VÉLOCIPÈDE— VELOURS
denté qui entoure une boîte : cette boite contient un mouvement différentiel grâce auquel les deux roues prennent dans un virage des vitesses différentes. Un des différentiels usités est le suivant : Taxe qui relie les deux roues est coupé en deux ; l'une de ses parties aboutit à un engrenage cylindrique et l'autre à un pignon denté. L'engrenage est relié au pignon par l'intermédiaire de deux petits pignons fixés sur le boîtier qui porte les dents sur lesquelles s'enroule la chaîne de transmission. Le différentiel le plus employé est le « Starley », perfectionnement du précédent oii les pignons cylindriques sont remplacés par des pignons coniques. Lorsque la machine marche en ligne droite, le diflerentiel ne fonctionne pas et l'ensemble tourne comme s'il était rigide ; dans un virage, les roues éprouvent du sol des résistances différentes : la réaction du sol ralentit la roue intérieure et accélère la roue à l'extérieur du virage ; l'un des axes tourne moins vite que la boîte, et l'autre axe plus vite ; grâce au différentiel, les roues prennent des vitesses différentes, et d'ellesmêmes prennent l'allure qui les empêche de patiner.
Vélocipèdes divers. — Les sociables désignent un appareil à plus de deux roues et à plusieurs cavaliers : on a construit des appareils très divers et parfois très singuliers qui portaient jusqu'à douze personnes. Deux des machines les mieux construites étaient le tricycle tandem « français » qui est au tricycle ce que le tandem est à la bicyclette, et le tricycle « Inséparable », accouplement de deux bicyclettes avec une seule roue de direction : malgré les apparences, les mouvements des deux cavaliers se règlent d'eux-mêmes, et celui des deux cyclistes qui dirige le guidon mobile n'a pas de peine à maintenir la roue directrice, même s'il y a une certaine discordance dans les allures des deux cyclistes. Un « sociable » tel qu'on le conçoit actuellement consiste à associer deux machines, de taille différente, si l'on veut, reliées par un système de tiges rigides qui unissent les deux roues arrière, les deux roues avant et les deux douilles de direction : c'est une sorte de quadricycle très maniable. On a construit encore une machine originale, « l'ambocycle », bicyclette à deux places, qui diffère du tandem en ce que les deux cyclistes sont assis l'un à côté de l'autre, de part et d'autre du cadre : les deux séries de pédales agissent sur la même transmission, et les deux guidons sur la même direction. Ces différents instruments, agréables au point de vue du petit tourisme, et dans des cas spéciaux, ne peuvent rivaliser avec les bicyclettes. Ph. Berthelot.
BiBL. : Carlo Bourlet, la Bicyclette, sa construction et sa forme; Paris, 1899. — Du même, Nouveau Traité des bicycles et des bicyclettes, 1"° partie : Equilibre et direction ; 2« partie : Le Travail; Paris, 1898. — Archibald Sharp, Bicycles and tricycles ; Londres, 189G.
VELOGNY. Com. du dép. de la Côte-d'Or, arr. de Semur-en-Auxois, cant. de Vitteaux ; 435 hab.
VELONE-Orneto. Com. du dép. de la Corse, arr. de Bastia, cant. de Pero-Casevecchie ; 508 hab.
VELORGEY. Com. du dép. de la Haute-Sa^ne, arr. de Lure, cant. de Saulx ; 256 hab.
VELOS NES. Com. du dép. de la Meuse, arr. et cant. de Montmédy ; 283 hab. Stat. du chem. de fer de l'Est.
VELOTTE-et-Tatignécourt. Com. du dép. des Vosges, arr. de Mirecourt, cant. de Dompaire ; 261 hab.
VELOURS. Le velours est l'un des tissus les plus anciennement connus. L'Inde et la Chine le produisaient dès les temps les plus reculés, et, en Europe, Gên^s, Lueques, Milan furent, de bonne heure, renommées pour sa fabrication, que des ouvriers italiens importèrent à Lyon en 1536. Il se compose essentiellement de deux chaînes entrelacées et superposées : la chaîne inférieure, qui, avec la trame, produit le fond du tissu ou pièce, et la chaîne supérieure, qui recouvre la première et forme le poil ou peluche. La chaîne de pièce peut être combinée en armure taffetas ou sergé (V. Tissu). Elle ne présente, comme tissage, aucune particularité notable. La chaîne du poil fait un cannelé. Les boucles qui la constituent sont obtenues
en disposant au-dessus des fils de pièce et au-dessous des fils de poil une baguette en métal ou fer, un peu plus longue que le tissu à produire, légèrement arrondie à sa
Fig. 1. —Tissage du velours : aaa, chaîne de poils ; F, G, baguettes; E, couteau et son guide: A,B, C, D, support du couteau.
partie inférieure et présentant à sa partie supérieure une rainure (fig. 1). L'ouvrier est muni de deux au moins de ces baguettes. Tandis qu'elles sont en place, il promène, suivant la rainure de la moins éloignée, une lame fine et très aiguisée, le couteau, dont l'avant, s'introduisant sous les boucles, les coupe. Il retire cette baguette, qu'il reporte au delà de la seconde, coupe le long de celle-ci, la place, à son tour, au delà de la première, et ainsi de suite. La confection des deux chaînes est menée, d'ailleurs, simultanément : deux fils de pièce sont intercalés entre chaque fil de poil et, après chaque fil de poil, on donne trois coups de trame, qui précèdent le coupage. Les fils coupés sont, de la sorte, solidement maintenus. Ils se relèvent, ressortant en saillie sur l'étoffe, et, plus ils sont serrés, plus le velours est riche. Certains velours ont ainsi vingt-cinq boucles au centimètre. Les fils peuvent être, d'autre part, à 2, 3, 4... brins, donnant des velours à 2, 3, 4... poils. La hauteur des poils est aussi un élément de beauté. Elle dépend de celle des baguettes. Dans tous les cas, la chaîne qui forme la boucle est, on le conçoit, nécessairement plus longue que celle qui constitue la pièce. Le rapport est ce qu'on appelle Vemhreuvage. Le plus généralement adopté est, pour les velours de bonne qualité, de 1 à 6, c.-à-d. que la chaîne supérieure a six fois la longueur de la chaîne inférieure. La peluche (V. ce mot) est un velours à poils très longs et généralement couchés. La panne tient le milieu entre le velours et la peluche.
L^yelours frisé ou. épingle se fabrique de la même manière que le velours ordinaire. Mais les poils n'en sont pas coupés, et le cannelé forme, une fois retirée la baguette, qui est alors cylindrique et sans rainure, une petite boucle (fig. 2). Le velours ciselé résulte de la
Fig. 2. — Velours coupé et velours frisé ou épingle.
combinaison des effets des velours coupés et des velours épingles. Le velours plain est celui qui est tout uni, sans figures ni rayures. Une raseuse mécanique, qui fonctionne comme les tondeuses des drapiers ,^ assure l'égalité de ses poils. Le velours cannelé (m à côtes est celui qui présente une succession de raies alternativement en velours plain et en velours ras. On peut, du reste, obtenir, en variant ou en graduant les baguettes, des côtes transversales se contrariant. On peut aussi, en combinant les velours avec d'autres armures, déterminer, sur
VELOURS — VELTHEM
un fond uni, des dessins veloutés de toutes sortes {velours façonnés) : il suffit de ne faire lever les fils de poils sur les baguettes qu'aux endroits où l'on veut produire le velours, en réglant, dans les autres parties, leurs liages avec les duites, d'après une armure lisse convenablement choisie, satin ou autre.
Les velours se fabriquent en soie, en coton , en laine , en lin , en jute, et, d'une façon générale, en toute espèce de textiles.
