‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 361 sur 633 · VAPEUR — VAR · texte numérisé non relu

VAPEUR — VAR

S., reçoit à droite la Vaïre, coule vers l'E., reçoit à gauche le Gians et la Tinée, se dirige en dernier lieu vers le S,., reçoit à gauche la Vésubie et à droite l'Esteron, et se jette à 7 kil. au S.-E de Nice dans la Méditerranée. H n'est jamais navigable, descend d'abord avec une extrême rapidité, traverse des gorges sauvages et grandioses dont la plus célèbre est la cluse de Ciaudan ; on le considère comme flottable depuis l'embouchure de la Vésubie, pendant 21 kil. , mais le flottage est nul.

VAR (Dép. du). Situation, limites, superficie. — Que le dép. du Var se nomme toujours ainsi, c'est un véritable scandale. Quand ce territoire s'étendait jusqu'au fleuve du Var, alors limite entre la France à dr., l'Italie à g., ce nom avait sa raison d'être; mais depuis l'attribution de l'arr. de Grasse au nouveau dép . des Alpes- Maritimes, fait, pour la plus grande part, du comté de Nice, annexé à la France, c.-à-d. depuis 1860, ce fleuve ne touche plus la circonscription : il a passé tout entier, ce qui était France comme ce qui était Italie, au territoire dont Nice est la brillante capitale ; et il est vraiment stupide de désigner un département d'après un cours d'eau exterritorial comme le Var l'est maintenant quant au territoire qui s'appela d'après lui.

Le dép. du Var, Tune de nos vingt-quatre circonscriptions maritimes, a pour coordonnées extrêmes : par son archipel des îles d'Hyères 42^59', par son continent (au bout de la presqu'île de Giens) 43^0' 24^0 -- 43«48'30'' lat. N.; et 3M8'30'^ — 4«35'30'' long. E., son ch.-l. Draguignan se trouvant sous 43<* 32' 24'^ lat. N. et 4° 7' 47^' long. E. Confrontant du S. et du S.-E. à la Méditerranée, il a pour bornes continentales : à l'O., le dép. des Bouchesdu-Rhône; au N.-O , celui deVaucluse, sur 4 kil. seulement ; au N., celui des Basses-Alpes ; au N.-E., celui des Alpes-Maritimes. Du côté continental, les seules frontières naturelles dignes de mention sont: auN.-0.,la Durance, comme séparation d'avec le dép. des Basses-Alpes, ensuite d'avec celui de Vaucluse pendant 4 kil. ; auN., le Verdon, comme séparation d'avec les Basses-Alpes sur une cinquantaine de kilomètres; au N.-E., la Siagne, comme séparation d'avec les Alpes-Maritimes pendant 25 kil. Séparé de l'Italie par le seul dép. des Alpes-Maritimes, son ch.-L, Draguignan, est, à vol d'oiseau : à 27 kil. de la Méditerranée ; à 640 de l'Atlantique dans la région bayonnaise ; à bien près de 800 de la Manche dans l'estuaire de la Seine ; à un peu plus de 450 du centre de figure de la France ; à 660 de Paris (930 par les voies ferrées). La plus longue ligne qu'on puisse tirer sur le territoire du Var a quelque 110 kil., de S.-O. à N.-E., du golfe des Lèques (ou de la Ciotat) à la r. dr. de la Siagne dans les gorges de Tanneron; la longueur, d'O. en E., varie entre 70 ou 80 et 100 ; surface du territoire, qui est une sorte d'ovale irrégulier, 6.044 kil. q., autrement dit un peu moins que la moyenne du département moyen, qui est de 617.000 hect. ; comme aire, 45 de nos territoires sont plus grands, 41 plus petits : c'est le 90^ de la France.

Relief du sol. — Même depuis que la distraction de l'arr. de Grasse, rallié aux Alpes-Maritimes, l'a privé du plus splendide de la Côte d'Azur, le dép. du Var est l'un des plus beaux de la France, et certainement une des plus heureuses et magnifiques contrées de l'Europe, voire du monde, à cause de son littoral, plutôt que de son intérieur où cependant les sites pittoresques abondent, surtout les sites pierreux, les monts déchirés, les défilés soleilleux.

Les chaînes, chaînons, massifs du Var continental, intérieur, se rattachent aux Alpes, tandis que les massifs littoraux des Maures et de l'Estérel ont une physionomie à part et ressemblent beaucoup plus, comme nature de roches et physionomie de sites, aux montagnes « ultramarines » de Corse et de Sardaigne. Ils appartiennent aux roches anciennes, tandis que les massifs intérieurs, apparentés aux Alpes, et « généralement composés de craies de l'étage inférieur, ont les caractéristiques de cette roche

