‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 305 sur 633 · URBAIN · texte numérisé non relu

URBAIN

reurde Constantinople, y vinrent demander secours contre les infidèles. Le pape le leur fit promettre, et prêcha luimême la croisade. Au concile de Clermont (V. ce mot), il paraît bien établi que ce fut lui, non Pierre d'Amiens qui prononça le discours qui enflamma l'enthousiasme de tous les assistants. Ce discours, conservé par Tévêque Baudry, se trouve dans le recueil de Watterich. Jérusalem fut prise par les croisés le 15 juil. 4099. Urbain mourut quatorze jours après. En la même année, après Pâques, il avait encore tenu à Rome un grand concile, où il confirma toutes ses décrétales et toutes celles de ses prédécesseurs. E.-H. Vollet.

URBAIN \\\,Hvbert Grivelliou PriuellionCruvelli, né à Milan, 477® pape, élu le 2S nov. 4485, mort à Ferrare le 49 oct. 4487. Son élection eut lieu le lendemain de la mort de son prédécesseur Lucius IIl, qui s'était retiré à Vérone, à cause des révoltes des Romains. Il était alors cardinal du titre de Saint-Laurent et archevêque de Milan. Il garda ce siège jusqu'à sa mort. Son court pontificat ne fut guère rempli que par des revers. Il commenta par des démêlés avec Frédéric Barberousse, au sujet des investitures et des allodiaux de Mathilde. Comme pape, Urbain refusait à Frédéric la couronne impériale ; comme archevêque de Milan, il lui refusait la couronne de fer. Frédéric se fit couronner par Tarchevêque d'Aquilée. En outre, méprisant la suzeraineté à laquelle le Siège apostolique prétendait sur la Sicile, il maria son fils avec l'héritière de ce domaine. Jérusalem, conquise sous Urbain II, fut reprise par Saladin, sous Urbain III, le 2 oct. 4487. Le pape mourut dix-sept jours après. Le recueil des Conciles de Labbe contient 59 lettres de lui. E.-H. V.

URBAIN \y, Jacques Pantaléon, 487® pape, élu le 20 août 4264, mort le 2 oct. 4264. H était né à Troyes en Champagne, fils d'un cordonnier. — Les Romains, excités et soutenus par Manfred, avaient forcé Alexandre IV, son prédécesseur, de quitter Rome. Il demeura tantôt à Anagni,tantôt à Viterbe, où il mourut. Il n'y avait alors dans cette ville que huit cardinaux, qui se trouvèrent tellement divisés qu'ils ne purent convenir d'aucun de leur corps. Après une vacance de plus de trois mois, ils élurent Jacques Pantaléon, alors patriarche de Jérusalem, qui était venu à Viterbe pour solliciter une affaire de son Eglise. Urbain IV continua sans succès la lutte commencée par ses prédécesseurs contre Manfred, prince de Tarente, qui s'était fait proclamer roi de Sicile. Impuissant à le vaincre avec ses seules forces, il offrit la couronne de Sicile à saint Louis, qui la refusa, pour un de ses enfants ; puis à Charles d'Anjou, qui se disposait à aller la prendre, lorsque Urbain mourut. Ce pape avait augmenté le nombre des cardinaux et institué (4264) la fête du Saint-Sacrement, dont il fit composer l'office par Thomas d'Aquin ; mais sa mort en suspendit la célébration pendant plus de quarante années. Il reste de lui quelques lettres recueillies dans les Conciles àe Labbe. E.-H. Vollet.

URBAIN V, Guillaume de Gmnoard on Grimaud,^ 205® pape, élu le 27 sept. 4362, dans un conclave qui ' avait duré plus d'un mois, mort le 19 déc. 4370. Il était né en 4302, au château de Grisac-en-Gévaudan (diocèse de Monde), fils du seigneur de ce lieu. Il professa le droit à Montpellier et à Avignon. A l'époque de son élection, il était abbé de Saint-Victor, à Marseille. Comme il se trouvait alors en Italie et qu'on craignait qu'il ne refusât, cette élection ne fut publiée qu'un mois après avoir été faite. Dès 4363, Urbain prêcha lui-même une croisade contre les Turcs ; mais bientôt après, il défendit de la prêcher jusqu'à ce qu'on eût terminé celle qu'il fit publier contre Barnabe Visconti. En 4366, il fut rançonné par des malandrins des Grandes Compagnies, qui avaient pris le titre de « croisés, de pèlerins de Dieu » ; il dut leur donner, avec l'absolution, 300.000 florins. Vers le même temps, les Etats du Saint-Siège en Italie se trouvaient complètement replacés sous l'autorité pontificale, par suite du succès momentané des ligues qu'Urbain avait