Le velours de soie — qui se fait ou en tout soie, ou en poil soie ou schappe et trame coton {velours mélangé) — est naturellement le plus prisé et aussi le plus cher. 11 s'adresse à la consommation de luxe et à l'ameublement. On le distingue, d'une façon générale, en velours tissé à la main ou velours au fer et en velours tissé mécaniquement. Les premiers, tout en occupant, rien que dans l'agglomération lyonnaise, près de 20.000 métiers, représentent à peine, aujourd'hui, un quart du métrage total. Les velours dits tailleur, pour cols et parements, ainsi qu'une bonne partie des velours « mode », en couleur, appartiennent à celte catégorie. 11 en est de même des velours frisés et ciselés, dont la production est devenue aussi restreinte que le prix en est élevé. Les velours « mécanique », sans être aussi parfaits, se rapprochent chaque jour davantage des velours « au fer ». Les métiers, qui font souvent jusqu'à huit pièces à la fois, fonctionnent, pour le tissage du fond, à la manière ordinaire. Pour la confection de la chaîne supérieure, les baguettes sont mises en place automatiquement et retirées lorsque les boucles ont été assurées par quelques duites de fond. Le coupage des boucles se fait au fur et à mesure de leur formation et d'une façon également automatique. Il y a aussi des métiers qui tissent deux pièces superposées. Les chaînes de fond et les fils de trame sont, à cet effet, disposés, pour chacun des deux tissus, sur des rouleaux d'ensouple différents. Au contraire, il n'y a qu'un appareil pour la chaîne de poils, qui leur est commune, les deux faces veloutées se produisant l'une contre l'autre, entre les deux « pièces », et, au fur et à mesure, un rabot constamment aiguisé sépare, par le coupage des poils, le tissu supérieur du tissu inférieur.
Les velours, peluches et pannes de soie ont leur principal centre de production : en France à Lyon, en Allemagne à Crefeld, qui a eu longtemps un quasi-monopole de velours « poil schappe », en Angleterre à Bradford. En lyOO, la production lyonn-^ise s'est élevée à 25 millions de fr. : velours tout soie, 45 milllions ; velours mélangés, 9 millions; peluches, 4.500.000 fr. ; velours divers, 4.500.000 fr.
Le velours de coton est destiné surtout à la consommation populaire et au vêtement. Originaire d'Angleterre et, principalement, de Manchester — ce qui lui a valu le nom de velours de Manchester — il se fabrique en France, depuis 4765, à Amiens, et aussi, depuis 4893, à la suite de l'élévation des tarifs douaniers, un peu dans l'Est. On n'y emploie plus aujourd'hui que la machine. A la différence du velours de soie, son poil est fourni, non par une chaîne, mais par une trame. Quelquefois, il y a ainsi deux trames, l'une pour le fond, l'autre pour le poil. Le plus souvent, la même fournit les duites de fond et les duites des poils. Les duites de fond lient la trame suivant une armure régulière, généralement toile ou sergé ou croisé ; celles des poils forment des flottés, qui produisent les aigrettes du velours par suite de la coupe faite après coup sur la pièce entière. Le velours à grosses côtes est le type le plus important du velours de coton. Epais et chaud, il remplace avangeusement, pour les vêtements de chysse et de travail, le drap commun. L'industrie amiennoise en produit, chaque année, pour une quinzaine de millions de fr. Au contraire, le velours lisse façon soie ou velvet, qui vise à l'imitation des velours de soie et qui est susceptible des mêmes usages que celui-ci, ne se réussit bien qu'en Angleterre et en Allemagne. On l'emploie aussi bien pour les costumes de
femme que pour la gainerie, la garniture des écrins, les rideaux d'ameublement, etc.
Le velours de laine ne sert guère qu'à l'ameublement. Il est rarement obtenu par trame, mais presque toujours, comme les velours de soie, par double chaîne, et, comme eux aussi, il se tisse, soit à la main, soit à la mécanique. Le velours d'Utreclit, sa principale variété, a sa trame en lin ou chanvre, et quelquefois en laine, sa chaîne de fond en fil, et son velouté en poil de chèvre mohair. Sa caractéristique est le gaufrage. On le réahse à l'aide de deux cylindres, dont l'un porte en creux le dessin à obtenir, ce qui, à ces endroits, laisse intacts les poils, aplatis partout ailleurs. On le remplace depuis quelques années, en Angleterre et aux Etats-Unis, par un tondage, qui rase au lieu d'aplatir. Le velours moquette, dont le velouté est frisé, au lieu d'être, comme dans le poil d'Utrecht, coupé, a sa trame en coton, sa chaîne du fond en lin, son velouté en poil de chèvre. Le velours de laine s'est autrefois fabriqué exclusivement à Amiens. Actuellement, on ne fait plus guère, dans cette ville, que le façonnage, les centres de tissage étant à Tourcoing et Roubaix. La fabrication du velours de laine a, d'ailleurs, bien décliné en France depuis une trentaine d'années. L'Allemagne et les Etats-Unis, nos principaux clients, sont devenus, en effet, producteurs.
Quant à l'étoffe de soie dite velours ottoman ou gros d'Ecosse, elle n'a de commun avec les velours que la présence de deux chaînes, l'une disposée en taffetas, l'autre flottant sur trois coups consécutifs de trame. Aucune baguette n'intervient dans sa confection.
Le velours se « couche » à l'usage . Lorsqu'il a seulement été mouillé par la pluie, il suffit de le laisser sécher à l'air, en évitant de le brosser et de l'essuyer ; puis on le bat avec une fine baguette afin d'en relever les poils. Lorsque c'est un long usage qui l'a couché, il faut le mouiUer à l'envers et exposer cet envers avec beaucoup de précaution, pour éviter de roussir, au-dessus d'un feu de charbon de bois un peu vif : l'eau se vaporise, et cette vapeur, en traversant le tissu, redresse les poils. On lai?se ensuite complètement sécher. L. S.
VELOUTÉ (Art cul.) (V. Sauce).
VELPEAU (Alfred- Armand-Louis-Marie), chirurgien français, né à La Brèche (Indre-et-Loire) le 49 mai 4795, mort à Paris le 24 août 4867. Reçu chef de clinique et agrégé en 48^23, il devint en 4828 chirurgien des hôpitaux et en 4834 professeur de clinique chirurgicale. Velpeau a été un grand chirurgien. Il a laissé des ouvrages importants : Traité d'anatomie chirurgicale (Paris, 4825-26, 2 vol. in-S ; 3« éd., 4837) ; Traité élém,entaire de l'art des accouchements (Paris, 1829, 2 vol. in-8 ; nouv. édit., 4835) ; Nouveaux éléments de médecine opératoire (Paris, 4832, 3 vol. in-8, avec atlas; 2® édit., 4839, 4 vol. in-8 et atlas) ; Embryologie ou ovologie humaine (Paris, 4833, in-fol.) ; Clinique chirurgicale de la Charité (Paris, 4866, in-8) ; Traité des maladies du sein et de la région mammaire (Paris, 4854, in-8 ; 2^ éd., 4858), etc. D^ L. Hn.
VELTHEM (Louis vaii), chroniqueur belge, né probablement vers 4290. Il était en 4343 curé de Velthem en Brabant. Il y composa une chronique rimée, Spiegel historiael, qui se compose de huit livres, dont les six premiers sont consacrés aux événements historiques qui s'accomplirent depuis l'élection de Guillaume H comme roi des Romains (4248) jusqu'en 4346. Le septième prétend élucider un certain nombre de prophéties, et le huitième traite de la fin du monde et du jugement dernier. Le manuscrit de cette chronique fut découvert à la bibliothèque de r Université de Leyde en 4 7 27 et publié d'abord par J . Le Long (Amsterdam, 4727). Il semble établi que ce n'est pas exclusivement l'œuvre de van Velthem, une partie doit en être attribuée à Jacques van Maerlant et à Jean van Heelu.
BiBL. : De Wind, Bibliothèque des écrivains néerlandais (en lioll.) ; Middelbourg, 1831, m-8.
VELTURE — VENDÉE
VELTURE (Mar. ). La velture est l'amarrage, la liure, servant à lier ensemble deux pièces de bois parallèles qui ne se touchent pas : notamment deux pièces jumelles (V. ce mot), et, plus particulièrement, le ton d'un basmât avec le pied d'un mât de*hune. Les deux mâts sont embrassés par un certain nombre de tours de filin, comme s'ils étaient en contact, puis on passe entre eux, perpendiculairement, quelques autres tours, de façon à serrer fortement, à « souquer » l'amarrage.