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tendre, très facilement entamable et, de fait, extrêmement fissurée ; fendillement qui a deux résultats inverses : la sécheresse, l'aridité, la stérilité des plateaux, privés d'eau parce que cette eau s'enluit par les fentes de la roche, et la fraîcheur des cirques, des vallons, des vallées où l'onde absorbée reparaît par des fonts magnifiques (on dit ici des foux), dont l'une au moins, Font-l'Evêque, est parmi les plus abondantes qu'on connaisse. Dire que les plateaux sont secs, les vallées fraîches, c'est dire vrai, mais en faisant place aux exceptions, car, d'une part, nombre de vallons, de gorges, de bouts du monde n'ont pas la moindre source, et, d'autre part, « de vastes forêts, tantôt forêts dans le sens complet du mot, tantôt maquis et broussailles, voilent au loin la nudité des talus, des plans et des monts ». Aucune des chaînes du Var ne monte à 2.000 m., même à 4.800; la plus élevée de toutes, la pyramide de Lachens ou de la Chans, n'a que 1.713 m., tout «^ fait au N.-E. du territoire, à la frontière même des Alpes-Maritimes, à l'E.-N.-E. de Draguignan, non loin de la Roque-Esclapon, « au-dessus de plateaux stériles oîi des embus ou entonnoirs absorbent les eaux de pluie et d'orage qui alimentent la grande source de la Siagne» ; quelques autres cimes dépassent 4.500m., beaucoup n'arrivent pas à 4.200; la fameuse Sainte- Baume, pèlerinage très fréquenté, a son culmen à 4 .454 m. , et la plus haute des charmantes montagnes de Toulon, chargées de forts et de batteries, le Coudon, n'a pas plus de 702 m., d'ailleurs avec un panorama de terre et de mer que pourraient envier des cimes trois et quatre fois plus élevées.

C'est dans le pays d'Hyères que commencent officiellement les Maures; mais en réalité ces monts de Toulon, dont on vient de faire l'éloge, la belle presqu'île de Giens (ou du cap Sicié) et les îles d'Hyères sont bel et bien des Maures, géologiquement parlant, et constituent avec les dites Maures « une contrée possédant un faciès tellement à part, et une végétation si spéciale, qu'elle tranche nettement sur le restant de la Provence, et rappelle beaucoup plus les rives africaines que le littoral français. Il convient d'ajouter d'ailleurs que ces caractères particuliers se retrouvent encore dans le massif de FEsterel, qu'on peut considérer comme le prolongement naturel des Maures, bien qu'il en soit largement séparé par la vallée de l'Argens. Toutefois, ces deux régions ont un aspect très distinct : ainsi, tandis que les Maures ne présentent guère que des formes arrondies et des lignes onduleuses peu accidentées, FEsterel offre une succession de pics aux arêtes aiguës, aux lignes heurtées, se projetant sur les rivages en des promontoires d'un dessin énergique et tourmenté. Puis la teinte dominante des Maures serait le violet et le vert sombre, tandis que l'Esterel donne partout une impression de rouge intense, qu'exalte encore l'ardente lumière du soleil provençal. Dans le sens de leur plus grande longueur, d'Hyères à Fréjus, les Maures mesurent environ 60 kil. ; leur largeur maximum, entre la plaine du Luc et la baie do Cavalaire, est approximativement de 30 kil. ». On évalue leur surface à 4.480 kil. q. peuplés d'environ 22.500 hab., soit 24 au kilomètre carré, contre les 48 qui sont la moyenne du dép. du Var. Si ces montagnes s'appellent ainsi, ce n'est point de ce qu'elles ont jadis été parcourues, pillées, et même plus ou moins possédées par les Maures ou Sarrasins, de 890 à 973 ; mais plutôt du grec Maupoç, sombre, delà couleur foncée de ses forêts de pins maritimes, de pins d'Alep, de pins parasols, de chênes-Uèges, de châtaigniers, ceux-ci surtout sur le versant N. ; de ses forêts, les pins forment plus des deux tiers ; le chêne-liège occupe 20.000 hect., et en somme la sylve recouvre presque tout le massif: « elle y règne en souveraine à peu près absolue, ne laissant aux cultures qu'une place infime, dans les plaines, le fond des vallées et sur de rares coteaux, aux alentours des lieux habités ». A côté de la forêt, ou mêlé à elle, il y a l'inextricable maquis ; sur les pentes inférieures, en bordure sur la mer,

se balancent l'oranger, le citronnier, le palmier-dattier. Ces sylves, facilement inflammables à cause de leurs arbres résineux, et de fait souvent incendiées, encore qu'il tombe ici 410 centim. de pluie par an, au lieu de 50 dans les îles d'Hyères, de 70 à Toulon, de 79 à Hyères, ces forêts sont une grande beauté des Maures, et là où elles se combinent avec les roches, les caps avancés, les anses de la Méditerranée, on a sous les yeux de merveilleux paysages dignes de ceux de la Côte d'Azur. Ces montagnes sont pourtant bien humbles : leurs deux cimes culminantes, le pic de la Sauvette et Notre-Dame-des-Anges n'ont, Tune et l'autre, que 779 m.

Ayant projeté sur le littoral la p-resqu'île du cap Benac et la presqu'île de Saint-Tropez (sans compter, hors des Maures oiïicielles, celles du cap Sicié et de Giens), après avoir abrité au N. des baies, des calangues, des anses « adorables », plus le grand golfe de Saint-Tropez ou de Grioiaud, ces « lumineuses »' montagnes s'abattent sur le val inférieur du fleuve Argens, qui meurt à la plage du golfe de Fréjus ; et au delà de cette fin d'un humble fleuve s'élèvent aussitôt les premiers escarpements de FEsterel.

