‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 300 sur 633 · A. JOANNIS · texte numérisé non relu

A. JOANNIS

IV. Histoire religieuse. — Unité des Frères bohèmes, ou plus exactement moraves. — Elle se forma au milieu du xv® siècle, en Bohême, sous l'influence d'un laïque pieux, Pierre de Chelcicky, sous le nom de Frères de la loi du Christ (14-^7) ; elle rallia les débris des hussites, notamment des taborites. C'est moins une doctrine particulière, qu'un ascétisme très rigoureux qui les porta à se séparer de l'Eglise cathohque, à l'assemblée de Chotka, en 4467. La persécution ne fit qu'augmenter leur nombre. Luc de Prague imprima à l'unité un caractère plus modéré et en fut comme le second fondateur (4494). Les frères n'admirent d'autre autorité que l'Ecriture sainte, et se proposèrent de vivre dans la charité et la sainteté, en se séparant du monde. En 4500, on comptait en Bohême et en Moravie environ 400 éghses. Les frères moraves se mirent en rapport avec les vaudois du midi de la France et du N. de l'Italie, dont la littérature montre l'influence que les moraves exercèrent sur eux. La Réforme donna une nouvelle impulsion à l'Unité, qui abandonna ce qui lui restait de dogmes catholiques. En 4575, les frères firent en commun, avec les calixtins et les luthériens de Bohême, la confessio bohemica, qui fut reconnue par la lettre de majesté de l'empereur Rodolphe II. Mais ayant, en 4627, fusionné avec les réformés, ils perdirent leur caractère propre ; ils eussent disparu, si leur dernier évêque,Jean Amos Comenius, n'eût sauvé l'avenir de l'Unité, par ses écrits, par son activité, et en maintenant la succession épiscopale. C'est grâce à lui que Zinzendorf (V. ce nom) put reconstituer l'Unité. C. P.

V. Littérature. — Les trois unités. — L'unité d'intérêt qui s'impose aux ouvrages littéraires a été compHquée au xn® siècle, en ce qui touche le drame par la règle dite des « trois unités », imposée d'une manière rigoureuse par la critique (unité d'action, de temps et de lieu). Boileau a formulé cette règle en ces termes, dans VArt poétique :

Qu'en un lieu, qu'en un jour, un seul fait accompli Tienne jusqu'à la fin le théâtre rempli.

Cette règle est tout à fait nouvelle et en opposition avec la pratique dramatique de tous temps et de tous pays ; en Espagne, en Angleterre, en Italie, en Allemagne, en France même, le théâtre présentait au public une action compliquée d'épisodes, durant plus ou moins longtemps et changeant souvent de lieu. Les anciens même ne s'enfermaient pas dans ces étroites limites : l'action des Euménides d'Eschyle se passe tantôt à Delphes, tantôt à Athènes ; la comédie promène aussi les acteurs en diiférents lieux.

On attribue à Mairet, l'auteur de Sophonisbe, l'invention de cette contrainte de l'unité de lieu. Richelieu approuva cette règle et la fit préciser par l'abbé d'Aubignac, théoricien du théâtre, qui la plaça sans raison sous l'autorité^d'Aristote, Les auteurs du xvu® siècle se crurent

UNirÉ — UNIVERSITÉ

obligés de se plier à une règle si ancienne, qui ne les empêcha pas d'écrire parfois des chefs-d'œuvre. L'unité d'action est évidemment défendable et presque nécessaire, mais l'unité de temps, ramenée à la durée d'un jour, est arbitraire ; tout ce que l'on peut dire, c'est que les intervalles ne doivent pas nuire à la vraisemblance. Quant aux changements de lieu, si utiles pour augmenter la variété et le plaisir de la décoration, ils doivent être limités aux nécessités de l'action : c'est affaire de mesure et de goût. Il n'y a pas beaucoup de sujets qui, comme Atkalie ou OEdipeà Cologne^ permettent aux différents personnages de se réunir au même endroit, place publique ou parvis du temple à tous les instants de l'action : le même lieu ne sert qu'arbitrairement tour à tour aux entretiens du prince, aux complots des traîtres et aux confidences des amants, comme dans Cinna. Racine pliait aisément la souplesse de son génie à la règle des trois unités, mais Corneille s'en plaint. Le théâtre a secoué peu à peu le joug imaginaire d'Aristote et les romantiques ont, après les théâtres étrangers, usé et abusé de la liberté conquise par les lettres. Ph. B.

BiBL. : Mathématiques. — Lejeune Dirichlet, VorlesungenueberZahlentheorie herausgegeben von Dedekind.

Histoire religieuse. — Gindely, Geschichte der bôhmischen Brûder ; Prague, 1857-58, 2 vol. — Palâgky, Ueber das Verhâltniss und die Beztehungen derWaldénser zu den ehemaligen Sekten in Bôhmen ; Prague, 1869. — Jaroslav Goll, Quellen und Untersuchungen zut Geschichte der bôhmischen Brûder; Prague, 1878.

Littérature. — L'abbé d'Aubignac, la. Pratique du théâtre, 1QQ9 . — Voltaire, Commentaires sur Corneille (Correspondance). — La Motte, Réflexions sur la tragédie. — Marmontel, Eléments de littérature. — GœthÊ et Maî<z 0^1, Dissertation sur la théorie de l'art dramatique et Lettre sur l'unité de temps et de lieu, 1827. — Martine, Examen des tragiques anciens et modernes ; Genève, 1834. — V. Hugo, Préface de Cromwell. — D. Jullien, Thèses de littérature; Paris, 1856.

U N ITÉISM E (Philos.). Fourier (V. FouRrÉRiSME) désigne sous ce nom, auquel il donne pour synonyme le nom à'harmonisme, la passion de l'unité qui est, selon lui, le pivot de toutes les autres et qu'il appelle, pour cette raison, la passion pivotale. Il se superpose, dans la psychologie fouriériste, aux douze passions simples ou radicales dont cinq sont sensitives et correspondent aux cinq sens, quatre affectives, l'amitié, l'amour, le familisme et l'ambition, trois distributives, la cabaliste, la papillonne ou alternante et la composite. Elle est formée « des sept affectives et distributives, comme le blanc est formé des sept couleurs ou rayon ». Bien qu'elle soit « la passion de tout le monde», même « du paysan qui voudrait régler à son goût les affaires de son village », on la remarque surtout chez les conquérants et les philosophes. « Les conquérants rêvent l'unité forcée par terreur et asservissement universel. Les philosophes rêvent l'unité directe et spontanée, la philanthropie universelle ou fraternité de tous les peuples. » E. Boirac.

UNIVERSALISMECrhéol.) (V. Amyraut [Moïse], Ar- MiNiANiSME et Càmeron [John]).

UNIVERSALITÉ hypothétique (V. Arminianisme).

UNIVERSAUX (Philos.) (V. Scolastique).

UNIVERSEL (Philos.) (V. Proposition).

UNIVERSITAS. Sous ce nom, les Romains désignent une collection de choses ou un groupement de personnes formant un ensemble auquel, pour des raisons d'utilité pratique, on attribue une individualité abstraite, distincte des choses concrètes ou des individus isolés qui la composent. Ainsi un troupeau, un navire, un édifice forment une iiniuersitas (uniuersitas facti). Rentre encore dans la même notion un ensemble de biens, choses corporelles et droits de créance actifs ou passifs, tels qu'un pécule, une hérédité (universitas juris). La masse, traitée comme un corps unique ayant une individualité propre, est acquise en bloc par divers modes, comme l'hérédité, la venditio bonorum, la constitution de lamanus, l'adrogation, réunis par Jes textes sous le nom^générique et significatif de modes d'acquérir per universitatem. Elle peut

être l'objet d'une revendication globale, vindicatio generalis, appelée, quand il s'agit d'une succession, petitio hereditatis.

A côté des universitates, qui sont des groupements de choses matérielles ou de droits, les Romains connaissent les uniuersitates, associations de personnes physiques composant une personne morale (V. Personne), c.-à-d. un être abstrait ayant une personnaUté distincte de celle de ses membres, un patrimoine propre, distinct de celui de chacun des membres, des créances et des dettes distinctes des créances et des dettes de chacun: Etat (populus, respublica), collegia, corp(?m, collèges des prêtres, collèges funéraires, d'artisans, de publicains. Enfin, il y a des fondations, dites universitates {rerum ou bonorum), qui ne supposent plus un groupement de personnes physiques poursuivant un but collectif: églises, couvents, hospices pour les pauvres, les vieillards.

BiBL. : 80, pr. Dig,, De usurp..^ XLI,3, Pomponius; Dig., Quod cujuscumque univ., III, 4. — Dirksen, Manuale latinitatis., v Universitas ; Berlin, 1837, in-4. — Gibard, Manuel ëiémenf. de droit romain, pp. 215, 232-235, 892, note 6, Paris, 1901, 3^ éd., in-8.

UNIVERSITÉ. Institution destinée à l'enseignement supérieur des sciences et des lettres. Les écoles d'enseignement supérieur se rencontrent chez tous les peuples qui ont atteint un degré avancé de civilisation. Dans l'antiquité, la civilisation hellénique eut ses écoles à Athènes et à Alexandrie. A l'époque gallo-romaine, la Gaule fut le berceau de plusieurs grandes écoles: Marseille, célèbre par la culture de la littérature grecque et de la médecine ; Autun, où enseigna Eumène ; Èordeaux, grande école de rhéteurs prônés par saint Jérôme et Symmaque ; Trêves, Reims, etc. Les maîtres étaient des personnages importants. Les étudiants avaient déjà leurs réunions et leurs associations. Ces foyers d'études, avec la renaissance caroUngienne, reçurent une impulsion nouvelle, en même temps qu'ils passaient presque entièrement entre les mains du clergé et élaboraient, dans un assez grand nombre de centres divers, la scolastique (V. ce mot). Toutes ces écoles, tant en Gaule qu'en Itahe, étaient dirigées par un écolâtre ou scholasticiis (Reims, Chartres, Angers, Laon, etc.), ou étaient des écoles de monastères (Saint-Gai , Cluny, Le Rec, etc.), ou enfin des ste^m indépendants, consacrés presque exclusivement à l'enseignement de la médecine (Salerne) ou du droit (Ravenne, Padoue, Rologne, etc.).

Ce n'est qu'au xii^ siècle que quelques grandes écoles commencent à devenir des corporations s'administrant elles-mêmes, pourvues de privilèges, ayant le monopole de l'enseignement supérieur dans des régions plus ou moins étendues et conférant des grades revêtus d'un caractère officiel. C'est dans les deux pays qui avaient été les derniers dépositaires de la science antique, l'Italie et la France, que se développèrent les premières universités, Rologne et Paris. L'histoire de ces deux universités, pendant un peu plus d'un siècle, depuis 1150 environ jusque vers la fin du xni® siècle, est l'histoire même des origines des universités européennes.

