VAISSELLE -- VAL
La vaisselle de poterie est de beaucoup la plus répandue : dans l'antiquité et la plus grande partie du moyen âge, la décoration de cette vaisselle consista en reliefs, gravures, couverte d'émail transparent, noircissement total ou partiel, et quelquefois dessins tracés par application de terre blanche en couche mince sur la terre rouge ou noircie. Des recherches plus savantes poursuivies en Orient et surtout en Perse du xii® au xiv^ siècle avaient créé l'art de la faïence, poterie revêtue d'une engobe de terre blanche et d'une couverte d'émail stannifère et généralement ornée de peintures au grand feu sous cet émail. La faïence s'introduisit en Italie au xv^ siècle et en France au xvi^; depuis le xvii® et surtout le xvm®, presque toute la vaisselle fut de faïence ; lorsque les grandes familles eurent fait fondre leur argenterie, daYis la seconde moitié du règne de Louis XV, l'art des faïences artistiques prit un grand essor, et bientôt la faïence fut supplantée par la porcelaine, poterie de terre blanche et dure, dite kaolin, recouverte d'un émail. La vaisselle de porcelaine fut d'abord et longtemps importée de la Chine et du Japon, ses contrées d'origine ; au xviii® siècle, des fabriques de porcelaine furent créées en Occident : la plus célèbre est la manufacture nationale de Sèvres (V. Faïenci;, Kaolin, Limoges, Porcelaine, Poterie, Sèvres). C. E.
VAISSÈTE ou YAISSETTE (Dominique- Joseph), bénédictin français, né à Gaillac (Tarn) en 1685, mort à Paris le 10 avr. 1756. Il étudia le droit et fut procureur du pays d'Albigeois, avant de se faire bénédictin (1711). Appelé à l'abbaye de Saint-Germain des Prés à Paris (1713), il fut nommé, avec son compatriote dom Cl. Dévie, historiographe de la province de Languedoc et chargé par les états de cette province de rédiger l'histoire de Languedoc (1715), à laquelle il travailla pendant trente ans. Il faillit être compromis dans les querelles théologiques du quesnelisme contre la bulle Unigenilus (1733), peu de temps avant la mort de son collègue dom Devic (1734). — Son principal ouvrage est r/Tîs^oir^ ôr(^n6Va/^ de Languedoc (Paris, 1730-45, 5 vol. in-fol.), en collaboration avec dom Cl. Devic, continuée par dom Bourotte (V. ce nom), puis par Du Mège (Toulouse, 1838-47, 10 vol. in-8), et rééditée, avec continuation de 1643 à 1790, par E. Dulaurier, A. Molinier, J. Roman, E. Roschach, etc. (Paris etToulouse, 1872-93, 15 vol. in-4). Cette dernière édition, considérablement améliorée, contient un grand nombre de dissertations spéciales sur la géographie, la philologie, la numismatique, l'épigraphie, etc., par Molinier, Bladé, P. Meyer, Cbabaneau, De Saulcy, De Barthélémy, Allmer, Germer-Durand, etc. — Dom Vaissète a composé également un bon Abrégé de V histoire du Languedoc (Paris, 1749, 6 vol. in-12) ; une Dissertation sur V origine des François (Paris, 1722, in-12), où il soutient, contre Leibniz, l'origine germanique des Francs ; une Géographie (Paris, 1755, 4 vol. in-4), qui fut l'un des meilleurs traités de géographie universelle du xviii^ siècle. E.-D. Grand.
BiBL. : Introduction historique de la nouv. édit. de Vlîibt. gén, de Languedoc^ 1872, t. I, pp. 17-84 (biogr. de dom Vaissète). — A. Benoist, l'Histoire générdde de Languedoc^ dans les Annales du Midij 1891, t. III, pp. 536-50. — Dom Tassin, Histoire littéraire de la congrégation de Saint-Maur ; Bruxelles, 1770, pp. 724-29, in 4 (avec l'orthographe Vaisselle).
YAITARANÎ (Relig.ind.)(V. Enfers, t. XV,p.'1049).
VAITE. Com. du dép. de la Haute-Saône, arr. de Gray, cant. de Dampierre~sur-Salon ; 342 hab.
VAIVRE. Com. du dép. du Doubs, arr. de Montbéliard, cant. de Pont-de-Roide ; 36 hab.
VAIVRE (La). Com. du dép. de la Haute-Saône, arr. de Lure, cant. de Saint-Loup-sur-Semouse ; 569 hab.
VAIVRE-ET-MoNTOiLLE. Com. du dép. de la Haute-Saône, arr. et cant. de Vesoul ; 552 hab. Stat. de chem. de fer.