VtLU. Com. du dép. du Pas-de-Calais, arr. d'Arras ; cant. de Berlincourt ; 292 hab.
VELUTINA. L Malacologie. — Ce genre de Mollusques Gastéropodes est caractérisé par une coquille néritoide, mince, à spire petite, presque marginale, par une ouverture très ample, arrondie, à péristome subcondnu, à columelle très recourbée, cachant une mince perforation. Les Vélutines habitent les mers tempérées ; elles ne sont pas rares sur les côtes de France.
IL Paléontologie. — Plusieurs coquilles paléozoïques ont été rapprochées de Velutina. Telles sont Platyostoma niagarensis du silurien de l'Amérique du Nord et d'autres placées d'abord dans les genres Natica et Naticopsis. Le genre Velutina date du trias (ISalica Deshayesi, de Saint-Cassian). E. Trt.
VELUWE. Région des Pays-Bas (V. ce mol).
VELVOTE (Bot.) (V. Linaire),
VELYE. Com. du dép. de la Marne, arr. de Châlonssur-Marne, cant. de Vertus; 136 hab.
VELZIC. Com. du dép. du Cantal, arr. et cant. (N.) d'Aurillac ; 524 hab.
VÉMARS. Com. du dép. de Seine-et-Oise, arr. de Pontoise, cant. deLuzarches; 455 hab.
VENABLES. Com. du dép. de l'Eure, arr. de Louviers, cant. de Gaillon ; 478 hab.
VENACO. Ch.-l. de cant. du dép. delà Corse, arr. de Corte; 1.628 hab.
VENAiSSIN (CoMTAT-) (V. Cgmiat-Venaissin, Avignon et Provence);
VÉNALITÉ des offices (Ane. dr.)(V. Officier, t. XXV, p. 290).
VENANCE (Le Père) (V. Dougados [Jean-François)].
VENANCE (Louis-Léonard-Gaspard), général italien (V. CoLLi-Ricci [Baron de]).
VENANSAULT. Com. du dép. de la Vendée, arr. et cant. de La Roche-sur-Yon ; 1.918 hab.
VENANSON. Com. du dép. des Alpes-Maritimes, ârr. de Nice, cant. de Saint-Martin-Vésubie ; 268 hab.
VENANT! US Fortunatus, poète du vi® s. (V. Fortunat).
VENARD (Céleste), femme de lettres fr. (V. Chabrillan).
VENAREY. Com. du dép. de la Côte-d'Or, arr. de Semur-en-Auxois, cant. de Flavigny-sur-Ozerain ; 1.507 hab. Ciments.
VENARSAL. Com. du dép. de la Corrèze, arr. et cant. de Brive ; 328 hab.
VENAS. Com. du dép. de l'Allier, arr. de Montluçon, cant. d'Hérisson ; 758 hab.
VÉNASQUE. Com. du dép. de Vaucluse, arr. de Carpentras, cant. de Pernes ; 646 hab. Passe pour avoir été autrefois la capitale du Comtat et le siège d'un évêché qui fut ensuite transféré à Carpentras. — Ancienne église ou baptistère du ix® siècle (mon.jhist.), composée d'une coupole peu élevée, inscrite dans un carré, avec quatre absides. — Eglise paroissiale romane avec coupole du xii^ siècle (mon. hist.). Ruines d'un château. J. M.
VENGE. Rivière du dép. de V Isère (V. ce mot).
VENGE. Ch.-L de cant. du dép. des Alpes-Maritimes, arr. de Grasse ; 3.043 hab. Stat. du chem. de fer de Grasse à Nice. Ancienne ville de la Basse-Provence, fut la capitale des Nerusii, puis de la cité des Vincienses ; siège, dès le iv^ siècle, d'un évêché. La seigneurie appartenait moitié à l'evêque, moitié à la famille de Villeneuve.
EvÉQUES DE Venge. — Eusèbe, 374 ; Saint Juvinius,
410: Arcadius, 430 ; Saint Véran, 475 ; Prosper, 525 ; Firmin (?) ; Déotliérius, vers 540-88 ; Fronime, 590; Aurélien, vers 600 ; Lieutaud, 835-68 ; Waldène, 872 ; Wilfrede, 878 ; Elie, 879 ; Arnoul, 1020 ; Durand, 1033 ou 1034-80; Pierre I«^ 1093-1113 (?) ; Saint Lambert- Peloguin, 1114-54; Renaud, 1155; RaimondP^ 1159- 64; Guillaume ï®'' Giraud, 1179; Pierre II Grimaldi, 1193-1202 ; Guillaume JI Ribot, 1229-45 ; Pierre III, 1263 ; Guillaume III de Sisteron, vers 1270-90 ; Pierre IV Malirati, ^295-1304; Foulque I^^ 1308-^09; Pierre V, 131 2-v. 1316; Raimond II, vers 1316-16 sept. 1319 ; Pierre \1 Malirati, 1319-25; Foulque II, 1326-28; Raimond m, 6 nov. 1328-33; Arnaud Barcillon, 13 févr. 1333-46 ; Jean P^ 1348 ; Guillaume IV Digna, vers 1350-60; Etienne Digna, 1361-70; Boniface du Puy. 1374-78 ; Jean II Abrahardi, vers 1380-95 ; Raphaël I«< 1404 ; Jean III, 1412 ; Paul de Cario, 1415--20 ; Louis P^ Glandevès, 1420-vers 1440 ; Antoine I®'' Salvanti, 1441- 63 ; Raphaël II Monso, 1462-2 oct. 1491 ; Jean IV de Vesc, 14yl-95 ; Aimar de Vesc, 1497 ; Alexandre, cardinal Farnèse, vers 1505-11 ; Jean-Baptiste P^ Bonjean ou Beaujean, 1511-23 ; Robert Canalis, 1523-7 mai 1530 ; Balthazar de Jarente, 1531-41 ; Nicolas de Jarente, 1541-2 oct. 1555 ; Jean-Baptiste II Raimbaud de Simiane, 1555-60 ; Louis II Grimaldi, 1560-76 ; Audin Garidelli, 8 déc. 1576-23 avr. 1588 ; Guillaume V le Blanc, 1588-28 nov. 1601 ; Pierre VII du Vair, 1601- 20 juin 1638 ; Antoine II Godeau, 1638-21 avr. 1672 ; Louis III Thomassin, 21 avr. 1672-2 févr. 1680; Théodore Allart, juin 1681-13 déc. 1685 ; Jean Balthazar de Cabanes de Viens, avr. 1686-9 mai 1697 ; François de Berton de Crillon, 26 mai 1697-avr. 1714 ; Flodoard Maret de Bourchenu, avr. 1714-27 ; Jean-Baptiste III de Surian, janv. 1728-3 août 1754 ; Jacques de Grasse, 23 mars 17o5-avr. 1758 ; Gabriel-François Moreau, 29 avr. 1759-29 nov. 1703; Michel-François Conet du Vivier de Lorry, déc. 1763-69 ; Jean V de Cayrol de Médaillan, 1769-71 ; Antoine-René de Rardonnenche, 15 mars 1772-83 ; Charles-François-Joseph Pisani de la Gaude, 8 févr. 1784-90. J. M.
VENGE (Henri-François de), théologien et hébraïsant français, né à Pareid-en-Voèvre (Barrois) vers 1675 ?, mort en 1749. Il fut précepteur des enfants de Léopold, duc de Lorraine, et devint prévôt de Tégiise primatiale de Nancy. 11 fit réimprimer à Nancy (1738-43, 22 vol. in-12) les commentaires du P. de Carrières sur la Bible et y ajouta six volumes de Dissertations sur V Ancien Testament, et deux volumes à' Analyse ou explication des Psaumes. Les travaux de F. deVence ont été insérés dans les différentes éditions de la Bible de Ca/m^i^ appelée à ton Bible de fence, car elle a été éditée par Rondet (1^^ éd. : Paris, 1748-50 ; 2« éd. : Avignon et Paris, 1767-63 ; 3« éd. : Nîmes et Toulouse, 1779; 4« éd. : Paris, 1820 24; 5^ éd. : Paris, 1827-33, édition qui est l'œuvre du P. Drach, rabbin converti); en 1834-36, une édition abrégée, due à l'abbé Glaire, a paru, enrichie de notes empruntées à la Bible de Sacy.