Origines des universités. — Les universités sortirent, au xii^ siècle, de la fusion des écoles cathédrales, des écoles monastiques et des écoles privées, au moyen d'un mélange d'éléments empruntés à chacune de ces catégories d'établissements d'instruction et à travers une série de luttes qui durèrent plus d'un siècle, et eurent leurs principaux centres à Rologne et à Paris.

Bologne. L'enseignement laïque s'était perpétué dans les villes d'Italie depuis l'antiquité. L'influence du clergé n'avait pas été plus loin qu'une sorte de patronage, qui se manifestait seulement par la collation des grades, faite par l'évêque ou le chancelier de l'église locale à la fin des études scolaires. Salerne paraît avoir été toujours soustraite à ce protectorat religieux. Rologne monopolisa peu à peu l'enseignement du droit romain, qui y fut enseigné simultanément par un assez grand nombre de professeurs, ayant chacun leurs écoles particulières et qui vivaient des ho-

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Horaires que ieurpapient leurs élèves, soit iudividuellement, soit en se cotisant. Accurse, Azon, Odofred, Irnerius, Placentin, furent les successeurs' directs des maîtres et des rhéteurs des écoles antiques. Comme les étudiants étaient nombreux et, de plus, généralement riches, ils formèrent des sociétés, et comme ils payaient eux-mêmes leurs professeurs, ils prétendirent les contrôler. Il y eut à Bologne deux grands clubs d'étudiants, groupés par sociétés de compatriotes, les cismontains (Italiens) et les ultramontaifis (étrangers), qui élirent chacun un président, auquel fut donné le titre der^c/or, terme vague qui s'appliquait alors à toute espèce de fonctionnaires civils et ecclésiastiques. C'était bien là le principe des corporations ouvrières, appelées aussi universitates à cette époque, car le travail effectif était bien dû aux professeurs, pour le bénéfice de leurs élèves, qui devenaient leurs véritables patrons. Le « recteur » élu par les étudiants devait être âgé de vingt-quatre ans au moins. Les professeurs lui prêtaient serment d'obéissance et devaient se conformer aux prescriptions promulguées par les étudiants relativement à la manière de faire les leçons, sous peine de diverses amendes. De leur côté, les professeurs cherchèrent aussi à se constituer en un syndicat professionnel, qui prit un des autres noms par lesquels on désignait les corporations ouvrières en Italie, celui de collegium. Les professeurs, tous Bolonais, n'admirent dans leurs rangs, par voie de cooptation, que des compatriotes. Les membres du syndicat des maîtres furent classés en legentes (professeurs titulaires) et non legentes (maîtres non chargés de cours). Cette organisation, quoique très hybride, puisqu'elle en était arrivée à produire un antagonisme formel entre professeurs et étudiants, servit néanmoins de modèle aux autres universités qui s'organisèrent à la fin du xii® siècle en Italie, et né fut tempérée que par le système qui prévalut à Paris, ou les maîtres prirent dès le début la direction des affaires universitaires.

Paris. La capitale du petit royaume des Capétiens fut le siège d'une école épiscopale qui, après des débuts modestes, grandit avec l'importance croissante de Paris. Le chancelier de Notre-Dame en était le chef. Comme les étudiants, qui venaient de l'étranger dès le commencement du xTi® siècle, ne tardèrent pas à devenir très nombreux, le chancelier de Notre-Dame autorisa un certain nombre de maîtres libres à ouvrir d'autres écoles dans l'île de la Cité et aux alentours, notamment dans les maisons qui s'élevaient sur le Petit-Pont, qui fut probablement le premier « quartier latin » de Paris; plusieurs professeurs, qui, de leur temps, eurent un nom, furent surnommés Parvipontani. Les grandes querelles théologiques du milieu du xii® siècle et la part qu'y prit Abélard inquiétèrent à juste titre le chancelier de Notre-Dame et le rendirent plus circonspect. Dès la fin du xn^ siècle, les professeurs libres se syndiquèrent pour lutter contre le représentant de l'autorité épiscopale, qui n'accordait plus la « licence d'enseigner » et voulait les soumettre entièrement à son autorité. Le chancelier eut pour lui le gouvernement royal (4229), mais le pape se prononça pour r « Université » nouvelle et lui donna sa charte d'organisation (4234). Ces luttes furent très vives et souvent sanglantes. L'Université eut recours à la suspension des cours ou sécession (cessatio) : professeurs et étudiants se dispersèrent, et toute la population scolaire prit le chemin d'Orléans, Angers, Reims, etc., et alla même jusqu'à Oxford fonder la première Université anglaise (4229). Ce procédé était d'ailleurs imité de Bologne, où la cessatio était fréquente et fut la cause première de la fondation des autres universités du N. de l'Italie. A Paris, entre temps, les écoles monastiques qui existaient, à l'usage intérieur des couvents, chez les chanoines réguliers de l'abbaye de Sainte-Geneviève et chez les dominicains de la rue Saint-Jacques, cherchèrent à retenir le monde des étudiants, en rendant pubhc l'enseignement des écoles monastiques. Tous les ordres nouvellement

fondés ou réorganisés firent de même. Ce fut la querelle des ordres mendiants (dominicains, franciscains, carmes, augustins), soutenus par les papes, contre l'Université séculière, dont le principal défenseur fut Guillaume de Saint- Amour (V. ce nom). Le chancelier de Sainte- Geneviève s'érigea en rival de celui de Notre-Dame pour la collation des grades et la surveillance des études. C'est au milieu de tout-^^s ces luttes que la corporation universitaire compléta son organisation intérieure. La portion du corps enseignant qui avait eu l'initiative du mouvement d'indépendance, c.-à.-d. la « Faculté » des Arts {Artistœ), se donna un « recteur » (vers 4^245), comme l'avaient fait les étudiants de Bologne un siècle auparavant, mais ce ne fut qu'au milieu du xiv® siècle qu'il fut reconnu unanimement par les autres facultés comme le chef de la corporation universitaire de Paris. La Faculté de théologie résista jusqu'en 4348. Les étudiants se groupèrent en sociétés de compatriotes, comme à Bologne (V. ci-dessous, § Nations), et les « Facultés » se constituèrent. L'Université garda, de ses premières luttes, un goût prononcé pour la participation aux affaires politiques, notamment pendant les querelles de Philippe le Bel et de Boniface Yllt et surtout pendant les luttes des Armagnacs et des Bourguignons sous Charles VI, avec Jean Petit, Pierre d'Ailly, Gerson, Guillaume Fillastre, etc.

Depuis le milieu du xiii® siècle, les universités furent désignées sous le nom de studium générale ou universale, dénomination qui se référait principalement au monopole qu'elles commencèrent à prendre à cette époque, pour l'enseignement de la théologie, des sciences et des lettres. On les désigna aussi quelquefois par un terme qui s'est conservé en Allemagne dans la langue universitaire, gymnasium. On sait que les libraires, parcheminiers et copistes dépendaient de la juridiction des universités. Tous étaient, ainsi que les professeurs et les étudiants, les sujets on suppositi {en anc. franc., «suppôts») de l'Université.

Organisation des universités du moyen âge. — Constituées dans leurs traits essentiels pendant le courant du XIII® siècle, les universités ont conservé leur organisation générale jusqu'à une époque avancée des temps modernes. Toutes les universités présentent les mêmes rouages fondamentaux, seulement avec des modifications locales : Recteur, Chancelier, Conseil de r Université, Conservateurs des privilèges et Visiteurs, Nations, Collèges, Facultés, Enseignement, Examens, Grades.

Recteur, Le chef de l'Université portait généralement le nom de rector, qui se trouve, dès l'époque romaine, pour désigner le chef d'une corporation, le gouverneur d'une province, le podestat dans les villes italiennes du moyen âge, etc. Le recteur représentait l'Université en tant^que corporation (universitas). Il était, non seulement le chef de tous les membres de l'Université, au point de vue de l'organisation des études, mais aussi le juge de toutes les causes où les membres de l'Université étaient impliqués, ce qui amena de nombreux conflits avec les autorités civiles (V. Paris, Oxford, etc.). Le recteur était généralement nommé pour une période de très courte durée (six mois, à Paris). Il était élu par une assemblée composée d'abord de délégués des étudiants et des maîtres, puis des maîtres exclusivement. Les étudiants, comme aux temps primitifs de Bologne, ont conservé le droit de vote jusqu'au XIX® siècle, dans les universités d'Ecosse, où celles de Glasgow et d'Aberdeen ont encore un recteur triennal élu par les étudiants. Le titre officiel des universités du moyen âge étsàt universitas magistrorum et scolartum.

Chancelier. Le titre de chancelier est un reste de l'organisation primitive dans laquelle l'écolâtre ecclésiastique était le chancelier de la cathédrale, comme celui de Notre- Dame de Paris. Le chancelier subsista dans quelques universités seulement , telles que Bologne , Montpellier, Vienne, etc., et surtout en Angleterre (V. Oxford). Il eut longtemps le caractère de délégué de l'évêque du diocèse : à Paris, il représentait, au moyen âge, l'évêque de

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Paris ; à Montpellier, celui de Magiielone ; à Oxford, celui de Lincoln ; à Cambridge, celui d'Ely, etc. Il présidait aux examens, conférait les grades et exerçait la juridiction dans toutes les affaires du ressort des tribunaux ecclésiastiques. Dans les examens de la Faculté de théologie de Paris, il était représenté par le Paranymphus, qui était censé célébrer les fiançailles du candidat avec la science. Il fut toujours considéré comme un fonctionnaire en dehors de l'Université proprement dite, et il était souvent en conflit avec elle, notamment aux premiers temps de l'existence de l'Université de Paris. Le chancelier n'a conservé de l'importance que dans les universités anglaises.