réussi à former contre les usurpateurs des fiefs ecclésiastiques. Les Romains et la plupart des Italiens pressaient le pape de revenir chez eux. Il céda à leurs instances, malgré les remontrances du roi de France et de la plupart de ses cardinaux. Il partit d'Avignon le 30 avr. 4367 et s'embarqua à Marseille le 49 mai, accompagné d'une flotte de 23 galères et d'autres bâtiments fournis par la reine Jeanne de Naples, les Vénitiens, les Génois et les Pisans. Il alla d'abord à Viterbe, où il demeura quatre mois. De là, il se rendit à Rome, avec une escorte de 2.000 gens d'armes. Le clergé et le peuple allèrent au-devant de lui et le reçurent avec solennité et de vives démonstrations d'allégresse. — L'année suivante, il couronna à Rome l'impératrice Anne, femme de Charles IV. L'empereur assista à la cérémonie et servit la messe en qualité de diacre honoraire. Le 48 oct. 4369, Jean Paléologue, empereur de Constantinople, menacé par les Turcs, fit devant quatre cardinaux, nommés à cet effet par le pape, une profession de foi, où il reconnaissait : 4° que le Saint-Esprit procède du Père et du Fils; 2*^ que l'Eglise romaine a la primauté sur toutes les Eglises ; 3° qu'il lui appartient de décider de toutes les questions de foi ; 4® que quiconque se sent lésé peut appeler à elle. — Cependant ceux qui convoitaient les territoires du Saint-Siège, et aussi les mécontents de Rome, avaient recommencé leurs entreprises, et les secours que l'empereur avait promis contre eux étaient insufiisanls. Le pape n'était plus en sûreté en Italie. Ses cardinaux le décidèrent à rentrer à Avignon : on prétexta le désir de rétablir la paix entre le roi de France et le roi d'Angleterre. Sainte Brigitte fit dire à Urbain de ne point entreprendre ce voyage, parce qu'il ne l'achèverait pas. Néanmoins, il partit et arriva le 27 sept. 4370 à Avignon, où il fut aussitôt attaqué par une maladie qui l'emporta le 49 déc. E.-H. Vollet.

BiBL. : Balaze, Vitœ psiparum Avenionensium. — Th. Roussel, Recherches sur la vie et le pontificat d'Urbain V; Paris, 1840. — Magnan, Vie du pape Urbain Y, 1862. — Albanes, Vie du pape Urbain V, 1872. — Charbonnel, Vie du pape Urbain Y, 1872. — L. Guiraud, les Fondations du pape Urbain V à Montpellier; Montpellier, 1889. — E. MûNTz, le pape Urbain V. Essai sur l'histoire des arts à Avignon au xiv« siècle; Paris, 1889 (Extrait de la Revue archéologique). — Du même, les Constructions du pape Urbain Va Montpellier; Paris, 1890.

URBAIN VI, Bartolomeo Prignano, 207^ pape ; élu le 7 avr. 4378, mort le 48 oct. 4389. Il était né à Naples. Lorsqu'il fut élu, il était archevêque de Bari. Le grand schisme d'Occident ayant commencé en l'année de son élection, Fhistoire de son pontificat est inséparable de celle du pontificat de son adversaire, Clément VII, qui lui survécut. Nous les avons présentées ensemble, avec les développements nécessaires, à l'art, Robert de Genève. U R B A I N V 1 1 , Giovanni-Battista Castagna, 235^ pape ; élu le 45 sept. 4590, mort le 27 du même mois, après un pontificat de treize jours. Il était né à Rome, fils d'un gentilhomme génois. Lorsqu'il fut élu, il était cardinal et archevêque de Rossano.