VENGESLAS ou VACSLAV. Nom de plusieurs rois de Bohême (V. ce mot et Wenzel).
VENDAGE (La). Rivière du dép. de la Haute-Loire (V. Loire [Haute-]).
VENDANGE (Vitic.) (V. Vigne).
VENDAR6UES. Com. du dép. de l'Hérault, arr. de Montpellier, cant. deCastriss ; 1.093 hab. Stat. du chem. de fer P.-L.-M. Carrières de pierre.
VENDAT. Com. du dép. de l'Allier, arr. de Gannat, cant. d'EscuroIies; 1.117 hab.
VENDAYS. Com. du dép. de la Gironde, arr. et cant. de Lesparre ; 1.684 hab.
VENDÉE. Rivière de France, dans l'ancien Poitou, qui a son cours dans les dép. des Deux-Sèvres, de la Vendée (pour la plus grande partie) et de la Charente-Inférieure; affl. dr. de la Sèvre Mortaise; malgré la brièveté de sof
VENDllE
cours très sinueux (70 kil.), elle appartient à des pays divers, le Bocage, la Plaine, et le Marais poitevin. Sortie du petit étang de la Sauvagère situé à 259 m. d'alt., elle passe à Saint-Paul-en-Gâtine, paraît se diriger vers le petit fleuve Lay, décrit de nombreux replis, traverse la forêt de Vouvant, coule au-dessous de la bourgade escarpée Mervent, reçoit la Mère, son principal affluent, sort du Bocage ombreux pour entrer dans la Plaine à Fontenay-le-Comte (ancien ch.-l. de la Vendée). Devenue navigable, elle s'engage dans le Marais près de Poiré-Velluire et se jette dans la Sèvre Niortaise, à 2 kil. de Marans, à une altitude à peine supérieure au niveau de l'Océan dont la marée remonte jusque-là.
VENDÉE (Dép. de la). Situation, limites, superficie. — Le dép. de la Vendée est l'une de nos vingt-quatre circonscriptions maritimes, dans la région occidentale de la France ; il doit son nom à une rivière qui n'est point, il s'en faut, la principale du territoire, à la Vendée, simple tributaire de la Sèvre Niortaise : le Lay a plus d'importance, mais le nom eût prêté à un calembour. Cette circonscription a pour coordonnées extrêmes : 46*^ 46' 13'' — 47° 5' 5'^ lat. N. et ^^M'SW— 4o30'30" long. 0., son ch.-L, la Roche-sur- Yon, étant par 46» 40' 17'^ lat. et 3° 45' 46'^ long. Il est borné : à l'O., par l'océan Atlantique, où il possède deux îles, Noirmoutier et Yeu ; au N., par les dép. de Loire-Inférieure et de Maine-et-Loire ; à l'E., par celui des Deux-Sèvres ; au S., par celui de la Charente-Inférieure. Bordant la mer, il a pour limite cette plus naturelle de toutes les frontières pendant plus de 150 kil., soit un tiers, ou à peu près, de tout son pourtour; par ailleurs, excepté le cours de quelques ruisseaux, la Sèvre Nantaise à l'E. pendant 40 kil., la Sèvre Niortaise au S. pendant 30, il n'est séparé des circonscriptions auxquelles il confronte que par des lignes imaginaires, des routins, des routes, bref, par aucun obstacle réel. La Roche-sur- Yon, la capitale, est, à vol d'oiseau : à 370 kil. de l'Espagne aux environs de Rayonne ; à 520 de la Méditerranée sur la plage narbonnaise ; à un peu plus de 200 de la Manche dans la baie du mont Saint-Michel; à près de 300 de Saint -Amand-Mont-Rond, qui marque à peu près le centre de la France; à 360 au S.-O. de Paris, 442 par chemin de fer ; à peu près sous le môme parallèle que Parthenay, Poitiers, Le Rlanc, Argentôn-sur-Creuse, Saint- Amand-Mont-Rond, Le Creusot, Chalon-sur-Saône, Lonsle-Saunier ; à peu près sous le même méridien que Cherbourg, Coutances, Avranches, Châteaubriant, Nantes, les îles de Ré, d'Oléron, Rayonne. La plus longue ligne qu'il soit possible de tracer sur le territoire, de N.-O. en S.-O., de la pointe N.-O. de l'île de Noirmoutier (qui, en réalité, fait partie du continent) à l'extrémité orientale de la com. de Lesson, cant. de Maillezais, approche de 150 kil. ; sa longueur, de l'E. à rO., est de 100 kil., ou quelque peu plus, sous le parallèle de Challans, de 100 également sous celui de La Roche-sur- Yon, de 90 sous celui des Sables-d'Olonne, de 72 sous celui de Maillezais; sa largeur, duN. au S., est de 35 sous le méridien de Saint-fîilles-sur-Vie, de 65 sous celui de la Roche, de 90 sous celui de Mareuil (des environs de Clisson [Loire-Inférieure] à la pointe de l'Aiguillon), de 60 sous celui de Fontenay; son pourtour est d'environ 450 kil., îles non comprises, ainsi que beaucoup de crochets insignifiants ; enfin, sa surface, telle que définitivement fixée par les calculs du ministère de la Guerre, est de 6.971 kil. q. : soit 855 de plus que les 616.000 à 617.000 hect. qui sont l'étendue moyenne du dép. français ; 24 départements seulement sont plus grands, et la Vendée répond à un peu plus du 77^ de la France.
Relief du sol. — Le dép. de la Vendée se présente avec trois natures de pays, sous trois noms différents : Bocage, Plaine, Marais, celui-ci double : au midi, Marais poitevin, au N. Marais breton; plus, les îles, Noirmoutier, Yeu.
Le Bocage se décrit par son nom même. Il fait corps, par delà les frontières de la Vendée, avec d'autres pays
de même origine géologique et de même aspect, avec le Bocage de Maine-et-Loire, les Mauges de ce même département, la Gâtine des Deux-Sèvres. (îuand on dit qu'il se décrit par son seul nom, l'on exagère un peu, car il n'est, au vrai, ni forêt, ni bocage; il ressemble bien à un « bocage » quand on le contemple d'assez haut ou d'assez loin, parce que les arbres qui bordent les champs, ou suivent les routes ou longent les ruisseaux, cachent de loin ces rus, ces chemins, ces champs, ces prairies, et qu'alors on croit voir une sylve infinie, tandis qu'on n'a sous les yeux que des rangées et des enclôtures assemblées par la perspective en une masse d'apparence compacte quand on regarde le pays d'un de ses belvédères naturels : « panorama plus ou moins confus et flottant : parce que la majeure partie du Bocage est faite de collines basses, de plateaux, que la Plaine est peu élevée, très monotone, le Marais presque égal au niveau de la mer, et qu'il n'y a, du spectateur à l'horizon, rien de grand, de haut, de hardi, pour arrêter et maîtriser le regard. C'est en contours adoucis, en pente très ondulée, que le Bocage descend vers la mer à l'O., avec peu de forêts, de bois agglomérés. Mais partout, de gros arbres très rapprochés le long des haies, des fossés et des chemins qui bordent les terres labourables et les prairies. Ces haies sont bien plus touffues et plus riches que celles de la Bretagne et duCotentin. Le pays est très agréablement accidenté : il offre une succession de collines agrestes et de vastes plateaux, où les routes se développent en longues lignes droites. Les sources, très nombreuses, mais faibles, forment des ruisseaux sinueux, dont les vallons sont frais et charmants. Mais les plateaux sont peu variés. Routes, chemins, landes, prairies, cultures, vastes champs plantés de choux, jardins, domaines, y sont bordés de haies. Au milieu de ces haies sont plantés des chênes, des frênes, des ormes, des érables, des châtaigniers, des pommiers et des cerisiers. Le chêne domine et est élevé en « têtard », c.-à-d. qu'on Fétête à 2 ou 3 m. de hauteur. Les chemins sont profondément encaissés entre ces haies d'arbres ; le voyageur pourrait se croire facilement au milieu d'un bois de taillis. Les haies du Rocage donnent un caractère tout particulier à l'agriculture locale. La terre du champ ne peut être labourée jusqu'au pied du buisson; d'ailleurs, ce que l'on sèmerait dans son voisinage serait étouffé par l'ombre des arbres. La partie cultivée d'un champ est donc entourée d'une ceinture ou cheintre de 1 m. de largeur, qui n*est propre qu'au pâturage. La largeur du terrain occupé par la haie est aussi de 1 m. environ; ainsi une largeur de 2 m., sur toute la circonférence d'un champ, est à peu près perdue pour l'agriculture ». Comme on ne l'ignore pas, ce sont ces haies, ces chemins creux, ces arbres, ces facilités de marcher sans être vu, de se cacher à loisir, d'attaquer à l'improviste, qui ont rendu possible la lutte des « Vendéens », id est des Poitevins, Bretons et Manceaux des divers Bocages, contre le reste de la France. Pour en finir avec le pays qui a donné son nom à cette « Guerre des Géants », ses cimes culminantes n'ont pas hauteur de montagnes, mais seulement de collines assez fières, entre 100, 150 et 200, 250 m., avec sommets suprêmes voisins de 300. 288 m., le lieu supérieur est un coteau, sans nom sur les cartes, à 3.500 m. E. dePou-zauges, au faîte entre la Sèvre Nantaise et le Lay; la butte qui porte Saint-Michel-Mont-Mercure, sur le même faîte, n'a que 3 m. de moins; un certain nombre de collines dépassent 250 m.
