‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 353 sur 633 · VALTELINE — VAN · texte numérisé non relu

VALTELINE — VAN

par l'armée qu'y envoya Richelieu. En 1630, la Valteline revint définitivement aux Grisons, et ne fut restituée qu'en 1797 à la Lombardie, dont elle suivit désormais les vicissitude^.

BiBL. : Besta, Guida délia Valtellina; Sondrio, 188 i. — SissA, Storia delta Valtefdiia; Milan, 1861.

VALTIN (Le). Com. du dép. des Vosges, arr. deSaint- Dié, cant. de Fraize; 405 hab.

VALUÉJOLS. Com. du dép. du Cantal, arr. et cant. (S.) de Saint-Flour; 1.376 hab.

VALVASONE (Ërasmo di), poète italien, né à Valvasone en Frioul, dont il était seigneur, en 1523, mort en 1593. Son œuvre principale est le poème didascalique la Caccia (publié en 1591). On possède encore de lui une épopée VAngeleida (1590), et les Lagrime di santa Maria Maddalena (1592).

VALVE. L Mécanique. — On donne le nom de valve à une sorte de petite soupape à clapet (V. Soupape et Clapet). JCelle dont on fait usage pour le gonflement des bandages pneumatiques des roues de vélocipède et d'automobile (V. PiouE, p. 994) se compose d'un cylindre en métal qui pénètre à travers l'enveloppe dans la chambre à air. Le clapet obturateur est, soit un petit tube de caoutchouc qui entoure extérieurement le cylindre, comme dans la valve Dunlop, soit une tige tronconique qui presse intérieurement contre ses parois, comme dans la valve Sciaverand. Dans l'une et l'autre, le principe est le même : sous la pression de la pompe, le clapet s'écarte et l'air refoulé par celle-ci pénètre dans la chambre à air ; puis, la pompe cessant d'agir, l'air de la chambre qui est à une pression supérieure à celle de l'air atmosphérique comprime le clapet contre la paroi du cylindre et procure ainsi lui-même l'occlusion, qui est d'autant plus énergique que la roue est plus gonflée.

ÏL Botanique (V. Fruit).

VALVI6NÈRES. Com. du dép. de l'Ardèche, arr. de Privas, cant. de Viviers; 768 hab.

VALVULE (Anat.). Tout repli qui, dans les vaisseaux ou les conduits dâ l'organisme, dirige les liquides ou autres matières, les empêche de refluer et en règle le cours.

Valvules auriculo-ventriculaires. Les valvules qui sont placées aux orifices auriculo-ventriculaires du cœur. Au nombre de deux : celle du cœur gauche est composée de deux valves et porte, en raison de'sa forme, le nom de valvule mitrale ou bicuspide; celle du cœur droit est composée de trois valves, et on l'a appelée valvule tricuspide. Par leur base, ces valvules sont insérées au pourtour de l'orifice auriculo-ventriculaire correspondant ; par leur bord libre, qui est festonné, elle donne insertion aux cordages tendineux des muscles papillaires des ventricules du cœur. Leur but est d'empêcher le reflux du sang du ventricule dans l'oreillette au moment de la systole ventriculaire.

Valvules sigmoïdes. Ce sont trois replis membraneux en forme de nids de pigeon qui garnissent l'entrée de l'aorte (valvules sigmoides de l'aorte) et de l'artère pulmonaire (valvules sigmoïdes de l'artère pulmonaire) et qui ont pour objet d'empêcher le reflux du sang des gros vaisseaux dans le cœur après la contraction des ventricules de cet organe. — Valvules d'Eus tache. Repli membraneux qui garnit l'embouchure de la veine cave inférieure dans le cœur. — Valvules de Thébésius. Hepli qu'on trouve à l'embouchure de la veine coronaire. — Valvules des veines (V. Veine). — Valvules conniventes. Plis de la muqueuse intestinale {flis de Kerkring). — Valvule iléo-cœcale, valvule de Bauhin ou barrière des apothicaires. Valvule formée de deux valves située à l'embouchure de l'iléon dans le cœcum. — Valvule pylorique. Pli circulaire de la muqueuse au niveau du pylore (orifice qui fait communiquer l'estomac avec le duodénum).— yalvule de Tarin. Hepli du cervelet situé audessus et en arrière du quatrième ventricule. — Valvule de Vieussens. La substance cérébelleuse qui forme, en

avant, le plafond du quatrième ventricule (voile médullaire antérieur). Ch. Debïerre.

