UDINE - UHLAN
le siège d*une préfecture, d'un archevêché, d'un tribunal et d'une chambre de commerce. On y remarque une belle cathédrale de style roman, avec des sculptures de marbre, un palais archiépiscopal orné de fresques de Tiepolo, un hôtel de ville (1557), construit dans le style du palais des doges, une place Victor-Emmanuel où se dressent, avec une statue de ce roi, par Barzagli (1885), deux colonnes antiques et deux statues de marbre colossales, représentant Hercule et Cacus. Udine apparaît pour la première fois dans rhistoire en 963 ; elle appartint alors au patriarche d'Aquilée.
En 1420, elle passa sous la domination de Venise ; en 1313, elle reçut une constitution qui la régit jusqu'en 1797. De 1800 à 1814 elle fut le ch.-l. du dép. duTagliamento. Elle suivit le sort de Venise.
n. Province. — Cette province de la Vénétie, limitée au N. et à TE. par la frontière autrichienne, au S. par l'Adriatique, à l'O. par la prov. de Venise, de Trévise et Bellune, a une superficie de 6.575 kil. q., et comptait, en 1898, 538.923 hab. (82 par kil. q.). La partie septentrionale est traversée par les Alpes Carniques, dont le point culminant (monts Coglians) atteint 2.797 m. ; la partie méridionale forme une vaste plaine arrosée par le TagHamento, la Livenza, la Stella et le Natisone (affluent de risonzo). Le climat est pluvieux. Les principales productions naturelles sont le maïs, le blé, les fruits, les pommes de terre, les châtaignes, la soie, le bétail et le fromage. La province comprend 12 districts. A. Pingaud.
UDINE (Giovanni-Ricamatore, dit Jean d'), peintre italien, né à Udine en 1489, mort à Rome en 1562. Tl eut pour maîtres Giorgione, puis Raphaël, et peignit des ^rotesques à la mode de son temps et de son pays. La confiance de Raphaël l'appela à Rome; il eut la part principale à la décoration picturale des Loges du Vatican à la mode antique, peignit les guirlandes qui encadrent les scènes de la vie de Psyché à la Farnésine, les célèbres grotesques de la villa Madame, etc. Il parcourut ensuite plusieurs grandes villes de l'Italie, et laissa, notamment à Venise, deux ouvrages intéressants : la Présentation au Temple et la Dispute avec les docteurs. Jean d' Udine passe pour le plus remarquable des peintres d'ornements, figurines et attributs. G. G.
UDO. Titre germanique (V. Otton).
UDOMÈTRE. Synonyme de pluviomètre (V. ce mot). UDON. Rivière du dép. de VOrne (V. ce mot). UDVARHELY. Comitat de Hongrie (Transylvanie) , formé de l'ancien district Udvarhely des Sicules (Székler), 3.417 kil.q. ; 117.976 hab. (en 1900), en majorité Magyars protestants. Dans la partie Est du comitat se trouvent les montagnes de Hargita. De grandes forêts, plusieurs mines de fer et de sel, quelques sources minérales. Le comitat a 135 communes et une ville. Ch.-l. : Székely- Udvarhely. J. K.
UGALDE (Marie Varcollier, dite Marguerite), chanteuse française (V. Varcollier).
UGHELLI (Fer dinando), historien italien, né à Florence en 1595, mort à Rome en 1670 ; moine de Tordre de Cîteaux dont il devint abbé. Il est connu à cause de son Italia sacra (1642-48, 9 vol., imitée par les auteurs de la Gallia sacra, 1656), oU il traça l'histoire des différents évêchés d'Italie. Sa grande érudition, ses recherches dans les archives ne suffisant pas à un travail de si grande étendue, il eut recours aussi aux indications que voulurent bien lui communiquer d'autres érudits, ce qui gâta le plan de son travail. Une deuxième édition (Venise, 1717-33, 10 vol.) parut avec des additions nombreuses. Ughelli laissa aussi les Imagines Columnensis familiœ cardinalium (1650) et VAlhero e storia delta famiglia dei conti di Marsciano (1667). C'est un des précurseurs de Muratori. E. Casanova
UGHTENBURGH (Van), peintre hollandais (V. Hucntenburgh).
U 61 NES. Ch.-l. de cant. du dép. de la Savo'e, arr. d'Albertville; 2.014 hab.
UGLAS. Com. du dép. des Hautes-Pyrénées, arr. de Ragnères-de-Bigorre, cant. de Lannemezan ; 309 hab. UGNI (Vitic.) (V. Aramon et Vigne).