Si le Bocage est plus ou moins conforme à son nom, la Plaine l'est tout à fait, a moins d'étendue dans la Vendée que dans les Deux-Sèvres et sépare ici le pied méridional du Bocage de la lisière septentrionale du Marais. Contrairement au Bocage, masse bossue et à demi sylvestre de roches anciennes, elle déroule des campagnes à peu près plates, basses, nues, chaudes et fécondes en comparaison, qui se rattachent à la bande de terrains oolithiques interposée entre « Bretagne » et « Li-
VENDEE
mousin » sou& le nom de « détroit du Poitou ». C'est le pays de Foûtenay-le-Comte, de Saint-Hilaire-des-Loges, de L'Hermenault, de Sainte-Hermine.
Le Marais poitevin, celui de Maillezais, de Chaillé-les- Marais et de Luçon; le Marais breton, celui de Saint- Jean-de-Monts et de Beauvoir~sur-Mer, s'ajoutent à la Plaine pour constituer la région plate de la Vendée; le Bocage prend tout le reste, soit les cinq sixièmes du département, plus ou moins.
Le Marais poitevin, sur la rive droite de la Sèvre, est, sur la rive gauche, le Marais sontaingeais, et, des deux côtés, s'étend une espèce de Hollande vaste de 40.000 à 50.000 hect., qui est née, qui a crû (et croît encore) aux dépens d'un golfe qu'on peut appeler respectivement le golfe de Niort, car il s'enfonçait dans les terres jusqu'à petite distance à l'O. de cette ville, ou plutôt, la chose datant de loin, près de l'emplacement qu'elle occupe. C'était, à l'abri du grand môle que l'île de Ré oppose à l'Océan, une baie de plus de 20 kil. d'entrée, d'une cinquantaine de kilomètres de pénétration dans le continent, et il n'en reste plus à cette heure que l'anse de l'Aiguillon, qui n'a que 5 kil. d'ouverture, 7 d'enfoncement, et où plus de 2.000 hect. peuvent être dès à présent conquis sur le flot; 30 hect. au moins par an s'y ajoutent à la terre ferme. C'est autour d'une vingtaine d'îlots calcaires peu élevés (le plus haut n'a que 36 m.) que se déposa peu à peu la matière molle, à demi fluide, du Marais; c'est à l'abri de [digues qu'il s'assembla, au moyen de canaux et sous-canaux qu'on l'a desséché autant qu'il se peut, et qu'insensiblement on le transforme en polders, c.-à-d. en jardins, en cultures, exactement comme chez les Hollandais. Le décrire, il serait inutile : le mot de Marais et l'adjectif desséché ou à demi desséché suffisent; il a les cultures, les arbres, les aspects, le damier de canaux et canalicules de ces sortes de « Pays Bas ».
Il n'est pas non plus utile de tenter la description du Marais breton qui, lui, s'est « sédimenté » derrière l'île de Noirmoutier et la chaîne des dunes de Saint-Jeande-Monts et de Notre-Dame-de-Monts : il y a ici (en Vendée, abstraction faite de la Loire-Inférieure) plus de 30.000 hect. d'alluvions, autour de tertres bas qui furent des îles de la baie de Bourgneuf, telle qu'elle était alors qu'elle n'avait pas de nom et qu'elle échancrait la vieille France jusque vers Machecoul et Challans, à 18 et 20 kil. dans les terres. Il ressemble au Marais poitevin, au bord de ses « étiers » ou estuaires, marais de plus en plus oblitérés, et de ses « charrauds » ou canaux, sous-canaux, rigoles ; autres « Pays-Bas », autre Hollande, où maintenant BesLUYOïr -sur-Mer est à 4 kil. de la mer et où l'on estime à 700 hect. le gain de la terre ferme sur l'Océan depuis tantôt deux cents années.
Noirmoutier, qui a protégé, qui protège toujours le remblaiement de la baie de Bourgneuf, ne tardera pas à faire aussi partie du continent, dont même elle n'est plus séparée à marée basse, depuis qu'une route, où l'on se mouille à peine les pieds à la fin du reflux, unit la terre ferme à l'île à travers le détroit de Fromentine, au passage du Gué ou du Goua, large de 4.500 à 2.000 m. seulement (4.000 en haute mer). Noirmoutier est une terre basse, un bloc de rochers accru d'alluvions, un domaine de 5.678 hect., une campagne nue, une île de 18 kil., sur 2 à 6 de largeur, avec 50 de contour, ayant 21 m. d'alt. maxima : « deux tiers de son territoire sont au-dessous du niveau des hautes marées ; sans les 900 hect. de dun«s et les 18 kil. de digues qui la protègent, elle serait en partie la proie de l'Océan, quil'assiège incessamment » : à part cela, bien cultivée, grâce aux engrais marins, et surabondamment peuplée.
Qumt à l'île d'Yeu, très erronément appelée île Dieu, c'est, à 17 kil. de la pointe de Monts, un bloc de gneiss de 2.247 hect., encore plus surabondamment habité que Noirmoutier, par des pécheurs, des marins, des « cultivatrices » : comme dans la plupart Je nos îles, où presque .
tous les hommes sont à la mer, ce sont les femmes qui y travaillent aux champs.
Saint-MicheMe-Mont-Mercure étant à 285 m., le lieu habité le plus élevé de la Vendée, les altitudes des villes, des bourgs importants de la circonscription s'étagent comme suit : Beauvoir-sur-Mer, Challans, Saint-Jeande-Monts, Saint-Gilles-sur- Vie, Les Sables-d'Olonne, Talmont, Mareuil-sur-Lay, Luçon, Chaillé-les-Marais, Maillezais, Noirmoutier, Port-Joinville-en-l'Ile (d'Yeu), voici d'abord douze centres entre 0 et 20 m. seulement d'alt. ; Fontenay-le-Comte (8 à 40) est en moyenne à 23 m. ; Palluau entre 20 et 30, La Mothe-Achard également, de même que Sainte-Hermine ; Poiré à 30-50 ; L'Hermenault à 30-58 ; Rocheservière à 30-60 ; Saint-Hilaire-des-Loges entre 45 et 60 ; Montaigu à 50, comme Moutiers-les- Mauxfaits et Chantonnay; La Roche-sur-Yon à 50-73; Saint-Fulgent à 80 ; Les Essarts à 100, ainsi que Les Herbiers; Mortagne à 135; la Châtaigneraie à 180; Pouzauges à 200; Saint-Pierre-du -Chemin à 2d 6-231; La Flocelière à 217. Donc pas plus de trois chefs-lieux de canton supérieurs à 100 m., dont un à 200; en somme, pays « inférieur » malgré ses « Alpes de Vendée ».