Conseil de V Université. Le recteur gouvernait avec le concours d'un conseil, lequel est lui-même plus ancien que l'institution du rectorat. Les premières associations de professeurs et d'étudiants eurent le caractère des corporations industrielles du xii® siècle, empreint, en même temps, en Italie, du caractère de l'organisation municipale des villes lombardes. Les conseillers (consiliarii) de l'Université de Bologne apparaissent, dès 1224, comme un corps complètement organisé. Ils étaient élus par les « nations », divisées, au point de vue de l'exercice de leur droit électoral, en petites sections nommées consiliariœ, qui élisaient chacune un ou deux conseillers. Dans les premières universités itahennes, le conseil général de l'Université était formé parla totalité des èin^idiiits (congregatio), qui se réunissaient dans une église ou dans un couvent (Bologne). A Paris, ces assemblées eurent lieu d'abord dans l'église Saint- Julien-le-Pauvre, puis dans l'un des couvents des dominicains, bernardins, mathurins, etc. Le droit de prendre part aux conseils fut de bonne heure restreint à ceux des membres qui avaient le grade de « maître ». Un reste des assemblées en masse des temps primitifs se retrouve dans les mass-meetings des universités anglaises et américaines. Les universités italiennes avaient aussi une sorte de « conseil de perfectionnement » permanent, composé des reformatores studii, et qui prit une si grande importance, au xv® et au xvi^ siècle, que toute la direction des affaires de l'Université passa entre ses mains. Les anciennes dénominations de congregatio et convocatio se sont conservées dans les universités anglaises (V. Oxford). — Les conseils universitaires rédigeaient les statuts généraux, longtemps transmis par tradition orale et dont les plus anciennes rédactions remontent aux premières années du XIII® siècle (Paris, Oxford, etc.). Ces statuts se composaient primitivement de quelques prescriptions fort simples relatives aux examens, aux costumes, etc. Tous les membres de l'Université prêtaient serment solennel d'obéissance aux statuts. Les statuts ne pouvaient être re visés que par une commission de statutarii (Bologne). Le sceau de l'Université était enfermé dans un coffret à quatre clefs et chaque doyen de faculté en gardait une (Paris). (V. l'art. Sigillographie).

Conservateurs des privilèges. Pour mieux défendre leurs droits contre les autorités laïques, les universités se mettaient sous la protection de hauts personnages, généralement ecclésiastiques. Philippe-Auguste nomma le prévôt de Paris conservateur royal des privilèges de l'Université de Paris, mais ce furent ensuite des 'évêques qui exercèrent [cette prérogative. A l'Université de Paris, le conservateur des privilèges fut choisi parmi l'archevêque de Reims ou les évêques de [Meaux, Senlis et Beauvais, avec le titre de « conservateur apostolique ». A Oxford, c'étaîent les évêques de Londres et de Salisbury ; à Salamanque, l'archevêque de Compostelle. Les conservateurs des privilèges avaient leur juridiction spéciale et frappaient les infracteurs au moyen de Texcommunication ou par la cessation des cours publics et la suspension des sermons dans les égUses. — Les privilèges des universités consistaient dans le droit de posséder en mainmorte, le droit de ses membres d'être soumis exclusivement à la juridiction universitaire et l'exemption des impôts personnels,

Nations. La répartition des membres des universités en « nations » est un des principaux caractères des universités anciennes. Les nations étaient à la fois des associations amicales, des confréries religieuses et de petites corporations, s'administrant elles-mêmes, dans l'intéHeur de la grande Université à laquelle elles appartenaient. A la tête de chaque nation se trouvait un procureur (procurator, devenu en anglais proctor) chargé des intérêts matériels et financiers de sa nation. Les nations qui avaient un très grand nombre de membres étaient subdivisées en sections. Bologne comprenait les citramontani (Lombards, Toscans, Romains) et les ultramontani (Français, Picards, Bourguignons, Poitevins, Tourangeaux, Normands, Catalans, Hongrois, Polonais, Allemands, Espagnols, Provençaux, Anglais, Gascons). Les seconds eurent deux nations de plus au xv® siècle (Portugal et Savoie). Paris avait quatre grandes nations : France, Picardie, Normandie et Angleterre (Allemagne au xv® siècle), subdivisées en « provinces » ou « tribus », ayant chacune leur doyen. Montpellier était divisée en Provence, Bourgogne et Catalogne. Prague comprenait quatre nations (Bohême, Pologne, Bavière, Saxe). La petite Université d'Orléans avait ses dix nations (France, Allemagne, Lorraine, Bourgogne, Champagne, Picardie, Normandie, Touraine, Aquitaine, Ecosse) et celle d'Angers en comptait six (Anjou, Bretagne, Maine, Normandie, Aquitaine, France). Les nations portaient les noms des provinces voisines de l'Université et ceux des pays étrangers qui lui envoyaient le plus grand nombre d'étudiants. Les autres pays étaient rattachés à la nation qui leur était le plus congénère : à l'Université de Paris, la Flandre et la Hollande étaient rattachées à la nation de Picardie. Dans les universités allemandes, les nations n*eurent jamais un caractère administratif et individuel aussi développé qu'en France. La division en nations cessa d'être adoptée dans les universités qui furent fondées à partir du xv® siècle, surtout en Allemagne. C'est dans les universités suédoises qu'elle s'est conservé le plus longtemps.

Collèges. Chaque Université avait comme annexes un certain nombre de collèges, plus ou moins nombreux, suivant les divers pays. Les collèges ne furent, à l'origine, que de simples hôtelleries d'étudiants, où ils se réunissaient par groupes de compatriotes et où les prix de location étaient fixés par l'Université d'accord avec les autorités municipales (statuts de l'Université de Paris de 1215 et 4231). Dans chaque hôtellerie (hospicium ou aula, en français te if ^/5, en anglais hall), les étudiants mirent à leur tête un principal ou proviseur choisi parmi eux ou parmi les professeurs de l'Université. Le pensionnat privé existait aussi dès le xiii^ siècle [pœdagogium), mais il ne prit que peu de développement au moyen âge. Dès la fin du XII® siècle, de riches particuliers fondèrent des collèges, dotés de revenus, dans l'île de la Cité, à Paris. Dès le siècle suivant, ces fondations prirent une très grande extension dans les universités de tous les pays. Les ordres monastiques eurent également leurs collèges pour ceux de leurs membres qui affalent étudier dans les grandes universités! Les collèges portaient les noms de leurs fondateurs (Sorbonne, Harcourt, Lemoine, Du Plessis, etc.), des pays des étudiants auxquels ils étaient destinés (Ecossais, Lombards, etc.), plus rarement ceux d'une église ou d'un saint. La liste complète des collèges parisiens est donnée à Tart. Paris (t. XXV, p. 1083), celle de ceux d'Oxford à l'art. Oxford, etc. A partir du milieu du xiu® siècle, les collèges ne furent plus simplement des hôtelleries, mais commencèrent à prendre le caractère de maisons d'éducation, principalement avec la fondation des collèges de Sorbonne et de Navarre (V. ces mots). L'enseignement qui y fut donné n*eut d'abord que le caractère de simples répétitions des cours de 1* Université, données par des maîtres qui allaient assister avec leurs élèves aux cours qui se faisaient dans les locaux de la rue du Fouarre. Peu à peu ces maîtres firent dans les collèges , où ils

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prirent le nom de régents, des cours indépendants, qui reçurent tellement d'importance dans certaines universités, notamment à Paris, qu'ils finirent par supplanter complètement l'enseignement public et commun de l'Université (milieu du xv® siècle). Suivant les ressources dont ils disposaient, les collèges montèrent leur enseignement sur un pied plus ou moins grand : les collèges où l'enseignement était tout à fait complet prirent le nom de « collèges de plein exercice » et furent suivis même par des élèves des autres collèges plus petits et moins bien dotés. C'est ainsi qu'à Paris, au commencement du xvi® siècle, il y avait seulement dix-huit collèges de plein exercice, sur un total de plus de cinquante collèges. Outre les professeurs titulaires, chaque collège avait tout un personnel subalterne portant les dénominations de lecteurs, tuteurs (kngleterre) , etc. En France, les collèges étaient destinés surtout aux étudiants pauvres. En Angleterre et surtout en Allemagne, ils servirent aussi à recruter et à former le personnel enseign an tjdes universités. Les collèges des universités allemandes (Prague, Vienne, etc.) étaient souvent exclusivement réservés aux professeurs et n'admettaient pas les simples étudiants, mais seulement des maîtres es arts.

Les collèges se composaient de membres titulaires (socii ou bursarii, en Angleterre felloîus) et d'élèves ordinaires, qui étaient toujours très jeunes (quatorze à seize ans), et d'étudiants payants, appartenant aux familles aisées de la bourgeoisie et de la noblesse. Le montant annuel de la dépense d'un étudiant dans un collège s'appelait bursa. Le personnel d'un collège n'était pas très élevé, sauf dans les collèges dits de plein exercice, et ne comprenait guère plus de vingt à trente membres, en moyenne. En Allemagne, les membres des collèges où l'on étudiait la théologie et le droit étaient presque toujours pourvus de prébendes canoniales dans diverses églises locales. Dans les universités d'Itahe et d'Espagne, le système collégial n'existait pas, à l'origine, et n'y fut introduitj sur le modèle des collèges fraui^ais, qu'à partir de la fin du XIV® siècle (à Pérouse en 1362, à Padoue en 1363, à Bologne en 1367, à Salamanque en 1386, etc.). Le: étudiants habitaient, soit dans des chambres, comme dans les collèges anglais d'aujourd'hui, soit dans des dortoirs collectifs, usage qui prévalait généralement en France. Une seule chambre servait souvent au logement de deux ou trois étudiants. Les étudiants libres ou non résidents dans les collèges s'appelaient martinets à Paris, chamberdekyns en Angleterre. Sur la vie des étudiants du moyen âge dans les universités, V. les art. Etudiant et Goliard. En Allemagne, les collèges portaient souvent le nom de pœdagogium et quelquefois celui de bursa. En Angleterre, les collèges avaient une indépendance administrative beaucoup plus grande qu'à Paris. Chaque collège avait sa bibUothèque, généralement très riche, et sa chapelle, ainsi qu'un jardin souvent assez vaste. C'est en Angleterre seulement que le système collégial a subsisté ; il a passé de là aux Etats-Unis et au Canada. Les collèges eurent plus d'influence au point de vue de la discipline scolaire qu'au point de vue de l'ampleur des études. — Les collèges étaient généralement placés sous le haut patronage de visiteurs, qui étaient des personnes nommées dans l'acte de fondation ou désignées par l'Université. Les évêques ou archevêques diocésains avaient très souvent ce droit d'inspection. Pour le collège de Navarre, c'était la Faculté de théologie de Paris qui exerçait ces fonctions.

