II. Chasse (V. Chasse, t. X, p
III. Art culinaire. — Le vanneau reçoit les mêmes préparations culinaires que le pluvier. Mais sa chair est moins appréciée que celle de ce dernier.
VANNEAU (Le). Com. du dép. des Deux-Sèvres, arr. de Niort, cant. de Frontenay-Rohan-Rohan ; l.OoO hab.
VANNECROCQ, Com. du dép. de l'Eure, arr. dePont- Audemer, cant. de Beuzeville ; 164 hab.
VANNERIE. La vannerie, qui est, au sens étroit du mot, l'art de fabriquer les vans (V. ce mot), embrasse, dans le langage courant, la confection des corbeilles, paniers, hottes, et, d'une façon générale, de tous les ustensiles et objets divers qui se font avec des brins ou des tiges d'osier, de jonc, de rotin, de bambou, de roseau, d'aloès, etc., entrelacés ou assemblés. N'employant que des matières premières fournies par la nature en abondance et à peu près toutes préparées, n'exigeant, comme façonnage, qu'une certaine habileté manuelle et peu ou point d'outils, elle est née vraisemblablement presque en même temps que l'humanité et on l'a trouvée appliquée par la plupart des peuplades sauvages non seulement à la construction de leurs demeures, mais aussi à leur habillement et à leur armement. C'est en effet avec les fibres de végétaux qu'ils tissent leurs pagnes, et leurs boucliers sont en lianes tressées, recouvertes ou non de peaux. Les Pères du désert pratiquaient beaucoup aussi, dans leurs retraites, l'art du vannier, dont ils tiraient en grande partie leur subsistance. De nos jours encore, il constitue, concurremment avec la chaudronnerie et la mendicité, l'une des professions principales de ces familles nomades de Bohémiens qu'on rencontre campées un peu partout
sur les grandes routes de l'Europe. Mais il a aussi des centres importants de production. Les premiers se sont créés, au début du xix® siècle, en Allemagne, où une bonne partie de la population, dans les pays de Cobourg et de Lichtenfeld, vit de la fabrication des articles de vannerie. En France, les régions marécageuses de l'Est, où les osiers poussent en abondance,* ont été le berceau de cette industrie. Elle y a par la suite un peu émigré vers l'Ouest, en Seine-et-Marne, en Seine-et-Oise, dans la Manche, mais surtout dans l'arr. de Vervins, aux environs d'Origny-Sainte- Benoîte. Paris est, de son côté, le centre de fabrication de la vannerie de luxe. Les autres pays producteurs sont, en Europe, la Belgique, l'Angleterre, F Autriche-Hongrie, l'Italie, et, hors d'Europe, le Siam, le Japon et la Chine.
Il y a trois genres de vannerie : 1^ la grosse vannerie, qui fabrique les paniers communs à usages industriels ; 2^ la vannerie fine, qui comprend les paniers de pcliles dimensions à usages domestiques, les corbeilles à ouvrage et les objets de fantaisie ; 3° la vannerie d'ameublement. Cette dernière, surtout, a fait depuis quelques années de grands progrès, sous l'impulsion du Japon et de la Chine, qui avaient, naguère encore, la spécialité des petits meubles en osier, en bambou ou en rotin, artistiquement tressés. Maintenant on les fabrique chez nous dans des conditions de bon marché et d'élégance qui en ont vulgarisé l'usage. La vannerie fine, au contraire, subit en France depuis une dizaine d'années une crise du fait de la concurrence étrangère, qui a supprimé la plupart de ses débouchés. De 7 millions de fr. en 1889, l'exportation est tombée à 2.300.000 fr. en 1899. ^
La vannerie, qu'il s'agisse de grosse vannerie, de vannerie fine ou de vannerie d'ameublement, continue à être une industrie essentiellement manuelle, qui ne recourt aux procédés mécaniques que pour la préparation des matières premières. Aussi l'ouvrier vannier travaille-t-il presque exclusivement en chambre et très rarement en usine. Il achète à des négociants, qui lui fournissent en même temps toutes les indications nécessaires sur les articles les plus en vogue, la matière première et il leur revend ensuite ses produits. Son gain quotidien varie de 1 fr. 50 à 3 fr. 50. L. S.