U GNOU AS. Com. du dép. des Hautes-Pyrénées, arr. de Tarbes, cant. de Rabastens; 79 hab.
UGNY. Com. du dép. de Meurthe-et-Moselle, arr. de Briey, cant. de Longuyon ; 335 hab.
UGNY. Com. du dép. de la Meuse, arr. de Commercy, cant. de Vaucouleurs ; 249 hab.
UGNY-le-Gay. Com. du dép. de l'Aisne, arr. deLaon, cant. de Chauny; 355 hab.
UGNY-l'Equipée. Com. du dép. de la Somme, arr. de Péronne, cant. de Ham ; 125 hab.
U60CSA. Comitat de Hongrie, au N.-E. du pays; 1.191 kil. q. ; 83.244 hab. (en 1900), Ruthènes, Magyars et Roumains. La Tisza divise le comitat en deux parties. A l'E., les montagnes du Vihorlat; au S., la rivière marécageuse, Tur. Le comitat a 71 communes, Ch.-l. : Nagy-Szôllôs.
U60LIN0 della GuEkARDEscA, tyran du xiii® siècle (V. Gherardesca).
UGONI (Camillo), littérateur et publiciste italien, né à Brescia le 8 août 1784, mort le 12 févr. 1855. Sa traduction Commentarii di Giulio César e lui valut de Napoléon le titre de baron de l'Empire. A la chute du gouvernement impérial, il parcourut l'Italie et se lia avec tous les principaux littérateurs et patriotes. U continua les Secoli délia letteratura de Corniani (1820-21), collabora au Conciliatore, et, devenu suspect au gouvernement autrichien, il s'enfuit à Zurich, puis en Allemagne, en Angleterre, en France. Il traduisit les Vite dei poeti inglesi de Johnson, les Saggi dei Petrarca de Foscolo; il collabora à la Biographie universelle et au Globe. A l'amnistie de 1838, il revint à Brescia, où il écrivit son œuvre, Délia letteratura italiana ne lia seconda meta dei secolo XVIH, qui parut (Milan, 1857) après sa mort, et contient une biographie d'Ugoni écrite par son frère Filippo. E. Casanova.
UHART-CizE. Com. du dép. des Basses-Pyrénées, arr. de Mauléon-Licharre, cant. de Saint- Jean-Pied-de-Port ;
UHART-MixE. Com. du dép. des Basses-Pyrénées, arr. de Mauléon-Licharre, cant. de Saint-Palais ; 345 hab.
UHDE (Fritz von), peintre allemand, né à W^olkenbourg (Saxe) le 22 mai 1848. Oflîcier de 1867 à 1877, il quitta l'armée pour obéir à sa vocation de peintre, étudia quelque temps à Munich, surtout d'après les maîtres hollandais, et suivit à Paris, en 1879, Munkacsy, dans l'atelier duquel il travailla quelque temps. Sa Chanteuse fut remarquée au Salon de 1879. Ses Chiens savants, le Conseil de famille, etc. . . , révélaient un disciple attentif de Terburg et de Metsu. Tout cela ne devait servir que de préparation à son œuvre originale : l'interprétation moderne et naturaliste du Nouveau Testament. En 1884^ il donna dans cette voie nouvelle Laissez venir à moi les petits enfants (musée de Leipzig), qui fit une grande impression. Fritz jvon Uhde a continué depuis à transposer, dans des milieux pauvres de nos jours, les grandes scènes de l'Evangile : le Christ et les Pèlerins d'Emmaûs (1885), la Sainte Cène (1886), le Sermon sur la montagne (1887), et encore la Fuite en Egypte, le Départ du prince Tobie, Noli me langer e. Dans ces dernières années, il a peint encore quelques portraits et des tableaux de genre. Les toiles où il a exprimé l'idéalisme religieux avec la technique des peintres français de « plein air » restent son meilleur titre à l'originalité. On voit de lui dans ce genre, au musée du Luxembourg, le Christ entrant chez des paysans. J. B.
BiBL. : LûcKE,Fr.u. C/Me ; Leipzig, 1887. — BierbaUxM, Ft. van Uhde; Munich, 1887.
UHLAN (V. Ulan).
