VELASQUEZ - VELDE
. simple, sobre, franche et d'une si admirable intensité dévie, évoque l'étrange série de ces effigies falottes de nains, de bouffons, de monstres de nature et à'hommes de plaisir qui peuplaient alors les antichambres du palais et que Yelazquez exécuta successivement pour le plus grand plaisir de Philippe IV. Ce sont, au surplus, autant de chefsd'œuvre que le catalogue du Prado enregistre sous ces désignations : r Enfant de Vallecas, le Niais de Coria, Sébastien de Morra, Pahlillos de Valladolid, Pernia ou Barbaroja, Juan de Austria et Antonio el Inglés. Beaucoup d'autres de ces reproductions hétéroclites, si goûtées du roi, ont disparu à la suite de quelque incendie dans les résidences royales. Philippe eut cependant, pour la plus grande gloire de son peintre, une plus heureuse et plus louable inspiration le jour oii il lui commandait de commémorer dans un grand ouvrage le seul succès important remporté par les armées espagnoles dans les Flandres, la Prise de Breda, sujet déjà traité par José Leonardo, non sans talent, mais sans véritable grandeur. Tout autre est l'œuvre de Yelazquez, œuvre géniale et unique dans Tordre des sujets historiques, et aussi simple, originale et saisissante de composition que pleinement harmonieuse comme coloris et comme largeur d'exécution. Le groupe principal, encadré entre les deux armées réunies en rase campagne, nous laisse voir les deux généraux, Justin de Nassau et Spinola, s'abordant avec la plus extrême courtoisie. Justin de Nassau présente à son vainqueur les clefs de Breda que Spinola reçoit, la tête découverte, à demi incliné, et une main affectueusement posée sur l'épaule du général hollandais qu'il complimente pour sa belle défense. L'attitude de ces deux personnages, leurs gestes, tout dans cette scène, à la fois noble et familière, est de la plus parfaite justesse et de la plus naturelle aisance : c'est l'image même de la vie saisie et rendue dans sa vérité absolue.
Après avoir terminé vers 1647 la Beddition de Breda, qu'on appelle aussi le tableau des Lances^ Yelazquez fut chargé par le roi de se rendre en Italie pour y acquérir des peintures et des statues destinées aux embellissements de l'Alcazar ; il devait également engager des fresquistes qui, sous sa direction, décoreraient les galeries et les appartements nouvellement créés dans le palais. Pendant son séjour à Rome, il produisit cet autre grand chef-d'œuvre, le Portrait du pape Innocent X, de la galerie Doria, si merveilleux d'exécution et de pénétration intuitive. En 1651, il regagnait l'Espagne et, peu de temps après, le roi le nommait aposentador ou maréchal-fourrier du palais, charge écrasante par les multiples devoirs qu'elle entraînait, et qui eût suffi à elle seule à absorber tout son temps. Et cependant il trouve encore le loisir de peindre de nombreux et superbes ouvrages, tels que le dieu Mars, Mercure et Argus, Ménippeet Esope, toiles décoratives, dont les titres ne laissent guère pressentir le véritable sujet d'un si audacieux réalisme ; puis ce sont des portraits des personnes royales : le roi et sa seconde femme Marianne d'Autriche, en buste, en pied, agenouillés, en prières ou en costume de gala ; Vhifante Marguerite, du musée du Louvre; V Infant D. Prosper, du musée de Yienne.
Yelazquez ne peignit guère de sujets religieux. En dehors de ceux qu'il avait exécutés dans sa jeunesse, on ne peut citer que le Christ en croix, peint vers 1 639 pour le couvent de San Placido, d'un sentiment et d'un effet si tragiques, le Couronnement de la Vierge, exécuté pour l'Oratoire de la reine et enfin la Visite de saint Antoine, abbé, à saint Paul, ermite, un des derniers ouvrages de l'artiste qui en a placé les divers épisodes au milieu du plus pittoresque et frais paysage. Ces trois tableaux sont au musée du Prado. Toute la dernière période de la carrière de Yelazquez est comme jalonnée par une succession de chefs-d'œuvre de la plus libre et surprenante exécution, attestant ainsi que ce merveilleux génie était sans cesse allé en s'élargissant et en progressant. Parmi les produc- | lions les plus magistrales se placent : le Portrait du sculp- '
teur Martine% Montanes, Intérieur de la fabrique de tapisseries de Santa Barbara ou les Pileuses, et encore ce célèbre tableau qu'on nomme les Ménines et où Yelazquez s'est peint lui-même au milieu de la famille royale et faisant le portrait de la petite infante Marguerite entourée de ses demoiselles d'honneur et de ses nains.
