URANUS — URBAIN
titué : densité, 1,07 ou, celle de la Terre étant prise pour unité, 0,195. L'inclinaison de son orbite sur l'écliptique est de 0*^46' 20" seulement, en sorte qu'orbite et écliptique se confondent presque. La durée de sa révolution sidérale est de 84 ans 7 jours, soit une vitesse de translation de 7 idl. à la seconde. De fait, il est revenu, le 21 mars 1865, au point du ciel où W. Herschel l'avait découvert le 13 mars 1781 . On n'a pu calculer encore de façon certaine la durée de sa rotation sur lui-même, vu l'exiguïté de son disque, qui ne permet d'y suivre que fort difficilement le déplacement des taches, et tous les chiffres jusqu'ici donnés sont fort problématiques. La durée de 1 1 heures paraît la plus vraisemblable, ce qui donnerait des années de plus de 60.000 jours. On la base principalement sur l'aplatissement polaire, qui est considérable (1/11 d'après Schiaparelli, 1/14 d'après Young) et qui dénote une vitesse de rotation exceptionnellement rapide. Dr anus a une atmosphère, ainsi qu'on a pu s'en convaincre par l'analyse spectrale. Elle diffère, d'ailleurs, sensiblement de la nôtre par ses facultés d'absorption et se rapproche beaucoup plus de celles de Saturne et de Jupiter. On y a signalé un certain nombre de gaz qui n'existent pas sur notre planète. Les conditions climatoîogiques s'écartent également, sur cette planète, beaucoup des nôtres. Le soleil s'y montre sous un diamètre 19 fois plus petit que celui "qu'il nous présente et l'intensité de sa lumière n'y est que les 3/1000 environ de celle que nous recevons.
Herschel avait cru, pendant quelques années, que, de même que Saturne, Uranus était entouré de deux anneaux. Dès 1792, il reconnut son erreur. Mais il lui trouva deux satellites, Titania et Oberon, et Lassell, en !851, en signala deux autres, Ariel et Umbriel. Ces quatre lunes présentent une particularité remarquable : au lieu de tourner, comme les autres satellites, de FO. à FE. et, à peu de chose près, dans le plan de l'équateur de leur planète, ils ont tous quatre leur orbite presque perpendiculaire à ce plan (98'' en moyenne) et se meuvent de FE. à FO. (V. Satellite). Uranus montre, d'autre part, à sa surface, des bandes analogues à celles de Jupiter. Mais au lieu de coïncider en direction, comme sur cette dernière planète, avec les orbites des satellites, elles font avec elles un angle de 40°.
La découverte d'Uranus a été suivie, on le sait, à 65 ans d'intervalle, de celle de Neptune, dont l'orbite marque aujourd'hui l'extrême limite du monde solaire connu. Dès les premières années du xix® siècle, Delambre et Bouvard avaient dressé pour Uranus des tables dans lesquelles ils avaient tenu le plus grand compte des perturbations exercées sur la no»uvelle planète par Jupiter et par Saturne. Mais Bouvard constata qu'elle ne suivait pas exactement la route qu'il lui avait assignée. Il ne crut pouvoir expliquer les différences entre la marche calculée et la marche observée que par l'existence d'une autre planète, encore inconnue et plus éloignée, dont l'attraction donnerait naissance à une autre série de perturbations, et ce fut cette hypothèse qui, reprise par Leverrier et par Adams, devait les conduire à la découverte de Neptune (V. Leverrier et Neptune). L. S.
URANYLE (Chim.). Fom. j £;;;;; |]g^
Le protoxyde d'uranium ou oxyde uraneux joue dans les sels uraniques le rôle d'un radical qu'on a appelé uranyle. L'existence de ce radical a été admise pour expliquer la constitution des sels uraniques, constitution qui n'est pas celle que présentent ordinairement les sels de sesquioxyde. L'azotate uranique U^0^,Az20^ est, dans cette hypothèse, considéré comme de l'azotate d'uranyle 2(U0)0Az0^, et les autres sels uraniques ont des constitutions analogues.
URATE (Chim.) (V. Urique [Acide]).
URAU. Corn, du dép. de la Haute-Garonne, arr, de Saint- Gaudens, caut, de Salies ; 423 hab.
URBALACONE. Corn, du dép. de la Corse, arr. d'Ajac^ cio, cant.de Santa-Maria-Siché ; 216 hab.