Facultés. Les facultés étaient formées par la répartition administrative des membres de l'Université au point de vue de l'enseignement. L'histoire des origines des universités, à Bologne et à Paris (V. ci- dessus), a montré que les facultés furent d'abord entièrement indépendantes les unes des autres et cherchèrent même à se subjuguer mutuellement avant d'avoir reconnu l'autorité suprême d'un recteur, sorti du sein de l'une d'entre elles. Chaque faculté avait son doyen (decanus) spécial, qui existait déjà à Paris au milieu du xin® siècle et était généralemeiit

le doyen d'âge de la faculté. Jusqu'au commencement du xiv® siècle, les doyens des facultés eurent une grande indépendance vis-à-vis du recteur, avec lequel ils étaient souvent en conflit. La doyen de la Faculté des arts conserva presque toujours beaucoup plus d'importance que ceux des autres facultés, et, en Allemagne, devenait généralement recteur de l'Université. Les facultés n'étaient composées que de membres possédant les grades supérieurs, c.-à-d. les docteurs, les maîtres es arts et quelquefois les licenciés (Caen). Les facultés étaient au nombre de quatre : Tliéologie, Droit, Médecine, Arts (sciences). Le droit comprenait souvent deux sections, droit canonique et droit civil. La Faculté des arts s'appela, i^ans les universités allemandes. Faculté de philosophie, à partir de l'époque de la Renaissance. Ce n'est qu'à une époque très tardive du xni^ siècle que l'on rechercha une répartition proportionnée et harmonieuse des facultés dans les grandes universités. Auparavant, l'une ou l'autre des facultés prédominait, presque jusqu'à l'exclusion des trois autres : droit à Bologne, médecine à Salerne et à Montpellier, arts et théologie à Paris. Chaque faculté distincte portait le nom à'universitas ou de studium et avait ses statuts spéciaux ainsi que ses assemblées particulières. Les statuts généraux ne pouvaient être promulgués qu'avec le consentement des quatre facultés ou à la pluralité des votes des professeurs titulaires (Oxford). En général, les candidats ne pouvaient recevoir leurs grades du chancelier que sur la présentation des doyens de leurs facultés respectives. Dans les conseils généraux des universités, la division par facultés était souvent la base du vote des professeurs.

Enseignement. L'enseignement des universités du moyen âge était donné par des professeurs {professor, magister, doctor, regens), assistés d'auxiliaires, analogues au personnel supplémentaire des universités modernes. Le regens était le professeur qui se chargeait d'un cours pendant une certaine période {regencia), généralement d'une ou deux années. Depuis la fin du moyen âge, le mot régent ne désigna plus guère que le professeur de collège. Les bacheliers suppléaient très souvent les professeurs titulaires. Aux principaux cours étaient attachés àesrepetitores, chargés défaire revoir et d'expliquer, au moyen d'exercices pratiques ou resumpciones, la leçon du maître cBologne). Les cours fondés par des particuliers {collegiaturœ, en anglais professorships) ne datent que de la fin du moyen âge : les plus anciens se rencontrent à Greifswald (v. 1455) et à Oxford (1436 et 1497). Ces cours portent toujours le nom de leurs fondateurs. Grâce à l'institution des collèges, pourvus de leurs maîtres spéciaux, îe professorat, à Paris, resta dégagé de la partie disciplinaire et de tout un côté d'enseignement élémentaire dont il ne s'affranchit jamais complètement en Angleterre. Les professeurs des premières universités, véritables corporations, étaient payés par l'étudiant, qui leur achetait le produit du travail intellectuel qui était leur spécialité. A Bologne, les honoraires du professeur s'appelaient collecta : Odofred se plaignait quelquefois de ce que ses auditeurs ne le payaient pas. Il y eut, à l'origine, des professeurs élus temporairement par les étudiants qui les payaient (Bologne). On sait que le système de la rétribution du professeur par les étudiants s'est conservé dans les universités allemandes. Dans le courant du xiii® siècle, les professeurs des universités italiennes reçurent des traitements fixes (salaria) payés par les gouvernements des républiques ou des petits Etats qui possédaient chez eux des universités.

Les études avaient pour base le triviurri et le quadrivium (V. Quadrivium), quand l'Université comportait une Faculté des arts complète. Le plan généralement suivi dans chaque cours consistait à commenter un texte, d'une manière qui comportait des développements souvent beaucoup plus étendus que le texte lui-même. Ce commentaire était toujours grammatical et technique et formait, en

UiNIVERSlTE

réalité, une suite de digressions qui contenaient le véritable enseignement du maître. Pour la théologie, on expliquait les Sentences de Pierre Lombard (V. ce nom), comme complément pour l'interprétation de la Bible; pour le droit, les textes deJustinien, le Décret de Gratien,les Décrétâtes, etc. ; pour la médecine, outre Hippocrate, Galien et Théophile (médecin byzantin), on se passionna pour les auteurs arabes, traduits en latin par l'entremise des juifs (Avicenne, Ali, Isaac, etc.). La philosophie et les sciences étaient enseignées d'après les dilï'érents ouvrages d'Aristote et au moyen d'un certain nombre de petits manuels élémentaires. La rhétorique consistait tout entière dans la disputatio contradictoire, dont le debate anglais est un dernier vestige, et qui habituait les esprits à soutenir indifféremment le pour et le contre de toute chose. Les cours étaient de deux sortes: ordinaires (sur les textes les plus importants) et extraordinaires (sur les textes et matières secondaires). L'année scolaire s'étendait généralement de la Saint-Remi (1®^ oct.) jusqu'au mois de juin.

L'esprit de l'enseignement était plutôt de s'attacher aux formes et aux mots qu'aux idées. On affinait les intelligences sans leur donner une nourriture véritable. Un tel régime ne pouvait que préparer les redoutables excès de la casuistique des jésuites du xvi® siècle. Le latin était la seule langue dans laquelle se faisaient les cours (à l'exception de quelques cours de la Faculté de médecine).

Les locaux universitaires étaient originairement très défectueux. A Paris, les salles de cours de la rue du Fouarre {Yicus Siramineus) n'étaient que des appartements loués dans des maisons particulières par la corporation des professeurs. Les universités ne commencèrent à posséder des bâtiments spéciaux, en plus de ceux des collèges, qu'à la fin du xiv® siècle. Les salles de cours ne comportaient pas de bancs. Les étudiants écrivaient sur leurs genoux (V. l'art. Scribe) ou sur des escabeaux qu'ils faisaient apporter par leurs domestiques. En hiver, le plancher était jonché de paille.

Examens. Les universités du moyen âge ne connaissaient guère qu'un seul genre d'examen important, celui de la maîtrise, la « licence » n'étant généralement qu'une étape préparatoire pour obtenir ce grade (V. le § Grades).

L'examen de la maîtrise était assez compliqué. Il comportait deux parties distinctes. La première partie avait un caractère presque tout à fait privé (examinaiio, temptamen). Une commission de docteurs désignait au candidat, quelques heures à l'avance, plusieurs passages de textes (puncta) à commenter (Bologne). Le candidat faisait aussi une leçon publique, dite collaiio^ et soutenait en public une petite thèse de son choix, dite quodlibetica (Paris). Dans la Faculté de théologie de Paris, cette soutenance s'appelait tentativa. La seconde partie (inceptio^principium, conventus, aulatio,Glc.^ en Angleterre commencement) était une dissertation publique et contradictoire sur un point de théologie, de droit ou de sciences. Elle avait, au fond, moins d'importance que la première partie, mais donnait lieu à une cérémonie solennelle, dans l'église cathédrale, en présence de toutes les autorités universitaires, municipales, etc. La thèse Sorbonica des examens de la Faculté de théologie de Paris était célèbre (depuis le commencement du xv® siècle). Le candidat était tenu de soutenir oralement sa thèse et de répondre à tous ses contradicteurs ou opposants (opponentes), depuis le lever du soleil jusqu'au soir, pendant une journée entière. Pendant cette séance, le candidat prenait le nom d'mceptor ou defendens. Le grada était conféré par le chancelier (V. ci-dessus), qui remettait le bonnet (biretta) au candidat, qui avait désormais le droit de porter la robe (cappa) de maître. — L'examen du baccalauréat ne se constitua que tardivement (V. ci-dessous, § Grades) et fui une imitation de celui de la maîtrise, comportant également deux degrés.

L'examen îiu doctorat (promotio) était beaucoup

moins difficile que le précédent. Il se développa surtout depuis la fin du moyen âge. Une commission de docteurs de l'Université, au nombre de douze environ, faisait passer cet examen, au xv'^ siècle. Le candidat était investi du grade de docteur au moyen du bonnet doctoral et d'un livre, symbole de sa profession, qui lui était remis par le chancelier, qui lui donnait en même temps le baiser de paix (osculum pacis).

Un caractère distinctif des examens dans les universités médiévales était la liberté laissée aux candidats de choisir eux-mêmes, pour ainsi dire, le degré de difficulté de leurs examens. Quelques traces seulement de cette organisation se sont conservées, notamment à Louvain et dans les universités anglaises. L'examen le plus difficile et le plus complet était qualifié de rigorosum. Les candidats qui le passaient avec succès obtenaient les honores (« honours » des universités anglaises). L'examen ordinaire (transibile) s'adressait aux élèves de force moyenne (« pass examination » en Angleterre). Les universités allemandes décernent toujours des diplômes avec une des trois mentions : summa ciim laude, cum laude et rite. On ne peut nier que ce système n'ait favorisé le succès des candidats. Dans certaines universités dont les registres ont été conservés, il n'est pas rare, surtout en Allemagne, de voir des périodes de plus de vingt années sans qu'il y ait eu un seul condidat refusé.

Les droits à payer pour passer les examens étaient très élevés. On les connaît mal pour la période du moyen âge. Au xvi^ siècle, ils étaient évalués par Ramus à environ 60 livres pour le grade de maître es arts, 880 liv. pour celui de docteur en médecine et 4.000 liv. pour celui de docteur en théologie. Comme les candidats étaient tenus à faire toutes sortes de cadeaux et à donner des banquets et des fêtes à leurs camarades et aux professeurs, la somme totale des dépenses pouvait déjà, deux siècles avant, s'élever à plus de 3.000 liv. tournois (environ 25.000 fr.), au commencement du xiv® siècle,

Grades. Les grades universitaires du moyen âge ont conservé leurs anciens noms presque partout : bachelier, licencié, maître (conservé en Angleterre et aux Etats- Unis) et docteur. Les dénominations de « maître » et de « docteur » furent longtemps synonymes, avec cette différence que la première était principalement réservée à la Faculté des arts, tandis que le titre de docteur, inauguré à Rologne, était généralement réservé aux Facultés de droit.

Le bachelier (baccalarius, baccalaureus) possédait le grade universitaire le plus inférieur. C'était le terme qui désignait, en ancien français, un jeune homme et, en quelque sorte, un apprenti dans le métier de professeur. Très souvent, en effet, les bacheliers faisaient des cours ou des « suppléances », avant d'avoir obtenu aucun grade. Leur position avait des points de rapport avec le moderne Kandidat des universités allemandes et russes. On pouvait devenir bachelier à quatorze ans (Paris). A Bologne et à Paris, le grade de bachelier s'acquérait de droit après cinq ou six années d'études. L'examen proprement dit du baccalauréat était, à partir du milieu du xiii® siècle, la soutenance {determinatio) d'une thèse. A partir du xvi® siècle, le grade de bachelier ne subsista plus qu'en Angleterre, dans toutes les Facultés, et seulement pour la théologie et le droit dans les autres pays.