VANNES (Congrégation bénédictine de Saint-) (V. Bénédictins, t. VI, p. 138).
VANNES (Eaux) (Agric.) (V. Engrais, t. XV,p. 1068).
VANNES. Com. du dép. du Loiret, arr. d'Orléans, cant. de La Ferté-Saint- Aubin ; 797 hab.
VANNES (Darioriyum ; Gwened en breton ; Veneti, Civitas Venetorum ; les habitants sont appelés les Vannetais). Ch.-l. du dép, du Morbihan, au fond du golfe du Morbihan; 22.191 hab. Stat. du chem. de fer de Nantes à Brest. Le port est constitué par plusieurs petits ruisseaux, leVinsein, la Mario qui sert d'écoulement à l'étang du Duc, le Tréhulan, le Lizier ou Saint-Nolf, qui se rejoignent à Vannes et dont la réunion porte le nom de Coudât. La ville est dans une situation pittoresque. Ecoles normales d'instituteurs et d'institutrices, société polymathique. Fabrique de pompes, chantiers de construction de navires ; tissage de coton ; fabriques de toiles, de draps, de cotonnades et dentelles (établissement de bienfaisance) ; ostréiculture, huîtres françaises ; syndicat des agriculteurs de Grand-Champ ; bateaux à vapeur, deux entreprises, plus la Société de la Basse-Loire (service du golfe du Morbihan) ; commerce d'ardoises, de bois du Nord, de phosphate de chaux, de sel.
Le mouvement général de la navigation, en 1899, a été, à l'entrée, de 414 navires (10.205 t.) ; pour la sortie, 410 nav. (10.207 t.). Les articles importés sont principalement les bois du Nord, le charbon de terre, le minerai de fer, etc. ; ceux exportés, le sel, les grains, les huîtres, chanvre, cordages, bois de sapin, futailles vides, etc. Les bateaux de pêche apportent environ 150.000 kilogr. de poisson pour la consommation locale et 100.000 kilogr. expédiés par le chemin de fer.
Vannes se divise en deux parties : la vieille ville, étagée sur la colline qui s'abaisse auS,-E, et prolongeant à l'E. les quartiers de Calmont (Calidus mons) haut et bas. Groupée autour de la cathédrale, qui la domine, elle est encore renfermée dans ses murailles délabrées du moyen âge. Ses rues sont étroites, tortueuses, escarpées, les maisons qui les bordent sont anciennes, pour la plupart construites en bois. Le Vannes nouveau, ville moderne, s'est développé autour de l'antique cité, en une suite de faubourgs importants où sont tous les édifices publics, en dehors de la cathédrale, les promenades, les casernes.
Les monuments religieux nous offrent, en premier lieu, le plus remarquable de tous, la cathédrale Saint-Pierre. Reconstruite au xiii® siècle, elle a été remaniée du xv® au xviii^ de styles divers. La façade 0., reconstruite en 1875, est flanquée à gauche d'une tour carrée surmontée d'une flèche pyramidale avec clochetons aux angles, et à droite d'une autre tour basse terminée par une flèche. La façade latérale N. est la partie extérieure la plus intéressante, elle est flanquée, à droite du transept, d'une chapelle circulaire du xvi® siècle, dite du Saint-Sacrement ou du Pardon. Près de là, se trouvent des parties d'arcades de l'ancien cloître. On remarque à l'intérieur de la nef unique : la chapelle Saint- Vincent-Ferrier ; canonisé en 1456 ; la chapelle des Fonts, ornée d'un bas-relief de la Renaissance ; les marbres précieux qui enrichissent l'église ; le maître-autel en marbre blanc. — L'église Saint-Paterne, réédifiée en 1727. — L'église Notre-Dame-du-Méné (1669-1727), ornée de boiseries, jadis église paroissiale. — Chapelle du collège communal Jules-Simon, précédemment collège Saint-Yves, fondé en 1577. — Le couvent des Carmes déchaussés (1629) est devenu le palais épiscopal. — Le couvent des Ursuhnes (1627), avec sa chapelle (1790), a été transformé en collège ecclésiastique Saint-François-Xavier que dirigent les jésuites.