L'Esterel ou Estérel, bien moindre que les Maures, est une ellipse imparfaite de 20 kil. (du N. au S.), sur 45 (de FO. à FE.) : soit environ 300 kil. q. ; une masse de porphyres rouges ou bleus ( surtout rouges) avec schistes rouges de Fère permienne, grès, roches houillères, etc. Ce sont les porphyres rouges tombant en caps de plusieurs centaines de mètres sur le rivage (jusqu'à 453 au cap Roux), qui donnent à l'Esterel une beauté souveraine. « Tout, dit G. Bartoli, dans V Annuaire du Club alpin français (4885), tout est opposition dans cet étrange et captivant massif de FEsterel, et la puissance des effets y naît de la variété des formes et des couleurs. Du sommet déchiqueté du mont Vinaigre, on domine un monde de contrastes violents. Le bleu intense de la mer, où tranche vivement le porphyre d'un rouge sanglant, l'immensité neigeuse des Alpes, les forêts toujours vertes et creusées de profonds ravins, les escarpements farouches et les flèches élancées de la montagne, le croissant harmonieux du golfe de la Napoule, tout cela, baigné d'une lumière ardente, forme un tableau surprenant de vigueur et de grandeur, qui étonne et charme à la fois. » Et, ajoute Ch. Lentheric, «toutes ces arêtes sont aiguës, d'un rouge vif presque ardent. Les crêtes sont dénudées et saiivages. La falaise abrupte, découpée en angles saillants et rentrants, se dresse du côté de la mer comme une fortification Inaccessible, défendue par un archipel d'îlots et d'écueils d'un porphyre presque poli, sur lesquels la lame déferle depuis plusieurs centaines de siècles sans avoir pu produire encore des traces d'érosion géologiquement appréciables. C'est essentiellement une côte fixe. Le relief, les dentelures et les anfractuosités du rivage, les fjords, les cavernes rocheuses dans lesquelles la mer s'engouffre, ont à peine varié et sont aujourd'hui ce qu'ils étaient à Forigine des temps historiques et même, on peut le dire, aux premiers jours de l'époque géologique contemporaine. » Comme on Fa dit bien souvent, FEsterel est la meilleure preuve que la beauté n'est pas uniquement dans la masse, la hauteur, l'étalage ; le sommet suprême de ces montagnes merveilleuses, le Vinaigre, n'a que 646 m. Pins d'Alep, chênes-lièges, chênes ordinaires, la forêt comme le maquis des arbousiers et des bruyères, la vêture de l'Esterel est conforme à celle des Maures, comme aussi les palmiers, citronniers, orangers du rivage au bord du golfe de Fréjus, de la rade d'Agay et du golfe de la Napoule : ce dernier appartient aux Alpes-Maritimes, dans la partie de ce département qui a été ravie au territoire du Var.

Régime des eaux. — Ayant tous les terrains possibles, avec grande prédominance de l'oolithe, de la craie, et très grande rareté de roches volcaniques et de remblais tertiaires, le Var possède par cela même presque toutes les formes de torrents, de rivières, et surtout ses craies et calcaires perméables lui valent une infinité de

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belles fontaines. Ces fonts, rivières, riviérettes et torrents se versent au N. dans le Rhône par l'entremise de la Durance et du Verdon, et, pour tout le reste du pays, dans des fleuves côtiers dont le principal est l'Argens, lequel coupe le département en deux portions presque égales, à l'avantage toutefois de la partie du sud.

Le Rhône passe loin du territoire (son lieu le plus rapproché, qui est justement l'embouchure de ce grand fleuve, se trouve à 64 kil. à FO.) ; la Durance le touche, mais extrêmement peu, durant 4 kil. seulement, par la rive gauche, en bordure avec les Basses-Alpes, puis avec Vaucluse, par un lit de 400 à d.500 m. d'ampleur, embarrassé d'Iles entre lesquelles bruit sur des cailloux l'énorme torrent, qui reçoit ici le Verdon, par quelque 250 m. audessus des mers.

C'est par ce Verdon, vert en effet, comme son nom l'indique, et, à un bien moindre degré, par la rivière de Saint- Paul et le ru de Jouques, que la Durance absorbe les eaux dusixièmeduVar, plus ou moins, environ 4.000 kil. q.