Régime des eaux. — En relations intimes, nécessaires, avec le partage de la contrée en Bocage, Plaine et Marais, « il y a dans la Vendée trois sortes de cours d'eau : des courants très nombreux, très sinueux, sombres de couleur, quelquefois presque noirs, très abondants dans la moitié humide de l'année, très faibles durant la moitié sèche, dans des vallées, vallons, gorges tournoyantes, verdoyantes, boisées, gazonnées ; ce sont ceux des granits, des schistes cambrions du Bocage ; — des courants rares, dans des oolithes où les eaux s'engouffrent au passage et sont régurgitées par de grandes fontaines, courants presque toujours parfaitement limpides ; ce sont ceux de la Plaine ; — des courants endormis dans des campagnes palustres, des eaux indécises, souvent contenues entre « grandes ceintures », « petites ceintures » digues, et alors canaux autant que rivières et ruisseaux ; ce sont ceux du Marais ; plus des courants du lias dans la « boutonnière » de Chantonnay, de toutes parts entourée de vieux schistes, et dans la lisière de terrains séparant les schistes du Bocage (au N.) des alluvions du Marais (au S.); enfin, d'assez pauvres ruisseaux sur les bas plateaux tertiaires du N.-O. En somme, rien de spé€ialement grandiose ou de spécialement rare en Vendée, mais ce qu'il y a de plus beau dans le monde, « hydrographiquement » parlant, la mer est là, l'Atlantique, à laquelle vont directement ou non toutes les eaux du territoire.
Le sixième environ du domaine de la Vendée s'écoule dans la Loire par la Sèvre Nantaise et la Boulogne ; le reste gagne la mer par des fleuves ou fluviots côtiers, Falleron, Grand-Etier, Vie, Auzan^e, Payré, Goulet, Troussepoil, Lay, Sèvre Niortaise : celle-ci n'est qu'en moindre partie vendéenne, le Falleron aussi ; le Lay est tout entier dans le département, ainsi que tous les autres cours d'eau qui vont du Grand-Etier à la Sèvre Niortais« : celleci égoutte près du cinquième du territoire ; le Lay, près des trois dixièmes.
La Loire passe (en moindre distance) à 18 kil. au N. de la Vendée. La Sèvre Nantaise, affl. de gauche, écorne ou borne le département au N.-E. pendant 70 kil., sur 136 du cours total, en une conque de 2.385 kil. q. C'est une rivière noire, abondante au temps des pluies, fort maigre en sécheresse, qui passe, en Vendée, devant le bourg de Saint-Laurent, au bas de la ville de Mortagne, du noir château de Tiffauges, et s'insinue en Loire-Inférieure audessus et tout près de la célèbre Clisson. Ni navigable, ni smlenient flottable, elk absorbe, à Tiffauges, la Grume (20 kil., 99 kil. q.) et, hors de la circonscription, en Loire -Inférieure, une riviérette pour la majeure part vendéenne, la Maine, et spécialement, par différenciation avec plusieurs autres Maines, laMain« de Vendée, et aussi les Deux-Maines, de ce qu'elle est composée d'une Grande-Maine
(36 kil.), ruisseau du bourg des Herbiers, et d'une Petite- Maine (32 kil.), née près du bourg des Essarts et grossie du ruisseau qui coule Saint-Fulgent : la Maine, leur résultante, serpente devant la ville de Montaigu, passe en Loire- Inférieure et, au bout de 70 kil. de cours, de 700 kil. q. de bassin, apporte à la rive g. de la Sèvre Nantaise 700 lit. par seconde, et rien que 70 en étiage.
La Boulogne, autre riviérette noirâtre, qui n'est guère qu'un long ruisseau, comme la Maine, commence sur le plateau des Essarts, à 94 m. au-dessus des mers, serpente à côté du bourg des Lues et quitte Vendée pour Loire-Inférieure, après avoir arrosé le vallon de Rocbeservière et recueilli l'Issoire (30 kil., 60 kil. q.); dans cette nouvelle circonscription, où elle entre par 40 m. d*alt., elle hume la Logne, ru parti de la Vendée; elle s'amortit dausle lac de Grand-Lieu, qui n'est qu'une «inondation permanente », une dépression sans profondeur, en sort sous le nom de Chenau (à tort Acheneau) et s'engloutit en aval de Nantes dans la Loire maritime, la Sèvre Nantaise s'étant perdue à Nantes même, conformément à son nom. La Boulogne dépend de la Vendée pendant 64 kil., si faible à la fin de l'été qu'elle peut alors ne rouler que 30 lit. par seconde.
Passons aux fleuves et rus côtiers. Le Falleron n'est qu' « un ruisseau de plaine : il finit par se traîner dans le marais littoral», qui est ici le Marais breton; c'est un ruisseau de la Loire-Inférieure bien plus que de la Vendée, où il a ses sources sur un plateau bas et, à la fin de son cours, les deux bras dormants, les deux é tiers qui entourent l'île de Bouin, terres conquises sur la baie de Bourgneuf ; longueur d'une soixantaine de kilomètres, bassin 295 kil. q., volume très faible. — Le Grand-Etier, ou Etier de Sallertaine, ou encore et plus brièvement, la Seudre, procède des petite coteaux et plateaux bas de Challans; il coule sinueusement près de ce bourg, frôle Sallertaine, s'endort dans le Marais breton et s'achève en mer devant la pointe méridionale de l'île de Noirmoutier, sous le nom d' Etier de la Cahouette, après 3S kil. drainant 135 kil. q. ; plus 115 kil. q. pour un étier en tout pareil, né aussi dans le pays de Challans, l'Etier du Perrier (32 kil.), qui arrive à l'Etier de Cahouette au moment où celui-ci va rencontrer la mer : d'où 250 kil. q[. pour le bassin'total de la Seudre,. — La Vie a plus de consistance que ce Falleron et ces Etiers. Elle débute à 9 kil. N. de la Roche-sur- Yon, sur un plateau de 100 m. au-dessus de rOcéan ; elle laisse cà 1.800 m, au S. le bourg de Poiré, dît pourtant Poiré-sur- Vie, absorbe la Petite-Boulogne (21 kil., 89 kil. q.), qui est le ru de Palluau, serpente en bas d'Apremont, et circule à 2 kil. au S. de Commequiers, bourg au donjon fameux. Elle rencontre le flot de marée à 13 kil. de l'Atlantique, s'ouvre au Ligneron (27 à 28 kil., 89 kil. q.), ancien « fleuve » incorporé au bassin de la Vie dans les alluvions du Marais breton, de l'exgolfe de Bourgneuf, depuis qu'une digue, le rejetant au b., lui a interdit de s'aller verser, au N., dans le chenal du Perrier. Un autre et plus considérable tributaire, le Jaunay, dépasse 40 kil. et draine 230 kil. q.; il serait « fleuve » au lieu de ruisseau, sans les dunes littorales qui le rejettent au N. et le versent dans la Vie à Saint- Gilles-sur-Vie, à 1.000 m. de la mer seulement; les navires ne calant que 3 m. montent jusqu'à cette ville, dans un chenal d'une quarantaine de mètres d'ampleur. Cours de près de 60 kil., bassin de 531 kil. q., volume de 2 à 3 m. cubes, étiage de 1.000 litres, minimum fort audessous de ce dernier débit. — L'Auzance ou Ausance, née à 10 kil. S.-O. de La Roche-sur- Yon, est le courant de la Mothe-Achard, grossi de la Ciboule et de la Vertonne ou Ile (30 kil., 87 kil. q.) ; elle se perd en mer par le havre de la Gâchère, estuaire de 2.300 m. de long, peu profond et gêné par une barre à l'embouchure. Cours, 32 à 33 kil. ; 'bassin, 315 kil. q. ; eaux ordinaires, 1.1 50 litres; étiage, 440; minimumpresqueégal àzéro. — LePayré ou Perray passe à Talmont et finit par un estuaire accessible
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aux embarcations de 30 à 40 tonnes. 17 kil., 120 kil. q. — Le Goulet s'achève près de Saint- Vincent-du-Jard après avoir coulé dans une région très riche encore en mégalithes ; 15 kil., 40 à 41 kil. q.— Le Troussepoil, plus probablement Troispoils, rencontre en route Moutiers-les- Mauxfaits, et se termine dans le Marais, au canal de Ceinture, qui l'amène à la rive dr. du Lay : il n'est donc plus, comme jadis, un fleuve indépendant.