VAJ DA-HuNYAD. Ville de Hongrie, dans le comitat de Hunyad (Transylvanie); 3.037 hab. A l'O. de la ville s'élève un des monuments historiques les plus renommés
de la Hongrie : l'ancien château de Jean Hunyad, œuvre d'architectes français (l'aile principale en style gothique : la salle d'armes est une vraie merveille), restauré depuis 1867. j. K.
VAJDA (Jean), poète hongrois, né à Budapest le 7 mai 1827, mort à Budapest en 1897. H collabora aux revues dirigées par Vahot et Petôfi, prit part à la Révolution et fut enrôlé ensuite dans l'armée autrichienne. Il revint, en 1853, à Budapest et s'adonna à la littérature. Ennemi de l'Autriche, ses poésies pessimistes ont surtout agi sur la jeune génération qui le considérait comme son chef. Ses poésies amoureuses montrent une passion violente. H y raconte l'histoire de trois liaisons sous les titres : r Amour maudit, Souvenir de Gina, Rosamunda. Ses pamphlets politiques sont signés : Aristides. J. K.
VA KA MATS. Ville du Japon, prov. d'Ivasiro, sur le Kouro-Kava, à 569 m. d'alt. ; 24.485 hab. Autrefois beaucoup plus peuplée, elle était la résidence d'un daïmio puissant, dévoué aux Tokougava, qui résista en 1868 à un siège célèbre. C'est un nœud de routes très importantes. Un projet de chemin de fer la reliant à la mer du Japon et à l'océan Pacifique lui rendrait son ancienne importance.
VAKAN (Linguist.) (V. Japon).
VAKAYAMA. Ville du Japon, prov. de Kii, près de l'entrée de la baie d'Osaka, sur la r. g. du Kino-Gava ; 55.670 hab. Ancienne résidence des princes de Kiousiou ; centre d'un grand commerce de coton, elle ne tardera pas à se relever.
VAKHTAN6. Nom de plusieurs rois de Géorgie (V. ce mot).
VAL (Le). Com. du dép. de la Sarthe, arr. et cant. de Mamers ; 57 hab.
VAL (Le). Com. du dép. du Var, arr. et cant. de Brignoles; 1.176 hab.
VAL Carlos ou LUZAÏDE. Localité d'Espagne, dans la Navarre, à 40 kil. N.-E. de Pampelune, sur la Nive d'Arnéguy, sous-affluent de l'Adour par la Nive; 920 hab. Val Carlos est à l'entrée du célèbre col de Roncevaux.
VAL-b'Ajol (Vallis Gaudii, V. Alodici). Com. du dép. des Vosges, arr. de Remiremont, cant. de Plombièresles-Bains, dans la vallée de la Combeauté, versant méridional de la chaîne des Ballons. Stat. du chem. de fer d'Aillevillers à Faymont. Centre important de l'industrie cotonnière du groupe vosgien; 7.339 hab. (aggl. 1.587). Le Val-d'Ajol forma longtemps une seule agglomération avec FougeroUes ; il faisait partie de la baronnie de Faucogney qui relevait du comté de Bourgogne. Le Val-d'Ajol fut rattaché au duché de Lorraine au xviii® siècle. L'abbesse de Remiremont eut la haute, moyenne et basse justice au Val-d'Ajol. E. Cii.
VAL-David (Le). Com. du dép. de l'Eure, arr. d'Evreux, cant. de Saint-André-de-l'Eure ; 162 hab.
VAL-DE-GouHENANS (Lo). Com. du dép. de la Haute- Saône, arr. et cant. de Lure; 98 hab.
VAL-de-Grâce (Le), à Paris. Dès la fin du xi« siècle ou le commencement du xii« existait à six lieues de Paris, sur le territoire deBièvres (V. ce mot), une abbaye de femmes, dite du Val- Profond, en raison du site pittoresque qu'elle y occupait. La reine Anne de Bretagne s'étant intéressée à la condition malheureuse où les guerres du xv® siècle avaient réduite les religieuses, leur accorda sa protection, et l'abbaye prit alors le nom de Val-de-Grâce. En 1621, le monastère fut transféré à Paris, parce qu'il était situé « en un lieu désert et non habité d'autres voysins, exposé aux dangers des incursions et mauvais desseins, sans aucune défense ». Il dut cette insigne faveur à Anne d'Autriche, qui acheta pour lui, au prix de 36.000 livres, l'ancien hôtel de Valois, au faubourg Saint-Jacques, et s'engagea à le doter d'une église somptueuse. Cette promesse ne fut réalisée que plus tard, la première pierre de l'édifice n'ayant été posée que le 1®^' avr. 1645, par Louis XIV, alors âgé de
sept ans. Les plans avaient été dressés par François Mansard qui dirigea les premiers travaux ; Jacques Lemercier, Pierre Lemuet et Gabriel Ledru les achevèrent. A une époque où F architecture religieuse était en décadence complète, l'église du Val-de-Grâce constitue, par la noblesse de ses proportions et son style grandiose, une fort remarquable exception. On admire notamment le dôme, seul rival sur la rive gauche de celui du Panthéon, et dans la coupole duquel Mignard a peint l'immense et fameuse fresque que Molière a célébrée dans son poème de la Gloire du Val-de-Grâce. Anne d'Autriche y est figurée, entourée de saints et présentant à Dieu, sous le patronage de saint Louis, le plan du monument.
