops vermicularis, type du genre, est d'un jaune brun plus ou moins vif, sombre sur le dos, plus clair sous le ventre. Découvert d'abord dans l'Ile de Chypre, on l'a retrouvé en Grèce et dans plusieurs îles de l'Archipel, en Syrie, dans l'Arabie Pétrée et sur les bords de la mer Caspienne. Rochbr.

BiiJL. : Sauvage, clans Brehm, éd. Tranç. TYPHOÏDE (Fièvre). A proprement parler, la fièvre typhoïde n'est qu'une des formes, la plus fréquente et la plus importante il est vrai, de l'infection par le bacille typhique. Elle est d'ailleurs le résultat de la pullulation du bacille à la surface de l'intestin, et surtout dansl'épaisseur de sa paroi, au niveau des agglomérats de tissu lymphoïde (plaques de Peyer). Les autres manifestations de l'infection typhique sont en général consécutives à cette première attaque sur l'intestin, et n'interviennent qu'à titre de complications. L'infection typhique, d'autre part, ouvre souvent elle-même la voie à des infections secondaires.

La fièvre typhoïde n'a guère pris place dans le cadre nosologique qu'en 1830, à la suite des recherches de Louis. Avant ce savant clinicien, les diverses formes de la maladie étaient décrites comme autant d'entités distinctes. Il convient cependant de rappeler que cette conception d'une maladie unique, caractérisée par la présence d'ulcérations intestinales, est bien antérieure à Louis ; Prost, Petit et Serres, Cruveilhier, Andral, Bretonneau, etc..

préparaient l'œuvre de Louis. Les travaux de ce dernier, effectués pour la plupart à l'Hôtel-Dieu de Paris, s'échelonnent de 4822 à 1829. Ce fut lui qui donna à la maladie son nom définitif et qui en établit la nature contagieuse, n était réservé aux savants modernes de découvrir la cause de la maladie et son mode de propagation. L'agent incontesté de la fièvre typhoïde est le Bacillus typhusus d'Eberth. Déjà, en 1872, Coze et Feltz avaient décrit un bâtonnet mobile qu'ils considéraient comme la cause de la maladie. MaisJIa gloire de la découverte de l'agent véritable doit être réservée à Eberth qui, en 1880, signala et décrivit l'espèce bactérienne dont la spécificité morbide est universellement admise aujourd'hui. Koch le décrivit plus complètement, mais le mérite de la description véritablement scientifique et surtout de la culture du bacille revient à Gaffky. Depuis lors, nos connaissances sur Jce bacille, dont l'importance est si grande en pathologie humaine, ont été complétées par les recherches des savants de tous les pays. En France, Chantemesse et Widal ont eu le mérite d'élucider sur un grand nombre de points le mode d'action et de propagation de la maladie par cet agent.

Lq bacille typfiigue se présente sous la forme de bâtonnets cylindriques, à extrémités arrondies, ayant de 2 à 3 [j, de longueur. Le contenu protoplasmique est homogène, quelquefois vacuolaire au milieu du bâtonnet dans les formes en voie de dégénérescence. Les bâtonnets sont pourvus de cils vibratiles, placés aux extrémités et sur les côtés, au nombre de huit à quatorze. Ces cils sont longs et ondulés, et ils permettent au bacille de se déplacer à l'aide d'une sorte de mouvement de reptation. Ces cils sont d'ailleurs très minces, et il faut avoir recours à des artifices spéciaux pour en révéler la présence. La formation des spores n'est pas encore connue ; les modifications morphologiques décrites sous ce nom ne sont que des formes de dégénérescence. Le bacille typhique se colore par les couleurs d'aniline qu'il prend assez faiblement. La fuchsine phéniquée est le colorant de choix. H se décolore par la méthode de Gran. Le bacille typhique se cultive très facilement. Il est facultativement anaérobie. Il se cultive dans le vide ou dans l'hydrogène. Sa température de choix est de 37^ à 39<^, mais 11 se développe déjà à 12'^ et encore à 46\ La congélation prolongée durant trois mois le laisse vivant ; il est tué par une température de 60^ maintenue durant vingt minutes. La lumière solaire le rend incapable de se développer, à la suite d'une exposition de quatre à six heures.

Les cultures du bacille, qui n'exhalent jamais aucune odeur, peuvent être faites sur plaques de gélatine : elles apparaissent alors en vingt-quatre à quarante-huit heures sous forme de petits disques arrondis, légèrement jaunâtres ; en tubes de gélatine ; sur gélose ; sur tranches de pommes de terre auxquelles les cultures donnent un aspect glacé, glaireux. Le bacille peut encore être cultivé dans le bouillon : en un jour le liquide se trouble et, par l'agitation, présente un aspect moiré; dans le lait, milieu très favorable, etc. Certains de ces milieux de culture impriment au bacille des modifications morphologiques, allongements, dégénérescence, etc. , très importantes à connaître. Dans ces diverses cultures, le bacille, à la différence de ce qui se passe dans l'organisme humain, ne paraît pas sécréter de diastases ni de toxines bien actives.

Spécificité du bacille typhique. La spécificité du bacille typhique a été mise en doute par divers auteurs, particulièrement par Rodet et Gabriel Pioux. Le Bacillus typhicus est en effet très voisin par sa forme et par l'aspect de ses cultures d'un autre bacille que l'on rencontre d'une façon banale dans l'intestin, le Bacillus coli cornmunis ou Colibacille. A vrai dire, nous connaissons actuellement trop peu l'évolution totale des microbes et les diverses formes qu'ils peuvent revêtir lorsqu'ils subissent des changements de milieu, lorsque de l'état de virulence ils retournent vers l'état de saprophyte, pour avoir des

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