UHLAND — UITENBOGAARD
UHLAND (Johann-Ludwig), poète allemand, né à Tubingne le ^26 avr. 1787, mort à Tubingne le 13 nov. 4862. Il manifesta de bonne heure un goût très vif pour la poésie, et, tout en faisant son droit à l'Université de sa ville natale (1802-8), il étudia avec ardeur les poètes allemands et français du moyen âge ; les recueils de chants populaires comme les Yoix des peuples de Herder et le Cor merveilleux d'Arnim et Brentano furent aussi parmi les ouvrages qui décidèrent de sa vocation poétique. Dès cette époque, il publia, sous le pseudonyme de Volker, quelques poésies où se retrouve encore l'influence du romantisme à laquelle, dans la suite, il devait échapper de plus en plus. En 1810, il lit à Paris un séjour de huit mois, qu'il passa dans les bibliothèques à déchiffrer les manuscrits des vieux poètes français. Il puisa dans cette étude une érudition solide et la matière d'un grand nombre de ses chants. Uhland, en effet, tira peu de chose de son propre fonds. L'un dés poètes les plus célèbres, les plus populaires de son pays, il ne saurait cependant être comparé aux grands lyriques allemands. Sa veine poétique était faible et tarit de bonne heure. S'il trouve parfois la note sentimentale {Der gute Kamerad, die Kapelle, etc ), il ne descend jamais jusqu'aux profondeurs du sentiment ; il demeure étranger à son œuvre qui vaut surtout par la forme, l'harmonie, la mesure, la simplicité, le naturel, l'élégante sobriété de la langue. Telles sont les qualités qui distinguent Uhland et lui assignent une place honorable à côté des grands classiques ; il faut ajouter qu'il possède un don singuUer de faire revivre les héros de la légende qui serait d'un poète s'il savait aussi s'émouvoir aux spectacles qu'il évoque au lieu de s'y intéresser seulement en historien ou de s'en amuser en artiste. Uhland fut le chef de l'école souabe, cycle de poètes, tels que Justinus Kerner, Schwab, Hauff, Môrike, etc., (jui réagirent contre les excès du romantisme et remirent en honneur la simple naïveté de la poésie populaire.
A son retour de Paris (1811), il fut attaché quelque temps au ministère de la justice de Wurttemberg (1812), puis exerça la profession d'avocat à Stuttgart. En même temps, il publiait dans les journaux et les revues un grand nombre de poésies qu'il fit éditer pour la première fois en 1815; ce volume contient le meilleur de son œuvre; il comprend les ballades les plus connues (/a Malédiction du chanteur y la faucheuse, etc.), des poésies populaires et des chants patriotiques inspirés par les guerres de la déUvrance {le Message de la vietoire, etc.),
Uhland s'est essayé, mais sans succès, au théâtre; il a publié une tragédie en cinq actes, Ernst, Herzog von Schwaben (Heidelberg, 1818), et, à l'occasion d'un concours organisé par le roi de Bavière, un drame en cinq actes, Ludwig der Bayer (Berlin, 4819), qui n'obtint pas le prix.
La politique et l'érudition détournèrent insensiblement Uhland de la production poétique. Député de la ville de ïubingue aux Etats de Wurttemberg, il défendit avec énergie les libertés de son pays menacées par l'autorité royale. En 1822, il publia une étude très remarquable sur W'alther von der Vogelweide, qui lui valut d'être nommé, en 1829, professeur de littérature allemande à l'Université de Tubingue. Il se démit de cette fonction en 1832 pour entrer à la Chambre comme député de Stuttgart. Il renonça momentanément à la vie politique (1839) pour ne s'occuper que de ses travaux d'érudition, mais fut arraché de nouveau à sa retraite par les événements de 1848. Député à l'Assemblée nationale de Francfort, il ne cessa de se montrer le défenseur ardent des idées libérales. Il se retira définitivement à Tubingue en 1850. — Outre les œuvres que nous avons énumérées, Uhland a publié diverses études scientifiques : Geschichte der aitdeutschen Poésie; Geschichte der deutschen Dichtung m 15. und 16. Jahrhundert ; Sagengeschichte der germanischen und romanischen Vôlker. La meilleure
édition des Gedichte est celle d'Erich Schmidt et J. Hartmann (Stuttgart, 1898, 2 vol.). Il en existe deux traductions françaises : l'une, avec une introduction de Saint- René-Taillandier, par Demonceaux et Kaltschmidt (Paris, 1866); l'autre, par A. Poltier de Cyprey (Paris, 1895). Les drames se trouvent dans l'édition en 3 vol. (Stuttgart, 1863), et les ouvrages d'érudition ont été réunis sous le titre de : Schriften zur Geschichte der Dichtung und Sage (Stuttgart, 1865-73, 8 vol., et édit. H. Fischer (Stuttgart, 1892, 6 vol.).