Le Verdon n'est entièrement « varois » que sur ses 7 derniers kil., mais il longe le Var de sa rive g. pendant 50 kil. ou un peu moins, la rive droite relevant des Basses-Alpes, au fond de défilés positivement extraordinaires qui ont 200, 300, 400 m. de creux entre parois à pic très rapprochées ; ces gorges sont un type idéal des cluses, ainsi qu'on 'nomme ici les étranglements de vallée. Etant si étroits, ces défilés sont naturellement abstdument déserts: ce qui ajoute encore à leur sauvage magnificence ; dès que le Verdon s'en est échappé, son cours, contracté jusqu'alors en gouffre, s'élargit jusqu'à iOO m. d'ampleu^r moyenne entre rives. Il arrive à la Durance au delà du bourg de Vinon avec 6 m. c. par seconde en minimum, 40 en étiage ordinaire, 25 en volume coutumier, au bout d'up voyage de 475 kil. en une conque de 2.270 kil. q. Il reçoit du Var le Jabron, torrent venu des Basses- Alpes et qui, malgré 38 Idl. de cours, 430 kil. q. de bassin, n'a pas d'eau en temps sec, le sol de son lit, de son territoire ayant tout bu par des fissures. Ainsi en est-il d'un second affluent, l'Artuby, qui a dans les Basses- Alpes et les Alpes-Maritimes le haut d'un domaine de plus de 200 kil. q. où son pèlerinage est de 50 kil. ; il laisse à droite, à une grande hauteur au-dessus de ses eaux rares, le bourg de Comps (à 942 m. d'alt.) et s'enfouit, jusqu'à 300 m. de profondeur, dans des couloirs presque comparables à ceux du Verdon, fissures parfois plus étroites en haut qu'en bas au niveau du torrent. Contrairement à ces deux pauvres tributaires, la rivière de Sorps ou de Fontaine-l'Evêque est d'une constance magnifique, avec un débit « royal » : elle )i'a que 900 m. de long, mais sa font originaire, dont on a dit que c'est une demi-Vaucluse, verse par seconde 3.500 litres, que l'étiage ne réduit guère qu'à 3.000. Ce flot superbe vient des eaux qu'absorbent à l'E., au S., les embus des plateaux calcaires, tels que le Grand et le Petit Plan de Canjuers ; il se perd dans le Verdon à côté des ruines du pont romain de Bauduen. C'est grâce à Font-l'Evêque qu'on a pu « doter de 6.000 litres par seconde le grand canal d'irrigation du Verdon à Aix, lequel a sa prise d'eau à 42 kil. en aval ; cette admirable source deviendra sans doute quelque jour un pèlerinage favori des amis de la nature, des peintres, des touristes, des artistes ». Des deux autres tributaires « varois » de la rive gauche de la Durance, ayant tous deux leur embouchure hors du territoire, dans les Bouches-du-Rhône, la rivière de Saint-Paul résulte de 405 kil. q. de « vallats », c.-à-d. de rus au lit sec parce que l'eau filtre en dessous ; mais ces vallats des plateaux de Rians aboutissent, hors du Var, à 2 kil. de la Durance, à la fontaine de Saint-Paul, forte de 150 litres en étiage, de 4.000 à l'ordinaire : ce qui est une petite Fontr^vèque. Plus abondante encore, à l'issue de vallats de ces mômes plateaux de Rians, est la rivière de Jouques, née des « BouiUidous », à raison de 300 litres en flot bas, de 2 m. cubes en volume normal.

Parmi les fleuves côtiers en partie ou en entier « varois », l'Arc et l'Huveaune commencent dans le Var et finissent dans les Bouches-du-Rhône. — L'x\rc,issu desenvirons de Saint-Maximin, de la chahie boisée de l'Olympe (893 m.), a 15 à 46 kil, dans le Var et y baigne (fort peu) le val de Pourrières, fameux par la bataille où Marins détruisit les Teutons; quand il entre dans les Bouchesdu-Rhône, il ne roule encore coutumièrement que 4 00 litres,. C'est un aflluent de l'étang de Berre, grand lac voisin de la Méditerranée ; cours, 70 kil. ; bassin, 775 kil. q. ; — L'Huveaune n'a dans le Var que son cours tout à fait supérieur, en amont de Saint-Zacharie, dans les forêts de la Sainte-Baume, et quitte le territoire pour les Bouchesdu-Rhône, où il s'achève en mer à Marseille, au bout de 50 kil., en une conque de 425 kil. q.

Du golfe des Lèques à la rade d'Agay, les fleuves et fluviots côtiers ont tout leur cours, tout leur domaine en Var. La Rèpe de Bandols — Rèpe est par ici un nom générique — la Rèpe de Bandols (47 kil., 7.000 hect.) descend des collines de Beausset et a son terme dans le golfe de Bandols. — La Rèpe d'Ollioules (24 kil., 400 kil. q.) procède de petits monts de 600 à plus de 800 m., se tord durant 4 kil. dans les défilés d'Ollioules, couloirs soleilleux au bas du volcan d'Evenos (volcan mort, s'entend), passe devant la ville d'Ollioules et s'achève dans la baie de Saint-Nazaire ou Sanary. — La Dardennes part d'une « foux » de 446 lit. par seconde, émissaire constant d'un bassin fissuré, d'un réseau de grottes qui a pour déversoir annexe, en temps d'orage, le Trou du Ragas, abîme de 60 à 70 m. de profondeur, puits naturel qu'on voit, lors des pluies extraordinaires, se remplir jusqu'à déborder en torrent vers la foux de la Dardennes, éloignée de 600 m., plus basse de 40 ; la Dardennes finit à Toulon, qu'ellepourvoitd'eau potable (4 2 kil., 5. 426hect.).