URBAIN (Saint). Abbaye de l'ordre de Cîteaux, dans le cant. de Lucerne, en Suisse, fondée au xii® siècle, richement dotée par plusieurs grands personnages, jouissant d'une grande autorité parmi les établissements similaires, reconstruite en 1712 ; très belle église richement décorée. Cette abbaye est aujourd'hui un établissement d'aliénés.
URBAIN |e^ (Saint), martyr, 18^ pape, élu en 227, mort en 233. Fête le 25 mai. Ces mentions sont empruntées à la liste officielle, reproduite par la Gerarchia cattolica ; mais elles sont sérieusement contredites. Le Catalogue Libérien place l'élection de cet évêque de Rome en 223, sous le consulat de Maximinus et de EHanus, et sa mort en 230. Eusèbe {Eist. eccL, VI, 21) indique 223 comme date de Favèoement. Lipsius (Chronologie der rômischen Bise ko fe) considère comme les plus probables la date de 222 pour Félection et celle de 230 pour le décès. Le Catalogue Félicien et d'autres documents estimés comme les plus authentiques inscrivent son ensevehssement au 16 mai ; les martyrologes, les Acta sancti Urbaniet le Calendrier romain, au 25. — On ne sait rien de certain sur la vie d'Urbain. Le Liber pontificalis dit qu'il convertit beaucoup de personnes à la foi chrétienne, et que plusieurs d'entre elles obtinrent la couronne du martyre ; mais il ne parle nullement du martyre d'Urbain lui-même. h^^Acta sancti Urbani, acceptés par les bollandistes comme authentiques et attribués par eux au pape Antère, portent des indices d'une origine beaucoup plus récente. Un de ces indices résulte de ce qu'ils font souffrir le martyre à Urbain, sous Alexandre Sévère, tandis que ni le Catalogue Libérien, ni les plus anciennes leçons du Liber pontificalis ne parlent d'aucune persécution exercée à Rome contre les chrétiens, sous le règne de cet empereur. E.-H. Vollet.
URBAIN II, Othon ou Odon ou Eudes de Lagary, 164« pape, élu le 12 mars 1088, mort le 29 juil. 1099. n était né au château de Lagary (ou de Lagery ou de Lagny), près de Châtillon-sur-Marne, fils du seigneur de ce lieu. Il appartenait à la congrégation de Cluny, et il avait été légat en Allemagne, sous Grégoire VIL Avant da mourir, ce pape l'avait désigné comme un des trois hommes dignes de lui succéder. Son élection fut faite, après une vacance de plus de cinq mois, par des députés de FEglise de Rome et des évoques assembles à Terracine, parce que l'antipape Guibert (Clément III), précédemment élu par le parti de Henri IV, occupait Rome; il était alors évêque d'Ostie. L'année suivante, les Normands le ramenèrent à Rome ; mais Saint-Pierre resta en la possession de Fantipape. En 1090, les Romains etFantipape le chassèrent de la ville. Fidèle à la tactique de ses prédécesseurs, il n'hésita pas à armer le fils contre le père : il suscita contre Henri IV son fils Conrad, qu'il couronna roi d'Italie. Avec son aide et celle de la grande comtesse Mathilde, il parvint à rentrer dans Rome; mais sans avoir Faccès de Saint-Pierre et du Latran, où il ne pénétra qu'en 1094, après que l'abbé de Vendôme, ému de pitié pour le pape, qu'il avait vu pleurer, en eut acheté l'entrée aux gardiens. Ensuite, survinrent encore des incidents qui firent qu'il ne resta définitivement maître de la ville de Rome et de toutes ses dépendances qu'en 1098. — Au milieu de ces luttes, Urbain poursuivit vaillamment et en toutes ses parties l'œuvre inaugurée par Grégoire VIL II y travailla non seulement par ses légats et ses rescrits, mais dans un très grand nombre de conciles qu'il tint luimême en Italie et en France. Ceux oti fut décidée Fentreprise qui illustra son pontificat furent le concile de Plaisance et le concile de Clermont. A Plaisance (1®^ mars 1095) se réunirent 200 évêques d'Italie, de France et d'autres pays, 4.000 clercs et plus de 30.000 laïques, de sorte qu'il fallut tenir les assemblées en plein air. Elles durèrent huit jours. Les ambassadeurs d'Alexis, empe-