La licence est, en réalité, le grade universitaire le plus ancien. Elle remonte à l'époque où les écoles cathédrales étaient seules dépositaires de l'enseignement supérieur et ne donnaient pas de grades proprement dits, mais seulement des certificats d'aptitude (licentia docendi). On retrouve un reste de cette institution primitive dans la collation des grades (V. le § Chancelier). Au lieu de cette simple autorisation, d'un caractère presque privé, les universités conférèrent, à partir de la seconde moitié du XIII® siècle, une licence qui comporta le droit exclusif, garanti par l'autorité pontificale ou impériale, d'enseigner dans les universités de tout pays (jus ubique docendi).

UNIVERSITÉ

Jusqu'à l'époque de la Renaissance, le terme « licence » eut généralement une acception restreinte : il signiBait l'autorisation donnée au candidat par les professeurs pour procéder à l'examen (inceptio, etc.) qui devait lui conférer le grade de maître.

Le grade de ^naître {magister) indiquait un membre titulaire de l'Université en tant que corporation, qu'il appartînt au personnel enseignant ou non. Le maître es arts devait être âgé d'au moins vingt ans (Bologne, Paris, etc.). On ne pouvait recevoir le grade de maître qu'au moins six mois après avoir obtenu la licence. On ne devenait maître qu'après six années d'études (Paris), auxm® siècle, et après trois années seulement, depuis la fin du xiv^ siècle. A Oxford, l'examen était remplacé par un serment du candidat sur la réalité de ses études et l'attestation de quatorze professeurs dans le même sens. Le doctorat était le grade suprême. Les docteurs formaient le personnel dirigeant de l'Université. Le docteur recevait un anneau, usage qui s'est conservé dans l'Université de Bologne ; en Espagne, il recevait quelquefois une épée, en signe d'investiture. A Bologne, il fallait dix ans pour devenir docteur en droit civil et en droit canonique (doctor lUriusqiie juris). Pour la théologie, il fallait dix à douze ans. Les professeurs qui avaient le grade de docteur se dispensaient souvent de faire leurs cours personnellement et se faisaient suppléer par des bacheliers, usage qui a persisté dans les universités anglaises. — Les grades honorifiques (honoris causa) furent mis en usage par les papes : les personnes qui en étaient pourvues s'appelaient doctores bullati. Les nobles recevaient généralement leurs grades sans examens, coutume qui n'a disparu que tout récemment à Cambridge. Universités modernes depuis la. Renaissance jusqu'à la FIN DU xviii^ SIÈCLE. — Le grand mouvement de la Renaissance et de la Ré forme on Ré formation {Y. ces mots) exerça une influence sur les universités au point de vue des méthodes d'enseignement et de la nature des études (V. Hellénisme, Humanisme). Quanta l'organisation universitaire, elle resta la même, dans ses grandes lignes, jusqu'à l'époque de la Révolution française.

France. La France fut de toutes les nations européennes celle qui se montra la plus conservatrice. La principale préoccupation de l'Université de Paris fut la défense an gallicanisme (V. ce mot), et elle ne prit que peu de part au mouvement de la Réforme. L'Université de Paris se refusa à toute innovation dans les études (hébreu, langues orientales, etc.), ce qui donna lieu à la fondation du Collège de France. Les projets de réorganisation contenus dans l'ordonnance d'Orléans de 4560 (art. 105), et dans l'édit de Blois (1579) n'eurent pas de suite. Des savants ou des penseurs originaux parurent néanmoins en assez grand nombre dans le corps enseignant (V. Ramée [Pierre de La], Lefèvre d'Etaples, Budé, Postel, Turnèbe, Lambin, etc.). Dans la seconde moitié du xvi® siècle, les jésuites commencèrent à s'emparer de la direction de l'enseignement dans les collèges. Henri ÏV donna à la Faculté des arts de nouveaux statuts qui réorganisèrent les études classiques et y introduisirent définitivement le grec et le latin (1598). ^

Au XVII® siècle, les querelles théologiques occupèrent entièrement l'Université de Paris (V. Jansénisme, etc.). Les collèges des jésuites se multiplièrent dans toute la France (Douai, Pont- à- Mousson, Limoges, Bordeaux, Toulouse, Tournon, Béziers, Aubenas, etc.). L usage des représentations théâtrales de comédies en latin dans les collèges, qui existe encore en Angleterre et aux Etats-Unis, se développa beaucoup depuis cette époque. Mazarin fonda à Paris le collège des Quatre-Nations (V. cet art.).

Louis XIV élabora un projet de réforme universitaire (1667), que les événements qui remplirenf son règne l'empêchèrent de mettre à exécution. Colbert, frappé de la décadence des petites universités depuis deux siècles, voulait les supprimer. Le règne de Louis XIV ne produisit que

les deuxédits royaux sur l'enseignement du droit (1679) et de la médecine (1707) (V. les art. Jurisprudence et Médecine). La collation des grades devint très compliquée (V. l'art. Gradué).

Le grand mouvement réformateur du xviii*' siècle commença à pénétrer dans l'Université de Paris avec Rolli7i (V. ce nom). L'enseignement de l'histoire et de la géographie anciennes et l'étude de la littérature française furent peu à peu introduits dans les collèges. Les principaux exercices des classes de lettres étaient les thèmes, les versions, les vers latins, les « amplifications » ou discours en latin et en français. Les classiques français comprenaient déjà Bossuet, Fléchier, Massillon et autres auteurs ecclésiastiques, mais seulement Athalie et Esther de Racine et aucun ouvrage de Corneille ni de Molière. L'histoire de France, réduite à un résumé chronologique, n'entra dans les programmes d'études que pendant la seconde moitié du xviiie siècle. Au point de vue administratif, l'organisation intérieure des universités avait peu varié depuis le moyen âge. Un essai de création d'un conseil supérieur de l'instruction publique fut tenté par Turgot au commencement du règne de Louis XVI. Dans les collèges, dirigés par un principal, assisté de sousprincipaux, l'enseignement était donné par des maîtres ou régents, des maîtres de conférences (pour la théologie et le droit) et des maîtres surnuméraires. En 1789, il y avait en France vingt-deux universités. La plupart des petites universités étaient presque désertes : Orléans (Faculté de droit) n'avait que 70 élèves. Toulouse, l'une des plus importantes, en avait 870. L'Université de Paris comptait environ 6.000 étudiants, dont 5,000 dans la Faculté des arts. Il y avait à Paris dix collèges « de plein exercice » (Harcourt, Cardinal-Lemoine, Navarre, Lisieux, Plessis-Sorbonne, La Marche, Grassins, Montaigu, Mazarin, Louis-le-Grand). Dans les cahiers de doléances présentés aux états généraux de 1789, les universités françaises demandèrent des réformes dans l'enseignement, et renouvelèrent leurs anciennes prétentions politiques du moyen âge, en demandant à envoyer des députés aux états généraux.

Allemagne. Ce fut le mouvement de la Réforme qui exerça Finfluence k plus directe sur les universilés allemandes. Un grand nombre d'universités purement protestantes furent fondées à partir du premier tiers du XVI® siècle (Marbourg en 1527, eîc). Elles eurent surtout un caractère religieux et administratif et furent destinées à donner des pasteurs et des conseillers aux Etats protestants de l'Allemagne. Les jésuites cherchèrent à contre-balancer l'inQuence des universités protestantes en fondant un assez grand nombre d'universités catholiques (Innsbruck, Wurzbourg, Gratz, Bamberg, Paderborn, etc.^ qui n'eurent jamais un sort très brillant dans l'Allemagne du Nord. L'organisation universitaire se modifia en Allemagne beaucoup plus profondément que dans les autres pays. Les anciens titulaires des chaires collégiales ou collegiati (V. ci-dessus, § Collèges) composèrent le corps permanent des professeurs et prirent le nom de professores ordinarii. Ils étaient investis de l'autorité académique et formaient le senatus academicus, appelé aussi concilium ou consistorium academicum. Ils élisaient annuellement les doyens des Facultés, ainsi que le recteur. Souvent le souverain de l'Etat, ou même un grand seigneur étranger au pays, était nommé rector magnifia centissimus, et le recteur réel de l'université ne portait plus que le titre de prorector. Le roi d'Angleterre, George II, eut cette position honorifique vis-à-vis de Gœltingue, en sa qualilé de suzerain du Hanovre.

L'enseignement subit des Déformes considérables en Allemagne du xvi« au xviii® siècle. On commença par exiger des professeurs « ordinaires » qu'ils fussent en état de faire n'importe lesquels des vingt ou trente cours dont se composait l'enseignement d'une université protestante. Ils se les distribuèrent pour des périodes variables, après

UNIVERSITE

lesquelles ils changeaient de séries (lectiones volventes). Lorsque les nécessités de l'enseignement le demandèrent, des spécialistes furent adjoints aux professeurs ordinaires. Ce fut l'origine des professores extraordinarii, qui prirent une grande importance à partir du xviii® siècle. Les efforts d'un certain nombre d'esprits éminents, Francke, Thomasius, C. Wolf, etc., mirent fin à la scolastique. Le latin fut remplacé par la langue allemande, tant dans l'enseignement oral que dans les publications scientifiques. Les conférences pratiques ou séminaires, qui n'existaient que dans l'enseignement de la théologie et du droit, furent étendues à toutes les branches des études. Le premier séminaire fut celui de Gesner à Gœttingue pour la philologie classique. Les associations d'étudiants du xviii*^ siècle favorisèrent la propagation des idées libérales et philosophiques. La diète impériale supprima ces associations en 1793 (V. l'art. Etudiant).

Angleterre, La Réforme eut d'abord une grande influence dans les universités anglaises, avec Erasme, qui résida à Oxford et à Cambridge, Cranmer, John Fox, etc. Henri VIII soumit aux universités la question du divorce royal. Les universités anglaises évitèrent les discussions théologiques proprement dites et furent toujours en relations étroites avec l'Etat et avec l'Eglise anglicane. Pendant la seconde moitié du xvi® siècle, le puritanisme prit naissance à Cambridge et atteignit son apogée au milieu du siècle suivant (V. Puritains). Dans l'enseignement des sciences, le système de Bacon fut adopté au xvii® siècle. Cambridge, principalement avec Newton, se fit une grande réputation pour l'étude des mathématiques et de la physique. Au xviii® siècle, les méthodes d'éducation furent modifiées par l'introduction des examens écrits. Quant à l'organisation universitaire proprement dite, elle subsista telle qu'elle s'était constituée au moyen âge et sans aucun changement fondamental.

Les autres pays où le régime universitaire était développé, l'Italie et surtout l'Espagne, se maintinrent strictement dans les données de h tradition du moyen âge.