A l'occasion de la cérémonie du mariage de Louis XIY avec l'infante Marie-Thérèse, qui eut lieu dans l'île des Faisans, Yelazquez, comme maréchal-fourrier, fut chargé du soin de préparer les logements du roi et de la cour de Madrid à Fontarabie et de diriger la décoration du pavillon construit dans l'île pour la rencontre des deux rois. Chaque aile de ce pavillon avait été ornée par chacune des deux nations de superbes tapisseries et de meubles somptueux. Yelazquez s'acquitta de sa tâche avec le goût le plus exquis et fut vivement complimenté par les deux rois. Mais les fatigues du voyage et les soucis des devoirs de sa charge eurent pour résultat de lui causer une fièvre violente. Il put cependant revenir à Madrid où, le mal empirant, il mourait dans sa soixante et unième année. Huit jours après, sa digne compagne, Maria Pacheco, le suivait dans la tombe.
Yelazquez, le plus grand peintre qu'ait produit l'Espagne, et l'un des plus grands de tous les pays et de toutes les écoles, eutde nombreux élèves, parmi lesquels figurent : Mazo Martinez, son gendre; Pareja, son fidèle esclave, devenu peintre lui-même; Alfaro, Juan de .la Corte, Palacios, Yillacis, Burgos-Mantilla, Puga, Aguiar et d'autres encore. Plusieurs d'entre eux l'aidèrent dans la préparalion de ses ouvrages et en firent les nombreuses répétitions qui se sont répandues dans les musées et collections de l'Europe. Paul Leforï .
BiBL. : Pacheco, Arte de la pintura; Séville, 16t9. — Palomino, El miiseo pictorico; Madrid, 1715. ~ Cean Ber- MUDEZ, Dicciomirio; Madrid, 1800. — W. Stirling et BiJRGER, Velazquez et ses œuvres; Paris. - Ch. Blanc, Histoire des peintres de toutes les écoles. — A. de Be- RUETE, Yelazquez. ~ P. Lefort, la Peinture espagnole et Yelazquez; Paris, 1894.
VELD. Plaines de l'Afrique australe (Y. Cap, Orange, Transvaal).
VELDE (Van de). Famille d'artistes hollandais dont les principaux sont : Esajas, né à Amsterdam en 1587, mort à La Haye en 1630. Célèbre pour ses tableaux de combats et d'attaques de brigands, on le considère comme le chef de la peinture de paysages à Haarlem; il a formé de nombreux élèves de grande valeur. — Jean, son frère, né à Leyde, paysagiste et excellent graveur. — }Villem le Vieux, peintre et dessinateur de marine excellent, né à Leyde en 1640, mort à Londres en 1693; ses marines étaient des dessins à la plume sur de grandes toiles ou sur des panneaux à préparation blanche ; ses tableaux à l'huile datent de la fin de sa vie. Il vécut longtemps à la cour des rois d'Angleterre Charles II et Jacques II ; on reconnaît ses toiles à la forme de petits arcs de cercle qu'il donne aux flots. Ses ouvrages sont à Amsterdam, à l'Ermitage, à Hampton Court. ~ Son fils, Willem le Jeune, né à Leyde en 1633, mort à Greenwich le 6 avr. 1707, fut élève de son père et surtout du grand mariniste Simon de Ylieger. En 1652 il se fiança avec une jeune fille de Weesp, très commune d'allures, dont il fut forcé de se séparer après un an de mariage. Ses premiers tableaux importants retracèrent les hauts faits de la marine hollandaise. Mais en 1679, appelé par Charles II d'Angleterre, il alla rejoindre son père à Londres. Ses meilleurs ouvrages sont pourtant ceux qu'il exécuta dans son pays.
Il aimait les belles transparences d'un ciel fin, reflété dans une eau calme. Sa renommée universelle provient de l'égale perfection de toutes les parties de ses ouvrages ; mais Simon de Ylieger et surtout Jan van de Capelle ont plus de chaleur que lui. En revanche, il avait un goût exquis : le Coup de canon du musée d'Amsterdam, parmi beaucoup d'autres beaux ouvrages, est un chef-
VELDE — VELLEGUINDEY
d'œuvre k ce point de vue, grâce à la manière dont les formes et le clair-obscur des masses de fumée sont unis au reste de la composition. W.vandeVelde peignit aussi quelquefois des Tempêtes d'une vérité que Ruysdaël seul, peut-être, a surpassée.