URBAIN VIII, Maffeo Barberini, 242^ pape; élu le 26 août 4623, mort le 29 juil. 4644. Il était né à Florence en 4558; dès 1606, il fut créé cardinal; lorsqu'il fut élu, il était archevêque de Nazareth. Au commencement de son pontificat, il était en lutte avec la France ; mais quand Richelieu eut repris et remis aux Grisons les villes de la Valtehne occupées par les troupes pontificales (4624-26), il se rapprocha de lui et se tourna contre la maison d'Autriche. En 4628, il excita le cardinal à prendre la défense des droits du duc français, Charles de Neyers, à la succession du duché de Mantoue, contre les prétendants que soutenaient les Espagnols. Pour ne point combattre la France et surtout pour ne point concourir au triomphe de l'Autriche et de l'Espagne, il refusa de prendre part à la « croisade » proposée par les Habsbourg, et il soutint la ligue contre Wallenstein et contre Ferdinand II. Malgré les dangers auxquels les victoires de Gustave- Adolphe exposaient l'Eglise catholique, il fit mauvais

URBAIN — UREDOSPORE

accueil aux ambassadeurs impériaux et espagnols, venus à Rome pour solliciter son appui : ce ne fut qu'après des négociations pénibles et des disputes très vives au sujet de l'édit de Restitution (V. ce mot), qu'ils obtinrent enfin quelques faibles subsides. La mort de Gustave- Adolphe et les succès des armées impériales purent seuls le faire changer d'attitude. Il autorisa alors Ferdinand et Philippe à lever des dîmes sur les biens de l'Eglise. Il contribua de plus en plus largement chaque année aux frais de la guerre, adressa au roi de France des remontrances au sujet de son alliance avec les Suédois, refusa de conclure un traité avec lui, repoussa les articles du traité de Heilbron et condamna les moindres concessions faites aux luthériens. — Urbain fortifia les places et agrandit le domaine de l'Eglise. En 4631, il y avait annexé le duché d'Urbin, en conséquence d'une convention faite avec François-Marie II, dernier représentant de la famille de la Rovere. En 4644, les Barberini, ses neveux, pour qui il avait une affection peu méritée, le poussèrent à confisquer le petit duché de Castro, comme garantie des dettes que les Farnèse contractaient à Rome et ne payaient pas. De là une guerre, dans laquelle Urbain prétendit reprendre même Parme et Plaisance au duc Odoardo, que soutenait une grande partie de l'Italie. Elle n'eut "point d'autre résultat que de laisser aux Farnèse toutes leurs possessions et d'épuiser les finances du Saint-Siège. — Dans l'ordre ecclésiastique, il convient de mentionner, parmi les faits principaux de ce pontificat : la condamnation (4633) de Galilée, à qui Urbain avait adressé autrefois des vers ; celle du livre de Jansénius(6 mars 46i2) ; une bulle (juin 4630) attribuant aux cardinaux le titre d'éminence; la réformation àeshjmms an Bréviaire romain; une revision de la bulle In cœna Domini, E.-H. V.

BiBL. : GRÉGOVOB.IUS, Urban VIII im Widerspruch zu Spanien und dem Kaiser; Stuttgart, 1879. — Carlo Strozzi, StoridL délia famiglia Barberini ; Rome, 1640. — Reusch, Der Process Galileis iind die Jesiiiten ; Bonn, 1879. - Santo-Pieralise, Urbano VIII e Galileo Galilci ; Rome, 1875.

URBANISTES. Congrégation religieuse (V. Claire [Sainte]).

URBAN YA. Com. dudép.des Pyrénées-Orientales, arr. et cant. de Prades; 304 hab.

URBEIS. Village de la Haute-Alsace (V. Orbey).

URBICIANI (Bonagiunta), poète italien, né à Lucques, mort après 4296. Il fut en relations avec Dante, qui l'a introduit dans sa Comédie (Purgatoire, XXIII, 49 et suiv.) et porte sur lui dans le De vulgari Eloquio (I, 43) un jugement sévère. C'est en effet un simple imitateur des Provençaux sans aucune originalité de pensée ou de style. Il reste de lui un assez grand nombre de chansons et de sonnets. A. J.

BiBL. : Valeriani, Poeti del primo secolo, I, 471 et suiv. — C. MiNUTOLi, Gentucca e gli altri Lucchesi, dans Dante e il suo secolo ; Florence, 1865. — T. Casini, Testi inediti di antiche rime vulgari; Bologne, 1883.