Le Lay (peut-être l'Ay) se forme, à 20 m. d'alt., au lieu dit l'Assemblée des Deux Lays, de la rencontre de deux courants homonymes, et à peu près égaux, encore que l'un se nomme Grand-La y, l'autre Petit-Lay. Le Grand-Lay (60 kil., 363 kil. q., 2.500 lit., avec étiage coutumier de 500 à 600) débute à 5 kil. N.-N.-E. du bourg de la Châtaigneraie ; il passe à Réaumur, laisse à 5 kil. à dr. Pouzauges, bourg peu éloigné du plus haut massif de la Vendée, boit un ru de l'ancien petit pays de Pareds, le Loing (25 kil., 82 kil. q.) et coule à 3 kil. S. de Chantonnay. Le Petit-Lay (60 kil., 320 kil. q., 2 m. cubes, étiage de 400 à 500 lit.) part d'un des cultnens du Bocage, de la colline de Saint-Michel-Mont-Mercure (285 m.) ; il passe dans le pays de Pareds et n'effleure aucun cheflieu de cant. Le Lay tout court, rivière de 20 à 30 ou 40 m. de large (40, rarement), s'agrandit : du ru de Sainte- Hermine, la Smagne (52 kil., 200 kil. q.) ; du Marillet (24 kil., 170 kil. q.), à côté de Mareuil, ville dont on aurait fait la capitale du département si elle n'avait pas été si fort éloignée du centre du territoire ; ensuite de TYon (71 kil., 360 kil. q., débits très médiocres, étiage très faible), qui passe à La Roche-sur-Yon, ch.-l. du territoire ; et c'est à peu près tout ce qu'on peut dire de ce long ru tortueux grossi de l'Ornay (135 kil. q.). L'Yon reçu, puis le Graon (17 à 18 kil,, 6Q à 67 kil. q.), le Lay, contenu entre digues, s'avance avec indolence dans une région très basse qui finit par se confondre avec le Marais poitevin ; à Port de Moricq il devient réellement navigable, à 27 kil. en aval du lieu où débute officiellement sa navigabilité; et à 13 kil. de là, au bout d'une flèche de sable de 8 kil. de longueur sans laquelle il finirait deux lieues plutôt, il s'achèv-e dans l'anse de l'Aiguillon, laquelle anse débouche sur le Pertuis Breton, en arrière de l'île de Ré. Cours, 125 IdL bassin, 1.930 kil. q.; volume ordinaire, 6à 7 m. cubes; étiage officiel, 1.791 lit,, et beaucoup moins en minimum.
Reste la Sèvre Niortaise, qui impose au département le tribut d'environ 1.200 kil. q., soit un peu moins du cinquième du territoire, exactement les 18/100, contre les 28/100 du Lay : non qu'elle y serpente longtemps, elle lui est extérieure et ne fait guère que le border d'avec les Deux-Sèvres, ensuite d'avec la Charente-Inférieure, en un Ut vaseux ; « elle se traîne avec une extraordinaire paresse, en son Marais poitevin, où Ton ne sait trop de quel côté descendent ses eaux, à l'O. ou à l'E., ou, à vrai dire, vers n'importe quel horizon, vu ses plis et replis infatigables dans la plaine immense, plate, humide ». Elle en reçoit l'Autise et la rivière dont la circonscription a pris son nom; ses trois bourgs sont Damvix, Maillé, l'Ile-d'Ëlle, au long de ses eaux navigables, grâce à des écluses, pour les embarcations qui ne jaugent pas plus de 100 tonnes, puis, grâce à la marée pour celles qui ne vont qu'à 250. Les 1 . 200 kil. q. qui lui sont tributaires en Vendée font presque exactement le tiers de ses 3.580 kil. q. de bassin total. L'Autise, « bocageonne » en son cours supérieur, appartient en Vendée à la région de la plaine d'oolithe qui lui soutire en grande partie ses eaux. C'est par 20 m. d'alt. seulement qu'elle arrive dans le territoire ; elle y « circule » au S. du bourg de Saint-Hilaire-des-Loges, se réduit en été, vu ses pertes sous sol, à fort peu de chose (peut-être, en certaines sécheresses, à rien) ; puis elle se partage en deux Autises, la Vieille Autise et la Jeune Autise : la Vieille s'ouvre à la grande fontaine de Saint-Quentin qui ramène au jour les eaux perdues en amont, au passage de la Plaine, par un « gour » de près de
VENDEE
100 m. de tour, eau profonde, bleue, « feutrée » d'herbes aquatiques. Jeune et Vieille Autise et la Sèvre Niortaise limitent l'île de Maillezais, l'une des roches calcaires autour desquelles le Marais poitevin s'est cimenté — elle est ainsi nommée de la ville de Maillezais; — cours, 60kiL, dont moitié en Vendée; bassin, 480 kil. q. ; bonnes eaux, 2,3,4 m. cubes ; étiage, 300 lit. La Vendée ne relève des Deux- Sèvres que par sa source dans le massif de i'Absie (259 m.) et ses 2.500 premiers m. ; tout le reste de ses 70 kil., de ses 675 kil. q., appartient à la Vendée. Elle coupe l'étroit bassin houiller de Vouvent (ou de Saint- Laurs^, et, plus sinueuse que le Méandre lui-même, « court dans une gorge avec sites dignes de la montagne » : gorges de 47 à 48 kil. de longueur, désertes en dehors de Mervent, village des plus pittoresques où lui arrive le ruisseau de Vouvent, la Mère (34 à 35 kil., 440 kil. q.), qui se déroule dans la forêt de Vouvent. Après quoi, la Vendée entre dans la Plaine ; elle baigne la ville qui a été la première capitale du dép., Fontenay-le-Comte, boit la Longève, c.-à-d. la Longue-Eau, qui est courte (47 à 48 kil., 66 kil. q.), sépare Velluire de Poiré et s'amortit dans le Marais où, devenue un canal entre digues, elle communique avec une foule de canaux, sous-canaux, et atteint la Sèvre à rile-d'Elle, avec 500 lit. (et parfois moins encore) en étiage, 2 . 500 à 5 . 000 en bonnes eaux . Navigable officiellement pendant 25 kil., depuis Fontenay, au moyen de deux écluses. La Statistique des cours d'eau^ usines et irrigations du dép. de la Vendée nous apprend que les rinères et rus du territoire animent 560 usines, dont près de 500 moulins et minoteries, quelques papeteries, des filatures et foulons. La Sèvre Nantaise en meut à elle seule 85, le Lay 46, le Petit-Lay 39, la Vendée 33, la Boulogne 25, la Mère 23, le Loing 24, etc., etc.
Climat. — Le pays étant peu élevé et bordant l'Océan, la Vendée a le privilège d'un climat maritime, dit le climat girondin, très doux eu égard à la latitude. Il est rare que le mercure y descende, en bas pays (en Plaine et Marais) à plus de 8** au-dessous de zéro ; rare aussi qu'il monte de beaucoup, et longtemps, à plus de 25*^. Il en est autrement dans le Bocage où, par l'altitude plus grande et la froideur du sol et du sous-sol, la température des lieux peut s'abaisser, quelquefois sensiblement, au-dessous de ces — 8° ; par compensation, le climat y est bien moins humide et plus salubre que dans le Marais où, naturellement, la fièvre intermittente est assez commune. Comme pluie, il tombe sur la côte une moyenne de 626 millim, par année, en 420-450 jours, contre les 770 qui sont la résultante officielle (certainement bien inférieure à la vérité) de la « précipitation » française. Le Bocage, surtout dans ses hauts, reçoit certainement une quantité de pluie notablement supérieure à ces 6W millim.