Les musées de Hollande, celui d'Amsterdam surtout, sont riches en ouvrages de W. van de Velde. On en trouve beaucoup en Angleterre (National Gallery, etc.) et aussi à Anvers, Bruxelles, Paris, Darmstadt, Munich, Dresde, Berlin, Saint-Pétersbourg, etc. — Adn'aen, le plus jeune fils de Willem le Vieux, né à Amsterdam en 4635, mort à Amsterdam le 21 janv. 4672, élève de Jan Vignants, fut un des premiers peintres de paysages : ses tableaux de bergers sont surtout réputés. Un chaud coloris, une claire lumière, un dessin minutieux, la finesse de la peinture des visages et des animaux sont ses principaux mérites ; il a peint fréquemment les personnages dans les paysages d'un grand nombre de peintres connus. On lui doit aussi quelques grands tableaux d'histoire, par exemple une Descente de croix. Ses dessins et gravures sont passés parmi les plus beaux de l'école hollandaise.
BiBL. : F. Michel, les Van de Velde; Paris, 1892.
VÉLELLE (Velella Lamk) (Bot.). Genre de Cœlentérés, de l'ordre des Siphonophores, formant avec le Porpita Lamk. le groupe des Vélellides, qui ont pour caractères: disque aplati, parcouru de galeries aériennes, muni sur les bords de nombreux tentacules sur un ou deux rangs ; à la face inférieure de ce disque on trouve disposés, autour d'un hydranthe ou polype nourricier très gros, d'autres polypes semblables, plus petits, avec grappes de bourgeons sexuels à la base. Chez les Velella, le disque est surmonté d'une crête triangulaire en forme de voile, oblique par rapport au grand axe. Espèce type : F. spirans Eschsch. (Méditerranée). Les Porpita n'ont pas de crête véliforme. Type : P. mediterranea Eschsch. (Méditerranée). — Les bourgeons sexuels, en devenant libres chez les Yélellides, constituent des Méduses indépendantes, hsChrysomitra, chargés de produire les éléments génésiques. D^ L. Hn.
VELENNES. Com. du dép. de l'Oise, arr. de Beauvais, cant. de Nivillers; 455 hab.
VELENNES. Com. du dép. de la Somme, arr. d'Amiens, cant. de Conty ; 249 hab.
VELES M ES. Com. du dép. du Doubs, arr. de Besançon, cant. de Boussières ; 427 hab.
VELESMES. Com. du dép. de la Haute-Saône, arr. et cant. de Gray ; 535 hab.
VE LEST! NO. Ville de Grèce (V. Phères).
VELET. Com. du dép. de la Haute-Saône, arr. et cant. de Gray ; 374 hab.
VELEZ Blanco. Ville d'Espagne, prov. et à 403 kil. N.-N.-E. d'Almeria (Andalousie), à 7 kil. N.-N. -0.de Velez-Rubio, sur un escarpement de rochers ; 6.705 hab. Vieux château.
VELEZ DE LA GOMERA OU RE NON DE LA GOMERA. Co-
lonie pénitentiaire espagnole, sur une île au N. du Maroc, au S.-E. de Ceuta; 447 hab.
VELEZ Mâlaga. Ville d'Espagne, prov. deMalaga (Andalousie), à 25 kil. E.-N.-E. de Malaga, sur la rive g. du Vêlez; 23.425 hab. Castel maure; port avec un phare à 5 kil. S. à l'embouchure du Vêlez, dans la Méditerranée.
VELEZ RuBTO. Ville d'Espagne, prov. d'Almeria (Andalousie), sur la rive g. du Chirivel, à 674 m. au-dessus de la mer, entre les Sierras de las Estancias au S. et de Maria au N. ; 40.437 hab. Sources minérales et tissage de draps.
VÉLIEUX. Com. du dép. de l'Hérault, arr. et cant. de Saint-Pons ; 409 hab.
VÉLIKAIA. Rivière du N.-O. de la Russie, tributaire du lac Peïpous. Sortie d'un des lacs du gouv. de Pskov, elle coule au S., entre dans le gouv. de Vitebsk, repasse dans le Pskov, traverse des lacs, coule au N. et au N.-O., reçoit la Siniaïa, baigne Ostrov, est encombrée de rapides qui s'opposent à la navigation, traverse la ville de Pskov
et devient navigable dans les 24 derniers kil. de son cours (qui a 350 kil.) ; elle se termine par un delta de 4 kil. de large.