BiBL. : Karl Maver, Ludwig Uhland, seine Freunde und Zeitgenossen; Stuttgart, 1867, 2 vol.— Ludwigf Uhlands Leben^ par sa veuve {Emilie Vischer, « l'Inconnue » de ses poésies). — Uhlands Tagebuch (1810-30), publié par J. Hartmann; Stuttgart, 18%. — A. Bossert, Histoire de la littérature allemande.
UHRICH (Jean-Jacques-Alexis), général français, né à Phalsbourg le 13 févr. 1802, mort à Paris le 9 oct. 1886. Sorti de l'école de Saint-Cyr en 1820, il servit dans l'infanterie de ligne, fut nommé capitaine en 1831 , fit ensuite avec distinction les campagnes d'Afrique, qui lui valurent le grade de colonel (1848), puis celui de général de brigade (1852), fut promu général de division pour sa belle conduite en Crimée (1855), prit part en cette qualité à la guerre d'ItaUe (1859), et, en 1868, fut mis dans le cadre de réserve. Rappelé à l'activité au commencement de la guerre franco-allemande (juil. 1870) et chargé du commandement de Strasbourg, il fut, après la journée de Reichshoffen (6 août), qui ouvrit à l'ennemi nos départements de l'Est, assiégé dans cette place (V. Franco-Allemande [Guerre]). Bombardée sans relâche, à partir du 15 août, la ville se défendit avec honneur, grâce au concours énergique de la population, du maire Kiiss et du préfet Valentin, Le général Uhrich, sur l'avis unanime de son conseil de guerre, se décida à capituler le 28 sept. 1870. Pendant que ses troupes étaient emmenées prisonnières, il vint à Tours rendre compte de sa conduite, puis se retira à Bâle, 0(1 il resta jusqu'à la paix, lié par l'engagement qu'il avait pris de ne plus participer à la guerre. A la suite de ces événements, sa popularité fut d'abord très grande. Mais un jugement sévère fut porté sur lui, le 8 janv. 1872, par le Conseil d'enquête des capitulations, qui lui fit, entre autres reproches, celui de s'être trop borné à une résistance passive, de n'avoir pas utilisé tous les moyens de défense dont il disposait, d'avoir rendu la place trop tôt, enfin de n'avoir pas partagé et fait partager par les officiers de la garnison le sort des simples soldats devenus prisonniers de guerre. En réponse à cette critique, Uhrich publia d'intéressants Documents relatifs au siège de Strasbourg (1872, in-8). A. D.
UINTAH (Monts) (V. Etats-Unis, t. XVI, p. 537).
UINTATHERIUM (Paléont.) (V. Dinocère).
UITENBOGAARD ou UYTENB06AERT (Jean) , théologien arménien, né à Utrecht en 1557, mort en 1644. Convaincu que la doctrine calviniste de la prédestination est déraisonnable et funeste, il adopta et soutint avec fermeté les amendements qu'Arminius proposait d'y introduire (V. Arminianisme). Quoique le prince Maurice d'Orange l'eût pris pour chapelain et lui eût confié l'éducation de son fils, il ne put échapper à la persécution qui sévissait contre son parti : il fut banni et ses biens furent confisqués. Il se retira à Anvers, puis à Rouen, où il resta jusqu'en 1626. Rentré secrètement en Hollande, il fit les plus sérieux efforts pour apaiser les dissensions théologiques et pour assister les remonstrants persécutés. En 1629, sa maison lui fut restituée ; mais on persista à lui interdire toute prédication. — La liste de ses nombreux écrits se trouve dans le Trajectum eruditum de Burmann. Les principaux sont : un traité De auctoritate magistratus in rébus ecclesiasticis (La Haye, 1610 ; Rotterdam, 1647), où cette autorité est largement étendue ; Histoire ecclésiastique, offrant les événements les plus notables de la chrétienté, depuis 400 jusqu'en 1609, surtout en ce qui concerne les Provinces-
UÏTENBOGAARD -~ ULBACH
Unies (en hollandais, Rotterdam, 1646-47) ; Prœslantium virorum Epistolœ ecclesiasticœ et theologicœ (Amsterdam, 4684). E.~H. Vollet.