— Le Gapeau(40 kil.) égoutte606 kil. q., soit le dixième du territoire, et s'il ne roule que 600 lit. en débit coutumier, 350 en étiage, c'est qu'il se consomme en partie aux arrosages. Il se fait de fontaines copieuses, nées ellesmêmes des pertes d'un ru supérieur, le Latay ; il a son origine à 2.500 m. de Signes, coule devant Solliès-Pont et autres SoUiès et boit le Real Martin (33 kil., 272 kiLq.), descendu du plus haut des Maures et grossi du torrent de CoUobrières et du Real de Cuers, mais épuisé par les irrigations ; il serpente entre les Maures à g. et les Maurettes, bastion détaché des Maures, à dr., laisse Hyères à 2 kil. àdr. et se termine à 5 kil. E.-S.-E. de cette ville.

— La Maravenne, augmentée du Pansard, n'est qu'un mince torrenticule en un bassin de 7.200 hect. — La Mole ou Molle reçoit peu d'eau courante de ses 224 kil. q. de Maures, dans un des plus beaux pays de France, dans la vallée de Cogolin, qui est « une Provence de la Provence »; à peine débite-t-elle 50 lit. par seconde au bout de ses 30 kil., à son embouchure dans le golfe de Grimaud ou de Saint-Tropez. — Le Préconiou (46 kil., 5.426 hect.), autre enfant des Maures, ne roule que 45 lit. ; il finit près de Sainte-Maxime. — La Garonnette, aussi dans les Maures, ne compte pas : 7.500 m. de long et une conque de 4.670 hect.

L'Argens est une vive, une pure rivière qui, bien que diminuée en elle-même et en ses affluents et sous-affluents par la pratique de l'arrosage en grand, arrive à fournir 40 m. c. par seconde et 3.340 lit. en étiage, avec crues de 600 m. c. : le tout rassemblé au cours d'un voyage de 446 à 447 kil. en un territoire de 2.678 kil. q. Il débute par une jolie foux, à 6 ou 7 kil. E.-N.-E. de Saint-Maximin, au bas de petits monts boisés (624 m.), absorbe aussitôt la Sceaux, ru d'une conque de 7.000 hect., hume le Cauron, Caulon, Couron, Coulon, quand il y a quelques gouttes d'eau dans ce Cauron, « qui est un type de torrent inutile », car, long de 30 kil. et drainant 438 kil. q., il n'amène à l'Argens que 40 lit. à la seconde, souvent rien : la cascade do Saint-Cézaire, peu après laquelle il se perd dans l'Argens, est donc presque toujours une ca-

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taracte théorique. — Arrive ensuite FEau Salée (25 kil., 187 kil. q.), de saveur amère en effet, grâce à une source du vallon de Varages; elle arrose le Val de Barjols, « Tivoli de la Provence », et roule de 300 à 500 lit., avec étiage de moitié. Après quoi, le jeune fleuve court devant la pittoresque Châteauvert et la gracieuse Correns; il élargit son val, absorbe la Ribeirotte (460 lit.) et, à Carcès, la Cassole, torrent de Cotignac, et le Caramy, qui est comme une seconde branche-mère de TArgens, de par ses 48 kil. en un domaine de 447 kil. q. Cette riviérettc, dite aussi Calamy, part du massif de la Sainte-Baume, serpente près de Tourves, baigne Brignoles, se grossit de rissole (50 kil., 246 kil. q.), issue de la môme Sainte-Baume et qui a rencontré en chemin les bourgs de la Roquebrussane et de Besse. Par excès d'arrosage en de riches campagnes, le Caramy, grandi de rissole, ne mène quel .200 lit. par seconde, diminués à 80 seulement par l'été, à la cascade qui le déchire en amont de Carcès, de même que la cascade du moulin de Braou casse l'issole en amont du Caramy.