VALX-sous-Châteauneuf. Com. du dép. du Puy-de- Dôme, arr. d'Issoire, cant. de Jumeaux; 267 hab.

VALZERGUES. Com. du dép. de l'Aveyron, arr. de Villefranche, cant. de Montbazens; 429 hab.

VAWIBÉRY (Armin), voyageur et orientaliste hongrois, né à Duna-Szerdaliely le 19 mars 1832. Il fît ses études à Pest, alla, en 1854, à Constantinople, comme précepteur et y acquit une profonde connaissance des langues turque, arabe et persane. Habillé en derviche, il parcourut, de 1861 à 1864, l'Asie centrale. Il se fixa ensuite à Budapest, où il devint professeur de langue turque à l'Université. Ses nombreux ouvrages, publiés en hongrois, en allemand et en anglais, lui ont acquis une renommée universelle. Nous citerons : Voyages en Asie centrale ; Etudes tchagataïes; Mes pèlerinages en Perse ; Esquisses sur VAsie centrale ; Histoire de Bokhara ; llslam au xix^ siècle ; la Civilisation du peuple turc; V Origine des Hongrois; la Race turque. Enthousiaste de l'Angleterre, il est ennemi des progrès de la Russie en Asie centrale ; grand ami de la Turquie, notamment du sultan actuel qui le consulte souvent. — Il a longtemps cherché à démontrer la parenté étroite du hongrois avec les langues turco~tar tares, mais Budenz et son école ont démontré l'insuflîsance de ses preuves philologiques. Aussi dans son dernier livre : Formation et développement de la race magyare (1895), il se contente de montrer qu'il n'y a pas de peuple plus mélangé au point de vue ethnique que les Hongrois. J. Kont.

VAMPIRE. 1. Zoologie (V. Vespertilion et Phyllostome) .

IL Superstition. — Selon une superstition populaire répandue principalement chez les peuples slaves, les Roumains, les Albanais, les Grecs, les vampires sont des morts qui sortent la nuit de leur tombeau pour venir sucer le sang des vivants. On ne peut, d'après la tradition, s'en débarrasser qu'en les exhumant pour leur percer le cœur avec un pieu, ou leur couper la tète, ou les brûler.

BiBL. : Superstition. ~ Consulter les ouvrages de : Silvestro Palma (1812) ; Jos. Hart (1820) ; H. Mârschner (1828); P.-J. DE LmopAiNTNER (1828). - W. Herz, Dev PTerwo^f; Stuttgart, 1862.

VAWISADHARA. Fleuve (V. Inde, t. X, p. 672).

VAN, VANNAGE (Agric). Cet instrument, dont l'usage est très ancien, est surtout particulier aux régions du Nord où le battage avait lieu, le plus souvent, à la grange et au fléau. C'est une sorte de corbeille plate, en forme de coquille peu profonde, dont le bord est relevé par derrière et muni de deux anses ou poignées ; il paraîtrait qu'il était consacré à Bacchus et que « les vignerons s'en servaient pour offrir à ce dieu les prémices de la vendange » (abbé Rosier). On l'utilise pour le premier nettoyage des graines; après l'avoir rempli à moitié environ, on le saisit par les anses et on l'appuie sur le genou ; on le manœuvre en remuant en même temps les bras et le genou et on amène en dehors, par petites secousses, les ordures, les pailles, les grains d'avoine, d'orge, etc. ; il est bon que la manœuvre soit faite en plein air, de manière que le vent agisse sur la masse et que l'ouvrier soit moins incommodé par les poussières. Le nettoyage au van peut être parfait, mais comme il dépend, avant tout, de l'habileté et de l'activité du vanneur, il laisse généralement à désirer ; il est encore très lent ; l'épuration avec les tarares et les trieurs tend, de plus en plus, à se substituer à ce procédé, qu'elle remplace d'ailleurs très avantageusement. J. T.