UITEWAEL ou UITENWAEL (Joachim), peintre hollandais, né à Utrecht en 1566, mort à Utrecht en 1638. Elève de son père Antonje, il a traité des sujets mythologiques à la façon de B. Spranger, mais en petit, ce qui les rendait supportables. Il visita Fltalie et vécut deux ans en France. OEuvres à Amsterdam, La Haye, Brunswick, Dresde, Copenhague, Gotha, Munich, Vienne, Madrid.
UJEJSKl (Corneille), poète polonais, né à Beremiany (Galicie) en 1823, mort à Paslôw en 1897. Après avoir terminé ses études à Lw6w, il se rendit en 1847 à Paris où il se lia d'amitié avec Jules Slowacld. De retour en Pologne, il se maria et s'établit à la campagne. Tout en s'adonnant à l'agriculture, il consacrait ses loisirs aux Muses. D'autre part, bien qu'il fût toujours préoccupé du sort de sa nation, il se tenait à l'écart de la vie politique. Seulement en 1877 il accepta la charge de député au Parlement autrichien, mais il la déposa bientôt. Un de ses premiers poèmes porte le titre de Marathon : c'est la plus belle production de la poésie hellénophile en Pologne. En 1846, il donna les Chants de Salomon ; ils furent dépassés de beaucoup par les Plaintes de Jérémie publiées un an après. Ce recueil est considéré avec raison comme un des chefs-d'œuvre de la poésie polonaise. L'auteur s'y inspire des malheurs de sa patrie ; surtout les massacres de Galicie (1846), fomentés par Metternich, font sangloter son âme. L'envolée lyrique de ce recueil, ses accords francs et vigoureux, la simpUcité de l'expression, l'ont rendu célèbre dans un clin d'œil, et depuis 1846 on l'a réédité à maintes reprises. Une de ces « plaintes», le Choral, est devenue l'hymne national de la Pologne. A côté des Skargi Jeremiego, il faut nommer les Mélodies bibliques (1852), dignes d'être mises au même rang que les « Mélodies hébreues », de Byron et les pièces de vers aux sujets bibliques de Victor Hugo et de Leconte de Lisle. M^® Emilie Bett en a donné une excellente traduction allemande (Halle-sur-la-Sprée, Bibliothek der Gesammtlitteratur, n. 391). Parmi les autres recueils lyriques, nous citerons les Fleurs sans parfum (1848), les Feuilles fanées (1849), et les paroles des compositions de Chopin. Il y a de lui encore une pièce en deux actes, quelques nouvelles et un remarquable volume de prose (les Lettres des environs de Lwôw), où il châtie dans une langue vigoureuse les défauts nationaux. L'édition complète de ses poésies a paru à Leipzig en 1866, puis à Lwôw. D^' V. Bug tel.
BiBL. : Chmielowski, Wspolczesnl poecipolscy ; Varsovie, 1898. — Droblewski, Kornel Ujejski; Lwôw, 1898. — Bulletin polonais, passim (trad. d'un nombre de poésies d'Ujejski par Gasztowtt).
U j EZD. Ancien nom de la famille des Lobkowitz (V. ce nom).
UJFALVY (Charles-Eugène de Mezôkôvesd), voyageur français, d'origine hongroise, né à Vienne le 16 mai 1842. Il embrassa la carrière miUtaire, mais s'adonna bientôt aux études linguistiques, passa par l'Université de Bonn et vint en France où il se consacra à l'enseignement des langues vivantes. Il professa dans plusieurs lycées de Paris et se fixa après sa retraite à Florence. Ujfalvy a publié, en collaboration avec H. Desbordes- Valmore, plusieurs traductions de poètes hongrois (les Poésies de Petôfl, 1871, Poésies magyares^ 1873); il donna un volume très superficiel sur la Hongrie (1872), dirigea de 1875 à 1877 la Revue de philologie et d'ethnographie, où il fit connaître les travaux linguistiques des savants magyars et finnois sur les langues ougro- finnoises, et entreprit, à partir de 1878, plusieurs voyages en Asie centrale dont les résultats sont consignés dans les volumes : Le Kohistan, le Ferghanah et Kouidja (1878) ; le Syr-daria (1879); les Bachkirs, les Vepses (1880); Résultats anthropologiques d'un voyage en Asie centrale (1880); VArt des Cuivres anciens au Cacheniire (1883); le§
Aryens au Nord et au Sud de V llindou-Kouch (1896)-
W^^ Ujfalvy -Bourdon, née à Chartres en 1845, compagne de ses voyages, publia : Be Paris à Samarkande (1881); Voyage d'une Parisienne dans l'Himalaya occidental (1887).
