VANCOUVER — VANDAMME
fit ajourner ce projet, et Vancouver, devenu commandant de la Découverte, ne partit qu'en 1791. Il releva la côte Sb^O. de TAustralie, passa en Nouvelle-Zélande, releva une portion de côte inconnue, alla ensuite à Tahiti, découvrit le golfe de Géorgie et fit le tour de l'île qui porte son nom. En 4793-94, il releva les côtes au N. de San Francisco, qui étaient mal connues. Il était, en 1794, de retour en Angleterre, où il rédigea son Voyage of discoverij to Vie North Pacific Océan and round the World (Londres, 1798, 3 vol. in-4 et atlas in-fol.).
VANDAL (Jacques-Pierre-Louis-Edouard), administrateur français, né à Coblentz le 28 févr. 1813, mort à Paris le 17 déc. 1889. Employé d'abord au ministère du commerce, puis au ministère des finances, il était en 1837 inspecteur des finances, en 1852 directeur général des contributions directes, et devint en 1861 directeur général des postes, fonctions qu'il occupa jusqu'en 1870. 11 est l'auteur de diverses améliorations du service postal, mais il acquit en 1867 une assez fâcheuse réputation, grâce à une circulaire relative au cabinet noir qu'il eût pu se dispenser de rédiger. Rendu à la vie privée par la troisième République, Vandal devint président du conseil de la Compagnie des paquebots transatlantiques.
VANDAL (Albert), historien français, né à Paris le 7 juil. 1833. Il débuta dans la vie littéraire par un récit de voyage : En Karriole à travers la Suède et la Norvège (1876), puis se consacra àThistoire diplomatique et composa avec les archives du ministère des affaires étrangères, une série d'ouvrages que recommandent la sûreté de l'érudition, l'élégance delà forme, la largeur et le mouvement du récit, la couleur des descriptions et des portraits : Louis XV et Elisabeth de Russie (1882), étude sur les relations de la France et de la Russie au xvii® siècle; le Pacha Bonneval (1885), et une Ambassade française tu Orient sous Louis AT (1887), importantes contributions à l'histoire delà question à'Onent^^ Napoléon et Alexandre P'' (1891-93, 3 vol. in-8), magistral exposé de l'alliance franco-russe sous le premier Empire. Il semble maintenant revenir à l'histoire intérieure avec V Avènement de Bonaparte (1902). Professeur à l'Ecole des sciences politiques, Vandal a été élu en 1897 membre de l'Académie française, en remplacement de Léon Say.
VANDALES. Peuple de la Germanie orientale, qui se divisait en Silingues et Asdingues. Pendant la guerre des Marcomans (166-80 ap. J.-C), une partie de ceux qui habitaient la Silésie se porta vers la Dacie, tandis qu'un autre groupe traversait l'Allemagne en se dirigeant vers rO. el apparaissait en 280 sur le Main moyen. Les Vandales de la Dacie éprouvèrent en 334 une grande défaite sur le Maros, infligée par les Goths : leur roi V^isumar (de la tribu des Astinges) y périt ; ceux qui échappèrent à ce désastre demandèrent à Constantin le Grand de leur assigner des terres : Constantin établit les Vandales et les Sarmates dans la Pannonie romaine (334). Au début du V® siècle, un groupe considérable de Vandales, sous la conduite du roi Godegisel, quitta la Pannonie, et, en compagnie des Suèves et des Alains, passa le Rhin (406) pour venir pendant trois années ravager les Gaules ; en 409, ils traversèrent les passes des Pyrénées avec Gonderick, fils de Godegisel, et dévastèrent l'Espagne ; le roi visigoth Wallia, au service de Rome (416-18), livra des combats acharnés aux Vandales, mais ceux-ci, après quelques insuccès, détruisirent une armée romaine envoyée contre eux (422) et s'emparèrent du S. de l'Espagne : le nom d'Andalousie conserve le souvenir de la domination vandale. A la mort de Gonderick (427), «on frère illégitime Genséric prit le pouvoir ; celui-ci fut appelé en Afrique par Boniface qui gouvernait pour l'impératrice Placidie et, inquiet des intrigues de son rival Aétius à la cour, venait de se révolter. Genséric passa aussitôt en Afrique (mai 429) avec 30.000 Goths et Alains : en vain Boniface, qui avait fait la paix avec la cour de Ravenne, lui demanda de repasser la mer. Genséric, profitant des.