VAN. I. Ville. — Ville de la Turquie d'Asie, ch.-l. de la prov. du même nom, sur la r. S.-E. du lac, à 80 m. audessus de«3on niveau. Alt. : 1.730 m. Elle est entourée de hautes murailles et bâtie sur la plate-forme du rocher à pic où s'élève la citadelle; secousses fréquentes de tremblements de terre. Pop., 30.000 hab. (dont 16.000 musulmans, Turcs et Kurdes, 13.500 chrétiens et 500 is-

VAN — VANADIUM

raélites). Mosquées de Sinan, deKliosrev Pacha, d'Ouloudjaiîii; églises arménieanes de Sourp-nichan, Diramair, Sourp-sahak ; missions des dominicains français et prolestante américaine. Poits de bitume creusé dans le roc. Inscriptions cunéiformes gravées sur le rocher de la forteresse, en langue dite vannique ou arméniaque ; inscription trilingue de Darius ï^^' ; elles ont été copiées pour la première fois par Schultz, peu de temps avant son assassinai, estampées plus tard par Deyrolie, et étudiées par Hincks, Stanislas Guyard et Sayce. La légende rattache sa fondation à Sémiramis ; elle aurait été reconstruite par Van,pèreduroi d'Arménie VahéjContemporaind'Aiexandre. Elle fut, de 908 à 10'22 ap. J.-C, la capitale du royaume des Arzrouniks.

IL Lac. — Grand lac salé de la Turquie d'Asie, prend son nom de la principale ville située sur ses bords ; plus de 425 kil. de longueur sur une largeur de 14 à 15 kil. ; superficie totale, 6.300 kil. q. ; ait,, 1.650m. A peu de distance des rives, sa profondeur dépasse déjà 100 m. Sur ses rives croissent l'oranger et le citronnier, mais non l'olivier. Entouré de hautes montagnes, le niveau de ses eaux tend constamment à s'élever ; on suppose cependant qu'il varie par périodes que Ton estime à vingt ans (Belck) ou de trente à trente-cinq ans (R. Siéger). H renferme quatre îles (Aghtaraar, Lim, Arder, Gdoutz) qui sont d'anciennes presqu'îles à demi submergées : la première est le séjour d'un catholicos arménien et renferme une éghse du x® siècle. Ce lac produit du borate de soude ; on fabrique du savon avec les résidus salins des plages ; on y pêche, en outre d'un gros poisson nommé goghad, un poisson particulier, le darekk (Cyprinus Tarichi), sorte d'ablette, d'après Deyrolie, qu'on fait sécher ; dans cet état, il est exporté en Turquie et en Perse. Navigation de petits voiliers d'une douzaine de tonnes ; mouches à vapeur de la régie ottomane des tabacs et de la mission américaine. Cl. Huart.

VANAOiSE (Myth.) (V. Freyja [Dame]).

VANADIUM Form S^quiv...." 51,2.

VANAUiuiyi. joim. j p^j^^satom 51,2.

Le vanadium se trouve dans un assez grand nombre de minéraux ; on le rencontre d'une façon à peu près constante dans les minerais argileux de fer ; on connaît plusieurs vanadates naturels dont le plus répandu est le vanadate de plomb. C'est Roscoë qui a préparé le vanadium pour la première fois en réduisant son chlorure par l'hydrogène à la température du rouge ; l'opération se fait dans une nacelle de platine chauffée dans un tube de porcelaine ; il faut avoir soin d'éviter toute trace d'oxygène et d'humidité. Le métal ainsi préparé a l'aspect d'une poudre cristalline brillante ; sa densité est 5,5. Il brûle avec éclat dans Foxygène et présente une grande affinité pour Fazote. Moissan a obtenu plusieurs alliages de vanadium. L'alliage de vanadium et de cuivre peut être préparé en chauffant au four électrique un mélange d'anhy-dride vanadique, d'oxyde de cuivre et de charbon; il a la couleur du bronze et se lime avec facilité. En projetant sur de l'aluminium fondu dans u i creuset en terre un mélange d'aluminium et de vanadium, on obtient un corps très malléable, d'une faible dureté : c'est un aUiage d'aluminium et de vanadium. L'ahiminium a réduit l'acide vanadique et s'est uni avec le métal formé.

Les combinaisons du vanadium avec l'oxygène sont nombreuses ; elles correspondent aux composés oxygénés de l'azote. Ce sont : le bioxyde VaO^, le trioxyde ou anhydride vanadeux VaO-^,, le tétroxyde ou anhydride hy~ povanadique VaO^, le pentoxyde ou anhydride vanadique VaO^. Il y a lieu do remarquer que le protoxyde de vanadium correspondant au protoxyde d'azote n'est pas connu. Le bioxyde a été pris pendant longtemps pour le vanadium métallique. Il a la même formule qu'un radical d'un grand nombre de sels de vanadium : le vanadyle A^aO^. Roscoè l'a préparé en faisant passer un mélange de vapeurs d'hydrogène et de trichlorure de vanadyle dans un