Peu après l'annexion du Caramy, l'Argens conquiert la Bresque (34 kil., 262 kil. q., 175 lit. seulement, à cause des irrigations) qui, faite de torrenticules des secs plateaux d'Aups, s'abat par un saut de 50 m. en amont de Sillans, recueille la Braque ou Grave à Salernes et sinue dans les défilés d'Entrecasteaux. Et lui-même, l'Argens ne tarde pas à sauter aussi, de 10 à 12 m. au plus, mais large d'une cinquantaine de mètres, près de l'abbaye cistercienne du Thoronet (xii® s.), à la cascade de Saint- Michel, moins fameuse comme chute que par les deux « pertes » qui cachent ensuite le fleuve : à 150 m. plus bas, celui-ci disparaît en eilet sous voûte, d'abord pendant 15 m., puis pendant 30, la distance entre ces deux ponts naturels étant de 15; il n'y avait jadis ici qu'une seule perte, sous une votite unique, mais le tunnel est devenu double par effondrement; quoi qu'il en soit, cascade et perte, c'est un des sites les plus saisissants de la Provence. Le fleuve passe ensuite à Vidauban ; il recueille la Florièyes ou Floriège (28 kil., 9.907 hect., 72 lit. seulement, les arrosages ayant consommé le reste), qui a coulé à 3 kil. E. de Lorgnes; vient ensuite l'Aille (30 kil., 270 kil. q., 350 lit.), fort remarquable en ce que, née près de Gonfaron, elle se développe dans un détroit séparant aussi nettement que possible le massif des Maures, au S., de la région oolithique de l'intérieur, au N. : détroit par lequel le chem. de fer de Marseille à la frontière d'Italie, quittant le littoral extraordinairement accidenté, passe le plus aisément du monde du versant du Gapeau dans celui de l'Argens. Un autre tributaire autrement abondant débouche dans le fleuve au Muy : c'est la Nartuby, qui se pourvoit à des monts de près de 1.200 m. par ses deux branches mères, Nartuby d'Ampus et Nartuby de Châteaudouble ou Nantuby ; elle laisse Draguignan à 1.500 m. de sa live gauche, non sans lui dépêcher le Pis, canal servant à la lois à l'industrie et à l'arrosage ; elle s'ouvre à la grande, même très grande, foux de Trans, forte de 1 .000 lit. en temps ordinaire et, en étiage, de 600 lit. d'une eau quelque peu saline aluminée ; elle entre en gorges, se précipite par les cascades de Trans, puis, près delà Motte, par le saut du Prêtre, haut de 30 m.; enfin, ayant couru pendant 30 kil., en un pays de 215 kil. q., elle enrichit l'Argens de 600 lit. en étiage, de 1.060 en volume coutumier : « ce qui veut dire tout simplement que les arrosages ayant à peu près consommé toutes les eaux supérieures, il n'y a guère que le flot de la foux de Trans dans la Nartuby inférieure ». Il ne reste plus à l'Argens, arrivé depuis longtemps dans le bas pays, qu'à recueillir l'Endre ou Indre (24 kil., 232 kil. q.), torrent presque sans eau qui se fournit à l'Esterel et à des monts de 1.200 m. et qui a dans son bassin Callas; puisa s'emparer d'un fleuve indépendant autrefois, quand les empâtements de l'Argens ne lui avaient pas coupé le chemin de la mer; ce fleuve, fluviot plutôt, c'est le Reyran (27 kil., 120 kil. q,, peu

d'eau, étiage zéro), torrent estérélois qui frôle la ville romaine de Forum JuUi, notre Fréjus. L'Argens s'abîme en mer sur la plage de Saint-Raphaël, « rivage inconsistant 011 maintes lagunes témoignent de la lutte des alluvions avec la Méditerranée et avec le fleuve. Plusieurs de ces lagunes sont des lits oblitérés de l'Argens ».

De l'Argens à la Siagne, l'Esterel dépêche à la Méditerranée le Ronflon et l'Agay. — Le Ronflon, dit aussi la Grande Garonne (rien que cela!), évidemment par opposition à la Garonnette des Maures, a 15 kil. de cours, 3.859 hect. de drainage, 20 lit. par seconde et zéro à l'étiage. — L'Agay, qui finit dans l'admirable anse de ce nom, parcourt 9.500 m., écoule 8.000 hectares et roule 25 lit. (5 en étiage).

La Siagne, très admirable rivière, flot de cristal, ne relève du Var que sur 25 kil. , par la rive droite seulement, en limite avec les Alpes-Maritimes, qui possèdent tout le reste, notamment la source et l'embouchure. Au bout de 40 kil., écoulant 712 kil. q., ce fleuve roule de 1.500 lit. par seconde en étiage à 4.000 en volume normal (d'autres documents ne lui en attribuent que 2.000). Il naît d'une fontaine superbe et il est instantanément riviérette ; peu après sa naissance, la Siagnole ou Petite Siagne l'augmente fort, elle aussi partie d'un surgeon magnifique, ou plutôt l'augmenterait si le canal de la Siagnole ne lui enlevait 375 lit. par seconde sur ses 536 de volume (avec 350 d'étiage) : canal destiné à l'arrosage de sept communes des cant. de Fayence et de Fréjus et à la fourniture d'eau potable à Fréjus, au Puget-sur-Argens et à Saint-Raphaël. La Siagnole borde constamment, dans sa cluse profonde, le dép. du Var d'avec celui des Alpes-Maritimes, jusqu'à son confluent avec la Siagne, à partir duquel cette fonction revient à la dite Siagne. C'est un tributaire effectif du fleuve en toute saison, tandis qu'en aval le Biançon ou Bianson n'a guère de consistance en temps sec : long de 21 kil. , égouttant 8.065 hect. , puisant à des ait. de 1 .000, 1.200 m., voire plus, il n'a que 20 lit. en étiage, ses eaux ordinaires allant à 300 ; il a dans son bassin les bourgs de Fayence, de Callian, de Montauroux, et sa rive droite effleure les bois de l'Esterel. La Siagne, qui ne cesse de courir ici au fond de gorges extrêmement étroites et creuses, abandonne son contact avec le territoire près des lieux où son couloir s'élargit, non loin de la fin du fleuve dans le golfe de laNapoule.