Les remparts de la vieille ville ont laissé des restes curieux de quatre époques distinctes. Les parties les plus anciennes, remontant à l'occupation romaine, sont situées dans la partie haute de la ville. Les constructions de la seconde époque sont de la fin du xiii® siècle (Tours Pouldrière et Joliette). Les réédifications de la troisième époque comprennent les restes de la porte de Calmont (xiv® siècle) et la tour du Connétable. Elle faisait partie, à l'angle N.-E., du château de l'Hermine, ancienne résidence des ducs de Bretagne et dont cette tour est le seul reste. Préfecture moderne (style Louis XIII) entourée d'un beau parc. Hôtel de ville moderne, auquel on accède par un perron orné de lions en fonte, un campanile le termine ; il renferme les salles des Fêtes, le Musée avec des toiles modernes, la Bibliothèque, qui compte 12.000 volumes, des manuscrits et des incunables. L'ancien Hôtel de ville date des xv® et xvi® siècles. C'est dans la salle haute des anciennes Halles, aujourd'hui le Théâtre, que fut solennellement délibérée par les Etats de la province, l'an 1532, l'union de la Bretagne à la France. Musée archéologique, un des plus remarquables d'Europe ; collections de l'Hôtel de Limur. Parmi les vieilles maisons, Château-Gaillard (xvi® siècle) ; monument à Lesage ; promenades : allées en amphithéâtre de la Garenne; la Robine, créée en 1761. Aux environs, châteaux : Bernus, Limur, Limoges, Liziec, Pargo. La locaUté de Conleau possède des bains de mer avec un casino.
Histoire (V. Breta-Gî^e). — La ville gauloise de Darioriq occupait l'emplacement de Vannes (peut-être de Locmariaquer). C'était la capitale des Venètes ( Veneti) ; elle prit plus tard, au iii<^ siècle, le nom latin de la nation, Venetia, origine du nom breton Gwened, puis du nom français de Vannes. Avant l'arrivée des Romains, il y avait là une puissance maritime en relations commerciales suivies avec les Phéniciens. En 409, les Armoricains s'étant révoltés contre le joug croulant des Romains, Vannes se donna des comtes indépendants. Un concile fut tenu à Vannes en 465, présidé par saint Perpétue, ar-
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chevêque de Tours, qui alors sacra son premier évêque, saint Paterne. Le comté devint puissant, tantôt ecclésiastique, tantôt laïque. Le comte Canao soutint la révolte de Chramne contre son père Clotaire I'^^ (561). Waroch ou Erech, prince breton, se rendit héréditaire du comté vers 575, mais il fut obligé de reconnaître la suzeraineté du roi franc Chilpéric. De son nom, tout le pays autour de Vannes fut appelé, jusqu'à la fin du moyen âge, Bro- Waroch. Vannes, antérieurement ville armoricaine, était ainsi passée sous la domination des Francs, et les rois de la première et de la seconde race y frappèrent monnaie. En 818, un second concile y fut tenu par Louis le Débonnaire. Peu après la mort de ce monarque, Noménoë, son lieutenant en Bretagne, prit le titre de roi, en 843, et étendit son pouvoir sur tout le pays, qui recouvra son autonomie, tandis que Vannes était englobée sous son autorité. Cependant Vannes eut ensuite ses comtes particuliers, qui se distinguèrent dans les batailles assurant la Bretagne contre les Normands (880). Ces pirates ravageaient la Loire, et ils étaient descendus à Vannes en 855. Le comté ne fut définitivement réuni au domaine ducal qu'en 990, sous Geoffroi, mort en 1008. Dans la lutte des Plantagenets et des Capétiens, Vannes subit toutes les vicissitudes du duché. En 1168, Henri II d'Angleterre s'en empara sur le comte Eudes. En 1203, les Etats de Bretagne s'y réunirent pour la première fois et envoyèrent une députation au roi de France afin qu'il veng'eât l'assassinat du jeune Arthur.