tube rempli de charbon au rouge. C'est une poudre grise possédant l'éclat métallique. — Le trioxyde se produit quand on réduit l'anhydride vanadique par l'hydrogène au rouge ; c'est une poudre noire. — Le tétroxyde s'obtient, soit par l'oxydation mélangée du trioxyde, soit par la réduction ménagée de l'anhydride vanadique ; on peut aussi le préparer par la calcination du bichlorure de vanadyle. [l donne des sels à la fois avec les acides et avec les bases ; les sels formés par Funion du tétroxyde de vanadium et des alcalis ou des hydrates métalliques s'appellent les hypovanadates, on en a obtenu un assez grand nombre à l'état cristallisé ; les sels formés par dissolution du tétroxyde dans les acides senties sels liypovanadiques ; ils peuvent être préparés par la réduction au moyen de l'acide sulfureux des solutions de pentoxyde de vanadium dans les acides. — L'oxyde de vanadium le plus important est le pentoxyde VaO^ appelé encore anhydride vanadique. On l'obtient par calcination du vanadate d'ammoniaque au contact de l'air. Ce vanadate d'ammoniaque peut lui-même être préparé facilement à partir du vanadate de plomb naturel ; il suffit de chauffer ce minerai avec de l'acide azotique; par suite d'une double décomposition, l'azotate de plomb se forme et l'acide vanadique devient libre. On sature cet acide par l'ammoniaque ; le vanadate d'ammoniaque cristallise par refroidissement. L'anhydride vanadique est une poudre orangée très peu soluble dans l'eau. Chauffe avec du charbon, il est réduit à l'état de bioxyde ; l'hydrogène au rouge le transforme en trioxyde ; il donne le tétroxyde par une réduction très ménagée. Il se dissout à la fois dans les acides et dans les bases ; avec les acides il forme les sels vanadiques ; avec les bases il forme les vanadates. Les solutions de sels vanadiques sont jaunes ou rouges ; on connaît plusieurs de ces sels cristallisés, en particulier le sulfate et les phosphates. Les vanadates appartiennent à plusieurs types : il y a lieu de distinguer : les ortho vanadates, les pyrovanadates, les métavanadates, les tétravanadates et les tri vanadates. Les ortho, les pyro et les métavanadates correspondent aux phosphates; les tétra et les trivanadates résultent de l'union de 4 ou de 3 équivalents d'orthovanadates avec élimination d'eau.

Les chlorures de vanadium sont au nombre de trois : le bichlorure VaCl^ le trichlorure VaCl'\ le tétrachlorure VaCH. Le bichlorure se prépare par la réduction du tétrachlorure au moyen de l'hydrogène. Chauffé dans un courant de gaz ammoniac, il se transforme en un azoture qui a été pris pour le vanadium lui-même. Le trichlorure se forme par dédoublement du tétrachlorure sous l'influence de la chaleur ; c'est un corps solide dont la couleur est analogue à celle du sesquichlorure de chrome. On obtient le tétrachlorure en faisant passer un courant de chlore sur le vanadium chauffé ; il est hquide et distille aux environs de 154«. Il se dissout dans l'eau ; la solution renferme le chlorure hypovanadique.

Moissan a obtenu le carbure de vanadium C^Va en chauffant au four électrique un mélange d'anhydride vanadique et de charbon de sucre. Ce carbure a pour densité 5,37 ; il se présente en beaux cristaux qui rayent le verre avec facilité. Il se combine à l'oxygène au rouge sombre ; au rouge, il est attaqué par l'azote avec formation d'azoture de vanadium. L'acide azotique l'attaque à froid ; les acides chlorhydrique et sulfuricpie sont sans action sur lui. — En chauffant pendant moins longtemps au four électrique un mélange d'anhydride vanadique et de charbon, on obtient facilement une fonte de vanadium contenant 4 à 5 °/o de carbone. Cette fonte a une cassure brillante ; elle ne s'oxyde pas à l'air. Elle n'a pu être affinée au moyen de l'acide vanadique à cause de la facile liquéfaction de cet acide.

Par l'ensemble de ses propriétés chimiques, par les formules de ses différents composés, le vanadium doit être placé dans la famille de l'azote, du phosphore, de Farsenic et de l'antimoine. Il a été d'abord rangé à côté du

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molybdène et du tungstène ; c'est Roscoè qui a montré ses véritables analogies chimiques en préparant pour la première fois le vanadium à l'état pur, en prouvant que ce qu'on avait pris pour le métal n'était qu'un oxyde, le vanadyle, et en déterminant l'équivalent du métal qu'il avait obtenu. A. Boiizat.