D'après la Statistique officielle des rivières du Var, les cours d'eau de ce département mettent en mouvement 660 usines, dont 257 huileries et 148 moulins, puis des recences, des scieries de bois, des moulins à tan, à plâtre, 7 papeteries, des filatures, fabriques de draps, foulons, etc. ; la-dessus le Nartuby anime 91 usines, le Gapeau 64, l'Argens 46, le Real Martin 36, le Caramy 32, la Dardennes 26, la Bresque 26, etc. De ces rivières et riviérettes « aucune n'est ou navigable ou flottable. Mais l'importance des foux, des cours d'eau varois pour l'arrosage est positivement énorme. Le jour oii l'on totalisera le débit ordinaire des fontaines du territoire et où on le comparera au volume que tous les courants réunis du département versent au Rhône, ou directement à la mer, on verra combien de mètres cubes par seconde ne vont pas au réservoir commun, par évaporation, par infiltrations et pertes, surtout du fait des irrigations. Telle riviérette arriverait à son terme avec 1.000 lit. à la seconde, que sa dispersion sur les champs, les vergers, les jardins réduit à peut-être dix ou vingt fois moins ».

Climat. — On n'apprendra à personne qu'en dehors des Alpes-Maritimes et de la Corse, aucun climat français n'égale en douceur, en chaleur, le climat du Var. Mais encore faut-il s'entendre ; il y a lieu de spécifier et d'ajouter le déterminatif « littoral ». C'est le climat du Var littoral qui ne le cède en bénignité qu'à celui de Cannes, Menton, Ajaccio, Bonifacio. Comme le département étage ses sites jusqu'à 1.713 m. d'alt., il en résulte que ses températures sont infiniment variées, suivant les hauteurs

VAR

au-dessus du niveau de la mer, dont le tableau qui suit donnera quelque idée; il range les chefs-lieux de canton, d'arrondissement et les bourgs importants selon leur élévation au-dessus des océans : Toulon et La Seyne, Sanary ou Saint-Nazaire, Bandols, Saint-Tropez, Sainte-Maxime, Saint-Raphaël et quelques autres villes, villages, hameaux « d'hiver » sont peu supérieurs en altitude au miroir de la mer; Ollioules est à 50 m., plus ou moins; Hyères varie entre quelques mètres et près de 400; Solliès-Pont est à 85 m.; Grimaud à 102; Cuers à 441; le Luc à 163 ; le Beausset à 200 (?) ; Collobrières à 204 ; Draguignan à 207; Brignoles à 230; Besse à 250, ainsi que Lorgnes; Barjols à 296; Saint-Maximin à 300, et Cotignac également, de même que Salernes ; Fayence à 350 ; Tavernes à 374; la Roquebrussanne à 376; Rians à 400 (?); Callas à 410; Aups à 520; Comps à 942, et non loin de Comps, au bas, et en vue de la pyramide de Lachens, cime culminante du territoire, La Bastide, La Roque-Esclapon, la Martre, Châteauvieux, Bargême, à 4.000-4.050 m. On comprend que ces derniers lieux habités et nombre d'autres, au-dessus de 500 m. par exemple, ne peuvent jouir du climat, si voisin pourtant, de la Côte d'Azur, et se féliciter des 44^,4 de Toulon, des 45« d'Hyères, des 45^ à 46« des bourgs du versant maritime des Maures et de l'Esterel. Ce beau, soleilleux, chaleureux et gai climat du rivage de la Méditerranée, est dû à l'influence de cette Méditerranée ellemême et à l'obstacle bienfaisant de la montagne, qui écarts les vents froids du Nord : aussi, partout où n'importe quelle fente laisse passer le furieux et glacial mistral, il y a des heures, des jours, des semaines pénibles; la sérénité du ciel, l'absence de nuage, amènent aussi, la nuit, le matin, des froidures très désagréables, et, en somme, si le climat est ici bien plus brillant que celui de nos rivages de l'Atlantique, il est réellement moins tempéré. Quant aux pluies, la précipitation annuelle varie entre 500, 600, 700 millim. le long de la côte et dans l'intérieur, à 4.400 dans certains endroits des Maures.

Faune et flore naturelles (V. France, § Flore, France et Europe, § Faune).

Histoire depuis 1789. — Depuis la constitution du département, en 4790, aux dépens de la Basse-Provence, qui faisait partie de la Provence, les événements les plus fameux qui se soient passés dans le pays sont : la révolte de Toulon contre la Convention en 4792 ; l'entrée des Anglais dans ce port en 4793 ; le siège de cette ville et sa conquête par les Français dont Bonaparte commandait l'artillerie; le départ de l'expédition d'Egypte, sous les ordres de ce même Bonaparte en 4798; le débarquement du grand capitaine, au retour de cette même Egypte en 4799 ; et, fait plus mémorable que tous les autres par r « immensité » de ses conséquences, le départ de la flotte' qui conquit Alger, en 4830. A noter encore le départ de Napoléon pour l'île d'Elbe en 4844.