URBINO. Ville d'Italie, à 33 kil. de l'Adriatique, sur une colline entre le Métaure et la Foglia, prov. de Pesaro eUrbino; 46.659 hab. (en 4884). Ville municipale de l'Ombrie sous les Romains ; assiégée et prise par Bélisaire en 538; commune sous Charlemagne, elle perdit sa liberté à cause de ses dissensions intestines, devint la capitale du comté et puis duché d'Urbino des Montefeltro, jusqu'à ce que Francesco Maria délia Rovere (V. ce nom) l'eût cédée avec son Etat, en 46^26, au pape Urbain VIII. Elle possède nombre de monuments. Son Université libre fut fondée en 4674. C'est la patrie de Raffaello Sanzio (V. Raphaël), de Bramante (V. ce nom), de Baroccio, 'des Zuccari, de Timoteo délia Vite et de Viviani dit il Sordo. C'est à Urbino que sont nés le célèbre ingénieur et écrivain Pacciotti, Gianfrancesco Albani, puis le pape Clément XI, le poète Bernardino Baldi, Laura Battiferri, etc.

URBINO (Timoteo) (V. Vite [Timoteo délia]).

URBISE. Rivière du dép. de la Loire (V. ce mot).

URBISE. Com. du dép. de la Loire, arr. de Roanne, cant. de La Pacaudière ; 474 hab.

URÇAY. Com. du dép. de l'Allier, arr. de Montluçon, cant. de Cérilly ; 645 hab. Stat. de chem. de fer.

URCEL. Com. du dép. de l'Aisne, arr. de Laon, cant. d'Anizy-lc-Château; 645 hab.

U RCE REY. Com. du territ. de Belfort, cant. de Belfort ; 452 hab.

UBCIERS. Com. du dép. de l'Indre, arr. de La Châtre, cant. de Sainte-Sévère-sur-Indre ; 900 hab.

URCUIT. Com. du dép. des Basses-Pyrénées, arr. et cant. (N.-E.) deBayonne; 883 hab. Stat. de chem. de fer.

URCY. Com. du dép. de la Côte-d'Or, arr. de Dijon, cant. de Gevrey-Chambertin ; 430 hab.

URD (Mythol. scand.) (V. Nornes).

URDANETO. Montagne des îles Philippines (V. ce mot).

URD EN S. Com. du dép. du Gers, arr. de Lectoure, cant. de Fleurance; 246 hab.

URDÈS. Com. du dép. des Basses-Pyrénées, arr. d'Orthez, cant. d'Arthez; 235 hab.

U RDOS. Com. du dép. des Basses-Pyrénées, arr. d'Oloron-Sainte-Marie, cant. d'Accous; 443 hab.

URDU ou OURDOU (Ling,) (V.Inde, t. XX, p. 702).

URE. Rivière du dép. de VOrne (V. ce mot).

URECHIA (V.-Alexandrescu), littérateur roumain, né à Piatra Neamtzu le 27 févr. 4834, mort à Bucarest le 2 déc. 4904. Il fit ses premières études à lassy, les compléta à Paris et fut nommé en 1857 professeur de littérature à l'Université d'Iassy et directeur du ministère de l'instruction publique en Moldavie ; collaborateur de plusieurs journaux roumains, il fut le correspondant de plusieurs grands organes français : le Temps, le Siècle, etc. En 4860-64, ministre de instruction publique, il fut, le 4 nov. 4864, nommé professeur d'histoire de la langue et de la littérature roumaines à l'Université de Bucarest. Ministre encore une fois en 4884, il fit presque constamment partie du parlement sans que la politique l'occupât exclusivement. Il fut président d'un comité macédo-roumain, président d'une ligue pour l'union intellectuelle de tous les Roumains ; mais il fut surtout homme de lettres : professeur, conférencier, écrivain (nouvelles, comédies, tragédies, drames) et surtout historien. Son œuvre est immense, un peu verbeuse, mais pleine d'observations précieuses et de coloris. Son œuvre capitale est l'Histoire des Roumains. Citons en outre, parmi ses nombreuses publications en roumain : Œuvres complètes (4878) ; Album macédo-roumain (4880) ; Esquisses d'histoire de la littérature roumaine (4885) ; Miron Costin (4886); r Histoire des événements d' Orient (iS89); Documents relatifs aux années iSOO-Si (4889) ; Sur les corpo- 7^ations {iSS9); V Histoire desécoles, etc. D.-A. Teodoru.