VANAULT-le-Châtel. Corn, du dép. de la Marne, arr. de Vitry-le- François, cant. d'Heillz-le-Maurupt; 4'20 hab.

VANAULT-les-Dames. Corn, du dép. de la Marne, arr. de Vitry-le-François, cant. d'Heiltz-le-Maurupt; 462 hab.

VAN BEERS (Jan), peintre belge, né en 1851. Il traite le genre et expose souvent à Paris. Il peint, avec un peu trop de détails, des figures assez élégantes dans des intérieurs et des paysages.

VANBRUGH ou VANBURGH (Sir John), auteur dramatique et architecte anglais, né à Londres le 24 janv. 166 i, mort à Londres le 26 mars 1726. D'une famille hollandaise, émigrée en Angleterre au commencement du xvii^ siècle, il fit à Paris des études d'architecture et entra dans l'armée en 1686. Il était de passage à Calais en 1690 lorsqu'il fut arrêté sous prétexte qu'il n'avait pas de passeport. Il fut enfermé à Vincennes, puis à la Bastille oti il resta jusqu'à la fin de 1692. On n'a jamais connûtes vrais motifs de cet emprisonnement, et il s'agit probablement d'une vengeance de femme. Pendant sa captivité, Vanbrugh avait employé ses loisirs forcés à s'essayer dans l'art dramatique. Sa première pièce, The Relapse^ fut représentée avec un succès considérable au Théâtre-Royal en 1697. Ce triomphe décida de sa voca^ tion. Coup sur coup il donna : jEsop (1697), adaptation des Fables d'Esope de Boursault, une des pièces à succès du répertoire parisien; The Provoked Wife (1697), comédie amusante dont les indécences voulues choquèrent la bonne société, et provoquèrent l'indignation des critiques austères et qui fut bientôt traduite en français, la Femme poussée à bout (Amsterdam, 1726) ; The False Friend (1702), qui n'est qu'un arrangement du Traître puni de Lesage ; comme The Country Bouse (d705) en est un de la Maison de campagne de Dancourt, et The Confederacy (1705), l'une des meilleures pièces du théâtre anglais, en est encore un des Bourgeoises à la mode du même Dancourt. Au reste, à cette époque, la scène anglaise vivait de la française. Vanbrugh arrangea avec Congreve et Walsh Monsieur de Pourceaugnac, qui àQ- \kntSquireTrelooby (1704), et avec Betterton le Dépit amoureux^ qui devient The Mistake (1705). Mais après une période de brillants succès, Vanbrugh dut renoncer complètement au théâtre pour se consacrer tout entier à l'architecture, où il acquit une renommée encore plus étendue. Au moment de sa mort, il laissait les fragments d'une comédie, The Journey to London qui, achevée par Colley Cibber (1728), resta longtemps au répertoire. Elle a été traduite en français sous ce titre : le Mari poussé à bout (1761). Vanbrugh a construit des édifices qui peuvent être rangés parmi les plus beaux que possède l'Angleterre. Les plus remarquables sont : le Castle Howard (1714), qui lui valut d'être nommé au poste lucratif de roi d'armes Clarenceux ; le Queen's Théâtre (1705) ou opéra italien de Londres, dont il fut non seulement le constructeur, mais le directeur, et auquel il fournit encore des livrets de son cru ; le monument de Blenheim , à V\''oodstock, qu'il considérait comme son chef-d'œuvre et qui lui attira toutes sortes de difficultés avec la famille de Marlborough et toutes sortes de critiques acerbes ; l'imprimerie de Clarendon ; les fameux jardins de Stowe dans le style rococo, etc. Vanbrugh avait exercé à deux reprises les fonctions importantes de contrôleur des travaux publics. On a donné plusieurs recueils de ses œuvres (notamment : Londres, 1730, 2 vol. in-8; 1776, 2 vol. in-12; 1893, 2 vol. in-8). Ses lettres, qui sont pleines d'esprit, de bonne humeur, ont été publiées en partie dans le Gentleman s Magazine. ' R. S.

BiBL. : Comic dramatlsts of the Restoration, dans Edin-

burgh Review^jânv. 1841. — Allan Cu^^NIKGHAM, Livcs of brilish Painters, Sculplors andArchilecls, 1829-33.— Bel- JAME, Hommes de lettres en Angleterre.— Lenient, la Comédie au xviip siècle.