UJ-Palanka, Bourgade de Hongrie (V. Palanka).
UJVIDÉK (ail. Neusatz). Ville libre royale de Hongrie, comitat de Bâcs-Bodrog, sur le Danube; 28.826 hab. (en 1900). La situation de cette ville ressemble à celle de Budapest ; elle s'étend sur une vaste plaine et en face s'élève Pétervârad, construit sur une montagne. Deux lycées (hongrois et serbe), école industrielle et école de commerce. La ville forme le centre intellectuel des Serbes de Hongrie; outre les écoles, ils y ont un théâtre, plusieurs sociétés littéraires, parmi lesquelles la « Matica szrbszka », fondée en 1864. Siège de l'évêché serbe du district de Bacs. J. K.
U Kl M Al, empereur chinois (V. Km).
U KKO. Divinité finlandaise (V. Finlande, § Mythologie).
UKRAINE (russe Oiikraina, frontière). Région historique de Russie désignant les pays du bassin moyen du Dniepr, qui séparaient la Pologne et la Moscovie des Mongols et Tatars. H y eut une Ukraine de Riazan, une Ukraine de Moscovie, une Ukraine de Sibérie, etc.; mais ce nom fut appliqué de préférence au pays du moyen Dniepr, constituant la voïvodie polonaise de Kiev et peuplé principalement de Cosaques (V. ce mot, Russie et Pologne, § Histoire). Après les sanglantes guerres des Cosaques et des Polonais, il se forma à FE. l'Ukraine des Slobods, où les Cosaques duDonetz se rendirent indépendants ; c'est aujourd'hui le gouvernement de Kharkov; puis l'insurrection de Khmelnitzky (1654) enleva aux Polonais les pays de la rive g. du Dniepr (traité d'Androussovo, 1667), lesquels formèrent l'Ukraine russe, correspondant aux gouvernements actuels de Tchernigov et Poltava; l'Ukraine polonaise, comprenant la moyenne partie du gouvernement actuel de Kiev, ne devint russe qu'en 1793. Ces quatre gouvernements russes, en lesquels se divise l'ancienne Ukraine du Dniepr, constituent ce qu'on appelle la Petite-Ûussie (cf. l'art. Russie). A.-M. B.
BiBL. : Beauplan, Description d'Ukraine; Rouen, 1650. — Bantvoh-Kamensky, Histoire de la Petite-Russie (en russe); Moscou, 1822.
ULAN. Corps allemand de cavalerie armée de lances. Ce nom est emprunté aux Polonais qui appelèrent Ulanskt leur cavalerie légère armée de lances, formée au xvi® siècle. L'uniforme des ulans rappelle cette origine par Vulanka, tunique nationale polonaise, la czapka et les épaulettes. L'ulanka est aux coutures et ourlets garnie de passepoils de la couleur du col ; le plastron coupé en revers est garni de deux rangées de boutons ; à la parade, on y accroche un rabat de la couleur du col ; enfin la ceinture de toile est garnie dans la couleur du col. C'est Frédéric II qui, en 1741, créa un régiment de ulans; il les transforma en hussards Tannée suivante; toutefois, dès 1745, il reconstitua un corps de lanciers sous le nom de Bosniaques ; en 1800, ce régiment reçut le nom polonais de Towarczy. Les ulans ne reparurent dans l'armée prussienne qu en 1807. Aujourd'hui l'armée allemande en a 25 régiments dont 16 prussiens. L'Autriche recrute les siens en Galicie, sauf deux régiments ou ulans croates. La Russie n'a que deux régiments de lanciers des ulans de la garde.
ULASZLÔ, rois de Hongrie (V. Wladislas).
ULBACH (Louis), littérateur français, né à Troyes le 7 mars 182l'2, mort à Paris le 16 avr. 1889. Après de brillantes études, il se consacra tout de suite à la littérature, ses premiers essais ayant été encouragés par Victor Hugo chez qui il fréquentait beaucoup. Collaborateur de revues comme l'Artiste, le Musée des Familles, il dirigea en 1 848 le Propagateur de l'Aube, devint rédacteur de la Revue de Paris en 1853, donna au Temps, dès sa création, un feuilleton dramatique, et publia dans le Figaro, sous le pseudonyme de Ferragus, une série de