Flore et Faune naturelles (V. Frange, § Flore; France et Europe, § Faune).
Histoire depuis 1789. — A peine le dép. de la Vendée avait-il été créé aux dépens du Bas-Poitou qu'il fut entraîné dans la plus terrible de nos guerres civiles, aussi sanglante, mais heureusement beaucoup plus courte, que nos abominables guerres de religion. Sur le territoire vendéen, les faits les plus notables de la guerre de Vendée furent : la défaite des Vendéens de Bonchamps, Lescure et La Rochejacquelein à Fontenay-le-Comte (4793); leur victoire subséquente en ce même Fontenay ; leur déroute à Luçon; la conquête de Noir-moutier par Charette, et sa reprise par les républicains ; déroutes et victoires des uns et des autres, la lutte se termina par ici en 4796, et ce fut en Bretagne, en Normandie que les « Chouans» luttèrent encore jusqu'en 4799 et 48^0. La petite insurrection vendéenne des Cent-Jours aboutit rapidement à la défaite des rebelles à Rocheservière. C'est pour rendre les révoltes plus malaisées que Napoléon transporta, de Fontenay, le chef-Heu du département à La Roche-sur- Yon (qu*on appela Napoléon- Vendée) et qu'il sillonna le pays de routes stratégiques.
En dehors de vaillants chefs de l'armée vendéenne, on ne peut guère citer parmi les personnages célèbres nés en Vendée ou y ayant vécu depuis 4789 que : La Revellière- Lépeaux (4753-4824), qui fut un des membres du Directoire), né à Montaigu; le général Belhard (4773-4832), né à Fontenay-le-Comte ; l'archéologue Fillon (4849-84), né à Grues, près Luçon ; le journaliste Chambolle (4802- 83), né à La Châtaigneraie ; le peintre Paul Baudry (4828-86), né à La Roche-sur- Yon. 0. Reclus.
Divisions administratives actuelles. — Arrondissements. — Le dép. de la Vendée comprend 3 arrondissements : La Roche-sur- Yon, Fontenay-le-Comte, Les Sables-d'Olonne ; ils sont subdivisés en 30 cantons et 303 communes. On en trouvera plus loin le détail.
Justice. Police. — Le département ressortit à la cour d'appel de Poitiers. La Roche-sur- Yon est le siège des assises. Il y a 3 tribunaux de première instance (4 par chef-lieu d'arr.) ; pas de tribunal de commerce spécial au département ; 4 justice de paix par canton.
Le nombre d'agents chargés de constater les crimes et délits était, en 4894, de 232 gendarmes (46 brigades), 5 commissaires de police, 42 agents de police, 230 gardes champêtres, 333 gardes particuhers assermentés, 22 gardes forestiers, 297 douaniers. Il y eut 2.707 plaintes, dénonciations et procès- verbaux.
Finances. — Le département possède 4 directeur et 4 inspecteur des contributions directes à La Roche-sur- Yon, 4 trésorier-payeur général à La Roche-sur- Yon, 2 receveurs particuliers à Fontenay-le-Comte et aux Sables-d'Olonne, 3 percepteurs à La Roche-sur- Yon, Les Sables-d'Olonne et Fontenay-le-Comte ; 4 directeur, 4 inspecteur, 3 sous-inspecteurs de l'enregistrement ; 3 conservateurs des hypothèques (4 par arr.). Le recouvrement des contributions indirectes est assuré par 4 directeur et 4 inspecteur à La Roche-sur- Yon, 4 receveur principal entreposeur à La Roche-sur- Yon, 2 receveurs entreposeurs à Fontenay-le-Comte et aux Sables-d'Olonne. Il y a une inspection des douanes aux Sables-d'Olonne (direction de La Rochelle).
Instruction publique. — Le dép. de la Vendée relève de l'Académie de Poitiers. L'inspecteur d'Académie réside à La Roche-sur- Yon. Il y a 4 inspecteurs primaires. L'enseignement secondaire se donne aux garçons dans 4 lycée, à La Roche-sur- Yon, et dans 2 collèges communaux à Fontenay-le-Comte et à Luçon. Il y a des écoles normales primaires d'instituteurs et d'institutrices à La Roche-sur- Yon. L'enseignement professionnel est représenté par 1 école pratique d'agriculture à Pétré, près Luçon (V. l'art. Ecole, t. XV, p. 475), 2 stations agronomiques à Pétré et aux Sables-d'Olonne, et 4 chaire d'agriculture à La Roche-sur- Yon.
Cultes. — Le département forme pour le culte catholique le diocèse de Luçon, suffragant de Bordeaux. Le département compte (au 4®^ nor. 4894) : 2 vicaires généraux, 8 chanoines, 36 curés, 262 desservants, 424 vicaires.— Le culte réformé relève de l'Eglise consistoriale de Pouzauges et compte 5 pasteurs pour environ 3. 500 fidèles.
Armée. — Le dép. de la Vendée appartient à la 44® région militaire (Nantes). La 42® bfigade d'infanterie a son siège à La Roche-sur- Yon. Au point de vue du recrutement et de la mobilisation, le département forme les 3® (La Roche-sur-Yon) et 4« (Fontenay-le-Comte) subdivisions du 14® corps d'armée.
Divers. — Le département ressortit à la 44® légion de gendarmerie (Nantes), à la division minéralogique du Centre (arr. de Poitiers), à la 44® inspection des ponts et chaussées, à la 7® région agricole (0. central), à la 24® conservation des forêts (Niort). Le département possède 4 chambre de commerce à La Roche-sur-Yon et 3 chambres consultatives d'agriculture à La Roche-sur- Yon, à Fontenay-le-Comte et aux Sables-d'Olonne,
Démographie. — Mouvement de la population. — • Le recensement de 4896 a constaté, dans le dép. de la
VENDEE
Vendée, une population totale de 444.735 liab. Voici, depuis un siècle, les chiffres donnés par les recensements précédents :
La population du dép. de la Vendée a augmenté d'une façon continue depuis le commencement du xix® siècle, avec une seule interruption (1870). La population a presque doublé en un siècle. La Vendée est presque le seul département agricole et sans grandes villes qui soit dans ce cas. Pour 1.000 hab. recensés en 1801, on en comptait 1.786 en 1901. Le mouvement d'augmentation a été uniforme dans les différentes parties du département, comme on peut s'en rendre compte en comparant les recensements de 1801 et 1896, arrondissement par arrondissement :
ARRONDISSEMENTS
ta o^ a.
La Roche-sur-Yon.
Fontenay-le-Comte Les Sables-d'Olonne
Totaux
Voici les chiffres absolus pour la dernière période :
ARRONDISSEMENTS
La Roche-sur-Yon.
Fontenay-Ie-Comte
Les Sables-d'Olonne
Totaux du départ. . .
Au point de vue de la population totale, le dép. de la Vendée venait, en 4896, au 27^ rang des départements français. Au point de vue de la population spécifique , il était le 36° avec une densité (63 hab. par kil. q.), encore inférieure à la moyenne française (72 hab. par kil. q.).
La population des chefs-lieux d'arrondissement se répartissait, en 1896, de la manière suivante :
VILLES
Population municipale agglomérée
Eparse
Comptée
part
Totale
La Roche-sur-Yon
Fontenay-le-Comte ....
Les Sables-d'Olonne....
La population éparse est (en 1891) de 595 hab. pour 1.000, proportion très supérieure à la moyenne française (366 ^loo) et qui montre la prédominance de l'élément rural dans toute l'étendue du département.
La population se répartit comme suit entre les groupes urbains et ruraux :