Universités du xix® siècle. — Allemagne. Après avoir progressé d'une façon continue depuis la Renaissance et surtout pendant le xyiii® siècle, les universités allemandes se sont placées à la tête du «mouvement scientifique, dans le courant du xix® siècle. Elles commencèrent à prendre un rôle politique et social sous Napoléon I<^^, en organisant la résistance contre l'influence de la France (V. Tugendbund, Kcerner, etc.). Après la chute du premier Empire, les universités allemandes développèrent rapidement leur individualité scientifique et cherchèrent souvent à prendre, dans la discussion des grandes questions sociales, une attitude d'indépendance qui leur attira plusieurs fois les rigueurs des gouvernements monarchiques (V.Goettingue, en 1837). Ralliées à l'idée de l'unité allemande, elles sont devenues, depuis une trentaine d'années, les plus fermes soutiens du nouvel empire d'Allemagne. Dans leur organisation intérieure, les universités allemandes modifièrent profondément la constitution traditionnelle du moyen âge. Dans la seconde moitié du xix® siècle, les antiques facultés furent souvent dédoublées, pour pouvoir cadrer avec les progrès des sciences. On créa une faculté spéciale pour V économie politique et on scinda, la Faculté de philosophie en deux sections (Histoire et Sciences mathématiques et naturelles), ainsi que la Faculté de théologie (protestante et catholique). Le professorat se développa par l'extension donnée aux cours fibres, non rétribués par l'Etat, mais payés par les élèves qui les suivent (V. Professeur et Privat-Dozent) . Les « séminaires » des différentes facultés devinrent les foyers les plus actifs de la recherche scientifique. Le professeur n'est jamais devenu un fonctionnaire. L'avancement de la science est considéré comme sa mission première. Les bourses d'étude istipendien) ont été multipliées d'une façon très libérale. On sait que les étudiants poursuivent leurs études dans

plusieurs universités différentes et ne restent souvent pas plus d'un semestre dans la même université. Au point de vue administratif, l'université allemande a conservé une indépendance relative, qui consiste principalement dans l'élection du recteur, du sénat académique et des doyens des Facultés. La présentation aux chaires professorales est faite par l'Université, la nomination des professeurs est réservée à l'Etat représenté par un ministre impérial. Un Kurator est souvent adjoint au sénat pour lecontrôler. Le recteur, avec les doyens et quelques autres membres électifs, forment le « petit sénat » {Ënger Sénat). La juridiction universitaire a été définitivement supprimée par la loi de 1879, sauf pour les amendes jusqu'à 20 marks et l'emprisonnement jusqu'à quatorze jours. Les attributions de V Universitdtsrichter [Syndikus) ont été rattachées à celles du secrétariat universitaire.

Les associations d'étudiants sont plus florissantes qu'au moyen âge. La plus ancienne est VOnoldia (Erlangen), fondée en 1798. Viennent ensuite la Saxonia, la Lusatia (Leipzig), la Rhenania (Ronn), VArminia (léna), etc. Les congrès annuels des étudiants ont lieu depuis 1848. Le costume célèbre des étudiants allemands et leurs duels, obligatoires dans certaines sociétés, sont loin d'avoir disparu des mœurs universitaires (V. Etudiant).

On trouvera des détails statistiques sur l'état actuel des universités germaniques mx II Instruction publique des art. Allemagne (t. II, p. 28), Autriche-Hongrie (t. IV, pp. 793-94), Suisse (t. XXX, p. 674), Pays-Ras (t. XXVI, p. 166), Norvège (t. XXIX, p. 680), Suède (t. XXIX, p. 670), etc. Chacune des grandes universités a, en outre, un article spécial, à son nom, dans la Grande Encyclopédie.

France. Les universités françaises se montrèrent favorables au mouvement de la Révolution. Aprèslel4juil. 1789, l'Université de Paris félicita le maire de Paris pour la prise de la Rastille. En 1 791 , les universités furent rattachées au ministère de l'intérieur. En 1793, elles furent supprimées. On projeta de leur substituer des écoles spéciales, distribuées sur toute la surface de la France : médecine à Paris, Strasbourg et Montpellier ; histoire naturelle, à Grenoble et Nancy ; économie politique, à Caen ; langues vivantes, àRordeaux, etc. La période révolutionnaires'occupa surtout de l'enseignement secondaire (V. Ecoles CENTRALES ct Lycée). Le premier empire réorganisa les universités sous forme de facultés et à' académies (V. Faculté). Complètement unifié et rigoureusement centralisé, le corps universitaire (dans son ensemble, V Université de France) ne forma plus qu'une immense armée hiérarchiquement organisée, sous le commandement général du grand maître, avec des corps d'armée régionaux {académies), et des états-majors locaux (facultés). Tout ce qui restait de vie intellectuelle dans les provinces, à l'époque de la Révolution, fut étouffé par ce régime (V. l'art. Facultés, § Instruction publique). VEcole normale supérieure (V. cet art., t. XV, p. 378) ne donna à la France qu'un très petit nombre de savants. En revanche, elle eut le mérite de se mettre à la tête du mouvement politique dirigé contre le pouvoir monarchique ou impérial et qui aboutit à la fondation de la troisième république (1870). Jusqu'à cette époque, tous les essais de réorganisation de l'enseignement supérieur eurent lieu en dehors de l'Université proprement dite (V. Chartes [Ecole des] et Ecole des Hautes Etudes, t. XV, p. 381). En 1875, la liberté de l'enseignement supérieur fut rétablie, ce qui amena la fondation des universités catholiques. L'enseignement supérieur fut amélioré, dans les facultés des sciences et des lettres, principalement sous la direction de A. Durnontet de L. Liard (V. ces noms). La réorganisation des universités fut réalisée par une série de réformes qui portèrent sur une période de plus de dix années. Les décrets des25 juil. et 28 déc, 1885 rendirent aux facultés la personnalité civile (capacité de posséder, de recevoir et d'acquérir) et organisèrent le Conseil général des fa-

UNIVERSITÉ

cultes. En 1890, les crédits affectés par l'Etat au:!?: facultés furent transformés en subventions, dont les facultés eurent la gestion directe. En 1893, le corps des facultés, dans son ensemble, reçut la personnalité civile. Enfin, la loi du 10 juil. 1896 constitua les corps de facultés en universités, leur donna une juridiction disciplinaire et contentieuse et leur réserva une partie des droits pécuniaires d'étude. Pendant la même période, la collation des grades subit aussi des réformes importantes, destinées surtout à permettre aux candidats de se spécialiser {V. Grades, Baccalauréat, Licence, Agrégé, Docteur). Ces réformes ont rendu une nouvelle vigueur aux universités françaises. Paris, qui est la première université du monde pour le nombre des étudiants et des professeurs, a un chiffre total d'étudiants très supérieur à 10.000. Les universités provinciales ont souvent vu doubler leurs ressources matérielles. L'Université de Lyon avait, en 1899, sur un revenu total de 1.318.600 fr., un budget personnel de 433.776 fr. de recettes, dont 179.116 fr. de subvention de l'Etat, 221.000 fr. de produits de droits scolaires, P^O.260 fr. de libéralités diverses (dons, legs, subventions municipales et départementales, etc.). L'université avait déjà des fonds placés, dont les intérêts étaient de 2.200 fr. (livret de Y Université de Lyon, 1900, in-4, pp. 95-98). Les ressources personnelles des universités leur permettent de fonder des bourses et des prix (V. ces mots), de créer des enseignements nouveaux (cours complémentaires, cours d'histoire et d'archéologie locales, etc.), d'accroître les bibliothèques, les laboratoires et les collec-

tions, enfin d'amortir les emprunts qu'elles ont pu contracter.

Angleterre. L'organisation traditionnelle du moyen âge subsista dans les universités anglaises pendant la plus grande partie du xix® siècle. Les conditions de foi religieuse, qui excluaient des universités les candidats catholiques et par conséquent les Irlandais, ne furent supprimées qu'après 1850. Une réforme importante (1854) donna à l'Etat le contrôle de la gestion financière des universités, fit contribuer les collèges aux dépenses générales universitaires et modifia l'administration (V. Oxford). Les universités anglaises continuèrent néanmoins à rester en quelque sorte les grands séminaires de l'Eglise anglicane. Les étudiants furent dispensés de la résidence obligatoire dans les collèges en 1869 seulement. L'enseignement ne commença à être mis au niveau de la science contemporaine, sur le modèle des universités allemandes, que dans les trente dernières années du xix® siècle. Le principal événement de l'histoire moderne des universités anglaises est peut-être le développement de 1' « extension universitaire » {university extension), organisée vers 1860 (V. le § Extension universitaire). L'enseignement supérieur anglais a un caractère pratique et général. Il est surtout destiné à former les jeunes gens de bonne famille à la vie politique et à donner une culture générale aux élèves de 1' « extension universitaire ».

Etats-Unis. L'enseignement supérieur a pris, à la fin du xix^ siècle, un développement très rapide dans les Etats-Unis d'Amérique. Sur un total de plus de 350 col-

WM^i^l

Université de Cornell (Etats-Unis).

lèges, on ne pouvait guère compter, il y a une dizaine d'années, qu'une douzaine de grandes universités. Aujourd'hui plus de 60 établissements peuvent être rangés dans la catégorie des universités proprement dites. Sur ce nombre, 27 comptent déjà plus de 1 .000 étudiants (V. ci-après le § Statistique des universités). Les universités américaines se répartissent en deux grandes catégories : les universités privées et les universités d'Etats.

Les universités privées sont fondées grâce à la munificence d'un donateur particulier (V. Harvard, Cornell, HoPKiNS, etc.). Elles sont dirigées par un conseil supérieur d'administration, dont les membres, au nombre de 10 à 20 environ, s'appellent généralement trustées ou overseers, et aussi curators, governors, régents, etc., avec un recteur ou président à leur tête. A côté de ce conseil se trouve le conseil de l'Université, souvent ap-

pelé Faculty , composé des professeurs et chargé de la direction des études et de la discipline intérieure de l'Université. Des comités permanents [standing committee) ou temporaires ont dans leurs attributions les examens d'entrée, la surveillance des étudiants, l'extension universitaire, la gymnastique (athletics), etc. L'Université Harvard offre ce système dans sa forme la plus parfaite : le conseil supérieur d'administration est dédoublé en Corporation (conseil de sept membres se recrutant lui-même) et en Board of overseers (conseil de trente membres^élus pour six ans par les anciens élèves diplômés). Les of^rs^^ï^s forment quarante comités d'inspection. —Les universités privées sont très riches. En 1898, l'Université Leland Stanford avait un capital de 15 millions de dollars (env. 75 millions de fr.); Harvard, 12 millions ; Cornell, 6.500.000 ; l'Université de Chicago, 5 millions, etc.