GRANDE ENCYCLOPÉDIE. — XXXL
discordes entre les partisans et les ennemis des Romains, en même temps que du schisme des douatistes qui déchirait l'Eglise d'Afrique, se conduisit en conquérant et s'empara du pays qu'il ravagea ; en 43i, il obtint par traité une grande partie de l'Afrique et de la Numidie; en 439, violant le traité, il enleva Carthage qu'il prit pour capitale et obtint par un nouveau traité, en 442, des frontières beaucoup plus vastes. Il donna tous ses soins à sa flotte et fut bientôt maître de la Méditerranée ; il s'empara de la Mauritanie et de Tripoli. Son fils Hunéric lui succéda et régna de 477 à 484 ; après lui, vint le neveu de Hunéric, Gundamund, qui régna jusqu'en 496, et le frère de ce dernier, Thrasamund, qui régna jusqu'en 523. Ces despotes puissants eurent alors pour successeur Hildéric (526-30), fils de Hunéric et de la fille de l'empereur Valentinien, Hildéric, élevé à la cour de Constanlinople, ami de Justinien et chrétien orthodoxe, n'était pas un roi guerrier ; il atfuiblit son royaume et fit massacrer la veuve de son prédécesseur, fille du roi ostrogoth Théodoric, avec 6.000 Goths qui l'avaient accompagnée en Afrique. Son cousin Gélinier le renversa en 530, ce qui donna à l'empereur Justinien un prétexte pour envoyer son général Bélisaire en 533 contre les Vandales. Bélisaire prit Carthage, vainquit GéUmer à Tricaméron, l'obligea à se rendre et l'emmena à Constantinoplo : trois années suffirent à ruiner l'empire de Genséric. Les Vandales étaient efféminés par les richesses et le luxe ; en outre, ils n'avaient pu se fondre avec les Romains qui différaient d'eux par la nationalité et les croyances et formaient le plus grand nombre ; établis à Carthage, les Vandales ne s'étaient pas assimilé les trois quarts des provinces; ils avaient conservé l'administration romaine pour tous les bas emplois, tandis que les grandes charges étaient confiées aux Germains ; l'administration de ceux-ci était meilleure que l'ancienne, mais entachée d'arbitraire; les Vandales aiiens laissaient cependant la liberté de croyances aux catholiques romains ; et s'il y eut quelques persécutions, elles furent motivées par le désir d'obliger les empereurs romains à accorder aux ariens la tolérance dans l'empire romain.
BiBL, : Papencordt, GescJiichte der vandallschen Ilerrschaft in Afrika; Berlin, 1837.— Stadler von Wolfi ers- GRUN, Die Vandalen vonihremEinbruch in Gallien bis zum Tode Genserichs, 18b4.— L. Schmidt, /Ëiteste Geschichte der IVandaien; Leipzig, 1888.
VANDAMME (Dominique-René), comte d'UNEBouRG, général français, né à Cassel (Nord) le 5 nov. 1770, mort àCassel lei5 juil. 1830. Après avoir servi comme soldat, puis comme sergent, dans un régiment colonial à la Martinique (1788), et en France dans le régiment de Brie (1790), il fut, en 1792, chargé de lever et d'organiser la compagnie franche des chasseurs du Mont-Cassel, à la léte de laquelle il prit une part brillante aux opérations de l'armée du Nord en 1793. H se fit dès lors rapidement connaître par son ardent patriotisme, sa bravoure légendaire, mais aussi par la violence de son caractère, son penchant au pillage et son amour des plaisirs. Nommé général de brigade après la bataille de Hondschoote (27 sept. 1793), il contribua puissamment à la conquête de la Belgique et de la Hollande, passa, après une courte disgrâce (juin 1795), à l'armée de Sambre-et-Meuse, puis à l'armée du Rhin (1796), à l'armée du Danube, ou il devint général de division (5 févr. 1799), à l'armée de Hollande, où, sous les ordres de Brune, il concourut aux victoires de Bergen et de Castricum, servit de nouveau avec éclat à l'armée du Danube sous Moreau (1800), se distingua encore sous Macdonald dans lacampagne des Grisons (1800-1), fut fait par Napoléon grand officier de la Légion d'honneur en 1804, puis grand-aigle (1805), pour sa vigoureuse conduite à Austerlitz, commanda, pendant les campagnes de Prusse et de Pologne (1806-7), le 9® corps de la grande armée, à la tête duquel il ocoupa la Silésie, fut nommé comte d'Unebourglel9marsl808, et, en 1809, prit une part très importante aux batailles d'Abensberg et d'Eckmuhl. Mis, en 1812, à la tête des