Durant la guerre de succession, elle subit, une même année, quatre sièges consécutifs par Charles de Blois, la comtesse de Montfort, Olivier de Clisson et Edouard IH d'Angleterre (1312). Jean ÏV fixa sa résidence à Vannes, où son fils Jean V continua de demeurer. Tombée au pouvoir de Charles VIII en 1487, elle fut reprise par le duc de Bretagne François II en 1488. A partir de 1 "32, Vannes, déchue de sa prépondérance, ne fit que décliner, malgré la réunion à diverses reprises, durant les xvi®, xvn^et xviii^ siècles, des Etats de Bretagne, qui lui donnaient alors quelque animation. Pendant la Ligue, elle se donna à Mercœur contre la royauté; puis elle finit par se soumettre, à l'avènement de Henri IV. Pendant la période révolutionnaire, en fév. 1791, elle fut assiégée en vain par des insurgés bretons. C'est à Vannes, sur la Garenne, que furent fusillés, en 1795, vingt-deux des émigrés de (luiberon. Les Chouans s'emparèrent de Vannes en oct. 1799, mais en furent bientôt chassés.
L'évêché de Vannes fut suffragant de Tours jusqu'en 1790, puis de 1802 à 1859; il appartient actuellement à la métropole de Rennes.
EvÊQUEs DE Vannes. — Saint Paterne, 465 ; Modeste, 511 ; s. Guennin; Maclian, vers 550 ; Ennius, v. 580 ; Regalis, v 590 ; s. Yudoc ou Budoc ; s. Meriadec, v. 650-66 ; s. Gabrien, v. 720 ; s. Catuodus ; s. BiliusP^ ; Agus, V. 780; Isaac, 797 et 814; Winahelhoc, 820; Ragenaire, 820 et 834 ; Susanne, 838 et 845 ; Corantycnuus, 854 et 869 ; Dites; Kenmonoc, 878 et 888 ; Bilius II, 891 et 908 ; Bienlivet ; Auriscandus, 970 ; Judicaël, v. 1008-13 juin 1037 ; Budic, 1037-65 ; Maingui, 1066-82 ; Morven, v. 1088-1128 ; Jacques l«^ 1128-32 ; Ives P% 1132-37 ; Even, 1137-43 ; Rouaud, 1143-26 juin 1177; Guéhénoc, 118l-v. 1220; BobertP^v. 1220-v. 1231; Guillaume P^ v. 1232; Cadiocus, 1232-15 mai 1254 ; Guillaume H de (}uélen, juin 1254-26 août 1254; Alain I^^ 1255-18 fév. 1262 ; Gui de Conlen, v. 1263-21 oct. 1270 ; Pierre P^ 1276- V. 1280 ; Henri I«r Bloc, v. 1282-22 mars 1287 ; Henri H Tore, juin 1287-v. 1308; Ives II, 1310; Jean P^' Le Parisy, v. 1312-20 janv. 1334; Geoffroi P^ de Saint- Guen, 1334-v. 1350 ; Alain II, 1356 ; Gauthier de Saint-Père, 1357-58 ou 59 ; Jean H de Locminé, 1359- 60; Geoffroi H de Rohan, 1361-71 ;Jeannide Montreslet, 1371-82 ; Simon de Langres, 1382-84; Henri Hl le Barbu, 1384-mai 1404; Hugues Lestoquer, 1404-10 oct.