URÉDINÉES (Bot.). Ordre de Champignons à thalle filamenteux, fin, cloisonné, ramifié, enveloppant sans les pénétrer les cellules des plantes vivantes, à la surface desquelles ils apparaissent coloriés en rougeâtre, ressemblant sur les feuilles et les tiges à des taches de rouille (rouille des céréales), à fructifications polymorphes, souvent hétéroïques, le thalle devant (pour produire les spores d'une à cinq sortes différentes appropriées à la multiplication dans des conditions nouvelles) habiter alternativement en parasites des hôtes différents. Les diff'érents types de fructification sont : VJEcidium (ou œcidié), sorte de pseudo péridium, qui contient des spores appelées œcidiospores, grandes, disposées en chapelets parallèles; les Téleutospores représentées par les Puccinies (V. ce mot). — Genres principaux des Urédinées : Uromyces, Melampsora, Podisoma, Phragmidium, Gymnosporangium, Chrysomyxa, Endophyïlum, Triphragmium, Peridermium, Ravenelia, Coleosporium. H. Fournier.

UREDO (Cryptogr.) (V. Puccinies).

UREDOSPORE (Bot.) (V. Urédinées).

UREE

URÉE.i.c„.M..Fo™.j£;;; ^W^^;

L'urée, appelée aussi carbamide, est le principe immédiat le plus important de l'urine de l'homme et de celle des animaux carnivores. L'homme adulte produit environ 30 gr. d'urée par jour; il existe aussi de l'urée dans le sang, dans la salive, la bile, la sueur. Elle représente un des derniers termes de la transformation des matières azotées dans l'organisme. Pour extraire l'urée de l'urine, on profite de la faible solubilité de l'azotate d'urée dans l'eau froide . On commence par évaporer l'urine jusqu'à ce qu'elle soit réduite au dixième de son volume environ ; on ajoute au Uquide un volume égal d'acide azotique ; par refroidissement, il se forme un magma de cristaux d'azotate d'urée. On égoutte ces cristaux, on les purifie en les faisant dissoudre dans l'eau bouillante et recristalliser par refroidissement. L'azotate d'urée purifié ayant été dissous dans l'eau tiède, on verse du carbonate de baryum précipité; il se fait par double décomposition de l'azotate de baryum, du gaz carbonique qui se dégage et de l'urée qui reste dissoute avec l'azotate. Pour séparer l'urée de l'azotate de baryum on évapore le liquide à sec et on reprend par l'alcool qui dissout l'urée et ne dissout pas l'azotate.

Mais l'urée peut aussi s'obtenir par synthèse. La première synthèse de l'urée a été effectuée par Wœhler en 1828. L'acide cyanique saturé d'ammoniaque donne du cyanate d'ammoniaque ; ce sel se transforme en urée, dont il est isomère, sous l'influence de l'ébullition en présence d'eau. Cette transformation du cyanate d'ammoniaque en urée constitue aujourd'hui la préparation la plus importante de l'urée. Le cyanate d'ammoniaque est obtenu par double décomposition entre le cyanate de potassium et le sulfate d'ammoniaque ; à une dissolution concentrée de cyanate de potassium on ajoute du sulfate d'ammoniaque; puis on évapore à sec au bain-marie et on épuise le résidu par l'alcool froid qui ne dissout que l'urée. On fait cristalliser l'urée par évaporation et on la purifie par des cristallisations successives.

Un grand nombre d'autres réactions permettent de produire synthétiquement l'urée. Telle est la réaction de l'ammoniaque sur l'oxy chlorure carbonique (Natanson) : C^O^CP + 4AzH3 z^ C^H^Az^O^ + SAzH^Cl

Oxychlorure Urée

car)3oniq.

Telles sont encore les réactions successives de l'ammoniaque et de l'oxyde de plomb sur l'oxysulfure carbonique (Berthelot) ; il se forme d'abord un oxysulfocarbonate :

C^O^S^ + 2Azî-P := C^02S2(AzH3)2

Oxysulfure Oxysulfocarbonate

Carbon.

qui, dans une deuxième phase, est décomposé par l'oxyde

de plomb :

C^02S2(AzFF)2 + 2PbO = 2PbS + G^H^Az^O^ + 2H0.

Oxysulfocarbonate Urée

L'éther carbonique traité à d 00^ par l'ammoniaque fournit aussi de l'urée :

CiOH^oO^ 4- 2AzH3 ™ S^C^H^O^ 4- C^H^^Az^O^.

Ether Alcool Urée

carbonique

Enfin, on peut obtenir synthétiquement l'urée par l'hydratation du cyanamide :

C^Az^H^ + 2H0 = C^H^Az^O^.