VAN ÇA! S. Com. du dép. des Deux-Sèvres, arr. de Melle, cant. de Lezay ; 643 hab.

VAN CE. Com. du dép. de la Sa-rthe, arr. et cant. de Saint-Calais ; 756 hab.

VANCHY. Com. du dép. de l'Ain, arr. de Gex, cant. de CoUonges; 1.220 hab. Taillerie de diamants.

VAN Cl CE. Ville d'Autriche (V. Ivancice).

VANCLANS. Com. du dép. du Doubs, arr. de Baumeles-Dames, cant. de Vercel; 325 hab.

VANCOUVER. Ville maritime de la Colombie britannique (Canada, Dominion), sur le rivage d'une baie profonde du détroit de Géorgie, qui s'interpose entre la terre à l'Ë. et l'île de Vancouver à l'O., près de la frontière des Etats-Unis; ses habitants ont passé de 13.685 en 1891 à plus de 20.000 en 1896. Terminus (1885) de la ligne de cheminde fer du Pacifique Canadien. Son port est accessible toute l'année, car la mer n'y gèle jamais. Beau parc Stanley. Scieries, [construction de voitures et machines, fabrication de savon, sucre et soda. Grand commerce de bois, thé, soie, charbons, peaux. Vancouver est la tète de ligne des vapeurs pour l'Australie, Yokohama, Hong-Kong, pour San Francisco et Sitka.

VANCOUVER. Ile de la Colombie britannique, située sur la côte du Pacifique de l'Amérique du Nord ; séparée de la Colombie britannique au N. par le détroit de la Beine- Charlotte (encombré d'îles), à l'E. par le détroit Johnston-George, au S. par le détroit Juan de Fuca de l'Etat de Washington, elle s'étend dans la direction du N.-O. (450 Idl.^ de long, 60 à 100 de largeur moyenne) ; 33.100 kil. q. L'île est un chaînon des monts de Vancouver qui commencent au S. par le mont Olympe et reparaissent au N. sur le continent dans l'Alaska ; la région montagneuse couvre presque entièrement l'île de Vancouver, à l'exception d'une plaine au S.-E. et de l'extrémité N.-O. : le Victoria Peak a 2.281 m. de haut. Les côtes du côté de la haute mer sont profondément creusées en forme de fiord, surtout à l'O., avec le Nootka Sound et l'Albernikanal ; en d'autres parties, les côtes forment des falaises rocheuses contre lesquelles la mer se brise. Les lacs sont très nombreux, ainsi que les fleuves, dont aucun n'est navigable. Le climat est rude, humide, mais sain ; l'été est assez chaud à cause des courants chauds venant du Japon ; les vents soufflent fréquemment avec violence D'épaisses forêts de sapins et d'arbres verts couvrent l'île entière et sont habitées par d'innombrables animaux ; la mer regorge de poissons, harengs, esturgeons, saumons. L'île est très riche au point de vue minéral ; on trouve de l'or dans les fleuves, principalement le Cowichan et le Sooke ; le fer et le cuivre sont aussi très exploitables ; on trouve des gisements de charbon très riches sur la côte à Nanaïrao et Wellington, qui fournissent toute la côte de l'Amérique du Nord. La population consiste en 37.000 hab., dont 10.000 Indiens Wakash, Chinois et colons européens. La capitale est Victoria (qui est en même temps celle de la Colombie britannique). — L'île a été découverte en 1774 par Juan Francisco de la Bodegay Quadra, explorée en 1792 par George Vancouver (V. ci-dessous) ; elle s'est appelée d'abord île Quadra et Vancouver. Les Etats-Unis y ont renoncé par le traité de 1846. La reine Victoria l'a donnée pour dix ans à la Compagnie d'iïudson(13 janv. 1849) pour aider à sa colonisation par des Anglais; en 1859, l'île de Vancouver est devenue colonie anglaise, et en 1876 elle a été unie à la Colombie britannique.

VANCOUVER (George), navigateur anglais, né en 1758, mort à Petersham le 10 mai 1798. Entré dans la marine à treize ans, il participa aux voyages de CooA; (V. ce nom), combattit sous Rodney aux Indes, et en 1789 fut désigné comme second de Roberts pour commander une expédition dans les mers du Sud. Mais la guerre avec l'Espagne

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