UNIVERSITÉ

Les dons et legs augmentent en raison directe de la prospérité nationale : en 4898, l'Université Leland Stanford recevait 11 millions de dollars ; Chicago, 787.000 dollars ; Harvard, 1.550.000 ; Cornell, 64.000; etc. Les dons des particuliers ont généralement une affectation déterminée, cours, bourses, édifices, etc., qui portent les noms de leurs fondateurs. L'un des dons les plus célèbres a été celui qui a permis la création de l'observatoire du mont Hamilton en 1875, moyennant 700.000 dollars donnés par le millionnaire J. Lick à l'Université de Californie. En général, la fondation d'une école spéciale ou d'un édifice représente un don d'environ 200.000 dollars, celle d'un cours (professors hip) 80.000 dollars, un cours auxiliaire, 10.000, une bourse, 2.000.

Les universités d'Etats sont administrées par un conseil de direction {boarcl of régents)^ dont le gouverneur de l'Etat et le « superintendant » de l'instruction publique de l'Etat font toujours partie, avec un certain nombre d'autres personnes, appartenant généralement au monde politique. Leur budget est relati^ement peu élevé (environ un demi-million de dollars en moyenne).

Elles sont dotées au moyen de larges concessions de terres, comprenant plusieurs milliers ^' acres, au moyen de taxes spéciales et de quelques donations privées. 'La plus grande initiative est laissée à chaque Université dans son organisation intérieure et il n'y a pas deux constitutions universitaires absolument semblables. Les universités d'Etats ont aboli les conditions de religion pour l'admission des étudiants et sont dites non-sectarian ou undenominalionaL

Une des caractéristiques des universités des Etats-Unis est l'admission des femmes [co- éducation) . Peu développée à Boston, New York et dans les anciens états, la « co-education » est très répandue dans la partie occidentale des Etats-Unis : à l'Université Cornell, sur 2.201 étudiants, il y avait (en 1899) 316 femmes. Cette proportion atteint plus du tiers dans l'Université du Kansas (418 femmes sur 1.087 étudiants) et dans celle de Nebraska (591 femmes sur 1.572 étudiants) et près de la moitié dans l'Université de Californie (908 femmes sur 2.439 étudiants).

Autres pays. L'influence de l'Allemagne a prédominé dans la réorganisation des universités delà plupart des pays de l'Europe, en Italie (V. cet art. t. XX, p. 1049), au Portugal (t. XXVIÏ, p. 384), en Belgique (t. VI, p. 8), etc. La Russie (t. XXVIII, p. 1183) s'est inspirée à la fois de l'organisation allemande et de l'organisation française. — Les pays de l'Orient ne sont pas restés étrangers au mouvement universitaire. Le Japon (V. ce mot, t. XXI, p. 31) a imité tout ensemble les universités européennes et les universités américaines. Les anciens pays de l'Orient ont aussi leurs universités autonomes. Les Arabes eurent des écoles florissantes à Bagdad, Damas, Syracuse, Cordoue, Tolède, etc. La plus fameuse Université du monde musulman est celle du Caire, fondée au x® siècle (V.AzHAR[Al] et Caire, t. VIII, p. 792).

Statistique des universités. — Les universités sont rangées dans l'ordre alphabétique des pays actuels, avec les dates de fondation. Les universités ayant plus de 2.000 étudiants (en 1900) sont marquées de deux astérisques ; celles qui en ont de 1.000 à 2.000, d'un astérisque.

Afrique du Sud. Le Cap, 1873.

Allemagne. Altorf (Nuremberg), 1575-1809; Bamberg, 1648-1803; ^^Berlin, 1810; *^Bonn, 1817; ^Breslau, 1702 ; Cologne, 1388-1797 ; Dillingen (Augsbourg), 1554-1804; Duisbourg, 1655-1818; Erfurt, 1379-1816; *Erlangen, 1743; Francfort-sur-l'Oder 1506-1811 ; ^Fribourg-en-Brisgau, 1455 ; Fulda, 1734' 1805 ; Giessen, 1607 ; ^Gœttingue, 1734 ; Greifswald,- 1455; ^Halle, 1694; ^Heidelberg, 1385; Helmsta^.dt, 1571-1809 ; Herborn, 1584-1817 ; léna, 1558; Ingolstadt, 1459-1802 ; Kiel, 1665 ; Kônigsberg, 1544 ; Landshut, 1802-26 ; "^Ueipzig, 1409 ; Mayence, 1476-

1798; ^Marbourg, 1527; *^Munich, 1472 ; Munster, 1631-1818; Osnabruck, 1630-33 ; Paderborn, 1615- 1819; Rinteln, 1621-1809; Rostock, 1419; ^Strasbourg, 1567; Stuttgart, 1775-94 ; Trêves, 1454-1797; ^Tubingen, 1476 ; Wittenberg, 1502-181 5 ; *Wurzbourff,

Amérique du Sud. Buenos-Aires (Rép. Argentine) ; Cordoba (Rép. Argentine) ; *La Havane (Cuba), 1728 ; Lima (Pérou) ; Montevideo (Uruguay), 1876 ; Ouro Preto (Brésil), 1893 ; Quito (Equateur) ; ^Santiago (Chili),

Australie. Adélaïde, 1874 ; Melbourne, 1853 ; Nouvelle-Zélande (Otago), 1870; Sydney, 1851.

Autriche-Hongrie. Agram (Croatie), 1877 ; *^Budapest (Hongrie), 1389 ; ''Cracovie (Pologne), 1364 ; Czernowitz (Bukovine), 1735; Debreczin (Hongrie), 1531; Funfkirchen ou Pecs (Hongrie), 1367-1543; *Gratz, 1585 ; Grosswardein (Hongrie), 1788 ; *Innsbruck, 1672 ; Klausenbourg ou Kolozsvar (Hongrie), 1872 ; *Lemberg ou Lwow (Pologne), 1784 ; Linz, 1636 ; Olmutz, 1581- 1853 ; **Prague (Bohème), 1347 ; Presbourg ou Poszony (Hongrie), 1465 ; Salzbourg, 1623-1810; ^*Vienne,

Belgique. ^Bruxelles, 1837; Gand, 1816; ^Liège, 1816; ^Louvain, 1425.

Bulgarie. Sophia, 1888.

Canada. Kingston, 1840; ^Montréal, 1821 ; Québec, xvn^ siècle ; ^Toronto, 1827.

Danemark. **Copenhague, 1478.

Egypte. ^^Lq Caire, x^ siècle.

Espagne. Alcala-de-Hénarès , 1499-1836 ; Avila, 1482-1808 ; ^Barcelone, 1450 ; Grenade, 1531 ; Huesca, 1359-1808; Lérida, 1300-1808; ^^Madrid, 1770; Oviedo, 1580; Palencia, 1212-1808; Palma, 1483- 1836 ; *Salamanque, v. 1220 ; Santiago, 1504 ; Saragosse, 1474; Séville, 1504; Siguenza, 1470-1808; Valence, 1500 ; Valladolid, v. 1250.

Etats-Unis. Adelbert ou Western-Réserve, à Cleveland (Ohio), 1826 ; Amherst (Massachusetts), 1821 ; Barnard (femmes), à New York ; Bowdoin (Maine), 1794 ; Brown, à Providence (Rhode-Island), 1764; Bryn-Mawr (femmes), (Pensylvanie), 1880; ^'^Californie (à Berkeley- San-Francisco), 1868; Caroline du Nord(àChapell-Hill), 1789; catholique (à Washington), 1791 et 1889; ^^Chicago (Illinois), 1890,'; ^Cincinnati (Ohio), 1870; Clark, à Worcester (Massachusetts), 1887 ; **Columbia (à New York), 1754 ; Colombienne (à V^ashington), 1821 ; Colorado (à Boulder), 1877 ; ** Cornell, à Ithaca (Et. de New York), 1865; Dakota du Nord, 1883; Dartmouth (New Hampshire), 1769; Denver (Colorado), 1881 ; De- Pauw (Indiana), 1837; Hamilton (Et. de New York), 1793; '*'*Harvard, à Cambridge-Boston (Massachusetts), 1636; Haverford (Pennsylvanie), 1830; *Hopkins (John) (à Baltimore), 1876; ^Illinois (à Champaign), 1868; ^Indiana (à Bloomington), 1825 ; *Iowa (à lowa-City), 1855 ; ^Kansas (à Lawrence), 1866; *Lake-Forest (Illinois), 1876 ; Lehigh, à South-Bethlehem (Pensylvanie), 1866 ; ^Leland-Stanfdî•d-j«^ à Palo-Alto (Californie), 1885; ^Manille (lies Philippines), 1605; **Michigan (à Ann-Arbor), 1837 ; Middletown (Connecticut), 1831 ; ^^Minnesota (à Minneapolis), 1851 ; Missouri (à Columbia), 1839 ; ^Nashville (Tennessee), 1785 ; *Nebraska (à Lincoln), 1871 ; **New York (à New York), 1849 ; ^^North western, à Evanston (Illinois), 1851 ; Oberlin (Ohio), 1833; ^Ohio (à Columbus), 1870; ^^Pensylvanie (à Philadelphie), 1749 ; "^Princeton (New Jersey), 1746; Radcliffe (femmes), à Cambridge-Boston (Massachusetts); Rutgers (New Jersey) ,1772; ^Saint-Louis (M issouri) ,1853; Smith (femmes), à Northampton (Massachusetts); Stanford, V. Leland Stanford; Tulane (Louisiane), 1884; Vanderbilt, à Nashville (Tennessee), 1873 ; Vassar (femmes), à Poughkeepsie (Et. de New York); Vermont (à Burlington), 1 800 ; Virginie (à Charlottesville), 1818 ; Washington-and-

UNIVERSITE

Lee, à Lexington (Virginie), 4749; Wellesley (femmes), (Massachusetts), 4875; ^W^esleyenne, à Delaware (Ohio), 4844 ; William- and-Mary, à Williamsburg (Virginie), 4693; Williams (Massachusetts), 4785; *Wisconsin (à Madison), 4849; "^^Yale, à New-Haven (Connecticut),

France. Aix, 4409 ; Alger (Algérie), 4849; Angers, V. 1220-4793 et 4875 (cathol.); Avignon, 4303-1793; Besançon, 1485 ; 'Bordeaux, 4444 ; Bourges, 4464- 4793 ; Caen, 4431 ; Cahors, 1332-1793 ; Clermont, 4808 ; Dijon, 4722; Dole, 4422-4694; Douai, 4530-4790; Gray, 1287-4793; Grenoble, 4339; *Lille (Douai), 4808 et 4875 (cathol.): '^'^Lyon, 4808 et 4875 (cathol.); Marseille (sciences) ; Montauban (théol.); '^Montpellier, V. 4425; Nancy, 4572 ; Nantes, 4460-4793; Orange, 4365-4793 ; Orléans, v. 4200-4793; **Paris, v. 4450; Pau, 4722-4793; Perpignan, 4349-4793; Poitiers, 4434; Pont-à-Mousson, 4572-4768; Reims, 4550- 4793 ; ^Rennes, 4735 ; ^Toulouse, 4230 ; Valence, 4459-4793.