Cyanamicle Urée

Mais la seule réaction synthétique qui soit employée pour la préparation de l'urée est la transformation du cyanate d'ammoniaque sous l'influence de la chaleur.

L'urée est un corps cristallisé en longs prismes incolores ; elle possède une saveur fraîche et amère ; elle se dissout, à la température ordinaire, dans une partie d'eau ou dans 5 parties d'alcool ; l'alcool bouillant en dissout environ une partie, l'éther n'en dissout que des traces. Sous l'influence de la chaleur, l'urée fond d'abord à 120°;

mais elle se décompose à une température un peu plus élevée en dégageant du gaz ammoniac et laissant du biuret, C^O^^Az^H^:

%^^W>kiW =: C^O^Az^Rs |-AzH3.

Urée Biuret

Il se forme en même temps un peu d'acide cyanurique et mélanurique.

Les synthèses de l'urée au moyen de l'oxychlorure carbonique et de l'éther carbonique définissent l'urée comme la diamide carbonique : de là le nom de carbamide que l'on donne quelquefois à l'urée. La double fonction amide de l'urée est encore indiquée par ses propriétés chimiques ; dans un grand nombre de circonstances, l'urée fixe de l'eau et redonne du carbonate d'ammoniaque :

C^fl^Az^O^ +. 4H0 z=z 2C03AzH4 .

Cette transformation, dont sont susceptibles tous les corps qui possèdent la fonction amide, se produit pour l'urée lorsqu'on chauffe la dissolution aqueuse en tube scellé à 140°. Mais elle peut aussi se faire à la température ordinaire : c'est ce qui a lieu dans la fermentation ammoniacale de l'urine. L'hydratation de l'urée est alors occasionnée par un être organisé : le Micrococcus.urex, formé de petits globules sphériques réunis en chapelet (Pasteur, Van Tieghem) ; ce ferment sécrète une diastase au contact de laquelle la transformation s'effectue. C'est grâce à cette réaction que l'azote éliminé de l'organisme par l'urine peut servir, sous forme de carbonate d'ammonium, à la nutrition des végétaux et, par suite, des animaux.

L'urée se comporte comme une base faible ; elle forme avec les acides des sels en général bien cristalHsés. On peut citer l'azotate C^H^Az'O^AzO^H et l'oxalate (C^H^Az20^)2G^H^0^ qui s'obtiennent par simple neutralisation de l'acide correspondant et sont des corps assez stables. Mais l'urée peut aussi former des combinaisons cristallisées avec les oxydes et les sels. Il existe plusieurs combinaisons de l'urée avec l'oxyde de mercure (Liebig) :

C^H^Az^O^ + 2, 3 et 4 HgO.

En mélangeant des dissolutions faites à poids équivalents d'urée et de sel marin, puis, évaporant et laissant refroidir, on obtient une combinaison cristallisée :

G^H^Az^O^ + NaCl + 2H0.

On connaît encore plusieurs combinaisons de l'urée avec l'azotate d'argent et l'azotate de mercure.

Un assez grand nombre de corps décomposent l'urée en eau, acide carbonique et azote :

C^H^Az^O^ + 60 =z C^O^ + Az2 + 4H0.

Tels sont l'acide azotique chargé de vapeurs nitreuses, l'azotate mercureux, le chlore en présence de l'eau ou les hypochlorites, le brome en présence de l'eau ouleshypobromites. Cette décomposition de l'urée sous l'influence d'agents oxydants est mise à profit pour son dosage dans l'urine. On introduit dans un tube gradué un volume donné de l'urine que l'on veut examiner, puis le corps oxydant qui est généralement de l'hypobromite et enfin de la soude destinée à absorber le gaz carbonique mis en liberté ; le volume d'azote qui reste dans le tube gradué permet de calculer facilement le poids d'urée qui lui a donné naissance.

Les dérivés de l'urée sont nombreux. L'urée sulfurée, ou thio-urée, ou sulfocarbamide, C^H^Az^S^, provient du remplacement de l'oxygène de l'urée par du soufre ; elle se produit dans les mêmes conditions que l'urée ordinaire, mais en remplaçant les composés oxygénés par des composés sulfurés. Comme l'urée, elle se combine avec les acides, les oxydes et les sels.

Les urées composées ou aminurées résultent de la substitution de radicaux alcooliques aux hydrogènes de l'urée. La première urée composée :1a phénylurée &H^(C^^H^)Az^O^ a été préparée par Hofmann ; mais ce groupe de corps a

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