VELI Kl -Novgorod (V. Novgorod).
VELIKIL Ville de Russie (V. Oustioug).
VÉLIN (Techn.). On a d'abord donné exclusivement ce nom à un parchemin préparé avec la peau de veau et plus fin, plus lisse que le parchemin ordinaire, lequel est en peau de mouton (V. Parchemin). Par la suite, on a appelé aussi, et par extension vélin ou papier vélin, un papier blanc et uni, de fabrication particuhèrement soignée, où n'apparaissent ni pontuseaux ni vergeures (V. Papier).
VÉLINES. Ch.-l. de cant. du dép. de la Dordogne, arr. de Bergerac ; 887 hab. Stat. de chem. de fer.
VELI NO. Montagne de l'Apennin central, dans les Abruzzes, prov. d'Aquila; 2.487 m. d'alt. ; elle a deuxsommets, et est située au S. d'Aquila et au N.-O. du lac desséché de Fucino.
VELI NO. Rivière d'Italie (V. Néra).
VE LISSA (turc Kœprulu, slave Vêles). Ville de la Turquie d'Europe, au N.-O. du vilayet de Salonique, sur le Vardar et le chem. de fer de Salonique à Vienne ; 20.000 hab. Archevêché grec, évêché bulgare. Situation pittoresque sur les deux rives du fleuve. Elevage de vers à soie dont on exporte les graines.
VELITES (Antiq.) (V. Armée romaine et Gladiateur).
VELIZY. Com. du dép. de Seine-et-Oise, arr. et cant. (S.) de Versailles ; 268 hab.
VELLA(Giuseppe),imposteuritalien,néàMalteen4740, mort en 4844. Vicaire à Palerme en 4782 et assez instruit, il prétendit posséder les livres perdus de Tite-Live et publia VEpitome de Florus comme 60® livre de Tite- Live. H publia ensuite un manuscrit arabe sous le nom de Codex martinien, comme recueil de chartes de l'histoire de Sicile. Enfin son Codex normand, recueil apocryphe, fit découvrir la fraude. Vella fut privé de ses charges et emprisonné.
VELLAR. Fleuve de Vlnde (V. ce mot).
VELLAS (Rio das). Rivière du Brésil (V. Guaicuhy).
VELLAUNI. Peuple gaulois (V. Velay).
VELLE. Com. du dép. de Meurthe-et-Moselle, arr. de Lunéville, cant. de Bayon; 497 hab.
VELLE-le-Chatel. Com. du dép. de la Haute- Saône, arr. de Vesoul, cant. de Scey-sur-Saône ; 434 hab.
VELLÈCHES. Com. du dép. delà Vienne, arr. de Ghâtellerault, cant. de Leigné-sur-Usseau ; 470 hab. Ruines du Château de Marmande, avec donjon du xiv® siècle.
VELLECHEVREUX-et-Courbenans. Com. du dép. de la Haute-Saône, arr. de Lure, cant. de Villersexel ; 345 hab.
VELLECLAIRE. Com. du dép. de la Haute-Saône, arr. de Gray, cant. de Gy; 443 hab.
VELLÉDA, prêtresse de la Germanie, appartenant à la nation des Bructères, à qui ses prophéties donnaient un& grande influence et qui était presque l'objet d'un culte. Elle avait prédit que Civilis et les Bataves, dans leur révolte contre Rome (70 apr. J.-C), remporteraient la victoire, et le succès de cette prédiction assura son influence. La lutte contre les Romains fut dirigée en grande partie par elle, ainsi que le traité entre les Ubiens de Cologne et les Teuctères qui se laissèrent guider par Civilis et Velléda. Après la soumission de Civilis, elle continua à lutter pour la liberté de son pays. Mais elle fut livrée aux Romains, au temps de l'empereur Vespasien, et servit d'ornement au triomphe de Domitien.
VELLEFAUX. Com. du dép. de la Haute-Saône, arr. de Vesoul, cant. de Montbozon ; 330 hab.
VELLE FREY-et-Vellefrange. Com. du dép. de la Haute-Saône, arr. de Gray, cant. de Gy; 445 hab.
VELLEFRIE. Com. du dép. de la Haute- Saône, arr. et cant. de Vesoul; 205 hab.
VELLEGUlNDRY-ET-LEVRECEY.Com.dudép.delaHaute- Saône, arr. de Vesoul, cant. de Scey-sur-Saône ; 244 hab .