Grande-Bretagne. Aberdeen (Ecosse), 4494; Bangor (Galles), 4884; '^^Gambridge (Angleterre), v. 4240; Cardiff (Galles), 4883 ; ^Dublin (Irlande), 4594 ; Dundee (Ecosse), 4880;Durham (Angleterre), 1657 ; **Edimbourg (Ecosse), 4582 ; ^Glasgow (Ecosse), 4450 ; Londres, 4826; ""^Manchester (Angleterre), 4854; Nottingham (Angleterre), 4880; **Oxford (Angleterre), v. 4470; Saint-Andrews (Ecosse), 1413.

Grèce. ^^Athènes, 4837 ; Corfou, 4824-65. Indoustan. Allah abad ; Bombay, 4857 ; Calcutta, 4857 ; Lahore, 1882 ; Madras, 4857.

Italie. Arezzo, v. 4245 ; *Bologne,v. 4400 ; Cagliari, 4596; Catane, 4444; Ferrare, 4394 ; *Florence,4349; *Gênes, 4842; Macerata, v. 4290; Messine, 4548: Modène, 4683 ; **Naples, 1224 ; *Padoue, v. 4222 ; Talerme, 4394 ; Parme, 4422 : Tavie, 4364 ; Pérouse, 4308; *Pise, 4343; Plaisance, 4248; Reggio,Y. 4480; *'^Rome,4303 ; *Rome (univ. pontificale), 4244 ; Salerne, V. 4050-4847 ; Sassari, 4556; Sienne, 4246; Trévise, 4318 ; ^^Turin, 4405 ; Verceil, 4228 ; Vicence, 4204. Japon. *'*'Tokio, 1868.

Norvège. "^Christiania, 4844.

Pays-Bas. *Amsterdam,4875; Delft, 1864 ; Franeker, 4585-4846 ; Groninsjue, 4644; Ilarderwijk, 4600-4816; Leyde, 4575 ; Utrecht, 4636.

Portugal. *Coïmbre, 4308 ; Lisbonne, 4290. Roumanie. "^"Bucarest, 4864; lassy, 4860. Russie. Abo (Finlande), 4640-4826 ; *Dorpat ou Jurjew (louriev), 4632 ; ^^Helsingfors (Finlande), 4826 ; laroslavl ou Yaroslaw, 4805 ; Kasan, 4803 ; *Kharkov, 4804 ; **Kiev, 4835 ; **Moscou, 4755; Odessa, 4864; ^'^^Saint-Pétersbourg, 4849; Tomsk (Sibérie), 4888; "^Varsovie (Pologne), 4816-32.

Serbie. Belgrade, 4867.

Suède. GôteW^, 1887; Lund, 4666; ^Upsal, 4477. Suisse. Bâle, 4459 ; Berne, 4834 ; Fribourg, 4889 ; Genève, 4559; Lausanne, 1537; Neuchâtel ou Neuenburg, 4866; Zurich, 4833.

Extension universitaire. — Vulgarisation, pour les adultes, des connaissances de l'enseignement supérieur par des membres de l'enseignement supérieur, étudiants ou professeurs. C'est en Angleterre, depuis 4867 environ, que VUniversity Extension, favorisée par le développement du réseau des chemins de fer de la Grande-Bretagne, a pris naissance. Le professeur Stuart, de l'Université de Cambridge, fit, en une série de conférences populaires, un cours d'astronomie à Liverpool, Manchester, Sheffield et Leeds. Les municipalités fournirent les fonds et le matériel d'installation nécessaires : 4.500 à 2.000 fr. suffisaient pour organiser un cours. Ces cours comprennent des exercices hebdomadaires et un examen final, dirigé par un examinateur appartenant à l'université d'où vient le professeur. Des sommaires imprimés (syllabus) sont

GRANDE ENCYCLOPÉDIE. — XXXL

mis à la disposition des élèves pour leur permettre de préparer et de revoir les matières qui font l'objet de l'enseignement. On délivre deux sortes de certificats, correspondant aux notes bien (Pass) et très bien (Distinction). Les cours portant sur trois années consétmtives sont comptés comme équivalant à une année d'études à l'université même, et les élèves de ces cours sont dits « étudiants affiliés à l'université ». Ils peuvent obtenir ensuite les grades universitaires après deux ans de résidence seulement à l'université.

L'extension universitaire a pris un grand développement aux Etats-Unis depuis une vingtaine d'années. Elle fait l'objet d'un « département » spécial à l'Université de Chicago. En Europe, elle s'est développée surtout en Belgique. En France, elle commence à faire des progrès (Universités populaires, etc.). E.-D. Grand.

BiBL.: 1. Cartulaires d'universitk?.— Lescartulaires, statuts, privilèges, etc., des universités du moyen âge commencent à être publiés en assez grand nombre, surtout depuis les centenaires universitaires de la fin du xix" siècle. Pour la France, une publication collective des Statuts et iirivilèges des universités françaises depuis leur fondation jusqu'en 1780 (Paris, 1890-94, 4 vol. in-4) est citée en abrégé ciraprès, sous le nom)de son éditeur, M;. Fournier.

— Aix. Statuts, publiés par Fournier, t. III, pp. 1-32 (xv siècle); Statuta (1420-40), p. p. Blacas (1667). — Alcala de Henares. Constitutiones (1560). — Angers. Statuts, p. p. Fournier, 1. 1, pp. 261-436 (xiir-xv» siècles); Statuts (1406- 98), p. p. C. Port (1878). — Avignon, Cartulaire, p. p. Laval (1884) ; Statuts, p. p. Fournier, t. II, pp. 301-535 (xiii«xv" siècles). — Besançon. Statuts, p. p. Fournier, t. III, pp. 97-144 {kw siècle). — Bologne. Statuta et Privilégia de 1432 (1561), etc., réunis dans Statuti, p. p. Malagola (1888) ; Acta nationis Germanicse, p. p. Friedlânder et Malagola (1887); I Rotuli dei lettori legisii e artisfi (1384- 1799), p. p. Dallari (1888-91). — Bordeaux, Statuts, p. p. Fournier, t. III, pp. 337-60 (xv siècle) ; Statuta (1694) ; Statuts et règlements, p. p. Barckhausen (1886). — Bourges. Statuts, p. p. Fournier, t. III, pp. 413-39 (xv siècle). •— Caen. Statuts, p. p. Fournier, t. itl, pp. 145-282 (xv« siècle). — Cahors. Statuts, p. p. Fournier, t. 11, pp. 537-650 (xiv«-xv^ siècles). - Cambridge (Angleterre). Prit)ilegfes, p. p. Dyer (1824) ; Documents relating to the university and collèges (1852); The ancient laws of the fifteenth century for King's Collège, p, p. Heywood et Wright (1850).

— Coimbre. Estatutos (1593) ; Catalogo dos pergaminhos do cartorio da univ. de Coimbra (depuis 1381), par Monte Pereira (1881).— Cologne. Matrikel (1389-1559), p.p. Keus- SEN et W. Sghmitz(1892 et sui v.). — Cracovie. Acta Rectoralia (1469-1501), p. p. Wislocki(1893) ; Codex diplomaticus univ. studii gen. Cracoviensis, p. p. anonyme (1870) ; Statuta necnon liber promotionum philosophorum ordinis {l(i02-18^9), p. p. T. M. (1849) ; Das atteste Matrikelbuch, p. p. Zeissberg (1872) et Pelczar (1887); Regestrum bursse Hungarorum {l^i93-1558), p. p. K. Schrauf(1894).

— Dole. Statuts, p. p. Fournier, t. III, pp. 97-144 (xv siècle). — Erfurt. Akten, p. p. J.-C.-H. Weissenborn et A. Hortzschansky (1881-99). — • Florence, Statuti, p. p. Gherardi (1881). — Francfort-sur-rOder. Matrikel (1506- 1811), p. p. E. Friedlânder (1888-91). — Fribourg-en- Brisgau. Ûrkunden, p. p. anonyme (1875) ; Analecta,p. p. Rieggerus (1774). — Glasgow. Munimenta univ. ulasguensis (1450-1750), p. p. C. Innés (1854). — Greifswald. Matrikel (U56-16^5), p. p. E. Friedlânder (1893). — Grenoble. Statuts, p. p. Fournier, t. Il, pp. 723-28 (xiv« siècle). — Heidelberg. Urkundenbuch, p. p. W'inkelmann (1886) ; Matrikel (1385-1662), p. p. Tœpke (1884-93) ; Statuten und Reformationen (xvio-xviii* siècles), p. p. A. Thorbecke (1891). — Huesca. Constituciones (1624). — Leipzig. Urkundenbuch, p. p. Stubel (1879); Statutenbûcher, p. p. F. Zarncke (1861); Acta Reclorum (152 ^i- 1559), p. p. F. Zarncke (186r) ; Matrikel (1409-1559), p. p. G. Erler (1896-97). — Lerida. Statuts et privilèges (xiv siècle), p. p.ViLLANUEVA, dans|yiagfe literario, t.XVI (1851). — Louvain. Statuts primitifs de la Faculté des arts, p. p. Reusens (1867) ; Anciens statuts de la Faculté de médecine, p. p. De Ram (1863) ; Analectes, p. p. De Ram et Namèche (1838-80); Documents, p. p. Reusens (1881 et suiv.) ; Privilégia (1728) ; Jura et Privilégia (1787). — Montpellier. Cartulaire (1181-1400)., t. I (1890) ; Statuts, p. p. Fournier, t. II, pp. 1 et suiv. (xii^-xv* siècles). — Nantes. Statuts, p. p. Fournier, t. III, pp. 33-96 (xv siècle) ; Leges et statuta (1651). — Orange. Statuts, p. ç. Fournier, t. II, pp. 717-22 (xiiie-xiv« siècles) ; Institutio, privilégia, statuta, etc. (1718). — Orléans. Statuts, p. p. Fournier, 1. 1, pp. 1-259 (xiiP-xvi» siècles).— Oxford. Statutes of the Collèges (1853) ; Laudian Code of Statutes (1634), p. p. Griffiths (1888) ; Enactments in Parliament, p. p. Griffiths (1869) ; Munimenta Academica (registres du Chancelier, des Proctors, de la Convocation et de la Cour du chancelier) ; Register of the university of Oxford (lk^9-1622), p. p. Boase et Clark (1885-89) ; GoUectanea,

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