La F\ évolution dispersa les religieuses du Yal-de- Grâce. Dans leurs bâtiments inoccupés fut installé en 1793 un hôpital militaire principal pour les troupes du gouvernement militaire de Paris, et devenu en 4796 hôpital d'instruction. Un décret du 9 août 4850 y créa une école d'application de la médecine militaire où se recrute le corps de nos médecins-majors de l'armée. Une école analogue, fondée à Strasbourg à la même époque, lui a été annexée en 4874.
L'hôpital contient 700 lits. L'ensemble de l'établissement couvre une superficie de 7 hect. 4/2 environ dont près de 6 hect. en cours et jardins aux arbres séculaires, qui assurent aux malades des conditions parfaites de salubrité. L'église a été rendue au culte le 46 avr. 4826.
Fernand Bournon.
Ecole du Val-de-Grâce (V. Ecole, t. XV, p. 437).
BiDL. : D'" Servier, le Val-de-Grâce, histoire du monastère et de Vhôpital militaire; Paris, 1888, in-12.
VAL-de-la-Haye (Le). Com. du dép. de la Seine-Inférieure, arr. de Rouen, cant. de Grand-Couronne ; 367 hab.
VAL-de-Mercy. Com. du dép. de l'Yonne, arr.d'Auxerre, cant. de Coulanges-la-Vïneuse ; 395 hab.
VAL DE Penas. Ville d'Espagne, prov. et à 52 kil. S.-E. de Ciudad-Real (Nouvelle-Castille), ch.-l. de distr., dans une plaine élevée (705 m.), près du Jabalon, affl. de g. du Guadiana ; 45.405 hab. avec la com. Stat. du chem. de fer de Madrid à Séville. Eaux minérales fréquentées ; vignobles renommés.
VAL-DE-RouLANS. Com. du dép. du Doubs, arr. de Baume-les-Dames, cant. de Roulans ; 96 hab.
VAL-DE-Ruz. District de Suisse, cant. de Neuchâtel ; 46 com.; 9.452 hab. Entièrement agricole; ch.-l. Cernier ; 4.545 hab.
VAL-DEs-EcoLiERs OU GRÂN D-VAL (Abbaye du) (V. Ver-
BJESLES).
VAL-]jes-Prés. Com. du dép. des Hautes-Alpes, arr. et cant. de Briançon; 544 hab.
VAL-de-Travers (V. Travers).
VAL Di NoTo. Ville d'Italie (V. Noto).
VAL-d'Isère. Com. du dép. de. la Savoie, arr. de Moûtiers, cant. de Bourg-Saint-Maurice ; 229 hab.
VAL-et-Châtillon. Com. du dép. de Meurthe-et-Moselle, arr. de Lunéville, cant. de Cirey; 4.284 hab. Filature et tissage de coton ; scieries hydrauliques ; extraction de sable quartzeux.
VAL-Profond (Abbaye du) (V. Val-de-Grâce).
VAL-Saint-Eloy (Le). Com. du dép. de la Haute-Saône, arr. de Vesoul, cant. de Port- sur-Saône; 493 hab.
VAL-Saint-Etienne (Prieuré de) (V. Montmerle).
VAL-Saint-Germain (Le). Com, du dép. de Seinc-et- Oise, arr. de Rambouillet, cant. (N.) de Dourdan ; 543 hab.
VAL-Saint-Pair (Le). Com. du dép. de la Manche, arr. et cant. d'Avranches ; 4.405 hab.
VAL-Suzon. Com. du dép. de la Côte-d'Or, arr. de Dïjon, cant. de Saint-Seine-l' Abbaye ; 185 hab.
VAL-de-Grâce (Jean-Baptiste du), baron de Cloois (V. ce nom).
VALA (V. Ouala).