Parmi les hommes plus ou moins « grands » et célèbres, néB dans le pays et qui ont vécu depuis qu'il est devenu département, il y a lieu de noter : le jésuite Amiot (1748- 94), né à Toulon'; le fameux jurisconsulte et homme d'Etat Portails (4746-4807), né au Beausset; Barras (4755- 4829), président du Directoire, né à Fox- Amphoux; l'abbé Sieyès (4748-4836), homme d'Etat et écrivain politique, né àFréjus; F.-J.-MarieRaynouard (4764-4836), écrivain et philologue, né à Brignoles; Désaugiers (4772-4827), chansonnier, né à Fréjus; Ortolan (4802-73), jurisconsulte, né à Toulon; le sculpteur L. Hubac (4776-4830); le peintre Cordouan, né à Toulon en 4840 ; le voj^ageur et naturaliste Claude Gay (4800-73), né à Draguignan; le poète Poney (4824-94), né à Toulon. 0. Reclus

Divisions administratives actuelles. — Arrondissements. — Le dép. du Var comprend 3 arrondissement : Draguignan, Brignoles, Toulon ; ils sont subdivisés en 28 cantons et 447 communes. On en trouvera plus loin le détail.

Justice. Police. — Le département ressortit à la cour

d'appel d'Aix. Draguignan est le siège des assises. Il y a

3 tribunaux de première instance (4 par chef-lieu d'arr.); 5 tribunaux de commerce à Draguignan, Brignoles, Fréjus, Saint-Tropez et Toulon ; 4 justice de paix par canton. Le nombre d'agents chargés de constater les crimes et délits était, en 4894, de 232 gendarmes (48 brigades), 40 commissaires de police, 403agents depolice, 456 gardes champêtres, 239 gardes particuliers assermentés, 97 gardes forestiers, 404 douaniers. Il y eut 4.049 plaintes, dénonciations et procès- verbaux.

Finances. — Le département possède 4 directeur et 1 inspecteur des contributions directes à Draguignan,

4 trésorier-payeur général à Draguignan, 2 receveurs particuliers à Draguignan et à Brignoles, 4 percepteurs de ville, dont 4 à Draguignan, 4 à Brignoles et 2 à Toulon ; 4 directeur, 4 inspecteur, 4 sous-inspecteurs de l'enregistrement ; 3 conservateurs des hypothèques (4 par arr.). Le recouvrement des contributions indirectes est assuré par 4 directeur et 4 inspecteur à Draguignan, 4 sous-directeur à Toulon, 4 receveur principal à Toulon,

I receveur principal entreposeur à Draguignan, 4 receveur entreposeur à Brignoles, 4 entreposeur à Toulon.

II y a 4 sous-inspecteur des douanes à Toulon (direction de Marseille).

Instruction publique. — Le dép. du Var relève de l'Académie d'Aix. L'inspecteur d'Académie réside à Draguignan. Il y a 3 inspecteurs primaires. L'enseignement secondaire se donne aux garçons dans 4 lycée, à Toulon, et dans 4 collège communal, à Draguignan.il existe 4 écoles primaires supérieures de garçons à Bandol, La Sej^nes, Lorgnes et Toulon, et 2 écoles primaires supérieures de filles à Draguignan et à Toulon. L'enseignement professionnel est représenté par 4 école pratique d'agriculture, à Hyères, et 4 chaire d'agriculture, à Draguignan.

Cultes. — Le département forme pour le culte catholique le diocèse de Fréjus, suffragant d'Aix. Le département compte (au 4^^^ nov. 4894) : 2 vicaires généraux, 8 chanoines, 28 curés, 442 desservants, 67 vicaires. — Le culte réformé relève de l'Eglise consistoriale de Toulon et compte 2 pasteurs pour environ 4.500 fidèles.

Armée. — Le dép. du Var appartient à la 45® région militaire (Marseille). Il y a un commandement supérieur de la défense des places fortes (groupe de Toulon) à Toulon. Au point de vue du recrutement et de la mobilisation, le département forme la 3® subdivision (Toulon) du 45® corps d'armée. Toulon possède une école annexe du service de santé de la marine (V. Ecole, t. XV, p. 441), une école des torpilles (V. Marjne, t. XXIII, p, 450), une école centrale de pyrotechnie maritime (V. Ecole, t. XV, p. 433) et une école des canonniers (V. Ecole, t. XV, p. 433).

Divers. — Le département ressortit à la 45® bis légion de gendarmerie (Nice), à la division minéralogique du S.-E. (arr. de Marseille), à la 7® inspection des ponts et chaussées, à la 44® région agricole (S.), à la 23« conservation des forêts (Nice). Le département possède 4 chambre de commerce, à Toulon, 2 chambres consultatives des arts et manufactures, à Draguignan et à Brignoles, 3 chambres consultatives d'agriculture, à Draguignan, Brignoles et Toulon.

Démographie. — Mouvement de la population. — Le recensement de 4896 a constaté, dans le dép. du Var, [une population totale de 309.194 hab. Voici, depuis le commencement du siècle, les chiffres donnés par les recensements précédents :

VAR - 706

Il résulte de ces chiffres que la population du dép. du Var, après avoir aiigmeoté rapidement depuis le commencement du XIX® siècle, est restée à peu près stationnaire de 4861 à 4896, avec des diminutions allant jusqu'à plus de 20.000 (4886), mais sans participer toutefois au mouvement continu de décroissance de la population en France. Pour 4.000 hab. recensés en 4804, on en comptait 4. 340 seulement en 4886. La diminution n'a pas été uniforme dans les différentes parties du département, comme on peut s'en rendre compte en comparant les recensements de 4804 et 4896, arrondissement par arrondissement :

ARRONDISSEMENTS

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